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12<», 13^ 14« et 15* sièdes). Il cite à l'appui de cette opinion la cloche de la chapelle de Sainte-Pétronille , qui date de 1044. — « D'après M. Zurbrûggen, dit-il, « ce n'est que dans le commencement du dix-septième (c siècle que les passages des montagnes sont devenus c( difficiles/ et ce n'est que dans le dix-huitième siècle « qu'ils sont devenus inaccessibles aux chevaux (*). » Cette opinion de M. Zurbrûggen me semble encore justifiée par le fait suivant. L'histoire rapporte que lors des persécutions qui éclatèrent à l'époque de la réformation , contre les protestans du Haut-Valais , ceux-ci ne pouvant se livrer à l'exercice de leur culte, chez eux, avaient pris l'habitude de se rendre, par la vallée de Viesch, à Grindelwald, pour y faire baptiser leurs enfans. En visitant, l'année dernière (1839), les glaciers d'Aletsch et de Viesch , j'ai trouvé, près du lac d'Âletsch ou de Mœril , le long du glacier, des traces très-reconnaissables de cette ancienne route, qui sans doute longeait plus haut les crêtes des Vieschwhômer (vpy. PL 12). Ce chemin, qui est muré en divers endroits très-escarpés, disparaît à plusieurs reprises sous le glacier pour reparaître plus loin, de manière qu'il est impossible de le suivre maintenant , à cause des parois abruptes du glacier. H est donc évident que le niveau du glacier s'est élevé. Aussi la traversée estelle aujourd'hui très-difficile et des plus périlleuses ; je
(*) Fenctz^ 1. c, p. 3S.
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ne connais personne qui l'ait tentée directement j II n'y a que M* Hugi qui ait traversé la mer de glace dans cette direction (de Lôtsch à Viesch) , et il décrit cette course comme la plus pénible de toutes celles qu'il a effectuées (*)• /
Les faits qui prouvent une plus grande extension des glaciers que celle qu'ils ont aujourd'hui, se tirent essentiellement des anciennes moraines plus ou moins éloignées de l'extrémité actuelle des glaciers ; et certes on ne saurait exiger des preuves plus convainquantes pour démontrer que les glaciers qui les ont accumulées occupaient autrefois tout l'espace qui les en sépare maintenant. Les vallées des Alpes sont remplies de moraines pareilles , et leur distance des glaciers varie dans des limites très-considérables. Mais il s'agit de savoir à quelle époque elles ont été déposées, et ici nous touchons à une question des plus difficiles de l'histoire des glaciers. Il est probable que celles qui sont très-rapprochées de l'extrémité des glaciers ont été en partie déposées pendant les temps historiques; cartons les glaciers dont l'extension a été plus grande pendant les deux derniers siècles ont dû déposer des moraines plus ou moins considérables en se retirant. Telles sont probablement les moraine;s terminales du glacier du Rhône , dont la première était , en 1 826 , d'après les observations de M. Venetz^ à 1,408 pieds
(*) Hugi^ Naturhistorische Alpenreise, p. 279.
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de l'extrémité da glacier Ç) ; les moraiDes du glacier sapérieur du Grindelwald , dont Gruner a indiqué les oscillations pendant à-peu->près deux siédes , et dont les variations sont très -sensibles de nos jours (**) ; la
(*) FenetZf 1. c. p. 32.
{**) «Selon la tradition orale, cet amas (le glacier) subsiste depuis un teoips immémorial; mais les vallées qa'il remplit anjourdliai ont eu beaucoup de pâturages : ou a d'ailleurs des preuves certaines qu'il s'est emparé de terres fertiles. Sur la côte des Viercherhœrner et de l'Ëiger, au milieu de la glace, on voit plusieurs troncs de mé> lèzes , qui sont là peut-être depuis plusieurs siècles. On sait que ce bois a la propriété de se durcir a l'humidité. Geax qui ont mon* té jusqu'à ces troncs disent qu'on ne peut en détacher la plus petite partie avec le couteau le mieux aiguisé. Il parait donc que ces arbres sont dans la glace depuis longtemps
«Les archives du pays nous apprennent qn'en 1 540, la chalenr extraordinaire de l'été fondit cet amas en entier, et qn*on vit à découvert, jusqu'en automne y les rochers de ces montagnes , mais qu'il fut entièrement recomposé en peu d'années. Nous n'avons aucune connaissance des changemens qu'il a éprouvés depuis ce temps jusqu'en 1660. U diminua un peu depuis cette année jusqu'en 1686, et il y a toute apparence que les changemens qu'il éprouva jusqu'à la fin du siècle dernier furent peu considérables. Au commencement du présent siècle , et surtout en 1703, cet amas augmenta beaucoup, et couvrît une partie des pâturages de la paroisse , qui sont inscrits dans ses registres et ensevelis sous les glaces. Il est très-vraisemblable qu'il s'étendit peu' à peu jusqu'en 1720. .Depuis ce temps il a diminué et augmenté tour à tour. En 1750 il était très-petit, et les habitans du pays disaient que depuis un temps immémorial il n'avait pas autant diminué. »
Ainsi la diminution et l'augmentation annuelle des amas de glace sont fort inégales et n'ont pas chacune une période régulière de sept années 9 comme le croient les habitans des montagnes et même quelques sa?ans.» — Gruner^ Histoire naturelle des glaciers de Suisse, trad. de M. de Kéralio, p. 330 et s.
grande moraine du glacier de Prenya, qui, dans ces derniers temps, a été en grande partie enyahie par le glacier. Suivant M. Venetz, le glacier commençait à rétrograder en 1 820 , après avoir renversé les restes d'une chapelle et plusieurs arbres, dont les anneaux d'accroissement indiquent, pour l'un, 200, et pour l'autre 220 ans ; preuve qu'il y avait plus de deux siècles qu'il n'avait pas eu l'étendue qu'il avait à cette époque. Je citerai encore les moraines du glacier des Bois , dont l'une est plantée de sapins , et plusieurs autres exemples signalés par M. Venetz. Mais en est* il de même de ces moraines situées à des distances plus considérables des glaciers, et sur la déposition desquelles l'histoire ne nous a transmis aucun renseignement? Ici, il faut l'avouer, la limite entre l'époque historique et les époques géologiques antérieures, nous échappe en quelque sorte. Je crois même qu'il sera difficile d'arriver, à cet égard , à une délimitation rigoureuse , par la raison que les distances seules ne sauraient être invoquées comme une preuve décisive ; car nous verrons, plus bas, que, de nos jours, certains glaciers oscillent dans des limites très-étendues, et déplacent ainsi constamment leurs moraines. Il faut par conséquent que d'autres considérations viennent corroborer les conclusions que l'on peut tirer de la distance qui sépare les moraines de l'extrémité des glaciers, si l'on veut les faire servir à une détermination approximative de leur âge. Tous les faits cités par