‹ Études sur les glaciers; (volume 2)Chapitre 27 sur 225 · DB LA FORMATION · texte numérisé non relu

DB LA FORMATION

Nous ayons dit, en traitant des glaciers en général, que leur origine est dans les régions snpérienres ; c'est là, dans les mers de glace et sur les cimes qui les environnent , que tombe annuellement cette immense quantité de neige qui sert à les alimenter. Simler et Scheuchzer sont les premiers qui ai^it attribué à la transformation de cette neige en glace la formation des glaciers. Plus tard , cette idée a été abandonnée par Gruner qui lui en a substitué une toute contraire et complètement erronée : il paraît avoir emprunté son explication à la manière dont les coucbes de glace se forment en hiver sur le bord des bassins de nos fontaines ; car il suppose que les glaciers sont dus à l'accumulation des eaux qui, ne pouvant s'écouler pendant l'hiver, se congèleraient dans les hautes val* lées des Alpes, et donneraient ainsi lieu aux glaciers. De Saussure et, après lui, Toussaint de Charpentier {*) ont de nouveau démontré que la glace des glaciers est toute différente de celle qui se forme par la congélation de l'eau , et que c'est là une conséquence de son mode de formation.

Des opinions diverses ont été émises sur l'état primitif de la neige dans ces hautes régions. M. Hugi, qui très-souvent a eu à lutter contre le mauvais temps au milieu de la mer de glace de l'Oberland bernois, à des hauteurs de 10 et 12,000 pieds, décrit la neige qui y

(*) Gilbert's Annalen der Physik^yol. 63.

tombe comme une neige fine et sèche (trocknes Schnee- 9i^ern (*).^C'est aussi à-peu-prës sous cette forme que je Tai vu tomber Tannée dernière et cette année encore sur le glacier de PAar, à une hauteur d'environ 7,500 pieds. On trouve chez les montagnards l'idée assez généralement répandue que sur les hauts névés la neige tombe à l'état grenu. Sans vouloir nier le fait d'une manière absolue, je suis porté à croire que l'on s'est peut-être laissé induire en erreur par la structure grenue des neiges dans les hautes régions, qui, comme nous^ l'avons vu plus haut (Ghap. 3) , est l'un des ca*ractères des hauts névés. Deux de mes guides, hommes dignes de confiance , m'ont assuré qu'ils avaient vu tomber de la neige floconeuse i de très-grandes hauteurs, comme dans la plaine.

De Saussure {**) cite, conune un fait remarquable, la fréquence de la grêle ou plutôt du grésil dans les hautes régions. Sur 140 observations qu'il fit de deux heures en deux heures^ il en compta une de grêle proprement dite et onze de grésil : or, ce grésil n'est probablement pas autre chose que la neige sèche de M. Hugi. Sur les plus hautes sommités, la chaleur du soleil ne parvient guère qu'à fondre la superfide de cette neige , qui , en se regelant , se recouvre d'une croûte ou d'un vernis assez solide. C'est ce qui a lieu,

(*) Hugi, Naturhifitoriche Alpenreise, p. 346.

C*) De Saussure^Yoyages dans les Alpes, T. 4. p. 284 $. 2076.

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