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IC: il voit plutôt l’ensemble que les détails, et d'autre part, il les localise tantôt sur l’écran, tantôt entre lui et l'écran. Comme il déclare revoir plus facilement des objets solides que nos vignettes, nous déposons sur l’écran un petit coquillage à cinq dents, qu’il considère attentivement. Le coquillage ôté, rien n’en apparaît plus sur le papier gris. Mais l’image s’en formereit dans l’espace, à la hauteur des yeux. Nous demandons alors combien de dents on peut compter sur l’image. Une réponse inexacte, donnée en hésitant (quatre), convainc le sujet qu’il n’a pas regardé‘ pour compter, mais bien qu'il à fait un effort de réminiscence. Il reconnait enfin que toutes les autres images douteuses avaient le même caractère (représentatif) que celle du coquillage, essentiellement distinct du caractère esthésique des IC.
Quoique les éléments d'appréciation de ce cas soient peu nombreux, il faut relever que ni l’anamnèse, ni l’expérimentation n’ont permis de découvrir aucune IE. Tous les phénomènes qui auraient pu en imposer pour ce diagnostic paraissent réductibles à des images de représentation mentale particulièrement aiguë et qui, lorsque la conscience du sujet s’abandonne à leur succession spontanée, peuvent prendre un caractère pseudesthésique ; il s'agirait alors de réve éveillé.
SÉRIE III Quelques cas pathologiques.
Cas N° 1 (observé à l'hôpital psychiatrique de Cery), (Prof. Dr H. Steck).
Histoire du malade : Agriculteur, décédé à l’âge de 29 ans d’une méningo-encéphalite tuberculeuse, avec miliaire des poumons et du foie. L’examen histo-pathologique du cerveau montra une pie-mère envahie par un exsudat caséeux qui mordait sur les couches superficielles de l’écorce, ainsi que des foyers lymphocytaires périvasculaires.
Sur ces lésions, s’était développée une psychose catatoniforme, dont le début remontait à quatre mois et évolua en trois poussées aiguës, coupées de brèves rémissions. Lors de la première phase, on nota un tableau variable: agitation avec angoisse (pressentiment d’une catastrophe imminente) et gestes automatiques, hallucinations auditives psychiques et interprétations visuelles, impulsions violentes considérées comme des réactions de défense, alternant avec un syndrome de catatonie figée ou flasque; troubles du déroulement de la pensée sous forme de barrages, tendance à l’itération; affectivité changeante. L'absence de tares schizophréniques chez les ascendants, ainsi qu'un caractère prémorbide sociable, à l’affectivité stable, firent soupçonner d’emblée un déclenchement exogène.
Cette première poussée dura dix jours. Après une rémission fragile de quelques semaines, un état catatonique s'établit de ‘nouveau, à teinte dépressive cette fois. Une cure d’insuline fut suivie après quatre semaines d’une amélioration considérable, qui se maintint le mois suivant. Le tableau de la période terminale, enfin, dominé par l’évolution du processus somatique — que nous n’avons pas à décrire ici —, fut caractérisé au point de vue mental par de l’obnubilation et de la désorientation, une légère agitation motrice, un discours dissocié interrompu par de fréquents barrages et exprimant de nombreuses préoccupations délirantes.
Recherche d'IE expérimentales : C’est pendant la première rémission qu'ayant eu l’attention attirée par la vive imagination visuelle du malade, nous l’avons soumis à une expérimentation dont son départ de l’hôpital psychiatrique ne nous permit pas de compléter les résultats, et qui comporta deux séances. L'examen du fonds mental, pratiqué préalablement, révèle une intelligence dans la bonne moyenne: il ne décèle aucun défect intellectuel. Le patient corrige ses idées délirantes, tout en remarquant encore quelque difficulté à classer nettement ses pensées. Une hypermnésie pour les souvenirs d'enfance, facilitant les recherches anamnestiques, s’est manifestée après la poussée psychotique.
38 M. Gressot
Après avoir observé quelques IC, le sujet fixe les perroquets bleus, puis les revoit dans leurs couleurs originales, y compris les parties brunes (bec, pattes, perchoir); son regard passe d’un point à l’autre. L'hirondelle ayant été fixée, les ailes réapparaissent sous la forme d’un croissant blanchâtre, tandis que le paysage est perçu en couleurs moins vives que celles de la vignette, mais non complémentaires ; le sujet suit du doigt la ligne d'horizon des montagnes. +
Deux jours plus tard, les aras bleus réapparaissent encore une fois, mais fugitivement. Le patient pense que l'écran, cette fois, est trop éclairé, et nous interrompons l'examen pour prendre l’anamnèse spéciale rapportée ci-dessous. Le jour-même, l'épouse du patient obtient la sortie de son mari.
La dernière séance eut lieu au début de la seconde rémission. Quoique le malade soit bien orienté, lucide, et trouve ses idées plus nettes qu’à son précédent départ, il se montre légèrement euphorique, fournit des explications un peu trop vagues et emphatiques sur ses projets d'avenir, et conserve quelques adhérences à ses idées délirantes.
Ayant fixé le triangle jaune, il projette un triangle au centre bleu, mais jaune à sa périphérie, solidaire d’ailleurs des mouvements oculaires. La même figure ne donne ni image monoculaire transférée, ni image subjective après examen libre. Enfin l’hirondelle, les perroquets, les oisillons, ne donnent naissance qu’à des IC.
Renseignements auto-anammnestiques :
LE spontanées : Enfant, lorsqu'il espérait une récompense pour sa docilité, il aurait souvent vu se dessiner devant lui, ,1à où il regardait, sur un mur par exemple, des caramels, des pastilles ou des rouleaux de chocolat‘. |
En classe, il lui serait arrivé de revoir au tableau noir le texte que l’instituteur venait d'effacer, en reconnaissant la forme des lettres, mais sans pouvoir lire autre chose que ,,des mots isolés dont il se souvenait‘‘; les lignes vacillaient, disparaissaient dès qu’il cherchait à les déchiffrer. Comme il était doué pour le dessin, le régent Iui faisait exécuter divers travaux, en particulier des décorations florales ; il aurait souvent aperçu ces motifs, agrandis, sur le tableau, ,,Jorsqu'il y réfléchissait bien‘. Subitement, achevées d'emblée naissaient les fleurs qu’il dessinait ensuite sur sa feuille de papier.
Devait-il entreprendre une composition sur quelque personnage, il en ,,regardait* l’image sur le tableau noir en préparant sa rédaction; en se concentrant bien, il pouvait même arriver à le voir s’animer. Il n’était pas rare que son maître dût l’interpeller pour l’arracher à l’objet de sa contemplation, pour qu'il revienne à ses sens”.
Actuellement encore, s’il pense à un ami ou à un proche, il pourrait en voir l’image apparaître, colorée et en relief, souvent projetée sur une paroi. Il lui sembla ainsi, un soir, qu’une sœur décédée depuis deux ans venait à lui en lui tendant la main, et vêtue de la robe qu'il préférait lui voir.
Les IE que le sujet prétend produire ont gardé le même caractère depuis son enfance; tout au plus seraient-elles moins fréquentes et un peu moins vives, mais aussi. nettes cependant que les images subjectives expérimentales avec lesquelles il les compare. Il n’a jamais été dupe de l’irréalité de ces phénomènes, toujours abolis par les brusques déplacements du regard, et ne voyait d’ailleurs jamais surgir devant ses yeux que des choses auxquelles il pensait. Aucune TE spontanée ne serait survenue pendant la poussée psychotique.
Représentations visuelles : Le sujet s’est toujours représenté avec exactitude les objets qu’il dépeint. Sa femme déclare de son côté que l’on croit voir ce dont il parle. À la différence des IE, les scènes imaginaires sont vivement animées, sans être projetées dans l’espace. Les mêmes objets peuvent emprunter indépendamment les deux modes d’évocation, représentation ou IE. Ainsi, lorsqu'il désire dessiner, le sujet voit son motif ,,en imagination‘, même si auparavant il en a perçu l’image subjective projetée sur un écran naturel.
Pseudo-hallucinations hypnagogiques : Le malade en observerait occasionnellement, surtout si quelque préoccupation l’empêche de s'endormir rapidement. Des événements
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