TOTAL IMPORTATION
de rÎDiportation. de la Russie. Proportion
quintaux. quintaux.
En 1845. 2,350,173 1,462,913 62, 2 pour 100
Total des 5 années, . •
comme ci-dessus. 11,421,811 7,659,394 68,4 » (1)
On voit, par ces données statistiques , puisées dans les documents officiels, que notre commerce de lin et de chanvre l'emporte de beaucoup sur celui de tous les autres pays de production, pris ensemble, et que nous avons pour ces articles , sur les marchés de la Grande-Bretagne, une prééminence qui s'accroît de plus en plus. Aussi l'exportation de ces articles de la Russie suit-elle constamment un mouvement ascendant qui n'est ni aussi prononcé , ni aussi soutenu dans aucun autre pays. Voici les moyennes annuelles de cette exportation pai* périodes quinquennales :
Lin
Chanvre et
Les deux
et étoupe de lin.
étonpe de chanvre.
articles ensemble.
pottdi.
pottds.
poudk.
De 1822-1826.
Pendant la période de 4
ans:
Ainsi, dans l'espace de vingt-neuf ans, l'exportation du lin a augmenté dans la proportion de 100 à 242 , celle du
(]) Sans compter les lins et chanvres de Russie expédiés par les ports de la Prusse, et qui figurent parmi les importations de l'Allemagne.
chanvre a> au contraire, subi une légère réduction de 4 pour 100, et, pour les deux articles pris ensemble, Faugmentation a été de 53 7 pour 100.
L'exportation de nos lins et de nos chanvres pris ensemble, pendant la période quinquennale de 1846-1850, dont le total est de 35,756,576 pouds, se répartit entre les pays de destination de la manière suivante :
Pouds. Pour 400.
Pour la Grande-Bretagne 21,909,107 ou 61 3
la France 2,696,225 » 7 5
le Danemark 1,553,916 » 4 3
la Prusse 1,458,810 |» 4 1
la Suède et la Norwége 1,113,722 » 3 1
l'Espagne et le Portugal 731,118 » 2
les Pays-Bas 608,223 » 4 7
la Belgique 374,547 » 1 1
les États-Unis d'Amérique. ... 351,419 » 1
tous les autres pays ensemble. . . 4,959,399 » 13 9(1)
Total conmie ci-dessus. . . . 35,756,576 »
Ainsi, e'est sur les marchés de la Grande-Bretagne que vont se placer les trois cinquièmes de notre exportation relative à ces deux articles, sans compter les quantités exportées pour cette destination par l'intermédiaire des ports étrangers de la Baltique et par Elseneur {voir la note au bas de la page) ; ce qui prouve que les progrès de cette branche de commerce , si importante pour notre agriculture, dépendent essentiellement du développement plus ou moins grand que peut prendre en Angleterre l'emploi du lin et du chanvre dans les divers usages de l'industrie de . ce pays. Il ne sera donc pas superflu d'examiner un peu les chances que peut offrir ce débouché pour l'avenir.
(1) Sur cette quantité, 4,219,*280 pouds, ou près de 12 pour 100 de Texportation totale, ont été expédiés pour le Sund sans autre désignation. Ces enyois sont dirigés sur Elseneur, où ils reçoivent la destination déflnitiYe> ordinairement pour l'Angleterre.
L'immense extension de l'usage des cotonnades a fait notoirement le plus grand tort à l'industrie linière de tous les pays de l'Europe , qui sVrêta dans ses progrès et tomba même en décadence dans quelques contrées, pendant que la fabrication des tissus de coton prenait des proportions démesurées. L'Angleterre seule en fut exceptée , grâce à l'invention delaQlature du lin à la mécanique. Avec cet esprit prévoyant et entreprenant qui la caractérise, l'industrie anglaise , secondée par l'abondance des capitaux dans ce pays, s'est hâtée de s'emparer de cette invention née sur le sol de la France , et en en faisant l'application en grand , après l'avoir perfectionnée, elle réussit à tourner à son profit la gêne survenue dans l'industrie linière des autres pays, à la suite de la consommation de plus en plus croissante des tissus de coton. Les toiles anglaises , qui ne jouaient , il y a à peine trente ans, qu'un rôle secondaire sur les marchés du continent européen et dans la plupart des contrées transatlantiques, y acquirent, depuis, une importance menaçante pour l'industrie linière de l'Allemagne et de tous les autres pays. Pendant la période triennale de 1827 à 1829, l'exportation des tissus de lin de la Grande-Bretagne s'élevait déjà, année moyenne, à 57,706,125 aunes anglaises (yards) représentant, d'après les estimations officielles, 2,043,745 livres sterling , et pendant la période de 1847 à 1849, la moyenne de l'exportation atteint le chiffre de 96,530,308 yards, représentant une valeur de 2,855,402 livres sterling, ce qui offre un accroissement de 67 pour 100 à la quantité et de 40 pour 100 à la valeur. En 1850, l'exportation a atteint le chiffre énorme de 122,397,457 yards, c'estrà-dire plus du double de la moyenne de l'exportation pendant la période de 1827 à 1829. Cette année de la plus forte exportation des toiles d'Angleterre et d'Irlande a succédé à la plus forte exportation de lin de la Russie qui ait jamais eu lieu, celle de 1849 qui s'est élevée à 5,323,409
pouds, Fétoupe de lin comprise, dont 3,700,097 pouds, ou 70 pour 100, ont été envoyés en Angleterre, sans compter tout ce qui en a été expédié pour cette destination par Elscneur et par l'intermédiaire des ports de la Prusse ; de sorte qu'on peut évaluer à plus des trois quarts de l'exportation totale les quantités destinées aux marchés de la Grande- Bretagne, et cette proportion est à peu près la même pour les autres années. Cette branche importante de notre commerce a en général suivi, pour ainsi dire, pas à pas, les progrès de l'industrie linière en Angleterre, et elle a plus que triplé, depuis 1822. La moyenne triennale de 1822- 1824 n'était que de 1,575,632 pouds, et celle de 1848-1850 s'est élevée à 4,809,295 pouds , ce qui présente une augmentation de 205 pour 100, qui correspond avec l'accroissement de l'exportation des toiles d'Angleterre et d'Irlande, dont la fabrication repose en grande partie sur nos lins.
Pendant la période de cinq années, de 1845 à 1849, il a été importé en Angleterre, pour la consommation intérieure, 6,887,838 quintaux de lin, l'étoupe comprise, dont 4,719,257 quintaux, ou 68 7 pour 100, directement de la Russie, et en y ajoutant cette partie de nos lins, qui arrivent en Angleterre par l'intermédiaire d'autres pays, on peut admettre que les trois quarts à peu près des lins importés en Angleterre viennent de la Russie.
Voici les chiffres de l'importation annuelle de cet article et des quantités importées directement de la Russie :