‹ Études sur les forces productives de la Russie (volume 2)Chapitre 15 sur 40 · II. io · texte numérisé non relu

II. io

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partagées en deux sections, dont l'une pour l'économie rurale proprement dite, et l'autre pour l'économie forestière. Cette seconde section se trouve sous la direction du maître des forêts de chaque gouvernement , qui prend également part aux délibérations de la chambre des Domaines. Sous ses ordres se trouvent placés tous les officiers et sous-officiers forestiers qui fonctionnent dans les districts» ainsi que la garde des forêts formant un corps qui a sou organisation spéciale.

Sous le rapport de l'économie forestière , on partage la Russie d'Europe, avec les provinces du Caucase, en quatre régions. Dans celle du nord, l'objet principal de l'administration consiste à utiliser, autant que possible, les immenses forêts dont elle est couverte ; dans la seconde, qui s'étend dans la direction du nord au sud, de Kostroma à Penza^ et qui comprend, à l'ouest, les provinces de la Baltique avec une partie delà Lithuanie, il s'agit, non-seulement de régulariser l'exploitation des forêts, mais aussi de les aménager et d'y améliorer la sylviculture ; dans la troisième, qui s'étend également du nord au midi , mais un peu plus vers l'est, en comprenant les gouvernements de Simbirsk et de Saratow, et où la végétation forestière fournit à peine le combustible nécessaire à la population locale, il devient indispensable , non-seulement d'introduire un meilleur système d'exploitation et d'aménagement des forêts, mais aussi d'en planter de nouvelles ; dans la quatrième , enfin , celle du midi de la Russie d'Europe, il s'agit, avant tout, de remédier aux influences pernicieuses qu'exerce le manque de bois sur le climat , sur l'économie rurale et sur la fertilité du sol de cette contrée. Aussi exigc-t-on des employés forestiers destinés à cette contrée, indépendamment des connaissances spéciales en sylviculture, certaines notions sur la météorologie et la physiologie des plantes, ainsi que sur les différentes méthodes de culture forestière pour solidifier

les âables mouvants et reboiser les steppes , et sur les moyens de faciliter le transport du bois (1).

Depuis Tarpentage général de l'Empire, le Gouvernement s'est constamment appliqué à constater, par des opérations spéciales » géométriques , et par des descriptions topographiqueSy la situation forestière de chaque contrée. Ces opé- Fations étaient auparavant exécutées par des géomètres et des topographes qui ne possédaient pas les connaissances nécessaires en sylviculture ; mais depuis que le corps des officiers des forêts, théoriquement et pratiquement instruits, se recrute chaque année des élèves sortant de l'Institut forestier^ l'administration des forêts s'est trouvée en état de procéder à ces opérations d'une manière plus régulière, de faire dresser des inventaires économiques des forêts et des plans de leur exploitation en coupes réglées et périodi-* ques; de sorte que l'économie rationnelle des forêts peut désormais se propager de plus en plus dans le pays (2).

De toutes les institutions économiques de la Russie, qui appartiennent à une époque récente, l'Institut forestier fondé h Pétersbourg en est une des plus heureusement conçues et qui a donné les résultats les plus utiles. Cet Institut, qui reçutj en 1837, une nouvelle organisation, réunit dans son ensemble une académie de sylviculture et une école de géomètres et de topographes.

Cette organisation est très-bien appropriée à la situation de notre économie forestière. Ainsi, par exemple, l'établissement d'une école d'arpenteurs et de topographes, auprès de l'Institut forestier , répond à un des premiers besoins , celui d'une bonne statistique topographique des forêts.

(1) Les Ircivaiit préparatoires sur le reboisement des steppes ont été, en partie, terminés en 1843, et Ton a même déjà procédé à les mettre à exécution dans les steppes du gouvernement d'EItathérinosla'w.

(3] Voir Haxthausen «Sfudten uber Rwsland», P' volume, page^ 26 et suivantes^

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IndépeDdamment de renseignement théorique , qui est le but principal de cette institution , on y a organisé un cours d'instruction pratique, et affecté à cet usage une pépinière et une plantation d'arbres de forêts, avec un terrain destiné aux expériences agronomiques. Il y a aussi, auprès de cet établissement , un atelier, des instruments de géo métrie pour l'école d'arpentage et de topographie. On forme dans cet Institut des employés forestiers ; et les élèves destinés à l'enseignement de la sylviculture , ainsi qtfà la direction des établissements modèles d'économie forestière, sont envoyés, aux frais du Gouvernement , dans les pays étrangers , pour y achever leurs études et compléter les connaissances nécessaires à leur profession. Uécole forestière établie à Lissino, aux environs de Tsarskoïe-Selo, est une succursale de l'Institut de Saint-Pétersbourg, destinée plus spécialement à l'instruction pratique, et auprès de laquelle se trouve aussi une école de gardes-forestiers, dont les élèves sont choisis parmi les paysans des domaines de l'État, et forment une compagnie d'élite. Il y a, en outre, une école forestière près de Moscou, et une autre dans le gouvernement de Grodno.

On a fondé, dans plusieurs parties de l'Empire, des établissements modèles d'économie forestière, où l'on fait aussi des essais de divers systèmes de culture. Les élèves de l'Institut forestier de SaintrPétersbourg, admis dans ces établissements , reçoivent une tâche qui consiste à faire Tarpenlage et la taxation d'une certaine étendue de sol forestier (jusqu'à 10,000 dessiatines) , et à dresser l'inventaire économique de ces terrains.

On a souvent critiqué le Gouvernement de n*avoir pas placé l'Institut forestier dans l'intérieur de l'Empire, dans une des contrées les plus boisées des gouvernements de Wologda, d'Olonetz, de Wiatka ou de Kazan, au lieu de le fonder à SaintrPétersbourg; mais M. Haxthausen, en obser-

valeur impartial , a fait justice de ces critiques. Voici ce qu^il dit à ce sujet :

« L'économie forestière est, en Russie, encore au ber- « ceau ; il n'y a pas encore de forestiers et de professeurs « russes de sylviculture {Russische Forstmiinner gibt es noch tf gar nicht. — Rmsische Lehrer der Forstwissenschaft existiren « noch nicht). On a été obligé d'appeler de l'étranger des « forestiers allemands pour les emplois du professorat. Or, « des hommes distingués de l'étranger peuvent bien se ré- « soudre à venir s'établir à Pétersbourg ou à Moscou, mais « il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit d'accepter des « fonctions dans l'intérieur de l'Empire... Il serait même « difficile de trouver en province le nombre d'élèves suffi- « sant pour cette profession. On ne peut, par conséquent, a pas considérer cet Institut comme destiné à fournir le « nombre nécessaire de sujets pour le service pratique des « forêts. C'est plutôt une pépinière d'employés supérieurs « et de professeurs de sylviculture pour les instituts fores- « tiers qui peuvent être créés à l'avenir dans l'intérieur de « l'Empire (1). »

Nous devons faire remarquer que l'opinion de M. Haxthausen, quant au manque de forestiers russes suffisamment instruits, ne peut s'appliquer qu'à l'époque qui a précédé la création de l'Institut forestier dont il s'agit, car maintenant nous possédons déjà bon nombre de sujets distingués dans cette partie du service ; mais ses observations n'en sont pas moins justes quant au choix qu'on a fait de la capitale pour la fondation de cet établissement.

Pour compléter les notions générales qui précèdent sur Tétai actuel de notre économie forestière, et de l'administration des forêts çn Russie , nous insérons ici une Notice

(0 Studien uber Ruuland, I*' Tolume , page 10.

sur le même sujet tirée de Y Abeille du Nord, et reproduite dans le journal de Saint-Pétersbourg , du 26 janvier-7 février 1850 :

« L'introduction d'un système régulier et uniforme dans « l'aménagement des forêts de la Couronne date de 1843, « époque à laquelle fut institué, au ministère des Domai- « nés de l'Empire, le département des forêts. Depuis lors, « cette branche si importante de l'économie nationale se « développe rapidement, tandis que son organisation s'a- « chemine par degrés vers un état de perfection qui auto- « rise les plus belles espérances pour l'avenir.

« Voici quelles ont été, dès l'origine, les principales « dispositions du département :

<( Afin d'asseoir ses travaux ultérieurs sur une base so- « lide, cette administration procéda d'abord à la délimita- « tion et à l'arpentage des forêts domaniales, qu'on évalue, « en superficie, à 113 millions de dessiatines. A cet effet, « elle fit lever, dans divers gouvernements de l'Empire, les « plans des territoires boisés appartenant aux Domaines , « dresser l'inventaire économique de chacun de ces terri- « toircs en particulier, enfin prendre des renseignements « exacts sur la position géographique des bois elleur pro- « ximité tant des centres de population que des voies « fluviales par lesquelles peut s'effectuer le transport du « bois. Ces travaux préparatoires achevés, elle porta son « attention sur les autres parties de l'administration fores- ^( tière.

« Dans le but de pourvoir d'une manière efficace à la con- « servation des forêts, ces dernières furent divisées en trois « catégories, selon leur valeur et leur importance relative. « Les bois de première classe sont actuellement commis à « la surveillance d'une garde forestière permanente , qui « se compose de villageois, établis avec leurs familles sur « les lisières, où on leur a assigné des portions de terrain

*' suffisantes pour leur entretien. Toutefois, comme Fexten « sion de ce système de conservation à tous les territoires « boisés, sans exception, offrait de trop grandes difficultés, « soit en raison des frais du déplacement des agriculteurs, (( et de leur installation dans les localités désignées par « l'administration forestière, soit à cause de la répugnance « que les habitants ont à se soumettre à un changement « forcé de domicile, le gouvernement se vit obligé de créer, « pour les forêts de second ordre, des gardes, recrutés ex- « clusivement parmi les soldats en retraite ou en congé « illimité. Ces gardes, outre le traitement fixe dont ils jouis- « sent, obtiennent chacun l'usage d'une cabane et d'un po- « tager. Enfin, dans les forêts de la dernière catégorie, qui, « à cause de leur éloignement des rivières flottables et de « leur peu de rapport, n'ont pu être soumises à un régime « régulier de conservation, on a maintenu l'ancien mode « de surveillance au moyen d'individus choisis parmi les « habitants des communes rurales voisines, et qui, sous la i< dénomination de ronde ou de patrouille, soit à pied, soit « à cheval, sont obligés de parcourir et de surveiller une Ki certaine étendue de terrain. En outre , afin de faciliter « aux individus préposés à la conservation des forêts les « moyens de s'acquitter de leur charge, l'administration a « pris à tâche de leur construire des habitations dans l'in- « térieur des forêts, au lieu que jadis ils résidaient dans « les villes ou les villages situés au centre des districts fo- « restiers.

« Dans les mesures qui ont eu pour objet l'aménagement « des bois, conformément aux principes de l'art forestier, « l'administration s'est constamment appliquée à se régler « sur les conditions locales telles qu'elles ressortent du cli- « mat, de la position géographique et de la nature du sol, « ainsi que des lois en vigueur et des usages établis. Les « premiers essais pour l'introduction des méthodes d'amé-

« nagement perfectionnées, telles que levée de plans, divi- « sion des forêts en coupes réglées, arpentages, taxation , « détermination de la périodicité des coupes, furent effec- « tués dans les forêts qui s'y prêtaient le mieux par leur « situation et les débouchés de leurs produits. Chaque ter- « ritoire forestier, ainsi aménagé, est soumis à un plan d'ad- « ministration, basé sur les besoins de la localité; des ré- « visions périodiques constatent la stricte exécution des « opérations déterminées par l'assiette des coupes. Il est à « remarquer que ces améliorations, en augmentant le re- « venu des forêts , ont permis de couvrir les frais nécessités « par ces travaux, et n'ont par conséquent coûté aucun sa- « criflce pécuniaire au trésor.

« Le reboisement des forêts éclaircies par l'exploitation, « ainsi que les plantations et semis d'arbres forestiers dans « les contrées qui en sont dépourvues, ont dû nécessaire- « ment attirer l'attention particulière de l'administration « centrale, qui a publié, sur cette matière, des instructions « détaillées à l'usage des préposés aux districts forestiers. « De plus , comme dans quelques localités , où la culture « s'opère par le moyen de semis, l'acquisition de semences « d'une bonne qualité présente de grandes difficultés, on « a établi, sur divers points , des sécheries pour les grai- « nés d'arbres conifères, lesquelles servent à l'approvi- « sionnement des districts forestiers du reste de l'Empire.

« Les travaux entrepris dans le but de développer la « culture des arbres forestiers, dans les provinces dépour- « vues de bois , méritent surtout d'être signalés. L'expé- « rience a prouvé que le succès des cultures de ce genre « dépend principalement du choix des individus chargés « de diriger les plantations, et que la première condition « est une connaissance parfaite de la nature du sol des « steppes méridionales , et de l'influence du climat sur la « végétation, ainsi que des soins indispensables aux jeunes

« plants pendant les trois premières années de leur crois-

« sance. Afin de former des administrateurs capables, on

« a établi, dans les gouvernements d'Ékathérinoslaw, de

« KhersoUy de Tauride, et dans la province de Bessarabie,

« des plantations modèles, destinées à l'enseignement pra-

« tique de l'art forestier. Les élèves qui y sont admis et qui

<c appartiennent exclusivement à la classe des agriculteurs,

« retournent dans leurs familles, après avoir complété leur

« cours d'étude, et sont d'ordinaire employés à diriger des

« plantations aux environs de leurs villages. C'est ainsi,

« du moins, que cela se pratique chez les colons étrangers

« de la Russie méridionale. Le nombre de ces élèves se

« montait, dans le dernier temps, à 68. Dans le gouverne-

« ment d'Ékathérinoslaw, on a procédé, en outre, à l'or-

« ganisation, sur le même plan, mais sur une plus grande

« échelle, d'une école forestière, remarquable par son ob-

« servatoire météorologique , qui a été établi principale-

« ment dans le but de résoudre la question de l'influence

i< des forêts sur le climat et sur l'humidité de l'atmosphère.

« 11 n'est pas inutile de remarquer que l'observatoire se

« trouve placé dans des conditions éminemment favorables

« aux intérêts de la science ; la contrée avoisinante étant

« totalement dépourvue de bois, on conçoit que les chan-

« gements atmosphériques produits par l'accroissement

« successif des plantations s'y feront sentir plus que par-

« tout ailleurs. Indépendamment des améliorations men-

« tionnées ci-dessus, il a été fait, dans les gouvernements

<< de Tauride et d'Astrakhan, des essais de culture de la

<< plus grande importance. Ainsi, dans les sables mouvants

*^ d'Aleschky, une étendue de terrain d'environ 2,456 des-

*^ siatines a été convertie en plantations , qui contiennent

*< actuellement près de 5 millions d'arbres. Dans les step-

^< pes des Kirghiz, l'administration a fixé provisoirement,

^< pour les plantations projetées, une superficie de 700 des-

m AGRICIJLTURE.

« sialînes, en se réservant de les étendre par la suite, selon « les besoins de la population. De 1846 à 1849, 154 des- « siatines ont été de cette manière couvertes de planta- « tiens.

« Pour compléter les améliorations apportées dans la « partie forestière, la direction générale s'est appliquée à « augmenter le nombre des officiers spécialement destinés « à cette branche d'administration, et, dans ce but, elle a « pris à tâche de perfectionner l'enseignement dans les éta- « blissements d'éducation dont elle dispose. Antérieurc- « ment à 1842, ces établissements ne formaient annuelle- « ment que 12 officiers, au plus, capables d'occuper des « emplois supérieurs dans leur partie. Aujourd'hui ils en « fournissent régulièrement une trentaine , et le nombre « total des fonctionnaires en activité et possédant les con- « naissances spéciales nécessaires s'élève actuellement « à 275. Chaque officier forestier, avant d'être admis au « service actif, est tenu de suivre, pendant une année, un <( cours d'étude à l'école forestière pratique de Lissino « (district de Tsarskoïe-Sélo), où a été en outre institué « un établissement industriel pour l'enseignement des mé- « thodes perfectionnées introduites dans la fabrication « des divers produits forestiers , tels que poix , résines, « goudron, charbon, térébenthine, etc.

« Outre les écoles secondaires , établies dans les plan- « tations des provinces méridionales, il en existe, aux « environs des deux capitales et près de Grodno, d'autres « encore, destinées h former des inspecteurs des forêts. « Les objets d'enseignement y sont : la langue russe, « l'arithmétique, l'économie forestière, les mathématiques « appliquées à l'arpentage et à la levée des plans. Chaque « école possède un terrain pour les pépinières et autres « cultures qui servent à l'instruction pratique des élèves. « Ceux-ci, dont le nombre se monte, pour le présent, à

« 150, se divisent en deux catégories : les boursiers de « l'État et les pensionnaires des particuliers ; ces derniers « paient 100 roubles argent par an.

« De plus, l'administration a trouvé nécessaire de pu- « blier un manuel à l'usage de ses officiers. Ce manuel « renferme : 1° un abrégé de l'économie forestière, en ce « qui regarde la culture, l'aménagement, la taxation et « l'exploitation des forêts, et les instructions réglemen- « taires relatives à ces divers sujets; 2° un exposé des « dispositions législatives et réglementaires , qui concer- « nent les fonctions des différentes classes d'employés « forestiers ; 3"* une instruction , fondée sur la législation « administrative et judiciaire, destinée à diriger les fonc- « tionnaires dans les affaires de procédure, correctionnelle « et pénale.

« Les résultats généraux des opérations du département « peuvent se résumer de la manière suivante :

« Délimitation et arpentage des forêts. — La levée des « plans et la confection des inventaires économiques ont « été effectuées dans 1,490 districts forestiers, renfermant « 12,227,758 dessiatines; la vérification des limites, sur « une étendue de 24,446,823 dessiatines et 308 sagènes.

« Aménagement et organisation du système forestier. — Le « nombre des districts forestiers aménagés selon les proie cédés scientifiques s'est élevé à 115, comprenant en « superficie 2,138,341 dessiatines. Le dessèchement de « marais dans l'intérieur des forêts a été opéré sur une sur- « face de 15,000 dessiatines.

« Plantations et semis. — La quantité de graines, em- « ployées aux semis, s'est montée à 55 pouds ; celle des « arbres et plants à 5,208,580. Les récoltes de semences « ont produit 13,366 pouds et 36 - livres.

« Conservation des forêts. — Dans divers districts fores- « tiers, il a été établi comme gardes permanentes 1,057

« familles; 1,853 individus ont été placés comme surveil- « lants ou gardes militaires.

« Dégâts et dommages. — En 1842, 4,911 cas de coupes « frauduleuses et 790 incendies ont causé à Tadministra- « tion des pertes, les uns, pour 386,000 roubles argent, « et les autres , pour 423,000. En 1847 , les pertes du « même genre ne se sont élevées qu'à 135,825, par « suite de fraudes, et à 47,652 roubles, par suite d'in- « cendies.

« Écoles. — Le nombre des élèves qui, après s'être spé- « cialement préparés aux emplois forestiers, ont été admis « au service, s'est accru jusqu'à 183. »

Tous les faits cités dans cet article prouvent que le Gouvernement s'occupe sérieusement de l'amélioration et des progrès de notre économie forestière, et qu'il procède dans cette voie avec une sage prévoyance ; mais, pour apprécier, à leur juste valeur, les progrès déjà obtenus et ceux qu'on doit espérer pour l'avenir, il faut se rendre compte des difficultés contre lesquelles l'administration des forêts a à lutter dans l'immense tâche qui lui est confiée. Nous signalerons quelques-unes de ces difficultés en les rapportant aux différentes branches de notre économie forestière dont nous allons nous occuper, et nous nous bornons ici à faire observer que, dans nos climats, le service des forêts est si pénible qu'il occasionne des infirmités précoces, et que, par cette raison, le temps du service actif qui donne le droit à une pension de retraite entière est limité à vingt-cinq ans, comme pour le département des mines.

Exploitation des immenses forêts du nord.

Ce serait, sans contredit, un avantage incalculable, tant pour les intérêts financiers de l'État qu'au point de vue de nos intérêts agricoles et de la richesse nationale, si l'on par-

venait, avec le temps, à tirer partie de ces immenses forêts vierges où la hache n'a pas encore pénétré ; mais c'est une entreprise qui reste encore réservée à un avenir assez éloigné , et il ne peut s'agir maintenant que d'en préparer les voies. Les difficultés qui s'opposent à cette tâche consistent dans le climat , dans la qualité du sol et dans le manque de population. Ces difficultés ont été déjà mentionnées dans le I" volume, pages 107 et suivantes. 11 faut y ajouter encore que la situation topographique de ces contrées septentrionales y joue aussi un grand rôle. Il est notoire que le transport des bois par voie de terre est beaucoup trop coûteux et ne peut s'effectuer avec profit que sur de petites distances de dix milles d'Allemagne tout au plus. Dans les pays montagneux la chute des eaux pluviales fournit souvent tout un réseau de petits canaux naturels qui facilitent le flottage du bois et le font arriver à peu de frais, même à de très-longues distances. En Russie, cette facilité manque dans la plupart des contrées plates de la région du nord, à l'exception de quelques réservoirs d'eau dont on pourrait tirer parti à l'avenir avec le secours de l'art, et l'on ne pourrait y suppléer maintenant que par des ornières en bois et par le traînage.

Tout en nous bornant ici à faire mention du défrichement des forêts du nord, comme d'une éventualité plus ou moins réalisable, nous devons y ajouter l'opinion de M. Péterson , membre du comité scientifique au ministère des Domaines, qui a fait de cette question une étude spéciale, et qui trouve l'idée de M. Haxthausen, sur la colonisation de cette région du nord, impraticable, même comme question d'avenir, dans le sens qu'il a attaché à son projet; c'est-à-dire au point de vue agricole {voir ce que nous avons dit à ce sujet dans notre P' volume, pages 103 et suivantes). M. Péterson croit que, sur plusieurs points de cette région, Vagriculture a déjà atteint les deri^ères limites du possible,

que ce sont des conlrées qui se rapprochetil le plus , par leur climat et leur caractère, des plateaux des Alpes avoisinant les neiges éternelles (1) et que, sauf la chasse, la pêche et quelques petites industries locales et forestières , il n'y a qu'une branche de l'économie rurale qui y soit possible, celle de l'élève du bétail.

Conservation et aménagement des forêts.

II serait inutile de s'appesantir sur l'importance qu'il y a à conserver les bois par l'introduction d'une économie forestière rationnelle. Or, sous ce rapport, les difficultés consistent dans les grandes distances qui entravent la surveillance, et dans l'esprit de nos populations qui est peu favorable à un aménagement bien entendu. Il n'est guère aisé d'empêcher partout les dégâts sur un sol forestier qui embrasse souvent une étendue équivalente à toute la superficie de plusieurs états de second ordre , et d'exercer une surveillance très-sévère sur la coupe de ces forêts, suilout lorsque le peuple des campagnes n'est pas encore bien pénétré de la nécessité des mesures prises par l'adminislration , ni disposé à les seconder. Plusieurs savants et économistes, Pallas, Hermann, Georgi, Storch, Gûldenstadt, Lapoukhine, Brinken et beaucoup d'autres, ont observé peu d'esprit de conservation (îliez les populations russes, relativement aux forêts (2). Celte observation peut

(1) Cette similitude du climat des Alpes se retrouve, à un degré surprenant, même dans la llore de ces contrées.

(2) Comme preuve de Finfluence que les mœurs et les idées du peuple peuvent exercer sur la conservation des forôt«, M. Storch cite l'exemple des Mordvlnes, qui ont hérité, des temps du paganisnie, une espèce de vénération pour 1« vieux et beaux arbres, et il remarque que, par cette raison, les districts habitéf par eux sont précisément ceux oiWes forêts sont le mieux conservées.

s'appliquer, plus ou moins» à toutes les populations slaves» Nous avons eu souvent occasion de nous en convaincre en Pologne , où la dévastation des forêts est tout aussi générale qu'en Russie. On coupe sans ménagement ni distinction tout ce qui se trouve sous la main ; on abat souvent un bel arbre, qui pommait servir à de grandes constructions, pour un usage auquel un arbrisseau pourrait suffire ; l'on en détache un morceau et on laisse pourrir le reste. En même temps, on laisse, dans d'autres parties, les forêts devenir trop épaisses, et l'on empêche ainsi la croissance des arbres. On rencontre souvent en Russie, comme ea Pologne, de ces fourrés qui ont plusieurs milles carrés d'étendue et qui ne fournissent pas une seule belle pièce de bois de construction ; tandis qu'on pourrait avec le temps les rendre productifs en les éclaircissant.

Dans toutes les contrées du nord , richement boisées, cet entraînement à la dévastation a été favorisé, en partie^ par la croyance, très-généralement répandue chez les populations des campagnes, à l'inépuisable abondance de la végétation forestière. D'un autre côté, en Russie comme en Pologne, le bas peuple n'a pas encore de notions bien nettes sur le droit de propriété relativement aux forêts ; il est habitué à les considérer comme le bien de la communauté des habitants et, pendant longtemps, l'absence de mesures efficaces pour assurer l'intégrité des forêts de TËtat contribuait, de son côté, à donner de la consistance à ces fausses idées. A l'exception des bois réservés pour les constructions navales, les paysans et les particuliers coupaient autrefois, dans les forêts de l'État, autant de bois qu'ils en avaient besoin, sans contrôle ni dédommagement aucun, et ce n'est qu'à partir de l'année 1730 que le Gouvernement a, pour la première fois, essayé de tirer un certain revenu des forêts de la Couronne en prélevant une taxe, mais seulement sur les bois exportés du pays. Il

paraît donc, d'après ce que dit M. Wrangel dans son i7àtoire de la législation forestière de la Russie^ qu'à cette époque le gouvernement considérait lui-même l'usufruit des forêts de l'État comme étant du domaine public, puisqu'il ne prélevait aucune taxe sur le bois coupé dans ces forêts par les paysans et les propriétaires particuliers , soit comme combustible, soit pour la préparation du goudron ou pour d'autres usages.

Ce n'est que peu à peu que l'on ppurra rectifier, sous ce rapport, les idées qui prédominent encore chez nos populations rurales. Ce n'est qu'avec le temps qu'on pourra leur faire comprendre la nécessité de ménager les forêts et l'utilité des mesures prises à cet effet par l'Administration. Au reste, nous voyons que, même dans les pays où les principes d'une économie forestière bien entendue ont prévalu depuis longtemps, comme, par exemple, en Allemagne, on n'a pas toujours réussi à empêcher la dévastation des forêts. En voici une preuve toute récente : M. Steffens, maître des forêts en chef (Oberforstmeister) de la Prusse rhénane, vient de publier un aperçu historique de la sylviculture de cette contrée, duquel il résulte que, au commencement de ce siècle , le sol forestier, qui occupe maintenant dans cette province 3 millions d'arpents, n'était couvert que d'arbres feuillus {Laubholz) appropriés à la nature du sol et du climat ; mais que, par suite des dévastations occasionnées par l'exercice irrégulier des servitudes telles que coupes de bois de chauffage, franche pâture, etc. , une grande partie de ces belles forêts a dû être remplacée par des plantations d'arbres conifères (A^adélholz)y vu l'appauvrissement du sol qui ne comportait pas d'autre reboisement.

Parmi les plus grands fléaux de notre économ^p forestière, il faut aussi placer en .première ligne les fréquents incendies des forêts qui prennent quelquefois un immeit^e

développement. M. K oeppen cite, dans un de ses travaux statistiques, 200,000 dessiatines de forêts consumées par les incendies, en 1839, dans le seul gouvernement de Kostroma. Ces incendies sont toujours occasionnés par la négligence et l'incurie des habitants. Les pâtres et les paysans qui travaillent dans les bois font du feu, soit pour se réchauffer, soit pour préparer leur nourriture et négligent de le bien éteindre ; le reste du feu, qui couve sous la cendre, gagne peu à peu les feuillages et les broussailles ou les branches desséchées, et se communique ensuite aux troncs d'arbres. C'est ainsi que des forêts entières sont consumées par les flammes. Cela arrive surtout très-souvent dans les forêts de pins et de sapins dont les feuilles acéreuses desséchées qui couvrent la terre prennent feu très-facilement et le communiquent avec rapidité à tout ce qui les entoure. Cette cause de destruction est un des objets de surveillance les plus importants; mais cette surveillance n'est pas facile à exercer dans des forêts qui occupent des milliers de milles carrés d'étendue.

Nous devons cependant faire observer qu'indépendamment des mesures de conservation prises par le Gouvernement, les propriétaires particuliers commencent depuis quelque temps à introduire une meilleure économie forestière dans leurs biens.

Reboisement des steppes et d'autres contrées dégarnies de bois.

Nous avons eu déjà l'occasion de faire observer, dans te I" volume, que, d'après les expériences déjà faites, le reboisement est très-praticable dans quelques contrées des steppes ; mais il y en a aussi d'autres, et de très-étendues, où la qualité du soi s'y oppose. Telles sont les

steppes à base saline , et celles où la couche de) terre vé-

gétalc n'est pas assez épaisse pour rendre la sylviculture possible. Pai* contre, là où le sol est fertile, il y a peu de profit à établir des plantations de bois sur des terrains consacrés à la culture des céréales et à l'élève du bétail qui y sont très-faciles et très-peu coûteuses, car, par un singulier concours de circonstances, dans ces contrées si dépourvues de toute végétation forestière, le bois n'a pas, à beaucoup près, un prix aussi élevé qu'on devrait le croire, vu qu'il est remplacé comme combustible par de la paille, du fumier, des roseaux et des chardons dessô*- .chés, Ainsi, le reboisement de ces contrées, étant une entreprise qui offre, sauf quelques exceptions isolées, peu d e chances avantageuses aux propiriétaires particulie rst tombe entièrement à la charge de l'État qui seul peut l'entreprendre en grand et lui faire, en vue des intérêts de l'avenir de ce pays, le sacriJ[iacL ^t Cinpora|re d e ses intérêts financiers et économiques. Ce sacrifice est d'autant plus considérable que , dans notre climat , la reproduction forestière exige plus de temps que dans les autres contrées de TEuropo. A l'École forestière de Lissino, il est admis en principe que les arbres conifères (pins et -n sapins) ou ce qu'on appelle en allemand Nadelholz ont /besoin de 120 ans, et les arbres feuillus {Laubholz)^ de I (50 ans pour atteindre leur entier développement (1). Il faut / cncoîc y ajouter que dans notre climat le s grandjL froids détruisent souvent les jeunes. plants. M. Haxthausen prétend que, sur la lisière septentrionale des steppes, les vieux arbres mômes périssent quelquefois par le froid ,

(1] Quelques hommes spéciaux et pratiques prétendent que ce terme dépasse de beaucoup le temps nécessaire à la reproduction forestière, que, en tout cas, il ne pourrait étro applicable à toute la Russie, surtout en ce qui concerne les arbres feuillus, que, par exemple, le bouleau commence souvent à pourrir après 30 ans de croissance, que, dans quelques contrées, en abattant un bouleau , qui a passé cet ùge, on le trouve, presque toujours, creux à rintérieur.

\onqae i'hiver est très-rigoureux sans être accompagné de neiges, mais il ajoute que c'est depuis peu seulement qu'on a eu Focoasion de s'apercevoir de cette influence du climat ; ce qui prouverait que la température de ces contrées s'est considérablement abaissée dans les derniers temps.

Quoi qu'il en soit, l'aperçu de notre économie forestière, que nous avons inséré pages 150 et suivanteSy prouve que le Gouvernement ne recule pas devant ces difficultés et que, com prenan t toute l'importance du reboisemçitt..gQu^ la prospérité à venir Ses contrées mério.dionales de la Russie, l'Administration des forêts a entrepris cette tâche avecl'iqtention de la poursuivre systématiquement et d'une manière appropriée aux circonstances locales.

Quant au système de reboisement, les avis ont été partagés. L'idée de M. Von Brinken de reboiser les ravins et les vaUons a été reconnue comme inapplicable aux circonstances locales, à la situation topographique et au caractère géologique des steppes, en tant qu'on la considère conune mesure générale, parce que le sol de ces contrées basses a, en grande partie, une base saline peu favorable à la sylviculture, et que, quand même le reboisement de cette partie des steppes pourrait réussir, il n'aurait aucune influence, sur le climat et n'atteindrait par conséquent pas un des buts principaux, celui de garantir les parties plus élevées de l'influence pernicieuse des vents de l'est qui dessèchent l'atmosphère (1). C'est en prenant en considé-

(1) Sans être susceptible d'exercer une influence sensible sur le climat des steppes, en général , le reboisement des ravins et des vallons , là où il est praticable, aurait cependant un certain degré d'utilité locale. Ces reboisements partiels seraient autant de réservoirs d'une atmosphère plus humide, qui adoucirait, au moins, la température des contrées avoisinantes. Aussi commencent-ils, depuis quelque temps , à se pratiquer dans les contrées les plus peuplées du pay» des steppes.

ration ces circonstances locales que le comité scientifique a approuvé le plan d'un de ses membres, M. Peterson, qui est tout à fait contraire à celui de M. Von Brinken.

Ce plan, qui consiste à couvrir d'arbres forestiers les hauteurs des steppes, est déjà, en partie, mis à exécution dans une colonie de Mennonites et dans une ferme nouvellement établie à Veliko- Anatole. Ce reboisement des hauteurs n'aurait une influetice salutaire sur le climat et la culture de ces contrées que dans le cas où l'on pourrait l'étendre sur la cinquième ou la sixième partie du territoire des steppes; mais, dans l'état actuel des choses, on ne saurait lui donner ce développement par la voie des mesures administratives. La plus grande partie des steppes ayant déjà été distribuée d'ancienne date à des particuliers ou colonisée par des paysans des Domaines, et les hauteurs en ayant déjà été, pour la plupart, utilisées pour la culture des céréales, l'État ne pourrait plus y entreprendre de plantations de forêts qu'en lésant des droits acquis ou moyennant le rachat de ces terrains. L'étendue des terrains qui seraient le plus appropriés à la sylviculture par leur situation topographique, et qui sont restés à la libre disposition de l'État, est très-limitée. Les plantations d'arbustes faite? sur les terrains appartenant à des particuliers et par les paysans des Domaines ne pourraient non plus faire de grands progrès, au moins pour le moment, faute de capitaux. Ces chétives plantations n'auraient pas d'ailleurs assez de consistance pour influer d'une manière sensible sur le climat; elles pourraient à peine se garantir elles-mêmes contre les sécheresses et contre de fortes gelées non accompagnées de neige.

En raison de toutes ces circonstances, on a acquis la conviction qu'il fallait aviser à d'autres moyens pour adoucir la température des steppes et pour intercepter l'influence pernicieuse des vents secs de l'est, et l'on a résolu, entre

autres essais, de planter des haies vives à peu de distance l'une de l'autre , et d'y employer les espèces d'arbres et d'arbustes qui sont le plus propres à supporter le climat de ces contrées ainsi que les dommages occasionnés par le bétail et les insectes.

L'administration des Domaines s'occupe maintenant de ces essais avec l'intention d'en porter, en son temps, le résultat à la connaissance des agronomes de ces contrées.

Ce qui constitue une des grandes difficultés du reboi sèment des steppes, c'est qu'il y a peu d'espèces d'arbres for estier s qui supportent l'influence du clinaat et du sol d,e cette région.

Avant de terminer ce chapitre, il ne sera pas superflu de reproduire ici, en substance, les mesures prises par le Gouvernement pour relever notre agriculture et pour en favoriser les progrès. En nous occupant de l'état actuel des différentes branches de notre économie rurale, nous avons déjà signalé les mesures les plus importantes qui se rapportent plus spécialement à quelques-unes de ces branches, telles que les encouragements accordés à la culture des pommes de terre, du tabac et de la vigne, à l'éducation des abeilles et du ver à soie, à l'élève du bétail et des chevaux, les enquêtes ordonnées par l'administration des Domaines pour constater l'état actuel de la culture du lin et du chanvre, et les moyens proposés ou mis à exécution pour améliorer cette culture. Nous nous bornerons donc ici à donner un aperçu des mesures générales qui embrassent l'ensemble de nos intérêts agricoles et le bien-être de nos cultivateurs.

m AGRICULTURE.

1» Ârpentago général et mesures prises pour une meilleure délimitatton

des propriétés foncières.

Les limites entre les propriétés foncières , tant celles de l'État que celles des particuliers , étaient encore , dans le dernier siècle , si vagues et si imparfaitement tracées qu'il en résultait une grande incertitude dans Tétat de possession, et c'est sous le règne de l'impératrice Catherine II que fut entreprise la grande tâche de l'arpentage général, qui a été commencée en 1766 , et terminée en 1835 ; de sorte que cette opération a duré 69 ans. En même temps fut institué au sénat un département spécial pour juger, en dernière instance, tous les procès résultant de la nouvelle délimitation des propriétés, soit entre les particuliers, soit entre ces derniers et l'administration des domaines de l'État.

Indépendamment de cette mesure générale qui a , pour ainsi dire , posé les premiers fondements et a été le point de départ des progrès de notre économie rurale , en con solidant les droits do la propriété territoriale , cette deN nièrc se trouvait, et se trouve encore maintenant dans quelques gouvernements , très-embarrassée par une délimitation vicieuse dans l'intérieur des bicns-fondSj c'est-àdire par le fractionnement des parcelles enclavées les unes dans les autres, ce qui en gêne l'exploitation et devient un empêchement à l'amélioration de la culture. Cette circonstance n'a pas échappé à l'attention du Gouvernement, et nous avons déjà signalé, dans le I" volume, pages 843 et suivantes^ les mesures qui ont été prises pour remédier à cet état de choses , les progrès des travaux des commissions spéciales nommées à cet effet et les résultats obtenus.

Dans les provinces transcaucasiennes on a fondé, en

1846, une école d'arpenteurs (à Tiflis) qui a fourni, en 1851 , vingt-deux élèves , qui ont achevé leur cours d'études, et dont la plupart sont des sujets distingués dans leur partie. Dans l'espace des cinq dernières années (1846- 18B0), l'opération de l'arpentage, avec la confection des plans, partes et documents y relatifs, a été terminée sur une étendue de terrain de plus de 600,000 dessiatines (environ 120 milles carrés). Il est évident que cette opération avancera d'un pas de plus en plus rapide, à mesure que s'accroîtra le nombre des élèves de l'Institut des arpenteurs qui entreront en activité de service.

2** Mesures concernant la conversion de la corvée.

La corvée, étant une des questions les plus importantes pour l'avenir de notre économie rurale , est aussi une de celles qui a attiré plus particulièrement l'attention du Gouvernement. Tous ceux qui ont été à même de se faire une juste idée de notre situation agricole ne peuvent disconvenir que, dans l'état actuel des choses, la conversion de la corvée en rente pécuniaire, moyennant une mesure générale et législative, est une impossibilité, et qu'elle ne peut s'opérer que graduellement , selon les facilités que présentent, sous ce rapport, les circonstances locales. Nous ne pouvons que nous référer à ce qui a été dit sur ce sujet, dans le I" volume, pagfes 323 et suivantes. L'action du Gouvernement a donc dû se borner à favoriser l'émancipation successive de la classe agricole par la voie des mesures administratives, à consolider les arrangements concernant cet objet, et à régulariser en même temps autant que possible cette prestation là où elle existe encore, pour en écarter l'abus et l'arbitraire. Tels sont aussi l'esprit et le but de l'ukase du 2 septembre 1842, ainsi que des

dispositions réglementaires.connues sousle nom i' Inventaires, qui se rapportent aux prestations en nature dans les provinces de l'ouest. Cette dernière mesure est encore d'une date trop récente pour qu'on puisse en apprécier suffisamment les résultats. Jusqu'à présent elle a été diversement jugée dans les provinces qu'elle concerne.

On a vu, par les données statistiques consignées dans le I" volume, pages 316 et suivantes , que les deux tiers environ du sol productif ne sont plus exploités par le système des corvées. Cette prestation, qui subsistait encore d'ancienne date, dans quelques domaines de l'État, dans les gouvernements de l'ouest, y a été successivement abolie et remplacée par une rente pécuniaire {obrok)^ et il n'y a plus (Qu'environ 150,000 paysans des Domaines qui y soient assujettis, mais qui en seront probablement affranchis sous peu, car on poursuit avec activité les arrangements qui concernent cet objet. Dans les terres appartenant aux Apanages la corvée a été entièrement abolie et remplacée par une rente pécuniaire.

3° Péréquation dc8 charges supportées par les cultivateurs dans les domaines

de l'État.

La Russie est, sans contredit, un des pays de l'Europe où l'agriculture est le moins grevée de contributions directes et autres charges pécuniaires , si l'on ne prend en considération que le montant de ces charges, ainsi que l'étendue et la fertilité du sol productif; mais ce qui les aggrave c'est l'inégalité de leur répartition. Toutes les impositions directes , de même que les charges communales sont prélevées sous la forme de capitation ou de contribution personnelle à tant par tête, sans qu'il soit tenu compte des facultés productives du contribuable ni de

rétendue et de la qualité du sol qu'il met en exploitation. Ce mode de prélèvement s'applique également aux redevances que les paysans ont à payer à leurs seigneurs , là où la corvée a été convertie en rente pécuniaire sous le litre Sobrok. Dans la répartition de ces différentes redevances , qui se fait par les anciens de la commune {starch%na\ on atténue souvent les inégalités résultant de cette imposition personnelle, en dégrevant les contribuables les plus pauvres, moyennant une surtaxe imposée aux plus riches; mais ce ne sont que des palliatifs, et le système d'imposition en lui-même n'en reste pas moins défectueux dans sa base.

Le Gouvernement a , depuis longtemps, reconnu tous les inconvénients de ce système d'imposition, et l'importante question de la conversion de l'impôt personnel en contribution foncière a souvent occupé son attention. Mais c'est une tâche qui présente de très-grandes difficultés, faute d'éléments nécessaires pour une évaluation cadastrale de la propriété foncière qui pourrait servir à une assiette rationnelle de toutes les impositions directes. Cette réforme de notre système financier ne peut être réalisée qu'à la suite de grands travaux préparatoires qui exigent beaucoup de temps et des frais très-considérables (nous aurons encore l'occasion de revenir sur cette matière dans la continuation de ce travail). En attendant, le Gouvernement, pénétré de la nécessité d'égaliser autant que possible les charges supportées par les paysans des domaines de l'État qui forment environ les 7 de notre population agricole, a mis cette lâche au premier rang de celles dont la nouvelle administration des Domaines, organisée en 1838, et érigée en ministère séparé, avait à s'occuper. L'ukase impérial de 1838, adressé au chef de cette nouvelle administration, porte l'injonction expresse « de mettre « les impôts prélevés sur les paysans des Domaines dans

« un juste rapport avec les bénéfices que ces derniers « retirent des terrains exploités par eux et des industries « qui s'y rattachent. »

L'exposé de la gestion du département de l'Économie rurale au ministère des Domaines, publié en 1849, contient plusieurs données intéressantes sur le résultat des travaux entrepris pour l'accomplissement de cette tâche importante et que nous reproduisons ici en substance.

Le ministère des Domaines s'est occupé, dès son installation, de l'examen de tous les anciens projets concernant la réforme du système actuel d'imposition ; et il a fait, en même temps, recueillir des notions détaillées sur les cadastres des pays étrangers et sur les différents systèmes de taxation de la propriété foncière pratiqués en Russie. Après avoir rassemblé tous ces matériaux, on procéda à des enquêtes locales sur les ressources et les forces productives des villages appartenant aux domaines de l'État^ et sur les modes de répartition entre les paysans des charges qui leur sont imposées; l'on s'occupa simultanément à tracer, pour la transformation do ces charges en redevances prélevées, non sur les individus, mais sur le produit présumé de la terre et des branches d'industrie qu'ils exploitent, les bases d'un système d'évaluation et de conversion qui serait, par sa simplicité et par la facilité de son exécution, le plus approprié à l'immense étendue des domaines de l'État, à notre situation agricole et au degré du bien-être de nos cultivateurs.

Ces travaux préparatoires furent poursuivis, pendant les années 1838, 1839 et 1840, et les notions recueillies dans les différentes régions de l'Empire ont démontré que, si, d'un côté, il est impossible, par différentes raisons, d'appliquer à la Russie le système cadastral , adopté dans les pays étrangers, de l'autre, les circonstances paiticulières au sys^me d'économie usité chez nos paysans, le par-

AGRICULTIRE. 471

lage égal des terrains qui leur ont été concédés, Torganisation communale des villages, et plusieurs autres conjonctures locales offrent les moyens de simplifier les opérations cadastrales les plus difficiles et les plus compliquées. Aussi estril permis d'espérer qu'on parviendra , avec le temps , à améliorer le système d'imposition , sans efforts extraordinaires et sans ébranler les us et coutumes du peuple , et à créer , pour ainsi dire , un cadastre national , réunissant les principaux avantages des cadastres adoptés dans les pays étrangers, mais moiiis dispendieux et plus simple dans son application. Le travail préparé à cet effet fut soumis à l'examen critique de plusieurs gouverneurs des provinces, des chefe des chambres des Domaines et des membres correspondants du Comité scientifique du ministère des Domaines.

Pour en faciliter en même temps l'exécution, le ministère a eu soin de former dans ses établissements une pépi nîère de jeunes gens, auxquels on pourrait confier les opérations cadastrales, et dont un certain nombre a été envoyé dans les gouvernements de Saint-Pétersbourg et de Nowgorod , pour y acquérir l'expérience nécessaire dans les estimations des biens^fonds.

Ce n'est qu'après s'être ainsi préparé à l'accomplissement de cette œuvre importante que le ministère des Domaines s'est décidé à soumettre à la sanction suprême son plan de la conversion des redevances personnelles en impositions foncières, et à solliciter l'autorisation, qui lui fut accordée, de faire un essai de l'application de ce plan dans deux gouvernements : ceux de Saint-Pétersbourg et de Woronèje, dont le premier sert de modèle dans tous les arrangements économiques de l'administration des Domaines , et dont l'autre est un des plus importants, sous le rapport de l'étendue et de la population des villages de la Couronne, celui aussi qui se prête le plus au premier essai des opé-

rations cadastrales, à cause de son caractère exclusivement agricole.

Ces opérations d'essai, commencées au mois de mai 1842 , par deux commissions spéciales , placées sous la direction du département de l'Économie rurale au ministère des Domaines^ furent terminées dans' le court espace de cinq mois, pendant lesquels on a cadastré 1,339 villages de la Couronne, contenant une population de 446,000 âmes et 2,626,000 dcssiatines de sol productif, et réglé tous les comptes qui devaient servir de base à la conversion des impositions personnelles.

La promptitude avec laquelle ce travail fut terminé a constaté l'utilité pratique du mode d'estimation cadastrale qu'on avait adopté; mais pour le soumettre à une seconde épreuve et pour se convaincre de la justesse des calculs et des évaluations, avant de procéder à la conversion définitive des impositions personnelles, on porta à la connaissance des paysans les évaluations cadastrales des terrains qui leur étaient concédés , en déléguant dans les deux gouvernements des employés du ministère , avec la mission spéciale d'écouter les objections et les avis des intéressés et de faire droit aux réclamations qui seraient reconnues fondées en justice. Par cette voie d'investigation , maintes erreurs , inséparables d'une pareille œuvre/ ont été découvertes et rectifiées. Toutes ces opérations ont été secondées par la bonne volonté des populations rurales. Dans les villages où les terrains n'étaient pas distribués en parties égales par tête, mais par fractions de lots, les paysans ont eux-mêmes sollicité la prompte introduction du nouveau système d'imposition.

Dans quelques villages du gouvernement de Woronèje, qui abondent tellement en terres arables qu'une partie du sol reste sans emploi , et où les terrains étaient exploités sans partage régulier, où chacun s'emparait à sa guise de

la porlion du sol qui lui convenait, les paysans s'empressèrent d'eux-mêmes de régulariser cet état de possession et de faire entre eux le partage par tête. D'autres ont converti ïes terrains superflus en petites fermes {obrotchnyia statia). Un grand nombre de villages sollicitèrent la permission de faire des échanges de terrains avec les villages voisins, ou le déplacement d'une partie de la population, qui trouvait à sa convenance de changer d'établissement en passant dans un autre village mieux doté en terres arables, ou d'autres combinaisons de cette espèce. Il a été fait droit à ces demandes autant que les circonstances locales le permettaient; de sorte que, indépendamment d'une répartition plus équitable de l'impôt , les opérations cadastrales ont, en même temps, servi à faciliter et à améliorer les arrangements économiques des paysans des Domaines, et elles ont beaucoup contribué à répandre parmi les populations rurales des idées plus justes sur la valeur relative des terres qui leur ont été concédées et sur les avantages qu'on peut tirer de leur situation et d'autres convenances locales.

Toutes ces opérations ayant été terminées, en 1843, dans les gouvernements de Saint-Pétersbourg et de Woronèje, le ministère des Domaines reçut l'autorisation impériale de mettre à exécution , en 1845 , la conversion des impositions personnelles, après s'être entendu, à ce sujet, avec le ministère des Finances, et de poursuivre graduellement les opérations cadastrales dans les autres gouvernements, d'après les mêmes principes d'évaluation, en profitant des expériences déjà faites pour y introduire encore toutes les améliorations qui seraient trouvées utiles et praticables.

Dès que les arpentages et les estimations cadastrales eurent été terminés dans les deux premiers gouvernements, on continua ces opérations dans les gouver-

nements de Penza et de Tambow, puis dans ceux de Toula, de Riazan, d'Orel et de Koursk, et le nouveau système d'imposition fut successivement introduit, avant l'expiration de l'année 1849 , dans tous ces huit gouvernements, dans lesquels les domaines de l'État contiennent 8,263,476 dessiatines de sol productif, avec une popula-< tion rurale de 1,707,279 individus qui acquittent, en impositions de toute espèce, une somme de 8,673,540 roubles argent.

La dépense pour ces opérations cadastrales s'est élevée, en total, à 597,000 roubles argent ou à 7 ^ kopecks par dessiatine. C'est une dépense très-minime en la comparant avec ce qu'ont coûté les opérations cadastrales dans d'autres pays. En France, les frais du cadastre reviennent à 82 7 kopecks, en Prusse, dans les provinces rhénanes, à 81 kopecks, et en Autriche, à 53 kopecks par dessiatine. Les opérations d'arpentage et d'eslimation ont en outre été commencées et se poursuivent encore dans les gouvernements de Moscou, de Pskow et d'Ekathérinoslaw.

A mesure qu'on avançait dans ces travaux du cadastre rural pour les domaines de l'État, on avait lieu de se convaincre que partout où l'agriculture constitue pour le paysan la principale base de toute son existence, Tintroduelion du nouveau système d'imposition ne présentait pas de grandes difficultés ; mais que, dans les localités où l'indusliio est plus développée, cette tâche devenait beaucoup plus difûcile et beaucoup plus compliquée.

Dans les gouvernements industriels, mais qui ont peu de terres arables, l'assiette des impositions actuelles sur le produit seul de la terre pourrait obérer outre mesure l'agriculture , et porter l'impôt foncier au delà du prix de fermage des terres appartenant à des particuliers ; tandis que, d'un autre côté, l'imposition des différentes branches d'industrie, qui ne sont pas encore chez nous suflisamment

développées et consolidées et dont les bénéfices sont encore très-variables, exige les plus grandes précautions et beaucoup de mesure. Reconnaissant ces difficultés, radmi7 nistration des Domaines n'a procédé dans cette œuvre importante qu'avec tous les ménagements possibles pour les intérêts existants, en mettant k profit l'expérience acquise graduellement, à mesure qu'elle avançait dans ses opérations cadastrales, et en faisant précéder ces dernières de nombreuses investigations faites sur les lieux mêmes.

Après avoir mis à exécution le nouveau système d'impositioQ dans les gouvernements de Woronèje, de Tambow et de Pen;xa qui sont essentiellement agricoles, on l'a introduit, en guise d'essai, dans les gouvernements de Toula et de Riazan, où l'industrie a déjà acquis un certain degré d'importance et qui forment, pour ainsi dire, une transition entre les contrées industrielles ci les provinces exclusivement agricoles. En continuant simultanément les opérations cadastrales dans d'autres gouvernements de cette dernière catégorie, on a envoyé des employés du ministère des Domaines dans les gouvernements industriels de laroslaw et de Kostroma pour y recueillir les notions nécessaires sur l'état des industries pratiquées dans les domaines de l'État et sur les meilleures méthodes à employer pour l'estimation cadastrale des bénéfices que les paysans en retirent, sans porter préjudice à ces industries.

L'imposition de l'industrie a été, de tout temps et dans

tous les pays, une des tâches financières les plus difficiles. Elle est encore plus difficile, en Russie, dans son application aux paysans des Domaines , dont l'industrie se confond avec l'agriculture. Leur temps et leurs facultés productives sont partagés entre leurs travaux des champs et leurs occupations professionnelles; et ce caractère mixte de laboureurs et d'industriels rend l'évaluation de leurs

ne AGRICULTURE.

forces contributives beaucoup plus délicate et plus compliquée. Cependant, comme il ne s'agissait pas, pour le moment , de l'introduction d'un impôt proprement dit sur l'industrie, tel qu'il existe en France, sous le titre de patentes et, en Prusse, ainsi qu'en Autriche, sous le titre de gewerbsteuer, mais de la conversion des impositions personnelles déjà existantes et assez modiques, d'ailleurs, en elles-mêmes, qui représentent en même temps la rente des terres concédées aux paysans , l'évaluation cadastrale des bénéfices que les contribuables peuvent retirer de leurs métiers et professions ne doit figurer dans cette opération que comme un moyen subsidiaire pour rendre la nouvelle répartition plus équitable.

Cette nouvelle assiette des impositions acquittées par les paysans de la Couronne est encore d'une date trop récente pour que l'on puisse juger dès à présent du degré d'influence qu'elle doit avoir sur le bien-être des contribuables; mais elle a été, en général, bien accueillie, et même là, où il s'en est suivi une augmentation de charges pour les paysans, il ne s'est élevé aucune plainte à ce sujet, les populations rurales ayant eu lieu de se convaincre de la scrupuleuse équité avec laquelle la répartition en a été faite.

La conversion sera sans doute plus difficile dans les gouvernements, où l'industrie est déjà très-développée et où elle constitue un des principaux moyens de subsistance pour un grand nombre de paysans, comme, par exemple, dans les gouvernements de Moscou, de Vladimir et laroslaw; mais en procédant avec les ménagements qu'on s'est imposés , et en restant dans les limites d'une estimation plus ou moins approximative des forces contributives de chaque village , il est à présumer qu'on parviendra à introduire dans ces gouvernements, comme dans les autres, le nouveau système d'imposition, sans porter préju-

AGRICULTURE. i77

dice à aucun des inlérêts existants. Lorsque cette tâche sera accomplie pour les Domaines de l'État, dans toutes les parties de la Russie, ce sera un grand pas de fait dans la réforme de notre système d'imposition, et les opérations cadastrales de l'administration des Domaines fourniront des matériaux très-utiles pour introduire partout une contribution foncière plus rationnelle , à la place des impositions prélevées maintenant sous la forme de capitation.

Dans les domaines des Apanages, la perception de Yobrok, que payent les paysans de ces domaines, est déjà, depuis longtemps, réglée de manière que le montant en est proportionné à l'étendue et à la qualité des terrains concédés ; ce qui a eu une influence favorable sur la situation de cette classe de nos cultivateurs , dont le bien-être est, entre autres signes, constaté parla ponctualité avec laquelle ils s'acquittent de toutes leurs redevances, et par l'accroissement rapide de leiu's fonds communaux : ces derniers se sont élevés, en 1850, d'après le compte-rendu du ministère des Apanages, à 1,791,000 roubles argent = 7,164,000 fr. (sans compter le fonds destiné aux subventions accordées aux soldats qui retournent dans leurs foyers, après avoir fini leurs années de service, lequel fonds s'élevait, à la fin de 1850, à62,000 roubles =248,000 francs); ce qui donne, pour la population des deux sexes des paysans des Apanages (1,725,000 âmes), plus d'un rouble par tête (1).

4*" Colonisation et distribution des terrains dans le midi de la Russie.

Le premier manifeste, concernant la colonisation dans les contrées peu habitées de l'Empire, parut en 1762. En

(1) Les capitaux des Apanages s'élevaient , à la fin de l'année 1850, d'après le compte-rendu officiel déjà cité, à 8,321,000 roubles argent = 33,284,000 francs.

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