‹ Études sur les forces productives de la RussieChapitre 7 sur 33 · FLORINS · texte numérisé non relu

FLORINS

monnaie de con- * venlion.

Cuir de bœuf pour semelles {Pfundleder), 64 à 74 florins,

moyenne . 69

Cuir de vache, 85 à 90 florins, moyenne . . . 1 . . 87,

Cuir noir appelé BlankledeTy 52 à 74 florins, moyenne. . 63

Cuir de veau blanc, 420 à 440, moyenne 430

» noir, 400 à 450 425

Total 474 i

ce qui donne, pour moyenne générale, 95 florins par qui niai.

INDUSTRIE. m

Eu y ajoutant 5 pour 100 , pour le surplus de la valeur que peuvent ajouter à la masse totale les peaux chamoisées, mégissées et maroquinées, nous admettons le prix moyen de 100 florins par quintal = 20 roubles par poud. '

En revanche, nous trouvons les évaluations de la statis-! tique officielle autrichienne, quant à la quantité des cuirs préparés, comme devant être au-dessous de la réalité; car elles ne sont pas en rapport avec la statistique du bétail et des chevaux, et avec l'importation des peaux brutes et du bétail, et nous croyons pouvoir y ajouter 10 pour 100, ce qui porterait le produit de la fabrication en 1841 à 461,340 quintaux. En y ajoutant encore 10 pour 100 pour les progrès de cette industrie depuis 1841, on peut porter en bloc le produit total actuel à 500,000 quintaux = 68,450,000 livres de Russie, représentant, à 100 florins le quintal, 50 millions de florins = 31,500,000 roubles argent. Si Ton ajoute à cette somme, d'après les évaluations statistiques de là France, 150 pour 100 pour la transformation des peaux préparées en objets de toute espèce, la valeur totale du produit de toutes les industries qui travaillent le cuir s'élèvera à 125 millions de florins = 78,750,000 roubles argent.

Dans les États de l'Association douanière allemande , M. Dieterici évaluait la moyenne de la préparation des cuirs de bœuf, de vache et de veau, pendant la période triennale de 1840-1842, à 654,227 quintaux, dont 462,811 provenant du bétail consommé dans le pays, et 191,416 quintaux importés de l'étranger (1). On peut admettre que, depuis cette époque, la consommation de

(1) M. Dieterici compte 4 peaux de gros bétail et 30 peaux de veau pour 1 quintal, ce qui nous semble correspondre aux poids des peaux déjà tannées, et c'est ainsi que nous l'avons entendu.

4i6 lîîDUSTRIB.

la viande, et partant la production des peaux, a augmente de 10 pour 100, ce qui donnerait 509,090 quintaux de cuir provenant du bétail abattu dans le pays. L'excédant de rimportation a été, en moyenne, pendant les années 1846-1848, de 180,920 quintaux, ce qui donne ensemble 690,000 quintaux. En y ajoutant 10 pour 100, pour les peaux de cheval qui ne sont pas comprises dans ce calcul, on obtient 759,000 quintaux, poids de la douane {Zoll- Zentner) == 92,598,000 livres de Russie , qui représenteraient, d'après le prix moyen de 56 écus le quintal, adopté par M. Dieterici, 42,500,000 écus, somme à laquelle on peut encore ajouter 10 pour 100 pour les peaux de chèvre, de mouton et autres, mégissées, chamoisées et maroquinées, qui ne sont pas comprises dans ce calcul; ce qui porte la valeur totale des cuirs et des peaux préparées à 46,750,000 écus = 43,480,000 roubles argent.

Si l'on admet, comme dans les calculs précédents, que la transformation des peaux préparées en objets de toute espèce ajoute 150 pour 100 à leur prix vénal, on obtient, pour la valeur totale des branches d'industrie qui travaillentlecuir, une somme de 108,700,000 roubles.

Quant à la consommation relative des cuirs dans ces différents pays , les données qui précèdent nous ont servi à établir le calcul suivant :

En Russie, il faut déduire de 114,380,000 livres, poids total des peaux de gros bétail, de veau et de cheval préparées dans le pays, environ 120,000 pouds, ou 4,800,000 livres, qui sont livrés au commerce d'exportation; de sorte qu'il ne reste, pour la consommation intérieure, que 109,580,000 livres, représentant, d'après notre estimation , une valeur de 28,040,000 roubles argent , ce qui donne , pour une population de 65 ^ millions, 1, 67 livre, et une valeur de 43 kopecks par habitant.

En France, on évaluait, en 1836, la fabrication des cuira

à 33,286,000 kilogrammes (1), représentant une valeur de 100 millions de francs» En déduisant de cette quantité environ 3 millions de kilogrammes de peaux préparées livrées à l'exportation, il reste à peu près 80,300,000 kilo- ->*grammes =74,083,500 livres de Russie, représentant une valeur de 91 millions de francs, ou 22,750,000 roubles argent > ce qui donne, pour la population de cette époque (33,840,000 habitants)^ 2, 18 livres, et Une valeur de 68 kopecks par habitant.

En» Angleterre, la fabrication des cuirs ayant été évaluée, par M. Mac CuUoch, à 60 millions de livres anglaises ^ représentant une valeur de 4,800,000 livres sterling et Texportation de cet article à 2,400,000 livres, représentait une valeur de 320,000 livres Sterling, il restait, pour la consommation intérieure, 57,600,000 livres = 63,360,000 livres de Russie, représentant une valeur de 4,180,000 livres sterling, ou 26,960,000 roubles argent, ce qui donne, pour une population de 18,500,000 habitants, sans compter rirlande (2), 3, 42 livres de Russie, et une valeur de 1 rouble 48 kopecks par tête.

En Autriche, la fabrication des cuirs s'élèverait, d'après notre calcul avec l'excédant de l'importation de cet article (environ 12,000 quintaux), à 512,000 quintaux =

(1) Pour rendre plus exacts hos rapprochements statistiques avec les autres pays, nous mettons ici hors de compte les peau& de chèvre, de bouc et de mouton thégissées, chamoisées et maroquinées, sUr la fabrication desquelles nous manquons de données positives , et nous établissons nos comparaisons uniquement sur les peaux de gros bétail, de veau et de cheval qui fbrnlent ensemble la grande masse de la consommation.

(î) Nous avons déjà fait observer que les évaluations de M. Mac Culloch se reportent à Tannée 1841, et comme en faisant le rapprochement du produit de la fabrication des cuirs avec le nombre des habitants, il ne porte ce dernier qu'à 18,500,000 individus des deux sexes, ce qui est exactement le chiffre de la population de TAngleterre et de TÉcosse en 1841 (d'après M. Reden, 18,600,000 habitants], il est évident que, dans tout don calcul sur les cuirs, l'Irlande n'était paa comprise.

70,092,800 livres de Russie, représentant une valeur de 51,200,000 florins, ou 32,256,000 roubles argent, ce qui donne, pour uiie population de 36 ^ millions, 1, 92 livre de Russie, et une valeur de 88 kopecks par habitant.

Dans les États de l'Association douanière allemande, la quantité des cuirs préparés s'élèverait, d'après nos évaluations, à 759,000 quintaux , dont il faut déduire l'excédant de l'exportation qui est de 18,000 à 19,000 quintaux, de sorte qu'il reste, pour la consommation intérieure, environ 740,000 quintaux = 90,280,000 livres de Russie , représentant, à 56 écus le quintal, une valeur de 41,440,000 écus= 38,540,000 roubles argent; ce qui donne, pour une population de 30 millions, 3 livres de Russie et une valeur de 1 rouble 28 kopecks par habitant.

État comparatif et récapitulatif fondé sur les calculs

qui précèdent :

Quantité des cuirs fabriqués dans le pays (4 ) :

poudâ.

Russie 2,859,500

États de TÂssociation douanière allemande . . . • â, 345,000

France 2,238,000 '

Angleterre . 4,845,000

Autriche 4,714,000

Valtur des cuirs préparés :

roubles argent.

États de l'Association douanière allemande. . . . 39,528,000

Angleterre 34 ,927,000

Kussie 29,600,000

France 27,500,000

(1) Sans compter les peaux maroqulnées, chamoisées, etc.

(2) Déduction faite de 5 pour 100 pour les maroquins et les peaux chamoisées.

INDUSTRIE. Ud

Valewr des objets fabriqués en cuirs et peaux de toute espèce :

roubles argent. '

États de TAssociation douanière allemande ... 408,700,000

Rusae 96,200,000

Angleterre. ............. 95,782,000

France 85,250,000

Autriche 78,750,000

Consommation relative des cuirs préparés :

QUANTITÉS consommées par habitant.

Angleterre 3, 42 livres de Russie.

États de T Association douanière ... 3 » »

France 2, 18 [» »

Autriche 4, 92 » »

Russie 4 , 67 » »

VALEUR

des cuirs consommés par habitant.

Angleterre 4 rouble 45 kopecks arg'.

États de l'Association douanière ... 4 » 28 »

Autriche » » 88 »

France. » » 68 »

Russie. » » 4? 9

Ce tableau exige quelques explications :

La différence notable qu'on peut remarquer relativement au rang d'importance qu'occupent les différents pays, selon qu'on les compare sous le rapport des quantités ou sous celui de la valeur des 'cuirs préparés et consommés , provient tantôt de la qualité des cuirs et des différents emplois auxquels ils sont destinés et tantôt des différents modes adoptés dans les évaluations statistiques. On a vu que, pour rendre ces évaluations, sous le rapport de la quantité, aussi uniformes que possible, nous avons cherché à les égaliser par des calculs supplémentaires, mais nous avons dû conserver, pour tous les pays étrangers, les prix des cuirs, tels qu'ils figurent dans la statistique de chacun de ces pays, sauf les rectifications adoptées relativement h l'Autriche, et voici ces prix :

En Angleterre, M, Mao Gullooh compte, en moyenne, pour tous les cuirs ensemble, 1 { schelling la livre anglaise, ce qui correspond au prix de 17 roubles le poud.

En France , la moyenne de Testimation sur le total des cuirs préparés est de 3 francs le kilogramme = 12 roubles 24 kopecks.

En Autriche, 100 florins le quintal de Yieune = 20 roubles le poud.

Dans le ZoU-Werein , 56 écus par quintal = 16 roubles 80 kopecks par poud.

Pour la Russie , nous avons évalué les peaux de bœuf et de vache à 10 roubles le poud, à l'exception dqs youftes qui sont comptés à 13 roubles, les peaux de veau à 12 roubles et celles de cheval à 9 roubles , ce qui a donné, sur la quantité totale, une moyenne de 10 roubles 32 kopecks par poud.

En Angleterre , le salaire des ouvriers étant plus considérable que dans tous les autres pays, augmente d'une manière sensible le prix des cuirs et encore plus celui des objets en cuir, que M. Mac CuUoch évalue, par cette raigon^ au triple de la valeur du cuir, tandis qu'en France on n'ajoute , dans les évaluations statistiques , à la valeur des cuirs que 160 pour 100 pour les transformations qu'ils subissent dans les différents usages qu^on en fait.

En Autriche, l'élévation du prix moyen provient de ce que , dans la statistique officielle , on a compris , dans la fabrication des cuirs , les peaux chamoisées, mégissées et maroquinées. En revanche, la quantité des cuirs fabriqués, qui figure dans la statistique officielle , nous paraît être au-dessous de la réalité, même avec les 10 pour 100 que nous y avons ajoutés.

Quoi qu'il en soit, les calculs comparatifs que nous venons d'établir prouvent, en tout cas, que, pour la consommation relative des cuirs, nous sommes beaucoup

INDUSraiB. 434

moins en arrière des autres pays que pour tous les autres articles manufacturés.

Sous le rapport de la quantité absolue des cuirs préparés, nous occupons la première place, et, vu le nombre considérable de bestiaux qu'on élève en Russie , nous pourrions, avec les progrès de la consommation de la viande, qui augmente ordinairement avec le progrès du bien-être des habitants , produire bientôt le double de là quantité actuelle.

Sous le rapport de la valeur absolue des cuirs préparés dans le pays, nous n'apparaissons qu'au quatrième rang, ce qui provient de la différence des prix des cuirs et du degré de leur préparation. En Russie, on prépare, comparativement, plus de cuirs forts pour semelles et pour les articles de harnachement, et moins de cuirs fins et légers, ce qui fait une grande différence dans le rapport du poids au prix moyen, calculé s«r le total de la fabrication. Puis, une grande partie des cuirs livrés au commerce, pour les ouvrages grossiers, se trouve dans un état de préparation très-inférieur, ce qui en diminue la valeur.

Quant au nombre d'ouvriers employés à la préparation des cuirs et dans les industries qui les mettent en œuvre, nous pouvons faire par analogie un calcul approximatif qui ne s'écartera pas beaucoup de la réalité. -

D'après l'atlas statistique de M. Samoïloff , il y avait, en 1843, dans le gouvernement de Moscou, 67 établissements pour le tannage et la corroirie des peaux, qui produisaient une valeur de 1,109,000 roubles argent, et employaient 1,800 ouvriers. D'après cette proportion, on obtient pour le total de la fabrication actuelle des cuirs dans toutes les possessions de la Russie , que nous évaluons à 29,600,000 roubles, 48,400 individus. Ce chiffre coïncide à très-peu près avec le nombre relatif d'ouvriers employés en Angleterre, dans cette branche d'industrie.

M. Mac Culloch évalue la quantité des cuirs préparés en Angleterre (1841) à 60 millions de livres anglaises = 66 millions de livres de Russie , et le nombre d'individus employés dans cette industrie à 28,300 , ce qui donne 2,332 livres de Russie pour un ouvrier. D'après cette proportion , la préparation de 114,380,000 livres devrait occuper en Russie 48,700 ouvriers.

Pour les différents métiers et professions qui mettent en œuvré ces 66 millions de livres de cuirs, en Angleterre, le même auteur compte 225,000 ouvriers, ce qui donne 293 livres pour un ouvrier ; d'après cette proportion , il y aurait en Russie, pour mettre en œuvre 109,580,000 livres de cuirs (exportation déduite), 374,000 individus. Comme l'ouvrier anglais fournit généralement plus de travail que l'ouvrier russe, le nombre d'individus qui travaillent le cuir devrait être chez nous beaucoup plus grand; mais en considérant qu'en revanche, en Angleterre, on fabrique , comparativement , beaucoup plus d'articles fins , qui exigent plus de travail, nous ne comptons en tout que 400,000 ouvriers, dont 50,000 pour la préparation des cuirs et peaux de toute espèce.

Produits du suif : savon, chandelles et stéarine.

C'est encore une branche d'industrie qui se rattache, comme qelle de la fabrication des cuirs, à nos intérêts agricoles et nommément à l'élève du bétail. Dans les gouvernements du midi et de l'est, qui élèvent beaucoup de bétail , le débit du suif constitue le principal revenu de cette branche de l'économie rurale , la viande de boucherie n'ayant, dans ces contrées, que très-peu de valeur.

La Russie possède les éléments nécessaires pour donner à cette industrie un gr.and développement.

Nous exportons environ 3,550,000 pouds de suif, repré^

. INDUSTRIE. .45a

sentant une valeur de plus de 12 ^ millions de roubles argent (1), et l'on peut évaluer au moins à la même somme le suif et les autres graisses d'animaux que l'on consomme dans le pays (2). Ainsi, voilà une valeur brute de 25 millions de roubles (100 millions de francs), sur laquelle le travail national aurait à exercer son industrie.

Si la préparation des chandelles , du savon et de la stéarine n'ajoutait que 60 pour 100 à la valeur de la matière brute, cela donnerait annuellement 15 millions de roubles ou 60 millions de francs pour l'accroissement de la ri- ' chesse nationale.

Indépendamment de ses nombreux emplois comme article de propreté, le savon est devenu un article important pour plusieurs branches de notre industrie, et il pourrait en môme temps le devenir ,pour le commerce extérieur, si la fabrication en était plus avancée. L'exportation de cet article diminue visiblement et tend à disparaître entièrement des relevés de notre commerce. Nous exportions , il y a 20 à 30 ans , 8 à 10,000 pouds de savon. La moyenne de l'exportation était encore, pendant les années 1824-1826, de 8,226 pouds, et maintenant elle est tombée à 1,800 pouds (moyenne de 1848-1850), et pourtant notre savonnerie se trouve dans des conditions beaucoup plus avantageuses que celle de la plupart des autres pays (en tant, bien entendu, qu'il s'agit de la fabrication du savon à base de suif), ayant à sa portée la matière première. Nos fabricants de savon peuvent se procurer le suif à leur choix et même de première main , tandis que les fabricants étrangers , et nommément ceux de l'An-

(1) La moyenne de Texportation , pendant les années 1848-1850, était de 3,648,800 pouds, représentant une valeur de 12,537,600 roubles argent.

(2) On évalue à 8 millions de pouds la quantité totale de suif fondu en Russie (fofr le compte rendu de TExposilion de 1843, pag^c 397).

gleterre , le reçoivent chargé des frais d'un transport lointain et de droits d'entrée assez considérables, et souvent dans un état avarié. L'industrie du savon , en Angleterre , est, en outre, grevée d'une accise très-onéreuse, qui pèse sur les frais de la fabrication, et qui équivaut à 50 pour 100 de la valeur (1) , indépendammei^t des droits prélevés à l'importation sur tous les articles néoessaires à cette Industrie. Le revenu de l'accise prélevée sur la fabrication du savon se montait, en 1849, à 1,260,000 livres sterling = 8,127,000 roubles argent =^ 82,508,000 francs. Malgré toutes ces charges, l'industrie anglaise du savon fournit à l'exportation une valeur de plus de 1,500,000 roubles ou de 6 millions de francs (2). Le montant de l'acciâé est à la vérité restitué à l'exportation , mais les droits prélevés sur les matières premières restent à la charge du produit exporté , et les formalités de la perception de Faccise sont assez gênantes pour cette industrie.

La France a exporté, en 1850, 335,400 pouds de savon ordinaire, et 31,400 pouds de chandelles, représentant ensemble une valeur de 4,285,000 francs = 1,071,000 roubles argent , tandis que chez nous cette branche d'indus^ trie ne fournit maintenant à l'exportation que 1,800 pouds de savon et 24 à 25,000 pouds de chandelles , représentant ensemble une valeur de 110,000 roubles.

Nous ne pouvons sans doute pas rivaliser avec l'in^ dustrie française pour la fabrication d«s savons à base

(1) Jusqu'en 1833, l'accise sur la fabrication du savon s'élevait à environ 100 pour 100; mais, depuis, cet impôt a été considérablement réduit et le gouvernement a résolu, en dernier lieu, de le diminuer encore davantage et d'abaisser le droit d'entrée sur le suil.

(2) La valeur moyenne de l'exportation était, pendant les années 1847-1849, de 222,647 livres sterling, mais elle augmentait d'année en année, et le chiffre de l'exportation était, en 1849, de 13,690,000 livres anglaises, représentant une valeur de 240,000 livres sterling = l ,548,000 roubles argent.

d'huile ; mais pour la fabrication des Chandelles et du savon de suif, notre industrie se trouve dans des conditions beaucoup plus avantageuses. La production indigène du suif ne suffisant pas aux besoins de la consomr matîon de cet article en France , on en importe environ 260,000 pouds. Le droit d'entrée sur le suif est de 10 francs par quintal métrique , ou 41 kopecks par poud , ce qui revient h plus de 13 pour 100 de la valeur, et si l'on y ajoute les frais de transport et la perte par les avaries, on peut admettre que le suif revient au fabricant français au moins de 20 à 25 pour 100 plus cher qu'au fabricant russe. La soude, qui arrive par navires français, paye 11 francs ; BO centimes par quintal métrique == 47 kopecks par poud,

et par navires étrangers 12 francs 60 oentimes]= 51 ^ kopecks par poud; en Russie, d'après le nouveau tarif, 20 kopecks par poud.

I La potasse paye , en France , selon la provenance , et

f selon qu'elle arrive par navires français ou étrangers, de

10 à 21 francs le quintal métrique, 41 à] 86 kopecks par poud. Toutes ces circonstances réunies prouvent qu'il ne fau- ; drait que du savoir-faire et un peu plus de soins de la part

[ de nos marchands et de nos fabricants de savon et de chan-

I délies pour soutenir avec avantage la concurrence sur les

' marchés étrangers. La France et l'Angleterre envoyent

principalement leurs savons et leurs chandelles dans les colonies , où les prix de ces articles sont très-élevés. Dans les colonies françaises, on vend un poud de chandelles 10 et 11 roubles argent, tandis que nous pouvons les livrer, tous frais compris, dans nos ports de mer, à 4 ou 4 7 roubles le poud , ce qui nous donne une grande marge pour l'exportation de cet article.

La fabrication de l'acide stéàrique à été partout trèsfavorable aux progrès de l'industrie du savon, en économisant les frais de production qui se répartissent d'une ma-

nière plus avantageuse entre les deux branches d'industrie, savoir : celle de la stéarine et celle du savon, lorsqu'elles marchent de front. Aussi nous était-il très-difficile de lutter, pour les savons, avec les pays étrangers tant que l'industrie subsidiaire de la stéarine ne s'est point consolidée chez nous ; mais maintenant que cette dernière a déjà pris un certain degré de développement , notre commerce relatif aux pror duits du suif a, avec le temps, des chances de prospérité.

Indépendamment de quelques perfectionnements désirables dans les procédés de la fabrication du savon, les pro-: grès de cette industrie , chez nous, dépendent aussi, au moins en partie, de quelques améliorations dans la fonte du suif, qui se fait encore , en majeure partie, à feu découvert et d'une manière assez négligée : on jette souvent pêlemêle dans la chaudière la graisse, les os, et les parties en-: tières de l'animal ; l'on ne sépare pas, avec assez de soin', du suif fondu les parties charnues qui s'y attachent et le rendent plus susceptible de se détériorer , en lui faisant , en même temps , contracter une mauvaise odeur qui se communique aux produits qui en proviennent. On y mêle aussi assez souvent, pendant la fonte , des substances hété-: rogènes, telles que du plâtre et de la terre glaise, pour en augmenter le poids. Ces abus et ces négligences font du tort, non-seulement à notre commerce de suif avec les pays étrangers, mais aussi à l'industrie indigène du savon.

Une grande partie du suif, livré au commerce intérieur, n'a pas assez de consistance pour servir à la fabrication de bonnes chandelles et ne peut être employée qu'à la préparation des savons très-ordinaires. C'est aussi, en partie, par cette raison que notre fabrication de chandelles est encore, à quelques exceptions près, très en arrière de celles des autres pays. Nos chandelles ont généralement le défaut de couler très-facilement.

On a cependant remarqué , depuis douze à quinze ans.

des progrès notables dans cette branche d'industrie. La fonte du suif se fait maintenant , en général , avec plus de soin. On a commencé, dans plusieurs établissements, à se servir, pour la fonte du suif, d'appareils à la vapeur.

La fabrication de la stéarine avait suggéré à M. Callet, industriel français, qui a séjourné pendant plusieurs années en Russie , l'idée d'employer l'acide sulfurique à la fonte du suif pour lui donner plus de consistance et le préserver plus longtemps de la pourriture. Le Gouvernement, voulant mettre à profit cette invention pour notre industrie, a délégué, en 1842, M. Callet dans différentes provinces de l'Empire pour y introduire ce nouveau procédé dans la fonte du suif; mais le résultat des essais qu'on en a faits n'^ pas entièrement répondu à l'attente. L'acide sulfurique, en éloignant du suif les parties oléiques et glycériques, ne le rend propre qu'à la fabrication des chandelles , tandis qu'il s'en fait une grande consommation pour des emplois dans lesquels la glycérine etl'oléine sont indispensables. Puis, le rendement en suif pur obtenu par cette méthode est inférieur à celui qu'on obtient par les procédés ordinaires , et , en dernier lieu , le sédiment du suif imbibé d'acide sulfurique devient impropre à son emploi comme article d'alimentation pour les porcs, et cet emploi joue un grand rôle dans les calculs économiques de celles de nos fonderies de suif qui se trouvent au centre et dans le midi de la Russie.

La fabrication du savon a fait, chez nous, dans le dernier temps, des progrès assez marquants, mais il est à regretter que ces progrès se bornent à un petit nombre de grands établissements, et que cette industrie , prise dans son ensemble, se trouve encore dans un état très-arriéré.

Les savons ordinaires provenant d'un grand nombre de petites fabriques, qui existent dans les provinces, sont ordinairement très-mal préparés. Ils manquent de consistance, et laissent des taches sur le linge, auquel ils com-

muniquent en outre leur odeur désagréable. Ces défauts proviennent souvent de la mauvaise qualité du suif , mais souvent aussi des mauvais procédés de la fabrication. Quelquefois aussi les fabricants ajoutent de Teau au savon> pendant qu'il est encore dans un état liquide^ pour en augmenter le poids.

L'emploi de la soude, au lieu de potasse, n'est pas encore assez généralement en usage. Il n'y a qu'un petit nombre de fabricants qui en fassent l'application.

Nous manquons aussi de bons maîtres savonniers pout diriger la cuisson, ce qui est un des points les plus importants de cette fabrication ; mais il y a lieu d'espéJfet qu'avec les progrès de l'instruction technique > il devien* dra, dans un certain temps , de plus en plus facile de trouver des sujets capables pour cet emploi.

M. Skalon dit avec raison (compte rendu de l'Exposition de 1843, page 405) que, lorsque nous aurons amené notre industrie des savons au degré de perfection auquel elle est alrivée à l'étranger, nous n'aurons pas de concurrence à redouter pour les produits de cette industrie , dont nous fournissons la matière première à bien meilleur marché qu'aucun autre pays.

Les progrès les plus importants dans la préparation de nos savons coïncident avec ceux de la fabrication de l'acide stéarique. Cette dernière a été introduite en Russie en 1887, grâce aux soins du comte Serges Strogonoff et de MM. Samoïloff 6t Heimânn, qui, profitant de l'arrivée de M. Callet à Moscou, y ont établi^ par actions, la première fabrique de ce genre. Cette fabrique, qui porte encore aujourd'hui sa dénomination primitive de fabrique de bougies Callet, produit maintenant près de 20,000 ponds de bougies de stéarine, qui sont préférées à beaucoup d'autres ; avantage qu'elle doit aux soins du directeur M . Ghika et de son collaborateur le chimiste Guivartowski.

DIDUSTRIE. 469

Cette nouvelle industrie a donné, entre autres résultats, une grande importance à la fabrication du savon d'oléïne, et elle a aussi contribué à faire ressortir les avantages de l'emploi de la soude au lieu de potasse, pour la préparation des savons. L'exportation de la stéarine gagfie depuis quelque temps en importanoe* EUe atteint déjà le chiffre de 14 à 16,000^uds, représentant une valeur de plus de 100,000 roubles, et elle doit augmenter avec le temps, Vu le bas prix auquel nous pouvons fournir cet article/ On exporte également 10 à 20,000 pouds d'oléine , produit accessoire de cette même industrie.

L'exportation des chandelles de suif â également augmenté dans les derniers temps. Pendant la période triennale de 1824-1826, on n'en a exporté, en moyenne, cfue 16,800 ponds, et pendant les années 1848-1830^ la moyenne de l'exportation était de 24,600 pouds.

Les meilleurs établissements pour la fabrication des produits du suif se trouvent principalement dans les gouver-^ nements de Saint-Pétersbourg et de Moscou, à Ka2an et à Riga.

Parmi les fabriques les plus importantes, nous devons signaler celles de Goutouieff (1), deMuUer et Gazalet, dâ Meckenheiser , de Devisson et de Riker, à Saint-Pétersbourg ; la fabrique des bougies de stéarine et de sav^n, fondée par une société d'actionnaires dans cette même capitale ; celles de Steiner et de Langwagen, près de Saint- Pétersbourg ; celles de Besse (2), Nilsen et Jounker, dans le gouvernement de Moscou, et celle des bougies Callet, à Moscou, déjà mentionnée.

(1) Cette fabrique Ueni «& dénomination d'une petite tle sur la Néra où elle éit établie.

(2) M. Besse a été le premier à introduire en Russie l'emploi de la soude dans la fabrication du 8ayon«

La fabrique de Goutouieff et celle de la société d'actionnaires à Saint - Pétersbourg sont les plus considérables, surtout pour la fabrication de l'acide stéarique. Le produit annuel de chacun de ces établissements s'élève à la valeur de 360,000 à 400,000 roubles argent (1,400,0Q0 à 1,600,000 francs). Ces deux fabriques produisent de trèsbonnes bougies de stéarine , qui ne le cèdent en rien à celles fabriquées en Allemagne et en France, et le prix en est assez modéré, 9 à 9 7 roubles le poud (2 francs 20 à 2 francs 30 centimes le kilogramme). La fabrique de Millier et Cazalet produit pour environ 290,000 roubles (1,160,000 francs), celle de Langwagen pour 180,000 roubles, et celle de Steiner pour plus de 100,000 roubles.

La production annuelle de la fabrique des bougies Callet, à Moscou, est évaluée à près de 300,000 roubles (1,200,000 francs), et de celle de Nilsen et Jounker, à 125,000 roubles (500,000 francs). La fabrique de Riker produit différentes espèces de savon ordinaire et des savons de toilette dans le genre de celui de Windsor.

Les meilleurs savons de toilette se fabriquent à Saint- Pétersbourg, Moscou, Riga et Kazan, et cette industrie a fait dans les derniers temps des progrès assez marquants. Les fabriques de Kazan vendent , à la seule foire de Nijni, pour 200,000 roubles de savon, tant ordinaire que parfumé. M. Skalon dit avec raison (1) qu'il est à regretter qu'on fasse chez nous trop peu de cas de la graisse de cheval, dont on fabrique à l'étranger de très-bons savons de toilette.

Parmi les chandelles qui ont figuré à la dernière Exposition (en 1849), on a distingué celles de la fabrique de Jadowski, dans le gouvernement de Kostroma. Les^ essais qui en ont été faits ont constaté qu'une chandelle, dont

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(1) Compte rendu de r£xpo$ition de 1843, page 408.

quatre à la livre, brûlait sans fondre pendant 10 hei 20 minutes, et le prix en était de 5 roubles le ( 1 franc 20 centimes le kilogramme) .

Voici les prix moyens des savons qui ont figuré i position de 1849 :

Savon de suif, marbré, 3 roubles 40 kopecks le p'

89 centimes le kilogramme:

Savon d'oléine et de suif, 3 roubles 15 kopecks It ^ 77 centimes le kilogramme ;

Savon d'oléine, 3 roubles le poud = 73 centimes logramme;

Savon blanc, 4 roubles 50 kopecks le poud = 1 10 centimes le kilogramme ;

Savon d'huile de coco, 8 roubles le poud = 1

90 centimes le kilogramme ;

Savon liquide vert, 1 rouble 60 kopecks le pi 38 centimes le kilogramme.

Le total des produits de la fabrication du savon l'acide stéarique peut être évalué approximativen 20 millions de roubles (80 millions de francs), dont déduire environ 12 millions pour les matières prem de sorte que cette branche d'industrie ajoute annuell à la richesse nationale environ 8 millions de roubles (î lions de francs), et suivant un calcul approximatif, f analogie d'après quelques-unes des principales s • neries, elle doit occuper 7,000 à 7,600 ouvriers.

Quelques économistes ont fait observer qu'au lieu concentrer dans les deux capitales et les contrées ronnanles, il serait à désirer que les principales fab des produits du suif se portassent de préférence \ gouvernement d'Orenbourg et dans le midi de la B au centre de l'élève du gros et du mena bétail, oii l'i rait le suif tout frais, non mélangé et de première et où l'on pourrait combiner avantageusement cel

dustrie avec l'exploitation des autres produits des animaux domestiques livrés à la boucherie. Cette observation ne peut s'appliquer, il nous semble, qu'à la fabrication des chandelles et du savon par les procédés ordinaires ; car, pour ce qui concerne les fabriques de stéarine, le transport de l'acide sulfurique , dont elles ont besoin , serait plus difficile et plus coûteux de Moscou dans le midi de la Russie que celui du suif du midi de la Russie à Moscou. Mais nous devons rappeler à cette occasion ce que nous avons déjà fait observer dans notre premier volume (pages 418 et suivantes)^ qu'en établissant des saloirs bien organisés dans les provinces du midi et en les combinant avec les fonderies de suif, on pourrait donner une grande impulsion à notre commerce de viandes salées, qui est maintenant presque nul.

Papeterie.

C'est une des industries qui ont pris, depuis une vingtaine d'années, le plus d'extension en Russie. Elle a fait aussi, dans les derniers temps, des progrès sensibles, tant sous le rapport du prix que sous celui de la qualité des papiers.

Plusieurs des principaux établissements sont parvenus à un assez haut degré de perfection dans les procédés de la fabrication , en profitant des nouvelles inventions et améliorations techniques dont cette industrie s'est enrichie dans d'autres pays, et il s'en est suivi, depuis une dizaine d'années, une réduction considérable dans les prix de plusieurs espèces de papiers ; réduction qui est aussi due en partie à l'abaissement du prix de plusieurs produits chimiques ; mais la grande majorité de nos papeteries laisse encore beaucoup à désirer.

Les chiffons ne sont pas toujours bien assortis, ni bien lavés ; la masse n'est pas assez bien travaillée et le blan-

chiment est encore défectueux ; an abuse souvent de l'emploi du chlore et Ton ne se sert pas des meilleurs procédés pour retirer cette substance de la masse déjà blanchie, ce qui nuit à la solidité du papier; le collage se fait aussi souvent d'une manière négligée et inégale. Dans les papiers livrés au commerce, on ne sépare pas avec assez de soin les feuilles de rebut. Dans le commerce des papiers ordinaires^ on rencontre rarement une main de papier où il ne se trouve plusieurs feuilles défectueuses, remplies dfe taches, de trous et de déchirures. Quelques fabricants trouvent un profit momentané à se débarrasser ainsi de leurs produits de rebut, sans considérer qu'ils se font un grand tort pour l'avenir en discréditant leur marchandise ; ce qui arrive aussi souvent à un grand nombre de nos fabricants dans les autres branches d'industrie.

Dans beaucoup de nos fabriques, on ne sait pas encore tirer un bon parti du mélange des chiffons de coton avec les chiffons de lin et de chanvre; Ce mélange , lorsqu'on n'en abuse pas, et qu'on s'en sert avec discernement, donne une grande économie sur les frais de production sans tiuiré à la qualité du papier; il est surtout très-utile dans la fabrication des papiers pour la typographie.

Sous le rapport des différentes défectuosités de la fabri^ cation que nous venons de signaler, on trouve des avis très-utiles dans un article de M. Boutowski, inséré dans le compte rendu de l'Exposition de 1843. Depuis que cet article a été publié , notre papeterie a fait de grands pro grès , mais il n'en est pas moins vrai que la grande majorité de nos fabricants pourrait encore en profiter.

Ce qui nous manque encore le plus, dans cette branche d'industrie , ce sont des chefs d'atelier et des gérants capables de diriger des papeteries organisées d'après les plus nouveaux systèmes, et c'est une condition essentiielle. Nous avons vu, dans d'autres pays, plus d'une fabri-

que de papier entièrement ruinée par suite de rincapacité de ceux qui en dirigeaient les ateliers. Pour prouver ce que peut un gérant capable et connaissant son métier, nous nous bornerons à citer un fait qui nous est particulièrement connu. La fabrique de papier, à leziorna, près de Varsovie , autrefois propriété particulière , et appartenant maintenant à la banque de Pologne, marchait mal et tombait en décadence malgré tous les appareils mécaniques nécessaires dont elle était pourvue, jusqu'à ce que la banque , s'apercevant de l'administration défectueuse de cet établissement, dont les bénéfices n'étaient plus en rapport avec les capitaux employés, en eût confié la direction à un industriel, M. Planche, qu'à cet effet elle a fait venir de la France. Cet agent actif et intelligent , possédant dans cette partie les connaissances nécessaires, replaça, en très-peu de temps, cette fabrique dans des conditions très-satisfaisantes sous le rapportde la science et de l'économie. Il perfectionna à tel point les procédés delà fabrication que la papeterie de leziorna occupe maintenant la première place parmi tous les établissements de ce genre dans l'Empire et le Royaume, tant sous le rapport des prix que sous celui de la qualité de ses produits (1). Nous devons aussi ajouter que c'est également aux soins de M. Planche que la papeterie de M. Epstein, à Sotchevka, dans le royaume de Pologne, gouvernement de Plock, doit sa bonne organisation et sa prospérité actuelle.

En considérant les progrès que cette industrie a faits en Russie depuis une dizaine d'années, on peut espérer qu'elle se placera, avec le temps, à peu près au niveau de la papeterie étrangère.

(1) M. Planche est retourné en France, mais les bons errements de sa direction sont restés dans rétablissement qu'il a géré pendant plusieurs années.

Les prix comparativement très-élevés de quelques duits chimiques influeîi. 3QCore d'une manière désav; geuse sur les frais de production ; mais, en revanchf chiffons sont moins ehers qu'en France et en Anglel La différence du prix est , selon les espèces , de 23 pour 100. L'amidon, dont l'emploi dans la fabricatic papier est très-considérahle, et qui revient, en Fran 2 jusqu'à 2 ^ roubles le poud, ne coûte, chez nous ./v^kopecks.

Malgré une réduction assez sensible des prix d 1843, nos papiers sont encore, en général, plus cher ceux de l'étranger. Pour ne pas nous faire illusion s véritable portée de la réduction des prix de la papi russe depuis 1843, nous devons remarquer qu'elle beaucoup plus considérable dans d'autres pays. En ^ che, d'après les données consignées dans la stalis officielle, les prix des papiers ont baissé, de 1828 à ] selon les espèces, dans la proportion d'un dixième ju deux tiers.

Pour les papiers ordinaires et de qualité moyem fabrication indigène suf&t aux besoins de la consommi mais , pour les papiers fins et pour les papiers à d( nous ne pouvons pas nous passer des produits de l'indi étrangère, et malgré les droits très-élevés de l'ancien qui taxait les papiers selon les espèces, de 20 jusqu'à î pecks la livre (1 franc 96 centimes à 8 francs 82 cen le kilogramme), on importmt encore, pendant les deri années, sous le régime de ce tarif, des papiers étra pour une somme de llb.OOO jusqu'à 180,000 ro (720,000 francs), et, ce qui est encore plus remarqu c'est que l'importation de cet article a plus que dé depuis 1824. La valeur moyenne de l'importation pendant la période triennale de 1824-1826, de 4 roubles assignat , ou , d'après le cours de celte éj

(27 pour 100), 11,267 roubles argent, et, pendant la période de 1848-1850, de 140,800 roubles.

Cet accroissement de l'importation, à côté du grand développement de la papeterie indigène , prouve , en même temps, les progrès de la consommation du papier et l'extension de besoins plus raffinés.

D'après les données recueillies par le département des Manufactures, on comptait en Russie, en 1850, 158 fabriques de papier, réparties en 36 gouvernements, qui occupaient 14,300 individus des deux sexes, et produisaient 1,500,000 rames, représentant, d'après les estimations officielles, une valeur de plus de 3 millions de roubles. Cette évaluation nous semble être trop modérée, car elle ne donne, pour valeur moyenne, que 2 roubles par rame, ce qui est à peu près le plus bas prix du papier à écrire ordinaire. Dans le royaume de Pologne, on comptait, en 1849, 32 fabriques de papier pour lesquelles le prpduit de la fabrication était évalué également , d'après les données officielles, et au-dessous de la valeur réelle, à 311,000 roubles. En Finlande, on compte maintenant 10 papeteries, qui produisent ensemble pour environ 65,000 roubles. Le nombre total des fabriques de papier s'élèverait, d'après ces données, à 200, dont nous croyons pouvoir évaluer le produit total à 4 millions de roubles (16 millions de francs, comme minimum, dont on peut déduire à peu près un quart pour les matières premières et les produits chimiques employés à la fabrication , de sorte qu'il resterait 3 millions de roubles (12 millions de francs) pour le salaire des ouvriers, l'intérêt des capitaux employés et les bénéfices des fabricants. Le nombre total d'ouvriers, employés dans cette [industrie, doit être d'environ 17,000.

En France, la valeur des produits de la papeterie était évaluée, il y a à peu près 10 ans, à environ 25 millions de francs, et vu les rapides progrès de la consommation du

papier pour l'impression et les autres usages, ainsi que l'exportation croissante de cet article, cette industrie doit livrer maintenant au commerce 30 à 35 millions de francs. La France exporte maintenant pour plus de 9 millions de francs de papiers de toute espèce, et si l'on y ajoute les produits de diverses applications de papier , la valeur totale de l'exportation s'élève à plus de 21 millions de fraucs.

En Angleterre, M. Colquhoun évaluait, en 1813, la valeur des produits de la papeterie à 2 millions de livres sterling, mais M. Stevenson, dont les calculs se fondaient sur des données beaucoup plus positives , ne la portait qu'à la moitié de cette somme. M. Mac Culloch, dont les évaluations datent de l'année 1841, l'estimait entre 1,600,000 et 1,700,000 livres sterling, et vu les progrès de la fabrication, nous croyons que la valeur actuelle des produits de cette industrie en Angleterre doit être bien près de 2 millions de livres sterling ou 50 millions de francs.

En Autriche, la valeur de la fabrication du papier était évaluée, dans la statistique officielle de 1841, à 4,037,000 florins ; mais l'emploi du papier pour la typographie et pour les autres usages a tellement augmenté pendant les dernières années, surtout depuis 1848, que nous ne croyons pas nous éloigner de la vérité en portant la valeur actuelle des produits de cette fabrication à 6 millions de florins = 3,780,000 roubles = 15,120,000 francs.

Sur les 158 fabriques de papier, qui figurent dans la statistique oITicielle de l'Empire, il y en a 29 qui sont munies d'appareils mécaniques , et qui ensemble fournissent 760,000 rames (la moitié à peu près de la quantité totale), représentant une valeur de 2 millions, c'est-à-dire, d'après les données ofûcielles, les deux tiers du produit totalde cette industrie ; ce qui prouve que cette fabrication commence à se coiiDentrer dans des établissements d'une organisation

plus ratiounelle, qui profitent des nouvelles inventions de la mécanique.

Parmi les fabriques de cette dernière catégorie, les plus importantes sont les suivantes : la papeterie de Wargounine, dans le district de Saint-Pétersbourg, qui est la plus considérable. Elle est munie d'appareils perfectionnés, pour toutes les branches de la fabrication, et son produit annuel s'élève à 350,000 roubles (1 ,400,000 francs) ; celles de Petchatkine, avec une production annuelle de près de 120,000 roubles, et de Kaïdanow dont le produit annuel est de 95,000 roubles , toutes les deux aux environs de Saint» Pétersbourg; la papeterie du prince Gagarine, dans le gouvernement de laroslaw, qui produit annuellement pour environ 230,000 roubles, celle d'Aristarchow, dans le gouvernement de Kalouga, avec un produit annuel de plus de 110,000 roubles, et celle de Howard, dans le même gouvernement, qui est une des mieux organisées et réalise de grands bénéfices ; la papeterie de la Banque de Pologne, à leziorna, près de Varsovie, dont le produit annuel s'élève à environ 200,000 roubles; et celle d'Epstein, dans le royaume de Pologne, déjà citée, et de Frankel, à Tamersfors, en Finlande.

On peut encore ranger parmi les papeteries les plus importantes celles de Bilibine, à Kalouga, et celles d'Oussatcheff et de Demenkow, dans le gouvernement de Moscou.

La fabrique de leziorna , dans le royaume de Pologne , est celle qui a précédé toutes les autres dans les progrès de cette industrie , tant pour la qualité que pour le prix des papiers qu'elle fournit.

La fabrication des papiers de tenture est une industrie de fraîche date, et elle n'a pas encore pris un grand développement. Les meilleures fabriques ne datent que de 12 à 15 an3t A l'Exposition de 1843, les papiers de tenture

de la fabrique de Felter et de Rané, à Varsovie, el celle de Scheffer, à Saint-Pétersbourg, ont figuré avec avantage, mais les prix en étaient très-élevés. Les papiers de tenture les plus ordinaires se vendaient alors quatre fois aussi cher qu'en France. Depuis cette époque, plusieurs nouvelles fabriques ont surgi à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et les prix ont considérablement baissé. Cependant ils sont encore très-élevés, en comparaison avec les prix des papiers de tenture fabriqués en Allemagne et en France. Cette cherté , qui restreint l'usage de cet article pour les habitations des classes moins aisées, provient du manque de concurrence , vu le petit nombre de fabriques de quelque importance et la grande protection que l'ancien tarif accordait à cette industrie en taxant les papiers de tenture à 60 kopecks là livre (5 francs 85 centimes le kilogramme), ce qui revenait pour les qualités moyennes et ordinaires à plus de 100 jusqu'à 200 pour 100 et au delà. Ce droit a été réduit, dans le tarif de 1851, à 25 kopecks par livre. Maintenant qu'il sera plus facile de se procurer des papiers de tenture étrangers et que le nombre des fabriques indigènes a augmenté, il est à présumer que les prix baisseront davantage.

Outre les fabriques déjà citées , on doit compter parmi les principales la fabrique impériale à Tzarskoé-Sélo, et celles de Meze et comp., à Varsovie, de Robert, de Camuzet et comp. et de Getsche, à Saint-Pétersbourg. On comptait en tout, en 1848, 16 fabriques de papiers pour tenture, dont 10 à Saint-Pétersbourg, 4 à Moscou, et 2 près de Varsovie. *

La fabrication des objets en carton dit papier moc/ie apris chez nous, depuis une quinzaine d'années, un assez grand développement. Sous ce rapport, la fabrique de Lokoutine, à Moscou, mérite une mention particulière.

On y fabrique, entre autres objets, de très-jolies taba-

tières, d'un prix trés-modéré , qui peuvent rivaliser avec les articles de ce genre fabriqués à l'étranger.

Il y a auprès de cet étahlissement une école de peinture, spécialement destinée à cette branche d'industrie.

Un étranger, M, Geizer, a établi à Saint-Pétersbourg une fabrique d'objets en carton-pierre. Cette matière, qui n'est autre chose qu'une masse de papier mêlé avec de la colle et du plâtre , prend très-bien la dorure et les couleurs. On l'emploie beaucoup en France aux décors des maisons , ce qui remplace avec avantage le plâtre ordinaire.

- Nous devons encore faire mention de la fabrication des cartes à jouer, qui constitue un monopole au profit de l'Hospice des orphelins. Le total de eette fabrication repréi^eijte une valeur d'un million de roubles ( 4 millions de francs). Nos cartes à jouer sont en général de bonne qualité, mais d'un prix très-élevé.

L'industrie de la reliure est assez avancée à Saint-Pétersbourg et à Moscou, mais ces produits sont d'une grande aherté. La reliure se paye chez nous au moins la double de ce qu'elle coûte en Allemagne et en France.

En prenant en considération les produits de la typographie et la valeur qu'ajoutent au papier les diverses applications qu'on en fait, et dont nous avons indiqué les principales, on peut évaluer approximativement à plus de 6 millions de roubles (24 millions de francs ) les produits de notre papeterie et des industries qui s'y rattachent, et l'on peut déduire de cette somme 1 7 million pour les matières premières.

Fabrication de la cire à cacheter.

Cette industrie, qui est assez avancée en Russie; se concentre principalement à Moscou et à Saint-Pétersbourg.

Quoique d'une importance très-secondaire, elle livre cependant au commerce une valeur de plus de 1 million de roubles argent (4 millions de francs), et peut occuper 300 à 400 ouvriers. Les principales fabriques de Moscou sont celles de Bogomolow et de Pliguine ; cette dernière produit annuellement pour plus de 230,000 roubles (920,000 fr.). A Saint-Pétersbourg, la plus considérable fabrique de cire à cacheter est celle de Peterka.

Fabrication des tabacs.

Avec les progrès rapides des plantations de tabac dans la petite Russie et dans les provinces méridionales de FÈmpire (voir notre IP volume, pag^e 120), la consommation de cet article a pris un grand développement , et la fabiication des tabacs de toute espèce, ainsi que des cigares a acquis , depuis douze à quinze ans, une grande importance.

On comptait, en 1851, d'après les données officielles, dans tout l'Empire, 483 fabriques proprement dites et 991 petits établissements domestiques pour la préparation des tabacs de toute espèce, 7,130 débitants en détail de première classe, et 9,624 petits débitants {lavotchki); en tout 16,754 boutiques pour la vente en détail.

Il y a, en outre, 15 fabriques en Finlande.

Dans le royaume de Pologne , la fabrication des tabacs , constituant un monopole dont l'exploitation est donnée à ferme, il n'existe pas de fabriques appartenant à des particuliers.

Dans l'Empire, cette industrie se trouve concentrée principalement dans les gouvernements de SaintrPétersbourg, de Moscou, de Livonie et de Rherson où se trouvent aussi les plus grandes fabriques. La ville de Pétersbourg seule en possède 55, qui occupent 1,925 ouvriers.

Nous empruntons au Journal du ministère de {Intérieur les détails suivants sur cette fabrication dans la capitale :

Au nombre de 1,925 ouvriers, on compte 269 garçons et 130 filles au-dessous de seize ans. Les deux tiers des garçons et plus de la moitié des filles appartiennent à la catégorie des paysans des seigneurs; presque tous sont natifs de Saint-Pétersbourg, Nowgorod et Pskow.Lereste des enfants sont fils de bourgeois et de paysans des domaines de l'État. Parmi les filles , il y a un grand nombre de filles de soldats.

Les enfants admis dans les fabriques ont rarement moins de onze ans. Les fabricants s'engagent par contrats à leur fournir, pendant quelques années , les vêtements et la nourriture et à payer, en outre , à leurs parents ou seigneurs, une somme annuelle qui varie de 10 à 42 roubles, selon l'âge et les forces de l'apprenti.

Les ouvriers déjà formés sont payés au mois ou à la tâche.

Une ouvrière , employée à la préparation des cigarettes , reçoit de 30 à 50 kopecks pour 1,000 pièces et gagne souvent jusqu'à 12 roubles (48 francs) par mois.

Les ouvriers payés à la tâche n'habitent point les fabriques et leur nombre s'est considérablement accru dans les derniers temps. Les fabricants acquièrent de plus en plus la conviction que ces ouvriers, mus par leur propre intérêt, sont beaucoup plus diligents et n'exigent point une surveillance aussi sévère et aussi suivie que les ouvriers payés au mois.

Le travail dans les fabriques est de douze heures par jour.

Le roulage des cigares et la bourre des cigarettes, opérations pour lesquelles l'ouvrier doit constamment rester assis , sont les plus préjudiciables à la santé , surtout pour les enfants de dix à douze ans. Les fortes exhalaisons

narcotiques , qui s'élèvent à la macération et ai du tabac coupé, ainsi que la fine poussière de tombe sur les organes de la respiration, sont a nuisibles h la santé ; ce qui prouve l'importance cessité de vastes salles bien aérées pour les om ployés dans les fabriques de tabac.

On doit rendre justice à nos fabricants, dont prennent , autant que possible , les soins nécess ta santé de leurs ouvriers. Le journal du ministè térieur désigne comme modèle, sous ce rapport, 1 du conseiller de commerce JoukotT, auprès de li trouve un bôpil^l avec un nombre suffisant de 1 pbarmacie. La fabrique de Nesslind possède aussi parlement pour les malades et elle a un médee l'année. Les fabriques de Heller et de Zaïtzelï leurs médecins pour le traitement des ouvriers n

Les ouvriers des autres fabriques sont immé placés dans les hôpitaux publics en cas de malai ou bien sont traités dans les dortoirs en cas d'int de peu d'importance. Néanmoins l'agglomératioii ques de tabac dans les grandes villes, où les 1 très-élevés , ne laisse pas que d'avoir quelques nients; car les fabricants, surtout ceux qui ne pas de grands capitaux, sont obligés d'économis< pace de leur local au détriment de la santé des (

La fabrique de Joukoff est la plus considérab les établissements de ce genre en Russie. Elle pri environ 1 million de roubles argent (4 millions i On peut encore citer parmi les fabriques les pi tantes celle de Mûller à SaintrPétersbourg , de B et de Boslandjoglo , à Moscou. .Celle de Mouss duit pour environ 300,000 roubles (1,200,000 tabac et de cigares , et celle de Bostandjoglo poi 100,000 roubles.

On peut évaluer approximativement le produit total de cette fabrication, en Russie, de la manière suivante :

D'après les données recueillies par le ministère des Domaines, le produit de toutes les plantations de tabac dans l'Empire s'élève à environ 3 millions de pouds. On en exporte, pour les pays étrangers, environ 15,000 pouds, et, pour la Finlande , au delà de 48,000 pouds (1). La ferme du royaume de Pologne recevait , avant la suppressioti de la ligne de douane qui séparait le Royaume de l'Empire , jusqu'à 71,000 pouds , ce qui fait, en tout, 181,000 pouds, de sorte qu'il restait dans l'Empire , pour la consommation intérieure, au delà de 2,800,000 pouds de tabac en feuilles*

Nous admettons que la majeure partie de ce tabac est consommée sur place par les producteurs ou vendue en détail aux petits consommateurs , qui coupent eux-mêmes les feuilles et s'en servent comme tabac à fumer sans aucune préparation particulière. Le reste est livré au commerce intérieur pour la fabrication des cigares et des tabacs de toute espèce.

Nous croyons être aussi modéré que possible en portant cette dernière partie à 900,000 pouds, ou à moins d'Un tiers du total de la production.

Les prix des tabacs fabriqués du cru du pays, déduction faite de l'accise, sont les suivants :

Le tabac à fumer le plus commun , classé par le tarif des prix dans la cinquième catégorie , 7 kopecks la livre ; les qualités meilleures, quatrième et troisième espèce, 12 à 20 kopecks la livre. Les tabacs à priser les plus ordinaires, 14 à 15 kopecks; de qualité moyenne^ 30 kopecks; les cigares les plus ordinaires, 30 à 60 kopecks les 100 pièces, et les qualités meilleures, 1 rouble et au delà.

(1) La moyenne de l'exportation^ pendant les années 1848-1850, était de 45,700 pouds pour la Finlande et de 15,200 pouds pour les pays étrangers^

Le calcul fait sur les quantités, (es qualités < labacs et des cigares , préparés du cru du pa; cise a été perçue, pendant l'année 1851 , nous moyenne de prix de la quantité totale, 29 kope ce qui fait pour 900,000 pouds, 10,540,000 ro

L'importation des tabacs étrangers en feui fabriques indigènes, s'est élevée, en 1851, àl^ représentant une valeur de 2,282,740 rou donne un prix moyen de 15 j roubles le poud

Les tabacs fabriqués avec des feuilles exoti un mélange de feuilles indigènes se vendez ffùte de l'accise, aux prix suivants :

Tabacs k fumer, de 50 à 90 kopecks la iivi

Tabacs à priser, 70 kopecks à 1 rouble 1 delà;

Cigares, prix moyen, 2 i roubles les 100 p

En combinant les quantités et les qualités des cigares de cette catégorie qui ont payé les prix moyens de chaque espèce, nous ( moyenne générale de 1 rouble par livre ; c pour les 147,454 pouds, une valeur de 5,898 En ajoutant celte somme à la valeur des taba on obtient, pour total des produits de cette fa] l'Empire, 16,438,000 roubles.

Les produits de la fabrication des tabacs sont évalués, d'après les données statistique centes, à 194,000 roubles.

Dans le royaume de Pologne, cette fabrica évaluée approximativement à environ l,200,i

Ces trois sommes font ensemble 17,832,0( gent.

Nous croyons donc pouvoir admettre, en s pour valeur totale des tabacs fabriqués da possessions de la Russie, 18 raillions de i

476 INDUSTRlf.

compter, bien entendu, le surplus que Taccise ajoute au prix vénal.

roablrs arg*.

Ci 48,000,000

En dédiiîsant de cette somme :

4^ La valeur de 900,000 pouds de feuilles indigènes employées dans les fabriques de TËmpire , à 4 rouble 50 kopecks le poud 4,350,000 rblesarg'.

V La valeur du tabac russe , importé dans le royaume de Pologne. . . 433,000 »

3® La valeur du tabac russe , importé en Finlande 426,000 »

i® La valeur des tabacs étrangers en feuilles importés pour la fabrication indigène 2,283,000 »

Ensemble 3,892,000

Il reste 44,408,000

En retranchant encore de cette somme 108,000 roubles pour différentes matières employées dans cette fabrication, il nous reste 14 millions de roubles , qui représentent les intérêts des capitaux employés , le salaire des ouvriers et le bénéfice des fabricants et des débitants de tabac.

Le nombre total d'ouvriers employés dans cette branche d*industrie, calculé approximativement sur les fabriques de Saint-Pétersbourg, doit être de 6,000 à 7,000, les femmes et les enfants compris.

Industrie métallurgique.

Après avoir donné , dans notre premier volume (pages 287 et suivantes) y la valeur brute des métaux exploités en Russie, nous avons à nous occuper ici des diverses applications de ces métaux.

De tous les métaux, le fer est, sans contredit, cel joue, dans tous les pays , le rôle le plus important; est le moteur et le levier de toutes les autres industr:

La quantité de fer qui se consomme dans tel ou tel donne la mesure des progrès de son bien-être et du ioppement de ses forces productives. Il importe d( chaque contrée d'avoir du fer de bonne qualité et à ui aussi modéré que possible; msàs il est également ii tant, surtout pour de grands États, de proléger leur i trie métallurgique , afin de rester plus ou moins ind dants de l'étranger pour cet article dé première nécf Or, ces deux intérêts se trouvent souvent en collisi ils ont, dans plusieurs pays, soulevé de grandes con lions, car la baisse des prix du fer, quelque désirable q soit pour toutes les branches de l'industrie nationale, i de graves inconvénients si elle arrivîut au point de d arrêter l'exploitation des mines que le pays possède e ner leurs propriét^res.

Dans cette grave question de l'économie national grand problème consiste à concilier les intérêts contr toires en accordant à l'industrie métallurgique indigi degré de protection dont elle a besoin pour se sou sans lui sacrifier tous les autres intérêts non moins ii tanls. Le système prohibitif en faveur du fer indigène longtemps en honneur dans plusieurs pays; mais peu i on s'est convaincu partout des suites préjudiciables système qui sacrifiait tous les intérêts à un seul , celu propriétaires de forges, sans être même favorable, dt plupart des cas, à l'industrie qu'il avait en \ue de prot car l'expérience a prouvé que presque partout où ce tème a longtemps prévalu , l'industrie métallurgique m. 48

vée du stimulant de la concurrence , est restée en arrière dans ses procédés de fabrication.

Mais à côté de l'influence toujours très-salutaire en ellemôine qu'exercp la concurrence sur les prpgrès de Tin- 4u§trie, les bops effets qu^on doit pfi atte^fjr^ 4^P^^4€:Bt» pour rindustrie des fers pju^ que pour beaucoup 4'autres , des conditions naturelles dans lesquelles elle ^e trouve, sous le rapport des frais ^e production. Ces conditiops se résument eu trois priucipaux points : 1^ I4 qual^é et la ricl^esse du [mioerai ; â** la facilité de sou e^Jf^ptipu ; 3" }a proximité et le prix du combustible. P'uu auîf e côté , la situation locale des mines, leur proximité pu ^^Vff éloigRgment des principaux marchés et Tétat 4^^ ypips et cominunicatious influent ausgi sur le débit jie leurs produits. Sftus tous ces différents rapports , l'Augleterre egt Ift contrée {a plus favorisée de TEurope entière, e\ spp industrie des fers est devenue la coucurreute la plus redoutable de celle de tout le continent. Elle possède des mines de fer inépuisables, qui se trouvent, pour la plupart, h eôté des bpuillères également inépuisables. Sa position insul^^ire, et Timn^en^e extension de ses voies de communipatiftn iutérieures et de son commerce maritime lui Qffreut h facilité de pqrter ses fers sur les principaux marchés du ppntinent, sws les grever de cba^rges considérables, surtout dans les cputrées pu fiet article peut arriver par mer et par les comm^nicatipus fluviales. L'importwce de pe§ ay^utagfis 48 J'inàustrie anglaise est encore rehaussée pat la puissaupp ^e ^ mécanique et par r§.J)ond^uce des papit^ux. 1} f^u* encpre y ajouter que 1^ plupart des usines ^uglàises produisent par grandes masses, ce qui 4iniinue l^eaucpuR Jp? frais de production.

Cette situation particulièrement avantageuse de l'Angleterre a placé l'industrie métallurgique du continent dans une situation très-difficile. D'un côté, les intérêts d'un grand

INEfUST^ip. ^ j^^

pfiipbro 4lQ4^stries |r^s-importantes réclaineîit l'^l^aiss^eîpent des tarifs poup le fef afm fi'ei^ 4imiï>uer Ip pri:^, et 4e Fautre on doit craindre qu'^ng dépréciation par trop fprtp, par suite de la concurrence des fers angljiis :, ^ox\\ les priic dp revieft^ sp^t desce^^lis, 4^ps \^ pours 4ps dix (Jpf pièfes années , presqi^p jusqu'aux 4erpièrps ]\jp[\}l^s 4u Rpss|ble , pp rpinp eptièrp^ept H^dustrip méts^llurgique indigène, cpn^équence qu'aucun gran4 Étaf, jajpux de spn ip4éppp-

dapce, ne s^^W* ft^fS^Wf^-

Aucifn des pays (Ji» coptii^ppt, k V^xcpption dp J^ Etelgir que, 4pnt la prpduQtion es| d'ailleurs ^ssez lip^i^ép, ep popir p^faispn ^ypp pe que l'Europe peut ei^ consQpamer, pe se trpiive ppipt , f p|a||veinpnt apx fers, en ppsiUop 4'??^PF^8r ijpe conpurrepp^ ^prgsante ^ l'égafd 4es autres.

C'^st 4pRP cpptre jps im auglajs que sppj pri^ciBaleipppf 4Jrlgées toutes )es barrières éjpyéps par les systèmes 4opapiers 4e la p)pparf des États 4e l'Purope. Qpe|quesupps 4e ces bafrièfps ont dépassé; le \i]\\ qu'on 4pvait aVqir pn y^p , celiii 4e coi^spf ver l'indij^^rie mét^Uprgigwp indigène, saps }ui i^acrifier tops }ps autres intérêts ; fp§}s çpmme j'analyse 4e cette quest^ion pst pp dpJïprs 4p qfi!i*P sujet, npps ppps bornons à çps cpur|ps pl:iserva|.ipns.

l^n pp qui pppçerne rin4ustrie 4es fers pu Russie , ppus pp avon^ indiqué la situation en termes gèpéraux (pM^ ^^^ et suipantes 4u premier vplume).

L'jmpprtauee du sujet uous oblige d'entrer ici dws quelques déyeloppemepts.

L'ipduslrie des fers était, jusqu'à présent, protégée pp | Russie par le système prohibitif, yimportatiop des fers p^r mer est encore défendue, et l'importation par voie de terre a été , jusqu'à la fin de 1850 , frappée d'un droit prohibitif de 1 rouble 38 kopecks par poud (32 francs 75 centimes par quintal métrique) pour la fonte et le fer forgé indistinctement, droit qui revenait, relativement aux fers anglais, à

environ 250 pour 100 pour le fer forgé , et à plus de 60O pour 100 pour la fonte. Ce droit a été réduit, dans le tarif de 1851, à 50 kopecks par poud (12 francs 20 centimes le quintal métrique).

Comme il nous importe bien plus de constater l'état actuel de cette importante branche de l'industrie nationale et ses chances d'avenir que de revenir sur le passé , nous nous abstenons ici de porter un jugement quelconque sur la question de savoir si ce système était, jusqu'à présent, absolument indispensable pour conserver et développer l'industrie métallurgique de la Russie. Cependant nous ne pouvons pas ne pas reconnaître que la plupart de nos propriétaires de forges, se reposant sur la protection contre toute concurrence des fers étrangers, ont longtemps négligé de suivre les progrès de cette industrie dans d'autres pays. Les améliorations dans cette partie ne datent, chez nous, que depuis peu et se trouvent encore dans la catégoriede s cas exceptionnels. La grande majorité de nos usines se trouve encore dans un état peu satisfaisant , tant sous le rapport de l'organisation même des hauts fourneaux que sous celui des procédés techniques de la fabrication , de l'affinage des fers et de l'économie du combustible.

Il est assez généralement connu que l'emploi mieux entendu des moteurs, des souffleries mieux construites et l'application de l'air chaud donnent aux usines qui ont réalisé ces perfectionnements une supériorité bien constatée.

Il y a, en France, tels foiurneaux qui ont plus que doublé leur production de fonte au bois dans l'espace de trois ou quatre ans, par suite de pareilles améliorations qui datent, sur le continent, de plus de quinze ans.

Il en est de même de l'affinage des fers pour les divers usages auxquels ils sont destinés, qui laisse encore beaucoup à désirer dans la plupart de nos forges.

Rien ne prouve mieux , il nous semble , le peu de pro-

grès que nous avons faits sous ces différents rapports que la stabilité des prix des fers et le faible accroissement de la production ; car il est constaté par l'expérience de tous les pays que la baisse des prix et l'augmentation des quantités produites sont les suites naturelles et inévitables de tout perfectionnement dans les procédés de la fabrication .

Nous avons donné {page 298 dû premier volume ) la production du fer dans tout l'Empire (sans la Finlande et le royaume de Pologne), depuis le commencement de l'année 1838 jusqu'à la fin de 1848. Nous complétons ici ces renseignements en réunissant, d'après les données officielles du département des Mines, le produit de l'exploitation par périodes triennales , à partir de 1831 jusqu'à la fin de 1851 :

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