Fabrication de la cire
à cacheter .... 4,200,000 500,000 500
Total. . . 486,000,000 346,740,000 6,064,700
En y ajoutant différentes fabrications moins importantes qui ne sont pas comprises clans ce tableau, nous croyons
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INDUSTRIE. m
pouvoir compter la valeur brute de toutes les industries, en somme ronde, à 500 millions de roubles argent (2 milliards de francs), et la valeur qu'elles ajoutent annuellement à la richesse nationale, déduction faite des matières brutes qu'elles employent, à 325 millions de roubles (1,300 millions de francs).
Le nombre total d'individus, hommes, femmes et enfants, employés dans toutes ces industries peut être évalué en bloc à 6 millions.
Les différents métiers et professions qui ne sont pas compris dans ces industries doivent occuper, d'après un calcul approximatif, fait par analogie et sur des données partielles , au moins 400,000 individus , tant maîtres qu'aides compagnons et apprentis (1). et si l'on ne comptait que 120 roubles par tête pour le produit de leur travail, cela donnerait déjà 48 millions de roubles.
Ainsi, nous croyons pouvoir porter en bloc à 550 millions de roubles (2,200 millions de francs ) la valeur brute sans défalcation de la valeur des matières premières, et à 375 millions de roubles (1,500 millions de francs) la richesse créée annuellement par toutes les branches d'industrie, y compris tous les métiers et professions.
M. Schnitzler, dans sa Statistique générale de la France j publiée en 1845 [tome III, pagfe 335 et additions , page ix), évaluait le produit brut de toutes les industries , ainsi que
(1) Nous ne comprenons pas dans ce ckiifre les métiers et professions qui travaillent le fer, le cuivre , 4e cuir et la poterie , tels que forgerons , serruriers, chaudronniers, ferblantiers, cordonniers, gantiers, potiers, etc., car la population employée dans ces industries se trouve déjà comprise dans les évaluations précédentes. En Prusse, les métiers et professions, qui entrent dans le calcul ci-dessus, comptaient déjà en 1843, 423,000 individus sur une population urbaine de 4,246,000 habitants ; tandis que nous ne comptons que 400,000 sur une population urbaine d'environ 5,3â0,000 habitants. Encore faut* il observer que, sur ce nombre d'individus employés dans les différents métiers et professions, en Russie, il y en a une bonne partie qui appartient aux populations rurales.
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des métiers et professions, à plus de 3 milliards, et nous croyons qu'on peut le porter maintenant au moins à 3,b00 millions de francs = 875 millions dte roubles.
En Autriche, la valeur brute des produits de l'industrie était évaluée, à la même époque, à 795 millions de florins = 560 millions de roubles argent ; mais, vu les progrès que les principales branches d'industrie y ont faits depuis, nous croyons pouvoir en porter la valeur actuelle en somme ronde à 550 millions ; de sorte que nous sérions, sous ce rapport, exactement au niveau de rAutriche, et que, relativement à la France, la valeur brute des produits de notre industrie serait comme 100 est à 159, c'ést-â-dire que la valeur totale de l'industrie française excède la nôtre dans la proportion d'environ trois cinquièmes.
La valeur brute des produits de l'industrie, telle qu'efle résulte des estimations approximatives ci-dessus, répartie sur la population, donne les résultats suivants :
roubles, kopecks-
En France, 875 millions de roubles argent, répartis sur une population de 35 { millions, donnent . . 2i 65
En Autriche, 580 raillions pour une population de 36 ^millions 45 7
En Russie , 550 millions pour une population de 65 î millions. . \ 8 38
Le nombre d'individus, hommes, femmes et enfants, ]
employés en Russie, soit temporairement pendant lés mois d'hiver, soit l'année durant, dans toutes ces branches d'industrie, en y ajoutant tous les métiers et professions, serait, d'après les évaluations qui précèdent, de 6,400,000 individus. j
Ici, nous devons rappeler l'observation déjà faite pageKfJy j
savoir, que, dans lés calculs que nous avons établis sur les ]
principales branches d'industrie, nous avons pris celle du lin et de la laine dans leur acception la plus étendue. Or,
* INDUSTRIE. 'Wf
il est généralement connu que la préparation, le peignage et le filage du lin, ainsi que le tissage des toiles grossières de ménage, se font, chez nous, dans les villages, en guise d'occupation accessoire, pendant la saison libre des travaux des champs. La plus grande partie des toiles ordinaires et des tissus grossiers de laine (grosse serge) est fabriquée par nos villageois , pour leur propre usage, sans entrer dans le commerce. Cette grande masse de tissus ordinaires ne peut pas être considérée comme faisant partie des produits de ïindustriey dans la stricte acception de ce mot ; mais, comme la ligne de démarcation est ici trèsdifficile à tracer ,^ faute de données statistiques exactes et complètes, et que, d'ailleurs, nous avons cherché â nous rendre compte de la masse totale des valeurs créées par le travail national et du nombre de bras qui y sont occupés, nous avons dû embrasser ces branches d'iodustrie dans toute leur étendue (1) .
En examinant le tableau récapitulatif, page 364, nous voyons que l'industrie linière occupe le premier rang, que la valeur de ses produits égale presque le tiers de celle de toutes les autres industries prises ensemble, et qu'elle occupe à elle seule , dans ses différentes branches , presque trois fois autant de bras que toutes les autres fabrications comprises dans ce taHeau.
Après l'industrie linière, c'est celle des cuirs qui prend la première place, et ces deux industries, prises ensemble, représentent plus de 43 pour 100 du total de la production résultant de ce tableau.
Il mérite également d'être constaté que toutes les industries qui ne mettent en œuvre que les matières premières
(1) Voir les calculs que nous avons établis sur l'industrie du lin, du chanvre et des laines, pages 298, 404 et suivantes du deuxième volume.
du cru du pays, savoir : celle du liu et du chanvre , celle des laines, des cuirs, du fer, du cuivre et des produits du suif, de la fabrication du sucre de betterave , de l'eau-devie et de la bière, donnent ensemble plus de 369 millions de roubles ou plus des trois quarts du produit total des fabrications dont nous avons poursuivi l'examen, et qui embrassent toutes les principales branches du travail national.
Si Ton y ajoute encore, d'après un calcul approximatif, plus (le 5 millions pour les soieries fabriquées avec de la soie indigène, 11 î millions pour les tabacs du cru du pays, 6 millions pour la papeterie et 9 ^ millions pour la verrerie, la cristallerie , la poterie et la briqueterie , faisant ensemble 32 millions, il se trouve que, sur la valeur totale des produits de toutes les industries énumérées dans le tableau, montant à 486 millions de roubles argent, les industries, qui travaillent sur les matières indigènes, fournissent plus de 401 millions ou près de 83 pour 100, c'està-dire bien au delà des quatre cinquièmes. L'industrie exotique du coton, malgré l'importance incontestable à laquelle elle • est parvenue par suite des droits prohibitifs qui la protégeaient, ne représente pas 12 pour 100 de la valeur des produits bruts de toutes les industries énumérées dans notre tableau récapitulatif, et, en en retranchant la valeur des matières brutod exotiques que cette industrie met en œuvre, elle ne fournit que 35,600,000 roubles ou un peu plus d'un dixième de la valeur totale créée par le travail national, appliqué à tout ce qu'on comprend communément sous la dénomination générale d'industrie.
Nous croyons avoir énoncé assez clairement notre manière d'envisager la question de l'industrie cotonnière en Russie, en exposant avec impartialité les circonstances qui ont, dans le temps, motivé les encouragements extraordinaires qu'on lui a accordés et les considérations qui
peuvent faire désirer de la conserver, pour avoir lieu de craindre qu'on se méprenne sur le sens de ces rapprochements statistiques. Tout ce que nous désirerions, c'est qu'on ne s'exagérât pas l'importance et les avantages de cette industrie en oubliant les sacrifices qu'elle impose, qu'on ne s'imagine pas que toute notre prospérité repose sur le coton, qu'on n'oublie pas qu'il y a beaucoup d'autres industries qui se rattachent au sol et qui fournissent un aliment suffisant au travail national-, et qu'on ne croie pas que les bras, l'intelligence et les capitaux, absorbés par cette industrie, ne pourraient pas trouver une autre sphère d'activité.
Nous venons d'évaluer à 375 millions la valeur des produits de toutes les industries, ainsi que des métiers et professions, déduction faite de la valeur des matières premières mises en œuvre. En ajoutant cette somme à la valeur brute des produits de notre sol , 'qui a été portée , page 306 du premier volume (1), d'après des calculs approximatifs, à 2,044 millions de roubles argent, on obtient un total de 2,419 millions de roubles argent (9,676 millions de francs), dans Jequel total les valeurs créées par le travail national, appliqué à tout ce qu'on entend par le mot industrie dans sa plus grande acception, figure dans la proportion de 15 7 pour 100.
Ces rapprochements statistiques prouvent quel rôle prééminent appartient à notre agriculture , malgré le développement progressif qu'ont suivi toutes nos branches d'industrie dans l'espace des trente dernières années.
Un autre fait, qui résulte également de toutes les investigations qui précèdent, c'est que, sous le rapport des perfectionnements techniques dans les procédés de la fabri-
(1) Chiffre rectifié dans la 2e édition du i" volume*
cation, Findustrie exotique du coton est celle qui a fait les plus notables progrès (1) ; tandis que d'autres branches du travail national, qui se rattachent au sol et aux intérêts de notre agriculture, et notamment l'industrie du lin, celles des fers, des cuir», du suif et des autres produits de l'élève du bétail, sont restées en arrière : il serait bien à désirer qu'à l'avenir l'inteUigence et les capitaux se portassent de préférence vers ce vaste champ d'amélioration, sur bquel tout progrès est une conquête et un profit sans partage pour la jrichesse nationale et pour le développement des forces productives inhérentes au pays, et une conquête qui n'impose de sacrifice à qui que ce soit.
Plus nous avons étudié les différentes branches d'industrie chez nous et dans les autres pays, et plus nous naus sommes raffermi dans la persuasion qu'il sera toujouirs très-difficile à nos fabricants de soutenir la concurrence des produits similaires étrangers, tant que le crédit entre particuliers ne sera pas assis sur des bases plus solides ; car ce sont principalement les conditions onéreuses de crédit et de vente qui augmentent d'une manière très-sensible le prix de tous les produits de notre industrie manufacturière.
(1) Nous efi aTons «ipllqué les causes , pages 204 e^ suivantes dû deuxième Tolume.
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