‹ Études sur les forces productives de la Russie (volume 2)Chapitre 21 sur 40 · ACCROISSEMENT · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT

PROPORTION

Pendant les années

derimporlation.

de rimportalion.

pour 100.

Poudt.

Poudt.

Ainsi, dans l'espace de vingt ans, l'accroissement de l'impiôrtation a entièrement disparu, et il est plus que vraisemblable qu'avec les progrès de l'industrie de la betterave,

cette importation suivra dorénavant un mouvement décroissant*

Il est notoire que l'imposition des denrées eolonialea fit notamment du sucre constitue , dans tous les pays« upe. des branches les plus importantes du revenu des douanes. Nous donnons ici le chiffre de ces revenus dans les priïicir: paux États de FEurope :

TOTAL PROOCrr PrtffirUil IMT 411

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Gnande-Bretagne (moyenno d«

4847-1848), d'après les registres officiels— 20,472,800

livres sterling = 432,049,e(H) 2S,746,S0O' ' 24, 9

France (en 4847), d'après le

Monitewr — 436,484,000 fr. = 34,424 ,000 42,498,500 3&,. 7 États do l'association douanière

allemande (moyenne de 4848-

4849)j d'après les ttfWeatfx

officiels j — 23,454,000 écufl=s 34,842,200 5,S46,000 2^, 7 . Autriche, 46,993,000 florins (4)= 40,909,500 2,952,000 27 Russie, moyenne de 4 848-4 850. 34 ,370,000 7,485,200 ^3, ô

Les défenseurs les plus zélés de Tindustrie sucrière indigène ne peuvent sans doute pasf prétendre que le trésor impérial lui fasse indéfiniment le sacrifice d'une branche si importante de son revenu ; aussi se bornent-ili à de* mander qu'on laisse à cette industrie le temps de se pef* fectionner et de se consolider. C'est aussi dans ce but qute le Gouvernement s'étant trouvé dans le cas d'imposer le sucre de* betterave, pour se dédommager, au moins en partie, de la perte qu'il essuyait sur le prélèvement des droits d'entrée pour le sucre colonial , n'a procédé â cette

(I) C'est la moyenne triennale du revenu pendant les années 1846-1S47. Lei deux années suivantes, 1848 et 1849, n'ont pas pu être prises pour point de coioparaison » à cause de la perturbation du comm'erce par les événements politiques.

mesure c[u'avec tous les ménagements possibles et après avoir pris en considération toutes les représentations des notabilités industrielles engagées dans cette fabrication. L'impôt a été fixé, en 1848, pour les deux premières années, à 30 kopecks, pour les deux années suivantes, à 46i kopecks^ et, pour les années 1852 à 1854, à 60 kopecks par poud; pour les petits établissements qui ne produisent pas plus de 500 pouds , cette imposition a été . rédiûte, pour les deux premières années, à 15 kopecks, pour les deux années suivantes, à 30 kopecks, et, pour lés deux dernières années, à 45 kopecks par poud.

Passé le terme de 1854 , la question de l'imposition du sucre indigène et des sucres coloniaux doit être soumise à tiû nouvel examen.

C'est une question aussi importante que compliquée, car il s'agit d'aviser aux moyens les plus propres de concUîer les intérêts de l'industrie sucrière, auxquels se rattachent les intérêts agricoles des localités où cette industrie est concentrée , avec les intérêts du fisc et ceux des consommateurs « Or^ il n'est pas facile de trouver une solution également satisfaisante poui* des intérêts aussi divergents qui sont en collision. Cette matière a suscité beaucoup d'embarras et de difficultés aux gouvernements de tous les pays>^ où l'industrie de la betterave a déjà pris un certain développement. Nous avons seulement l'avantage de pouvoir profiter de l'expérience des autres, tout en ayant égard aux cireonstances particulières à notre pays. Cette expérience peut servir de guide ^ non seulement au gouvernement pour les mesures financières concernant cette industrie , mais aussi à nos fabricants de sucre pour leurs procédés de fabrication et pour l'économie de leur exploitation.

Pour consulter cette expérience, nous devons jeter un coup d'œil rétrospectif sur les progrès de l'industrie de la

betterave dans les pays étrangers. Son origine remonte au dernier siècle. Le chimiste Marggraf, directeur de la section de physique à l'Académie des sciences de Berlin, essaya le premier d'utiliser différentes plantes saccharifères pour remplacer le sucre de canne, et il soumit à cet effet à l'analyse le panais, la carotte et le jus du bouleau (1). Ces expériences, n'ayant pas eu un résultat très-satisfaisant, tombèrent dans l'oubli , et ce ne fut qu'environ un demir siècle plus tard , pendant la période du système continental qui a fait monter le prix du sucre colonial dans la proportion de 1 à 8, que le chimiste Achard à Berlin renouvela ces expériences sur la betterave ; et, après avoir obtenu de 1 quintal jusqu'à 5 livres de sucre blanc et 3 livres de mélasse, il établit une fabrique de sucre en Silésie, sur une terre qui lui fut concédée à cet effet par le Roi. Les chimistes les plus distingués * de la France , Cels, Chaptal , d'Arcet , Fourcroy , Tessier et Vauquelin furent successivement envoyés en Silésie, par l'Institut national, pour examiner les procédés employés par Achard dans sa fabrication. C'est à partir de cette époque que l'industrie sucrière a commencé à être mise en pratique en France avec plus ou moins de succès, tandis qu'en Allemagne, où elle avait pris naissance, elle fut presque entièrement abandonnée. Cependant ce n'est que depuis Tannée 1830 qu'elle a acquis en France une certaine importance. En 1828, le total de la production n'atteignait pas encore 3 millions de kilogrammes. En 1836 , il y avait déjà 466 fabriques qui produisaient 49 millions de kilogrammes , et cette industrie protégée, à cette époque , par un droit de 42 i à 49 ^ francs par 100 kilogrammes qui frappait le sucre colonial, devint une concurrence dangereuse pour les colonies, dont

(1) Voir M Marggraf Chemiscbe Sclirlften. » Berlin, 1708.

nmportation tomba de 82 7 millions à 67 ^ millions de kilogrammeSy ce qui provoqua l'imposition du sucre de betterave, qui fu\ frappé d'un droit de 16 7 à 22 francs par 100 kilogrammes selon les qualités.

A la suite de cette mesure , la production indigène se réduisit dé plus de moitié , tandis que l'importation du sucre colonial ne se releva que faiblement. Elle n'atteignit, en 1841, que le chiffre de 74 7 millions de kilogrammes. Pendant ce temps, l'industrie sucrîère indigène , encouragée encore par une prime de 26 francs par quintal métrique = 1 rouble 6 kopecks par poud, se releva bien vite de sa chute. De 600 fabriques , il y eç a eu 150 , juste le quart, qui furent abandonnées. C'était, pour la plupart, des établissements mal organisés, mais les 450 fabriques restées en activité prirent une plus grande extension , et le total de la production qui était tombé , en 1839, à 22 millions de kilogrammes, atteignait déjà 41 millions de kilogrammes en 1842. Pendant ces diverses phases, le produit de l'impôt sur le sucre subit les changements suivants : Dans le cours des années 1831 à 1837, la moyenne des droits perçus se maintenait à environ 31 millions de francs ; en 1838, ce revenu tomba à 30,381,000 et, en 1839, à 28,407,000 francs. A la suite des changements survenus dans le tarif en 1839 et 1840 , le produit des douanes re monta, en 1840, à 34,896,000 et, en 1842, à 40 millions de francs. On calcula alors que le revenu atteindrait au moins 60 millions de francs, si l'on supprimait la fabrication indigène, ce qui donna lieu au projet de loi présenté aux Chambres, dans la session de 1842-1843, pour la suppres- . sion de toutes les fabriques de sucre de betterave, moyennant une indemnité de 50 millions de francs qui devait leur être accordée sur les fonds de l'État. Ce projet a été rejeté et remplacé par la loi de 1843 par laquelle l'imposition du

sucre indigène fut portée progressivement , dans l'espace

de cinq ans, au môme taux que le droit payé à rimportation par le sucre des colonies françaises. Ce second coup porté à la sucrerie indigène fit de nouveau crouler quelques fabriques établies sur des bases peu solides, mais les établissemcnts bien organisés surmontèrent cette seconde crise comme la précédente, et la production indigène prit de rechef un mouvement ascendant. Pendant la campagne de 1846-1847, c'est-à-dire immédiatement avant Tépoque où le droit atteignit le maximum (1" août i84'Z), elle était déjà de 43,394,000 kilogrammes, et, pendant la campagne suivante 1847-1848 , les fabriques indigènes fournirent à la consommation 53,380,000 kilogrammes, ou 4,350,000 kilogrammes au-dessus du maximum de la production (49 millions) avant l'imposition de cette industrie. En 1850, la production indigène a atteint le chiffre de 65 millions de kilogrammes,|et elle est devenue un concurrent dangereux pour le sucre colonial.

On s'est longtemps et beaucoup occupé, en Allemagne et en France, de la question de savoir si la fabrication du sucre de betterave sur le continent européen pourrait atteindre le degré de perfection nécessaire pour soutenir, sans un droit protecteur, la concurrence du sucre colonial. Des analyses chimiques ont été faites par les savants les plus distingués pour constater les quantités de substances saccharines contenues dans la canne et dans la betterave, et des calculs très-consciencieux ont été établis sur les frais de production et sur les procédés de fabrication usités dans les colonies et dans les fabriques de sucre du continent. Dans ces calculs reproduits par M. Stôlzel, technologue de l'Université de Heidelberg (1), on a pris en consi-

(1) Voir ta, brochure : «< Die Entstehung und Forientwicklung der Ràhenr xucker^Fahricaiion, » publiée à Brunswick, en 1851.

déraliiôn toutes les circfonslances locales qùî peuvent Itifluèr sur les frais' fle production de Tune et de l'autre de ces industries,' et nous ne croyons pas superflu d'en consigner ici les principaux résultats.

Les analyses chimiques ont prouvé que le contenu du* sucre cristallisable est tout aussi variable dans la canne que dan^ la betterave, selon la qualité de chacune de ces plantes, selon le sol consacré à leur culture et d'après les influences du climat. Dans lé jus de la canne, la substance saccharine avarié, d'après les analyses faites par différents chimistes et dans différentes colonies, de 10 à 30 pour 100, et l'on considère la proportion de 18 pour 100 comme la moyenne la plus admissible. Dans la betterave, la quantité des parties saccharines varie, d'après Einhof, Herrmann, Deyeu^, Ghaptal, Pelouze etPéligot, entre 5 et 13 pour 100, Xu^er^dorf a trouvé dans les différentes espèces de bettCT raves ^soumises |i son analyse, une différence de 3 à j3 pour 100. La proportion de 10 pour 100, comme moyenne, est celle sur laquelle s'accorde le plus grand q ombre de chimistes. Ainsi la différence serait en faveur de la canne comme 9 est à 5 ; mais cette différence s'amoindrit considérablement dans les résultats que donnent les procédés de la fabrication, c'est-à-dire lorsqu'on prend en considération la quantité de sucre qu'on peut effectivement obtenir de la canne et de la betterave, et la forme sous laquelle elle se produit.

Outre que la canne ne contient, d'après l'analyse chimi que, que 90 pour 100 de substances plus ou moins liquides, et 10 pour 100 de corps solides et filandreux , tandis que dans la betterave la proportion est de 95 et 5 pour 100, on obtient de cette dernière plante par le moyen mécanique, surtout depuis l'application de la presse hydraulique, une extraction de jus comparativement beaucoup plus considérable. D'après les expériences les plus récentes, on peut

extraire de la betterave de 75 à 85 pour 100 de jus. Dans la , plupart des colonies on est obligé, faute de bois, de se servir de la bagasse pour chauffer les chaudières, et, pour la rendre propre à cet usage, on ne peut pas réduire la canne en . assez petits fragments pour en exprimer tout le jus qu'elle contient , de sorte que la quantité de ce dernier n*est, en moyenne, que de 50 pour 100. Au Bengale, la quantité de jus qu'on retire se réduit même jusqu'à 30 pour 100. Les établissements, où l'on se sert des meilleurs appareils, obtiennent 60 pour 100 de jus (1). Ainsi de 95 pour 100 de jus que contient la betterave, on en extrait J5*à 85 pour 100, et, par conséquent, sur les 10 pour 100 que contient cette plante de parties saccharines , on obtient dans le jus, qu'on en exprime, 7 ~ à 8 7 pour 100 ; tandis que sur les 90 pour 100 de jus que contient la canne, on n'en extrait que 50 à 60 pour 100, par conséquent , sur la moyenne de 18 pour 100 de substance saccharine, 10 à 12 pour 100, et, au Bengale, sur 35 pour 100 de jus, 7 pour 100 seulement de sucre.

La différence des résultats matériels se modifie encore davantage , en faveur de la betterave, par la forme sous laquelle se produit le sucre dans l'une et l'autre plante.

Il est connu que le sucre qu'on extrait tant de la canne que de la betterave, se produit sous la forme de sucre cristallisable et de sucre non cristallisable ou de mélasse.

Dans ses premiers essais, Achard avait obtenu de la betterave un produit de qualité très-inférieure, qui contenait plus de mélasse que de sucre , mais , par l'emploi de pro-

(1) D'après les données les plus récentes , recueillies en Angleterre , on doit tirer maintenant, dans quelques colonies, Jusqu'à 70 pour 100, moyennant V ploi des presses perfectionnées, mais ce sont des cas exceptionnels.

cédés chimiques, il était déjà parvenu à obtenir sur 8 livres de sucre brut 5 livres de sucre cristallisé et 3 livres seulement de mélasse. Depuis les expériences d'Achard, cette industrie a fait d'immenses progrès, et les technologues qui se. sont spécialement occupés de cette fabrication, croient pouvoir admettre comme proportion moyenne, que sur les 7 7 à 8 7 pour 100 de sucre contenus dans le jus extrait de la betterave , 6 à 7 pour 100 s'obtiennent à l'état de sucre cristallisable, et 1 ^ à 2.7 pour 100 à l'état de mélasse.

Dans les colonies, les résultats constatés sont très-différents les uns des autres. Le chimiste Avequin a trouvé dans quatre analyses , faites à la Louisiane, sur le jus tiré de la canne, les résultats suivants :

Sur 400 livres de jus.

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