MOYENNE ANMOEIXE DE L'IMPORTATION
totale. (le la Russie.
Quintaux. Quintaux. Prepartion.
De 4 83M 835 . 603,642 532,695 88 4 pour 4 00 (4 )
Ainsi, malgré la concyf rence croissante des autres pays
(1) Sins compter lea importations qui arrivent de la Russie par les ports de la Prusse et par Eiseneur«
de production, nos chanvres forment encore les deux tiers de l'importation de cet article en Angleterre, sans compter les arrivages par voie indirecte, et le chiffre absolu de leur importation tfa pas diminué. Parmi les autres pays de production, ce sont les Indes orientales qui jouent le rôle principal. L'importation des chanvres provenant de ces contrées s'élevait, année moyenne, pendant la période de cinq années de 1845-1849, à 124,605 quintaux =386,898 pouds qui représentaient 13 j pour 100 de l'importation totale. Ce qui contribue, en partie, à soutenir encore cette branche de notre commerce, malgré les changements défavorables survenus dans les divers emplois du chanvre, et malgré la concurrence croissante des autres pays , c'est la fabrication des cables 'et des cordages en Angleterre pour le commerce d'outre-mer et surtout pour les colonies anglaises en Amérique. L'exportation de cet article, pendant les années 1845-1849, s'élevait, en moyenne, à 70,313 quintaux = 218,322 pouds, représentant une valeur de 835,060 roubles argent.
L'exportation de nos chanvres, pendant la période quinquennale de 1846-1850, s'est élevée à 14,107,610 pouds, répartis entre les pays de destination de la manière suivante:
Pour l'Angleterre, sans compter
les envois indirects . . 7,683,154 pouds, ou 54, 5 pour 400
» la Suède et la Norwége . 4,027,409(4)» 7,3 »
» le Danemark 772,895 » 5, 5 »
» là Prusse 671 ,465 » 4, 8 >»
» les Pays-Bas 548,848 » 3, 7 »
» les États-Unis d'Amérique. 379,898 » 2, 6 »
» les villes Anséatiques . . 378,666 » 2, 6 »
» les autres pays ensemble. 2,675,305(2)» 49 »
Total comme ci-dessus. .44,407,640 »
(1) La Norwége n'a reçu que tj à peu près de cette quantité.
(2) Dont 2,237,517 pouds, ou près de IG pour 100, ont été expédiés pour le Sundy sans désignation plus précise des pays de destination.
Ainsi, après l'Angleterre, c'est la Suède et le Danemark qui reçoivent la plus forte quantité de nos chanvres. L'exportation pour la Suède a suivi, pendant cette période triennale, un mouvement ascendant. Elle s'est élevée *de 188,000 à 260,000 pouds. L'exportation pour le Danemark s'est maintenue entre 108,000 et 167,000 pouds. Celle pour la Prusse a plutôt diminué, et celle pour la Hollande s'est élevée de 92,000 à 152,000 pouds. Les autres pays ne présentent pas beaucoup de chances pour l'extension de ce commerce.
Comme corollaire de la culture du lin et du chanvre, les graines oléagineuses jouent un rôle très- important dans notre commerce avec l'Europe.
L'exportation de cet article a pris, depuis vingt-cinq ans, un accroissement très-rapide, qui est constaté par les chiffres suivants :
MOYENNE ANNUELLE de l'exportation.
De 4824 à 1833 544,947
En 4850 4,424,978
Ainsi, la moyenne triennale de 1847-1849, comparée à la moyenne décennale de 1824-1833, présente une augmentation de 242 pour 100.
VALEUR DE L'EXPORTilTION par périodes triennales.
4823-4825 2,408,000 roubles arg^
En 4850 7,755,000 ' »
i% AGRICULTURE.
On voit par ces chiffres que^ pendant vingt ans, à partir (le Tannée 1823, la valeur de Texportation a suivi un mouvement ascendant très-rapide, et qu'elle a augmenté à peu près dans la proportion de 2 à 9. Dans la période de 1843 à 1846 , elle a diminué d'environ 4 7 pour 100 ; mais la dernière période de 1847-1849 présente de nouveau une augmentation de plus de 4 pour 100. Cet article occupe maintenant, pour l'importance, le quatrième rang dans notre commerce avec l'Europe.
L'accroissement rapide de l'exportation de cet article, pendant une période où le gaz a remplacé en partie, dans la plupart des grandes villes, l'emploi de l'huile pour l'éclairage, et en même temps que la culture de différentes plantes oléagineuses s'est répandue plus ou moins dans tous les pays, est un avantage dû, non-seulement à la grande extension de la culture du lin et du chanvre en Russie qui nous procure le moyen de fournir les graines de ces plantes textiles à très-bon marché, mais aussi à la manière dont ces plantes sont cultivées. Dans les pays étrangers, où la culture du colza et d'autres plantes oléagineuses est très-répandue, les soins qu'on donne à la culture du lin et du chanvre comme plantes textiles ont principalement pour but d'obtenir les tiges les plus longues, et d'améliorer la qualité des filaments qu'on en obtient : l'on y attache moins de prix à la semence. A cet effet, on sème le lih aussi serré que possible, de sorte que la plante, ne pouvant pas se développer en largeur, atteint une plus grande hauteur et donne des tiges plus longues et des filaments plus fins , mais en revanche, beaucoup moins de graines.
En Russie, au contraire, où l'on le cultive, non-seulement pour les filaments, mais aussi pour obtenir une bonne récolte de graines, on sème dans le sens inverse. En Allemagne, en France et en Belgique, on emploie en-
viron 2 tchetwerts de graine de lin pour Fensemencemenl a'une dessiatine, tandis qu'en Russie on sème rarement plus de 1 tchelwert sur la même étendue de sol. Dans le gouvernement de laroslaw , on sème 6 à 7 tchelweriks (8 tchetweriks = 1 tchelwert) par dessiatine ; dans le gouvernement de Pskow, 3 ï à 5 V tchetweriks (1), et dans la Nouvelle-Russie, où l'on ne cultive le lin que pour la graine, on ne sème que 2 7 à 3 tchetweriks. Ne serait-il pas, en dernier lieu, plus avantageux de sacrifier un peu la récolte de graines pour obtenir du lin en plus grande abondance et de meilleure qualité? C'est une question dont nous abandonnons la solution à nos agronomes. Nous croyons , d'ailleurs , qu'elle ne saurait être résolue d'une manière générale, car tel mode de culture, qui conviendrait à une contrée, serait moins profitable pour une autre. Ainsi, par exemple, dans les provinces du midi, on trouve plus profitable de ne cultiver le lin que pour la graine sans utiliser la tige.
La graine de chanvre est presque entièrement consommée dans le pays, pour la préparation de l'huile. Aussi l'exportation des graines oléagineuses se compose-t-elle à peu près des ^ de graines de lin, destinées tant pour la semence que pour la fabrication de l'huile. La meilleure graine pour la semence est produite par les gouvernements de Pskow et de Livonie.
L'exportation de nos graines de lin, dont le total, pendant la période quinquennale de 1846-1850, se montait à 5,8119448 tchetwerts, se répartissait de la manière suivante :
(1) Ces données ont été prises dans le compte-rendu du comité nonmié par M. le ministre des Domaines, pour faire une enquête sur la cultifte du Un en Russie^
gouvernement de Wologda, et un dans celui de Moscou (1). Quant à la culture du chanvre, le ministère, ayant en vue de raraéliorer, a délégué une commission d'enquête sur les lieux de production. Le compte-rendu de cette commission, qui est déjà sous presse , indique les défectuosités de cette culture et de la préparation de nos chanvres ainsi que les moyens d'y remédier.
Éducation du ver à soie.
Il est notoire que le mûrier s'acclimate jusqu'à un certain point dans des latitudes assez élevées, et la facilité avec laquelle on peut élever le ver à s.oie, partout où l'on a le moyen de se procurer des feuilles de cet arbre, est cause qu'on se méprend souvent sur les chances d'avenir que peut avoir l'industrie séricicole, prise dans sa plus grande acception. Il ne suffit pas qu'une plantation de mûriers réussisse jusqu'à un certain point ; il faut que le sol et le climat lui soient assez favorables pour lui donner une abondance et une vigueur de végétation qu'elle a dans tous les pays où la culture du ver à soie a acquis une certaine importance ; car de ces conditions de climat et de la qualité du sol dépend, non-seulement l'abondance de la production, mais aussi la qualité de la soie. Pour acquérir une certaine vigueur de végétation, le mûrier a besoin d'une couche assez profonde de bonne terre végétale et d'un climat tempéré , chaud dans certaines saisons, et plutôt un peu humide que sec, comme, par exemple, celui du nord de l'Italie et du midi de la France. Un sol léger lui convient mieux que les terres fortes, argileuses, et toutes celles où les racines s'étendent avec peine. Là où ces conditions de climat et de
(1) Moug aurons plus tard l'occasion de revenir sur rimporUince des flUtures 4e lin à la mécanique, en Russie s lorsque nous nous occuperons de l'industrie linière en général.
sol se trouvent réunies, le succès et les progrès de l'industrie séricicole dépendent des soins et de Fintelligence qu'on apporte à l'éducation du ver à soie, de la bonne organisation des magnanefies, du degré de température qu'on y maintient , des gradations observées dans l'alimentation , selon l'âge de la chenille, de la manipulation des cocons , du moulinage de la soie, etc.
Il est difficile de déterminer le degré d'importance que la culture du ver à soie peut acquérir avec le temps dans les provinces méridionales de la Russie d'Europe. Si Ton voulait en juger d'après le peu de progrès qu'elle a fait jusqu'à présent , malgré les nombreux encouragements dont elle a été Tobjet de la part du gouvernement, et qui datent encore du commencement du siècle précédent , on serait disposé à croire que. les circonstances locales ne lui sont pas favorables ; mais de nouveaux essais tentés dans les derniers temps semblent prouver le contraire, au moins pour certaines contrées, et plusieurs mesures ont été prises par le gouvernement pour en favoriser les progrès. On a introduit la culture du mûrier et l'éducation du ver à soie dans les établissements horticoles des domaines de la Couronne, et les élèves qui s'y trouvent apprennent d'une manière pratique tout ce qui se rapporte à celte branche de l'économie rurale. Cette mesure a déjà produit de très-bons résul-, tats. Les plantations de mûriers se répandent de plus en plus dans ces établissements , et la soie produite dans celui de Constantinograd, gouvernement de Poltawa, dont un échantillon fut envoyé en France, en 1848, réunit, selon l'avis des connaisseurs, toutes les conditions propres aux meilleures espèces (1). Plusieurs ouvrages élémentaires sur la culture
(1) P*aprés le compte^readu du ministère des Domaines pour 1850, les soies du gouvernement de Poltawa se vendaient jusqu'au prix de 150 roubles le poud ( s a7 francs le kilogramme).
de la soie ont été publiés sous les auspices du département de rÉconomic rurale, et la promptitude avec laquelle ces ouvrages ont été débités prouve l'intérêt qu'on commence à prendre à cette branche de l'industrie agricole. Un de ces ouvrages, publié par M. Steven, inspecteur de l'Économie rurale dans la Russie méridionale , a été réimprimé , en 1848, aux frais du gouvernement et tiré à 1,500 exemplaires, pour être distribué gratis à tous ceux qui voudraient se vouer à l'éducation du ver à soie.
Les plantations de mûriers, qui se trouvaient d'ancienne date dans les domaines de la Couronne, ont été entourées de fossés ou d'enclos , et il a été ordonné par le ministère des Domaines que partout, où les communautés des paysans de la Couronne ne témoigneraient pas le désir de les utiliser pour l'éducation du ver à soie, ces plantations seraient concédées gratuitement à des particuliers pour dix ou vingtcinq ans, à condition de les maintenir en bon état, et d'augmenter le nombre des arbres plantés. Comme les progrès de l'éducation du ver à soie sont souvent arrêtés chez nos cultivateurs par le manque de débouchés pour les cocons et par la difficulté de se procurer de bons appareils pour le moulinage de la soie, le département de l'Économie rurale, ayant en vue d'écarter ces entraves , a ouvert dans plusieurs endroits des comptoirs où il fait acheter des cocons pour le compte des établissements de la Couronne. Il a introduit dans ces établissements des mécaniques perfectionnées pour le moulinage, et pris des mesures pour les propager parmi les paysans. Des récompenses ont été décernées à ceux des cultivateurs qui se sont distingués par leurs progrès dans cette branche de l'économie rurale.
Ces encouragements, de la part du gouvernement, sont secondés par l'activité des sociétés économiques de Moscou et de la Russie méridionale, qui ont soin de propager l'apprentissage de la sériciculture dans les écoles agronomi-
ques, de distribuer gratis des œufs de ver à soie et des mûriers, d'améliorer le moulinage, et d'étendre la culture du mûrier parmi les paysans par l'organe de leurs curés. Il y a lieu d'espérer que toutes ces mesures produiront, avec le temps , des résultats satisfaisants , et leurs effets commencent déjà à se faire sentir dans quelques contrées. Les gouvernements où l'éducation du ver à soie a fait jusqu'à présentleplusdeprogrès sont ceux de Tauride, de Bessarabie, de Podolie, de Kherson, d'Astrakhan et d'Ekathérinoslaw. La production totale de la soie dans ces six gouvernements est d'environ 180 à 200 pouds. Cette culture commence aussi à s'étendre davantage dans les gouvernements de Stavropol (1), de Kharkow, Pollawa, Tschernigow el Kiew; mais le siège principal en est dans les provinces transcaucasiennes, où l'on récolte maintenant environ 30,000 pouds de soie (2) représentant, au prix moyen de 60 roubles, une valeur de 1,800,000 roubles argent (= 7,200,000 francs). L'éducation du ver à soie y est particulièrement favorisée par le climat; mais elle se trouve principalement entre les mains de Tartares très-ignorants qui s'en occupent avec une grande négligence. Leur moulinage à la main est encore si défectueux que la bourre attachée aux cocons se mêle avec la soie dont elle dété-
(1) Aux environs de Kizlîar, la culture de la soie existe de très-ancienne date.
(2) Nous n'avons évalué, dans notre premier volume (pagfc 269), la production de la soie des provinces transcaucasiennes, d'après les renseignements officiels réunis en 1850, qu'à 18,142 pouds ; mais des données statistiques plus récentes, recueillies avec plus de soin, nous ont fourni la preuve que, dans le relevé de 1860, les récoltes de plusieurs provinces, et nommément du district de Nouliha , le plus important, sous ce rapport, avait figuré pour un chilïrc bien inférieur à la production effective, qui dépasse, dans ce seul district, la quantité de 10,000 pouds, tandis qu'on ne l'avait évaluée qu'à 5,075 pouds , et qu'on peut en toute sûreté porter le total de la production de la soie dans ces provinces à environ 30,000 ponds comme minimum , ce qui justifie les évaluations précédentes de M^ Hagmdster.