COTON FILÉ
pauds.
])OUlIs.
En 1824-18^6 . .
On voit, par ce tableau, que rimporlation du coton brut a constamment suivi un mouvement ascendant, et qu'elle a augmenté, en dernier résultat, dans la proportion de 1 à 24, tandis que celle du fil de coton , après avoir presque triplé dans les quinze premières années , est successivement tombée jusqu'au tiers du chiffre de 1824-1826, et; à la proportion de moins d'un cinquième de son chiffre culminant pendant la période de 1836-1838. Ce revirement sera expliqué plus bas. Maintenant, nous voulons constater les progrès réels delà fabrication des tissus, en prenant pour base l'importation du coton, tant brut que filé. Dans les évaluations statistiques de la fabrication des tissus de coton, on déduit ordinairement 15 pour 100 du coton brut, pour le déchet , dans la filature et pour l'emploi à d'autres usages. Pendant la période de 1824-1826, l'importation du coton brut était si insignifiante (74,268 pouds) qu'elle a été, pour la plus grande partie, employée à la fabrication de la ouate et à d'autres usages. Il n'y avait, à cette époque, qu'une seule filature de coton de quelque importance, appartenant au gouvernement, à Alexandrowsk , près de Saint-Pétersbourg, qui consommait environ 20,000 pouds de coton. Toute la fabrication reposait donc sur le fil de
3S INDUSmiE.
coton importé de l'Angleterre. Cette importation ayant été de 337,101 pouds, nous pouvons évaluer approximativement la quantité totale de fil de coton employée , à cette époque, dans les fabriques du pays, à 350,000' pouds.
Pendant la période de 1848-1850, il a été importé, en moyenne, 1,329,031 pouds de coton brut, qui donne, déduction faite de 15 pour 100 pour le déchet et les autres usages, 1,129,676 pouds de fil. En y ajoutant 281,520 pouds de fil de [coton importé pendant la même période, on obtient,. pom* total de la fabrication des cotonnades, 1,371,196 pouds; de sorte que cette industrie a presque quadruplé ses produits, dans l'espace de vingt-sept ans.
Voici quelques rapprochements avec les progrès que l'industrie cotonnière a faits dans d'autres pays :
En Angleterre, la moyenne de l'importation du coton brut, pour la consommation intérieure, a été, pendant la période triennale de 1824-1826 (d'après Mac Culloch) , de 166,404,000 livres anglaises, et pendant la période de 1847-1849, elle s'est élevée (exportation déduite) à 565,110,000 livres, ce qui présente une augmentation de 100 à 340 , ou en faveur des progrès de cette industrie en Russie, pendant la même période , une différence à peu près de 8 à 7 , sous le rapport de l'extension de la fabrication.
En France, l'importation du coton était, en 1834^ de 36 millions de kilogrammes, et, maintenant, elle est d'environ 60 millions de kilogrammes , ce qui présente une augmentation de 24 millions de kilos, ou des deux tiers (1)-
En Russie, la fabrication des cotonnades a fait, pendant la même période, les progrès suivants :
(1) Nous ne portons pas en compte pour la France le coton filé importé de VAngleterre, car l'exportation de cet article en excède llmportation.
INDUSTÏIIE.. 3Ô
La moyenne de l'importation était :
potiâs« En 4833M835, coton brut, 471,189 pouds, donnant en
filé, déduction faite de 45 pour 400 . . . : . . 445)544 Fil de cotoB 549,399
Ensemble 694,940
En 1848-1850 , total de la fabrication {voir le calcul, page 38) : 1,371,196 pouds, ce gui présente une augmentation presque du simple au double.
Ainsi, les progrès de l'industrie du coton en Russie, pendant cette période de seize ans , étaient a ceux de l'industrie française, à peu près comme 3 est à 2.
En Autriche, moyenne de l'importation, exportation déduite :
quintaux.
Pendant la période de 4834-Î833 (4), coton brut,
4dSi,S4d quintaux donnant enfilé. ...... 443,406
Fil de coton . 9,978
Ensemble 493^384
Pendant la période de 4845-4847 (2), coton brut, i30,934 quintaux, donnant en filé. . ... . . 366,294
Fil de coton 42r,254
Ensemble 408,548
ce qui présente une augmentation de 100 à 331, dans l'espace de dix-sept ans.
La même période présente, pour l'industrie eotonnière russe, les résultats suivants :
Il 11 1 I .1 - • Il ■ I II II III ■ Jii I .*ai^— aM..<.>HW»wi ■ Il ,„^m^mm^t^Ê^Êm^m^^^
(1) Nous ne possédons pas de données statistiques complètes sur l'importation du coton en Autriche avant cette période.
(2) Nous n'ayons pas pris pour point de comparaison les années suivantes, 1848 à 1S50, à cause des événements politiques qui ont amené une grande per* turbation dans les rapports commerciaux et industriels de TÀutriche.
Moyenne de l'importation :
poads.
En 4831-1833, coton brut, 423,568 pouds, donnant en
filé 404,033
Fil de coton. ..;... 563,336
Ensemble 667,369
En 4845-4847, coton brut, 780,449 pouds, donnant en
filé 663,427
Fil de coton '. . * 504,336
Ensemble. •..'.... 4,467,463
Il résulte de ces chiffi*es, pour la fabrication des cotonnades, en Russie, un accroissement de 500,094 ponds, ou de 75 pour 100.
Ainsi, pendant cette période de dix-sept ans, les progrès de notre industrie cotonnière ont été à ceux de l'industrie autrichienne, comme 10 est à 44, et il n'est pas sans intérêt de faire observer çie cette période correspond aux changements survenus, tant en Russie qu'en Autriche, dans l'imposition du coton filé. En Autri6he,les droits d'entrée ont été sensiblement réduits (de 30, 60 et 81 florins, selon la finesse, à un droit unique de 10 florins par quintal), et en Russie, ils ont, au contraire, été portés de 5 à 6 7 roubles par poud.
Dans les États de l'association douanière allemande :
Moyenne de l'importation, eocportation déduite :
quintaux.
Pendant la période de 4836-4838 (4), coton brut, 478,892
quintaux, donnant en filé 452^058
Fil de coton , 294,666
Ensemble 446,724
(1) Nous n'avons pas pu prendre pour point de comparaison une période plus reculée, car, avant 1836, le ZoU-Vercin n'était pas encore complètement constitué comme il Test actuellement.
quintaux. ■
En 184B-1S50, coton brut, exportation déduite, 349,064
quintaux, donnant en filé 296,705
Fil de coton * . 448,887
Ensemble 745,692
Ce qui présente une augmentation de 298,868 quintaux, ou de 67 pour 100.
En Russie, pendant la même période de douze années :
Moyenne. de l'importation :
pouds.
. En 1836-1838, colon brut, 282,799 pouds, donnant en
filé 240,379
Fil de coton 626,713
Ensemble. ...... 867,092
En 1848-1850, moyenne de la fabrication (voirie calcul, page 38), 1,371,196 pouds, ce qui présente un accroissement de la fabrication, de 504,104 pouds, ou de 58 pour 100. Ainsi, pendant cette période, l'industrie cotonnière de l'Allemagne a devancé celle de la Russie , relativement à l'extension de la fabrication, à peu près dans la proportion de 6 à 5.
La filature de colon, quoique protégée, dès le {)rincipe, par des droits d'entrée très-considérables , 5 roubles par ppud (1 franc 22 cent, par kilogramme) , n'a commencé à se développer qu'à partir de l'année 1830, et son plus grand essor né date que de l'année 1842 , ce qui s'explique par les causes suivantes :
Dans le commencement , nos filateurs avaient à lutter , non-seulement avec les difficultés inhérentes à toute nouvelle industrie, mais aussi, en particulier, avec celle de se procurer des machines, vu la défense de leur exportation, qui subsistait à celte époque en Angleterre. Or, la levée de cette prohibition fit tomber, au profit de nos filatures,
un des principaux obstacles qui entravaient leurs progrès. D'un autre côté , la crise commerciale , survenue en 1841 et 1842, ayant engagé les filateurs de Moscou à solliciter auprès du Gouvernement une augmentation du droit d'entrée sur le fil de coton , ce droit fut porté de 5 roubles à 6 roubles 50 kopecks par poud (1 fr. 59 cent* par kilogramme), et cette augmentation, bien que réclamée à titre de secours provisoire, a été maintenue jusqu'à la fin de 1850*
Un droit protecteur aussi élevé, qui représentait, pour les fils de moyenne finesse, numéros 20 à 40 , jusqu'à 60 pour 100 de la valeur et au delà ( ce qui est énorme , surtout pour un article à demi façonné) devait nécessairement donner une grande impulsion à nos filatures^ Elles fournissaient déjà, pendant la période de 1848-1850, *plus de 82 pour 100 de toute la quantité de fil consommé dans les manufactures du pays, et, pendant les dernières années, l'importation du cototf filé a encore diminué de beaucoup. On n'en a importé, en 1851 , que 157,931 pouds , et en 1852, 112,733. Maintenant, le fil étranger n'entre plus que pour 7 pour 100 dans la fabrication de nos tissus de coton.
En Autriche, où le système douanier, abandonné en 1852, était aussi très-prohibitif pour les cotonnades, comme pour beaucoup d'autres articles^ les filatures indigènes fournissaient, pendant la période triennale de 1845^1847, les neuf dixièmes de la consommation de cet article dans les manufactures indigènes ; tandis que , dans les États de l'Association douanière allemande , le coton filé dans le pays n'entre que pour deux cinquièmes dans le total de la fabrication {voir le calcul, pages 40 et 41).
Il est certain que ces progrès dans la filature ont donné une certaine indépendance à notre industrie cotonniêre, qui se suffit à elle-même, et n'a plus besoin du fil étranger que pour les tissus très-fins, qui constituent une faible partie de la fabrication ; mais, d'un autre côté, la forte im-
position du coton filé, qui a provoqué ces progrès, n'a pas peu contribué à enchérir nos tissus (1). Les gros bénéfices^ des filatures bien organisées ont attiré dans Celte industrie une foule de spéculateurs, qui travaillaient avec des capitaux empruntés à des intérêts très-élevés, et il en a surgi un grand nombre d'établissements défectueux, sous le rapport de leur organisation industrielle et économique, qui ne pouvaient se soutenir que sous la protection d'une prime très-élevée qui leur était assurée par le tarif douanier.
Nos filateurs ne filent que jusqu*aux numéros 48 à 50. Le plus grand nombre d'entre eux produisent les numéros 30 à 40 mule twist, et les'numéros 20 à 30 water twist, qui forment la plus grande partie de la consommation, et il est à désirer qu'ils se maintiennent dans cette bonne voie. Si on voulait entrer en rivalité, pour les numéros plus élevés, avec la filature anglaise , qui est parvenue à un degré de finesse , on peut dire fabuleux (2), ce serait, selon nous, plutôt une question d'amour-propre, que d*utilité réelle. L'emploi des numéros très-élevég est si restreint que les frais et les sacrifices, qu'où serait obligé de faire pour les fabriquer chez nous, ne seraient pas en proportion avec les résultats obtenus, car nous ne serions jamais à même de les produire, non-seulement à aussi bon marché, mais même à un prix approchant de celui des Anglais^ et il est
(1) Quelques-uns de nos filateurs contestent ce fait', et ils attribuent aux progrès de la filature indigène la baisse des prix des cotons filés, tandis qu'il est no« toire que cette baisse a été générale en Angleterre et partout, par suite de la baisse du prix du coton et des nouveaux perfectionnements dans les mécaniques.
(2| M. Samoîlofir raconte , dans sa brochure sur l'exposition universelle de Londres, que quelques filateurs anglais, voulant montrer ce qu'ils peuvent en fait de filage à la mécanique, ont exposé des numéros 1,400, 2,070, et même 2,150 qu'il appelle avec raison des numéros fabuleux, car il est notoire que, dans la fabrication des tissus, 11 n'y a pas d'emploi pour du fil qui dépasse le no 900.
beaucoup'plus raisonnable de leur acheter une centaine de milliers de pouds de fils, dont nos fabriques peuvent avoir besoin pour des tissus très-fins, que de s'évertuer aies, produire chèrement chez soi.
On compte, en moyenne, chez nous, un poud de fil de coton pour une broche; mais, comme nos filateurs ne filent que des numéros moyens ou très-inférieurs, nous croyons pouvoir compter dans la grande masse de la fabrication 45 livres de fil par broche (1). Or, en admettant cette proportion, il. y aurait, en Russie, d'après la moyenne de l'importation du coton brut, pendant la période triennale de 1848-1850 (1,329,031 pouds, donnant en filé, 1,129,000 pouds), 1,004,000 broches, et, en y ajoutant plus de 50,000, qui étaient en activité, en 1850 , dans le royaume de Pologne et les filatures de la Finlande, on peut porter en bloc la force de notre filature à 1,100,000 broches.
L'Angleterre possède maintenant, d'après les données statistiques recueillies par M. Samoïloff, le nombre colossal de 20,977,000 broches. Ce chiffre se trouve justifié par la masse de coton importé et entré en consommation , qui augmente d'année en année. Voici, d'après les tableaux officiels, le chiffre de cette importation pendant la période triennale de 1847-1849 :
livres anglaises.
Eh 4847 474,707,645
L'exportation ayant été, en 1849, de 98,894,000 livres, il restait, pendant cette année, pour la consommation intérieure, 656,575,000 livres.
(0 Ce taux d'évaluation s'accorde assez avec les données de M. SamoilofT. D'après son Atlas statistique, les vingtnleux filatures qui existaient, en l843j dans le gouvernement de Moscou, comptaient 155,404 broches et produisaient 155,949 pouds de fil de coton (dont 80,878 pouds du n» 38 à 42, et seulement 19,730 pouds du no 12 à 16) , ce qui donne ,en moyenne, 40,14 livres de Russie par broche. Or,
On peut, d'après ces chiffres, porter la consommation actuelle du coton en Angleterre au moins à 700 millions de livres anglaises, ou 777 millions de livres de Russie, qui donneraient, en défalquant 15 pour 100, 661 millions de livres de Russie de coton filé , ce qui supposerait déjà, en comptant un poud pour une broche, 16,500,000 broches ; mais comme on file en Angleterre,'comparativement, beaucoup plus de numéros fins, surtout pour l'exportation, que dans la plupart des autres pays , et qu'une broche ne peut fournir, en moyenne, que 30 livres de Russie de fils qui dépassent le numéro 40 ou 42 , le nombre des broches doit, par cette seule raison, être plus considérable. En admettant, comme moyenne générale, 30 livres de Russie par broche, on obtiendrait 22 millions de broches, ce qui coïncide à peu près avec les données recueillies par M. Samoïloff, d'après lesquelles la force totale de la filature anglaise s'élèverait à 20,977,000 broches*
En France, on a importé, en 1850, et consommé, d'après les registres de l'administration des douanes, 59,466,337 kilogrammes de coton brut, ou 145,395,194 livres de Russie, qui doivent donner, après déduction de 15 pour 100, 123,585,915 livres de fil, ce qui supposerait, à 40 livres par broche, 3,089,648 broches; mais comme en France on file aussi beaucoup de numéros élevés pour des tissus trèsfins, le nombre des broches doit être plus considérable. M. Samoïloff le porte à 4,200,000 , et nous croyons que ce chiffre n'est pas très-exagéré, d'autant plus que, faute de données plus récentes, nous avons pris pour base du calcul ci-dessus l'importation du coton en 1850, année qui
en considérant que la masse de la consommation des tissus ordinaires qui exigent des nos inférieurs augmente dans une plus forte proportion que celle des n'*' plus élevés, et que beaucoup d'établissements, qui n'étaient auparavant en activité que pendant une partie de l'année, travaillent maintenant sans interruption, nous ayons cru pouvoir admettre pour moyenne 45 livres par broche.
46 INIXJSTRIE.
n'était pas une des plus favorables à Tindustrie française, à cause des inquiétudes politiques.
Quant à la filature de rAutriche, que M. Samoïloff évalue à 1,200,000 broches, nous croyons que cette évaluation est au-dessous de la réalité. D'après les données statistiques qui ont été produites à la conférence industrielle tenue, en 1845, à Berlin, on aurait compté à cette époque, en Autriche, 1,500,000 broches, chiffre qui nous semble quelque peu exagéré, surtout en se reportant à l'année 1845.
Il a été importé en moyenne, en Autriche, pendant la période triennale de 1845-1847, 430,934 quintaux de coton brut (exportation déduite), donnant, après déduction de 15 pour 100, 366,294 quintaux, ou 501,822,278 livres de Russie de coton filé, ce qui supposerait, en comptant un poud par broche, 1,254,557 broches; mais comme on file aussi en Autriche une certaine quantité de numéros fins, et que d'ailleurs l'importation du coton doit avoir augmenté depuis 1847, nous croyons pouvoir porter la force actuelle de la filature autrichienne à 1,400,000 broches.
Dans les États de l'Association douanière allemande, on comptait, en 1846, d'après les données statistiques] d.e M. Dieterici (1), recueillies en 1851, 750,000 broches.
En Belgique, on comptait, en 1845, 420,000 broches; maintenant au moins 500,000.
En Suisse, à la même époque, 650,000 ; maintenant sans doute plus de 700,000.
Aux États-Unis d'Amérique , on comptait, à la même époque, 2,290,000 broches, et maintenant leur nombre doit dépasser 2 ^ millions.
En Italie, environ 300,000, et, en Espagne, également environ 300,000 broches.
(t) Statisticlie Uehersichu ^* partie, page 365.
iNttJBTHIË. (1
&écàpituUti(M d&i êohné&i ci^âessûi :
broches.
Angleterre 20,977,000
France . • . , * . . 4,200,000
États-Unis d'Amérique 2,500,000
Autriche 1,400,000
Russie 4,400,000
Association douahière allemande 750,000
Suisse 700,000
Belgique 600,000
Italie 300,000
Espagne 300,000
Ensemble 32,727,000
Ainsi , la filature russe occupe maintenant la cinquième place parmi tous les pays où cette branche d'industrie a acquis une certaine importance.
Les 1,371,196 ponds de tissus de coton fabriqués en Russie, d'après la moyepne de l'importation du coton brut et du coton filé, pendant la période triennale de 1848-1850, représentent, en bomptant lepoud àiO roubles (==9 francs 78 centimes le kilogramme), une valeur de 54,847,840 roubles argent.
Dans le royaume de Pologne, la fabrication des cotonnades s'est élevée, en 1850, d'après la statistique officielle, à 38,850 pouds ; [inais , d'après les données particulières que nouiè avons pu nous procurer, le produit effectif doit être, atl nioins, dé 50,000 pouds. Comtne on n'y fabrique que des 'toiles de coton et des calicots assez ordinaires , nous ne compterons le poud qu'à 25 roubles, ce qui donne 1,250,000 roubles. Ainsi, on peut porter en bloc à 56 millions (224 millions de francs) la valeur totale de cette branche d'industrie (1).
(1) En prenant pour base da calcul l'importation du coton brut et du coton filé en 1852, on obtient 1,599,000 pouds de tissus, représentant une valeur de 63,960 roubles argent, le royaume de Pologne compris.
Si Ton défalque de la somme totale de 56 millions de roubles :
roubles.
4«> Pour environ 1,400,000 pouds de coton brut (y compris l'importation dans le royaume de Pologne) en comptant le poud à 6 roubles 8,400,000
2° Poiir 300,000 pouds environ de fil de coton importés de rélranger (y compris également riïtaportation dans le royaume de Pologne), en somme ronde. . 5,000,000 (1)
^^ Pour au moins 4 million de pouds de cotonnades imprimées la valeur des matières tinctoriales et des produits chimiques employés à leuF fabrication en • comptant 5 roubles par poud 5,000,000 (2)
4« Environ 4 pour 4 00 de la valeur totale de la fabrica- . . tion> comme. représentant les intérêts du capitale, employé à l'acquisition des appareils mécaniques importés des pays étrangers, ou, en somme ronde. 2,000,000
Ensemble .^ 20,400,000
il reste 3ë,600,000 roubles (142,400,000 francs) que cette industrie ajoute annuellement à la richesse nationale.
M. Scherer, dans son compte rendu de l'Exposition de 1843, avait évalué en bloc les produits de notre fabrication de cotonnades à 40 millions de roubles , sans compter les tissus fabriqués dans le royaume de Pologne; et M. Samoïloff en avait porté la valeur, pour Tannée 1843, également d'après une estimation en bloc, à 43 millions.-
(1) Comme on n'importe de Tétranger que des numéros moyens ou très-fins, nous n'avons pas cru pouvoir compter, pour cet article d'importation , moins de 17 roubles le poud.
(2) M. Scherer évalue à 18 roubles assignat ou 5 roubles 15 kopecks argent par poud les matières tinctoriales employées dans la fabrication des cotonnades imprimées, et cette évaluation s'accorda nt à peu près avec les renseignements puisés à d'autres sources , nous avons cru devoir adopter 5 roubles argent par poud, en admettant que , sur environ 1^420,000 pouds de cotonnades fabriquées en Russie, il y en ait plus des deux tiers, ou au moins 1 million de pouds de tissus teints ou imprimés.
Ces deux évaluations approchent beaucoup de Testimation que nous en faisons maintenant, vu les progrès de cette industrie depuis 1843 ; car, à cette époque, le total de la fabrication, calculé sur la moyenne de l'importation du coton brut et du coton filé pendant la période triennale de 1842- 1844, n'était que de 1,037,000 pouds(l) représentant, au prix moyen de 40 roubles, 41,480,000 roubles.
En France, d'après l'enquête de 1834 et d'après les déclarations des industriels , la fabrication des cotonnades était évaluée, à cette époque, à 600 millions de francs, et comme l'importation du coton n'était alors que de 36 millions de kilogrammes , cela donnait au produit fabriqué d'un kilogramme de coton brut la valeur de 16 | francs par kilogramme , ou de 68 roubles par poud ; mais cette évaluation est évidemment exagérée , même pour l'époque à laquelle elle se rapporte, et comme, d'ailleurs, les prix des cotonnades ont considérablement baissé^depuis cette époque, nous ne croyons pas pouvoir admettre , pour les tissus de coton fabriqués en France, une valeur plus élevée que pour les cotonnades russes ; savoir : 40 roubles par poud, = 9 francs 78 centimes le kilogramme (2).
L'importation du coton étant maiatenant d'environ 60 mil-
(1) 524,511 pouds de coton brut (donnant, en fliô , 444,834 ponds) et 593,193 pouds de ill de coton.
(2) La fabrication de Rouen , qui fait la plus grande consommation du fil de coton des n°' moyens, fournit, pour la plupart, des marchandises d'un prit trôsmodéré. On a vu, à Texposition universelle de Londres, des pièces de calicot blanc et des calicots imprimés pesant 6 livres et qui étaient marqués à 13 et 15 francs la pièce, ce qui donne par poud , pour les tissus blancs, environ 22 roubles, et, pour les imprimés, près de 30 roubles. On y a vu également des pièces de jaconas, pesant 3 livres , du prix de 3 è roubles, ce qui donne 46 roubles par poud. Les mousselines de Mulhouse, et les articles fins de Tarare, qui sont d'un prix plus élevé, ne forment pas la dixième partie de la grande industrie cotonnière de la France.
D'après ces indications, on ne pourrait pas compter à plus de 40 roubles par poud le prix moyen de toutes les cotonnades fabriquées en France.
lions de kilogrammes, donne, déduction faite de 15 pour 100,81 millions de kilogrammes ==; 3,117,000 pouds de cotonnades représentant , à 40 roubles le poud, une valeur de 124,680,000 roubles argent. On peut admettre, en somme ronde , 123 millions de roubles (500 millions de francs), ou plus de deux fois la valeur de cette industrie en Russie.
En Angleterre , la moyenne de l'importation du coton brut^ pendant les années 1847-18i9, était (exportation déduite) de 563,110,000 livres anglaises, et, comme cette industrie y est constamment en progrès, on peut porter la consommation actuelle du coton dans le Royaume-Uni, en bloc 9 à 600 millions de livres, ce qui donne > déduction faite de 13 pour 100 » 14 millions de pouds de cotonnades représentant I en comptant le poud à 23 roubles (1)» une valeur de 330 millions de roubles argent ^ ou plus de six fois la valeur de la fabrication des tissus de coton en Russie»
En Autriche» le total de la fabrication s'élevait en moyenne, pendant la période de 1843-1847 (voir le calcul, page 39), à 408,348 quintaux, ou environ 1,400,000 pouds; maisi vu les progrès que cette industrie a faits depuis» après s'être relevée de la crise occasionnée par les événements politiques de 1848, nous croyons pouvoir la porter maintenant à 1,300,000 pouds, au moins, représentant, à 40 roubles le poud, une valeur de 60 millions de roubles argent*
Dans les États de l'Association douanière allemande, la fabrication des cotonnades s'élevait, pendant la période
(i) Gomme une partie considérable (plus d'un tiers) de la matière première importée en Angleterre est exportée en fil de coton, et que d'ailleurs on y fabrique une grande quantité de tissus très-ordinaires pour les colonies, nous n'ayons pas cru pouvoir admettre, pour prix moyen des cotonnades anglaises, plus de 35 roubles par poud ^ 6 francs 10 centimes le kilogramme.
d< ISââ'lS&O (Doirle ealoul, page 41), à 746^592 quintaUX, ou 9>i79^6&0 pouds représeniânti à 40 roubles le poud i une valeur de 91486^000 rouble! ^ ou 63 pour 100 de plus que la valeur totale des produits de cette indusU*ie en Russie.
Le nombre des ouvriers oeoupés en Russie par l'industrie du coton nb peut être évalué i faute de données complètes et ei;aot«s » qtte d'une manière plus ou moins approximative.
D'après TAtlas «tatistiquô de M. Samolloff^ il y avait ^ eh 1843 9 d&ns le gouvernement de Moscou ^ 89 filatures qui comptaient 155»404 broches, et occupaient 8,348 ouvriers, ce qui doûne a peu près 19 broches pour un ouvrier. En cojâoiptant, pôttf arrondir les chiffres 1 80 broches pc^ur^Un ouvrier, leel 1,100^000 broches » chiffre auquel noUs avons évalué la forcé actuelle de la filature rtiisse » supponeraieût remploi de &S5OOO ouvriers^ et ndus croyons effectivement ee nombre aussi rapprôéhé que possible de la réalitéé II y avait^ à la même époque et dans le même gouvernement, 382 établissements pour les autres branches de cette industrie, savoir, pour le tissage, le blanchiment, la teinture et ilmprésàiôU de^ ôotouaades , qui produisaient enâeitible pour environ li i millions de roubles argent 1 et occupaient 49,500 ouvriers, ce qui donne un produit de 294 roubles pour un ouvrier. En admettant cette proportion il faudrait, pour une valeur de 56 millions de roubles à laquelle s'élève maintenant, d'après notre évaluation, l'industrie côtônnière en Russie^ 190^000 ouvriers; maii$, comme dans ce calcul les tisserands qui travaillent isolément dans les villages pour le compte des fabricants ou des agenti^ intermédiaires, ne se trouvent pas compris, aU complet, on peut admettre, comme minimum, 200,000 ouvriers pour le tissage, le blanchiment, l'impression et l'apprêt des tissus de coton. En y ajoutant les ouvriers employés daûs les filatures (55,000) , et quelques milliers 4,
d'ouvriers occupés à la fabrication des tissus de coton mêlés de laine , de lin ou de soie(l), on peut porter, en bloc, à 265,000 le nombre total d'individus employés dans les différentes branches de notre industrie cotonnière , y compris les 6 ou 7,000 ouvriers que cette industrie occupe dans le royaume de Pologne, dont les produits se trouvent également compris dans nos évaluations générales.
Quant à la consommation relative des cotonnades, en Russie et dans d'autres pays, les données statistiques que nous avons sous les yeux présentent les résultats suivants :
En Russie , la fabrication des cotonnades a été évaluée plus haut, d'après la moyenne de l'importation du coton, tant filé que brut, pendant la période de 1848-1850, à 1,371,196 pouds (2). En y ajoutant les produits de cette fabrication dans le royaume de Pologne (environ 50,000 pouds), on peut porter en bloc à 1,420,000 pouds la quantité des cotonnades fabriquées dans le pays. La valeur moyenne
(1) Comme beaucoup de fabriques de cotonnades et de tissus de laine, de soie et de lin produisent, en même temps, des tissus mélangés, il est très-difiicile d'avoir des données statisques complètes sur ce genre de fabrication mixte, et c'est ce qui nous a empêché d'en faire une évaluation séparée ; mais comme nous avons calculé approximativement les valeurs produites par chacune des quatre principales branches de Findustrie manufacturière, d'après les quantités des matières premières employées dans la fabrication et à l'aide d'autres moyens subsidiaires d'estimation, les produits de ces branches d'industrie secondaires se trouvent compris dans ces évaluations en bloc. Parmi ces fabrications mixtes , les tissus de laine hiélés de coton jouent le rôle principal. En 1843, il y avait, dans le gouvernement de Moscou , d'après l'Atlas statistique de M. SamoïlofiT, 21 établissements pour la fabrication de ces tissus , qui comptaient l ,896 métiers et occupaient 2,439 ouvriers. Le produit total de leur fabrication s'élevait à 1 ,037,000 roubles. Depuis cette époque, cette branche d'industrie a pris encore un plus grand développement.
(2) En 1852, l'importation s'est élevée à 1,748,346 pouds de coton brut, et à 112,733 pouds de coton filé ; ce qui donne en filé, pour la fabrication des cotonnades, 1,598,828 pouds ; mais, pour rendre nos rapprochements comparatifs plus exacts, nous avons dû prendre la moyenne des années 1848-1850 qui correspond mieux avec les données statistiques que nous possédons sur les autres pays.
de l'imporlation des tissus de colon, pendant la même période , était de 3,857,000 roubles , ce qui suppose , en comptant le poud à 60 roubles, 64,283 pouds. La moyenne de l'exportation de nos cotonnades, dans le commerce avec l'Asie, représentait, pendant la même période, une valeur de 2,370,000 roubles argent, qui donne, en comptant le poud à 40 roubles argent (1) , 59,265 pouds. Ainsi , l'importation et l'exportation des tissus de coton se balançant l'une l'autre, à peu de chose près, il reste, pour la consommation intérieure , 1,420,000 pouds, laquelle quantité, répartie sur une population de 65 ^ millions, donne 0,87 livre de Russie par habitant. La valeur de la fabrication indigène étant de 56 millions et l'excédant de l'importation de 1,487,000 roubles, on obtient, pour valeur totale des tissus de coton consommés en Russie, 57,486,000 roubles ou 88 kopecks par habitant.
• ' pouds.
£a France, la fabrication des cotonnades s'^élèye à . -, 3,1 17,000
En déduisant:
1» L'exportation de 6,302,000 kilogrammes de tissus de 'coton= . . . '. 385,2100 pouds*
2° L'excédant de l'exportation du coton filé, montant à 1 44,000 kilogrammes = 8,800 » (2)
Ensemble. . . . 394,000
n reste pour la consommation intérieure. ..... 2,723,000
ce qui donne, pour une population de 35 ^ millions, 3,07 livres de Russie par habitant.
(1) Comme nous n'importons que des tissus lins, tandis que notre exportation se compose principalement de calicots de qualité moyenne et ordinaire, il a fallu adopter, en conséquence, des taux différents pour Tévaltiation des uns et des autres.
(2) Ces chiffres sont tirés des tableaux du commerce de la France en 1850.
Il refitQ pour la consommation intérieure 409,458,000
ce qui donne, pour une population de 85 i millions, 3 roubles 8 kopecks par habitant (1).
Pour FAngleterre , ce rfest que par un calcul un peu plus compliqué qu'on peut évaluer la coQsomraation rela-^ tive des tissus de coton.
Dans les tableaux officiels des douanes anglaises, il y a certaines espèces de cotonnades qui sont enregistrées, tant à l'importation qu'à l'exportation , d'après le nombre des pièces, et d'autres qui y aont portées d'apràa 1^ valeur déclarée ; mais les principaux articles des manufleictures anglaises sont enregistrés d'après le nombre à'mn^f^d^ardà). Or, pendant la période de 1847-^1849, le commerce des QQtQunadçiS de la Grande-Bretagne présente, en moyenne, les résultats suivants :
Exportation deg tissus anglais, 1^125,607,370 yards, ou, en comptant en moyenne 7 yards par Uvrç de Russie^ 1 yard = (1,29 archine), 4,020,026 pouds (2).
(1) Sur le total dea produits de son industrie cotqnni^re, la France exporte prifi de 13 pour 100, quant è la quantité, et plus de 41 pour 100 quant à la valeur.
(2) D'après les estimations officielles, la yalçur mp^eim^ de çea tissus e^t i^ Z,e pence le yard ou 7 i kopecks Farchine.
Si INDUSTRIB.
La valeur des produits de Findustrie cotonnière de la France a été portée (pa^e 50) à • • 425,000,000 s
En déduisant, d'après les tableaux du commerce extérieur, pendant Tannée 4 850 : ^
4 ** La valeur de l'exportation des tissus ^ ronbie«. coton, montant à 64 ,400,000 francs. . 45,350,000
9f* L'excédant de l'exportation du fil de coton, montant à r70,000 francs. . • 492,000
Ensemble. . , • . «-?-• — ■ » ■< "* 48,642,000
Excédant de l'exportation des tissus enregistrés d'après leur valeur, 1,039,157 livres sterling, ou, la livre sterling comptée à 6 roubles et 45 kopecks, 6,702,000 roubles. En év^lMnt ces tissus à 40 roubles lespoudii on obtient, en quailitité, 167,&64 pouda.
Exportation du coton filé, 131,868,061 Uvr^s aîigUi§es = 4,210,542 pouds.
Uexoédant d^ Timportation des tissus enregistrés diaprés le nombre des pièces était de 79,580 pièces dont le poids n'est pas indiqué. En comptant 5 livres de Russie par pièce (1), Il y aurait environ 10,00Q pouds à rabattre sur l'excédant d'exportation.
pouds.
La fabrication 4es cotonnaçlçig ayant été évalué^ , pagebO,^ . 44,000^0()0
lï Y aurait à en déduire , d'après le calcul ci-dessus, pour l'excédant de Texportation des tissus et du fil de coton ai»388,000
Reste pour la eonsommation intérieure^. 5,642,000
ce qui donne, pour une population de 86 î miUionSi 8 livres de Russie par habitant (2).
' La valeur des produits de la fabrication anglaise des
cotonnades a été portée à 350,000,000
En en déduisant l'excédant de r^pertation qui était de 24,100,000 livres sterling ss 455,4IB,00d
Il reste pour la consommation intérieure 494,555,000
(1) On n'importe en Angleterre que des articles de fantaisie de Mulhouse, de Tarare et de la Suisse, d'un tissu très-léger pour lesquels on ne peut pas compter, en moyenne, plus de '5 livres par pièce.
(2) l«es statisticiens anglais évaluent la consommation des cotonnades, en Angleterre , à 6,9 livres anglaises = 7,65 livres de Russie ( 1 livre anglaise =1,109 livre de ilussie) par habitant ;^ mais comme ces évaluations sont plus anciennes que lès nôtres, la différence s'explique par les progrès de la consommation.
ce qui donne, pour une population de 26 7 millions, 7 roubles 34 kopecks par habitant (1).
En Autriche :
ponds.
Fabrication des cotonnades 4,500,000
À déduire l'excédant de l'exportation 4,600 quintaux = 45,755 Reste pour la consommation intérieure 4,484,345
ou, pour une population de 36 f millions , 1,63 livre de Russie par habitant.
roubles.
Valeur de la fabrication indigène 60,000,000
 déduire l'excédant de l'exportation des cotonnades . 630,000
Il reste pour la consommation intérieure 59,370,000
ce qui donne 1 rouble 63 kopecks par habitant. Dans les États de l'Association douanière allemande :
ponds.
Fabrication indigène des cotonnades 2,648,400
A déduire l'excédant de l'exportation des cotonnades 92,888 quintaux = 283,300
Il reste pour la consommation intérieure 2,335,40a
OU, pour une population de 30 millions, 3,11 livres de Russie par habitant.
roubles.
Valeur de la fabrication indigène 404,736,000
En déduisant la valeur de l'excédant de l'exportation des cotonnades . 44,332,000
Il reste, pour la consommation indigène, une valeur de 93,404,000
ou 3 roubles 11 kopecks par habitant.
(1) 11 résulte des données statistiques tirées des tableaux officiels du commerce de la Grande-Bretagne, pendant la période de 1845-1847 qui ont servi de base au calctri ciHlessus , que, sur le total des produits de son industrie cotonnière, TÂngletene en exporte près de 60 pour 100 dont plus de la moitié en coton filé.
Récapitulation des données statistiques ci-dessus : 1" Quantité absolue des cotonnades fabriquées dans le pays, exprimée en poids de Russie :
Angleterre .1 4,000,000 pouds.
France . 3,447,000 »
Ëlats de TÀssociation douanière allemande. . . 2,618,000 »
Russie 4,4210,000 »
2** Valeur absolue des produits de l'industrie cotonnière :
Angleterre 350,000,000 roubles.
France 425,000,000 »
États de l'Association douanière allemande . . 404,736^000 »
Autriche 60,000,000 »
Russie 56,000,000 »
3** Consommation relative des cotonnades par habitant :
Angleterre 8, livres de Russie.
. États de T Association douanière allemande . 3, 4 4 »
France 3, 07 »
Autriche . • 4 , 63 »
Russie. 0, 87 »
4** Valeur relative des tissus de coton consommés , en moyenne, par habitant :
Angleterre 7 roubles 34 kopecks.
États de TAssociation douanière allemande .3 » 44 »
France • . • • . 3 » 8 »
Russie » 88 »
Ainsi le rapport de notre industrie du coton est, quant à la quantité absolue des tissus fabriqués dans le pays,
A celle de TAutriche ....;... comme 40 est à 40, 6
— des États de 1* Association douanière
allemande . . . . ^ . . . » 40 » 48, 5
— de la France » 40 » 22
— de r Angleterre » 40 » 86, 6
et, quant à la valeur des produits de cette industrie^
A celle de rAutriche compte 40 esta 40, 6
— des États de FAssociation douanière
allemande • • • » 40 » 48, 7
-. delà France » 40 » 2|2, 3
— do !* Angleterre ....... » 40 » 60, 2
La consommation relative des tissus} de coton eu Russie est, par habitant| qua^nt |i la quantité,
A celle de rAutriche comme 40 esta 4 Si, 7
— de la France » 40 » 35, 3
— des Étals de l'Association douanière
allemande . » 40 » 35, 7
— de l'Angleterre » 40 » 931.
et, quant à la valeur des tissus consommés,
A celle da TAutriobâ « comme 40 est à 48, 5
— de la France » 40 » 35
— des États, de TAssociation douanière .
allemande. « . • » 40 i> 3ë, 3 ^
— de r Angleterre » 40i)83,4
On voit, par ces rapprochements des données statistiques, que , malgré k développement rapide de notre industrie cotonnière, pendant les vingt-cinq dernières années, elle esf encore, proportion gardée de la population , bien en arrière des autres pays, sous le rapport de la quantité de ses produits, et qu'il faudrait presque doubler la fabrication des cotonnades pour atteindre la consoinmatiou relative de cet article, par habitant, en Autriche, pays qui se trouve, SOUS ce rapport, h plus bag placé dang réçhelle comparative ci-dessus,
Il est évident que cela ne dépend pas uniquement des progrès de l'industrie , prise en elle-même , mais aussi de ceux du bien-être parmi les classes les plus nombreuses de la population, et, en 'partie mênae, de leurg goûts et de leurs habitudes. Cependant on est obligé de convenir que
Des eotonnades, bien que leurs prix aient baissé d'une manière sensible, depuis une quinzaine d'années , ne se ven-> dent pas encore assez bon marché pour en favoriser beaucoup la consommation. La différence des prix, en comparaison avec ceux des cotonnades étrangères , et surtout de celles de fabrication anglaise , est encore d'environ 38 à 40 pour 100, et, pour quelques tissus, de 60 pour 100 et au delà. On en voit la preuve dans l'importation des colonnade» étrangères qui est encore assez considérable (de 8 à 4 millions de roubles), malgré les droits d'entrée presque prohibitif de l'ancien tarif qui imposait les tissus de coton de provenance européenne, selon les espèces, de 83 kopecks, jusqu'à 9 roiAles 45 kopecks par livre de Russie =e 8 francs Î8 centimes à 92 francs 40 centimes par kilogramme ; droits qui revenaient, selon les qualités, à 60, 100, jusqu'à 900 pour 100 de la valeur, et môme bien au delà.
Le tableau suivant présente le mouvement de notre commerce extérieur de cotonnades , à partir de 1824 , par périodes triennales î
Valeur moyenne par an en roubles argent»
Excédant