‹ Etudes sur les images eidétiquesChapitre 17 sur 23 · I. Par rapport aux IC · texte numérisé non relu

I. Par rapport aux IC

Critères cardinaux (possédant chacun force de preuve). 1° Absence de localisation rétinienne:

a) stabilité sous les déplacements du regard,

b) induction par l’examen libre,

c) solidarité de l’image et de l’écran pendant les rotations,

d) projection d’une image droite après l’examen avec la tête inclinée latéralement.

20 Apparition successive des détails figurés. 30 Juxtaposition d'éléments colorés de signes contraires. 40 Inversion de la loi d’Emmert.

Critères secondaires (valeur probative douteuse en l’absence de critère cardinal).

19° Coloration positive.

20 Richesse des détails.

Signes accessoires (valeur probative nulle en l’absence de critères cardinaux ou secondaires).

19 Apparition retardée de plusieurs secondes.

29 Netteté progressive.

32 Persistance au-delà d’une minute.

49 Continuité (pas de réapparitions périodiques). 59 Ecarts de la loi d’Emmert.

IT. Par rapport aux images de représentation.

1° Conflit entre les deux images eidétique et mentale d’un même objet.

20 Hiatus entre les deux genres d’images, se remarquant à l'absence de formes transitives.

39 Indifférence des images mentales à la disparition des IE .

49 Attitude de la vision. es

50 M. Gressot

Variétés d’images eidétiques.

TE spontanées.

Il est frappant que la science classique de l’eidétisme semble attribuer la même signification aux manifestations eidétiques spontanées et aux IE expérimentales, c’est-à-dire à deux catégories d’images en fait bien différentes, à la fois par la durée qui les sépare de la vision inductrice, et par les conditions de leur observation. Car si les IE

expérimentales peuvent s’observer après un retard ne dépassant guère quelques

secondes (v. série II, sujet 131, N°9S 1, 2, 3), les spontanées paraissent déliées de tout rapport temporel avec l'examen de l’objet, surgissant jusqu’à des années après la …

vision objective (v. série I, sujets 19, B 4, 32, B 2, 42, À I 2et série 3, sujet 1). Mais plus souvent la perception primaire est moins lointaine (v. série T, sujet 10, B 3 ét 4,

sujets 12 et 13, sujet 19, B 2 et 3, sujet 42, AI let 3). La plupart des images expé-

rimentales semblent dépendre d’un examen récent de l’objet, comme les IC, tandis que

les spontanées acquièrent à ce point de vue une indépendance comparable à celle des

représentations. ÿ

D'un autre côté la différence est grande entre l’observation sur un fond uniforme dans des conditions choisies et la projection sporadique d'images sensorielles quidoivent, pour s'imposer à l’attention, lutter contre un système de perceptions ordinaires pléexistantes. Il faut toutefois mettre à part les IE spontanées surgissant dans des conditions qui se rapprochent de l’arrangement expérimental, par exemple les visions aperçues sur le tableau noir après l’effacement de quelque dessin (v. aussi série I, sujet 38, B 1). Mais quoi qu'il en soit, le psychologue qui ne dispose que d'indications subjectives, de récits bénévoles des eidétiques, pour l’étude différentielle de leurs IE spontanées se trouve dans la même situation que l’aliéniste devant la description d’hallucinations déjà anciennes, et malgré l'établissement de points de comparaison avec les données expérimentales, une classification d’'IE spontanées ne sera jamais qu’un regroupement de témoignages.

Elles se distinguent d’abord par leur degré d’autonomie, lequel se mesure à la concurrence qu’elles font aux perceptions, à la place qu’elles occupent parmi elles, au sentiment éprouvé par l’individu de percevoir un phénomène irréel sans doute, mais semblant faire partie du monde extérieur. Il y a loin des images hallucinosiques d'êtres humains décrites par deux de nos sujets (v. série I, sujet 10, B 3 et 4; série IIT, sujet 1), complètes, vivantes, colorées, voire opaques, incorporées à l’ensemble des perceptions, aux images dépourvues du moindre relief, incolores, uniformes, floues parfois, écrasées à la surface de projection, de la recrue N° 136. Il y a un pullover eidétique balladé dans la chambre par le regard (série I, sujet 12), l’éclosion d’une fleur ensoleillée (série I,

sujet 19, B 5 et 6), les linéaments d’un visage dans l’espace (ibid., B 4), la projection

d’un coucou comme par une lanterne magique (v. série I, sujet 42, A I 3), le film d’une réunion de famille (ibid., À I 4), la fine broderie, sur un raccommodage, de filets remplis de poissons (v. série I, sujet 32 B 2), le mince tapis d’un fond lacustre sur un parquet recouvert d’ombre (v. série I, sujet 13). Il y a des images qu’on ne voit qu'en ouvrant les yeux, d’autres qui ne se livrent que si on les clôt (v. série I, sujet 19, A 3, B 4 et 7; série IT, sujet 136 B IT). Certaines ne craignent pas le jour, de plus nombreuses préfèrent la pénombre. Ces approximations suffisent pour les grouper en deux classes principales, celles qui se campent en pleine indépendance spatiale s’opposant à celles que le soutien d’une surface conditionne, paroi voisine ou rideau des paupières. Les deux genres peuvent se rencontrer chez la même personne (v. série I, sujets 10 et 19; série TIIT, sujet 1); nous n’avons jamais trouvé le premier seul.

Les secondes variations portent sur la plasticité des images, qui, indépendamment de leur degré d’extériorité ou de leur volume, sans égard à leur complétude, peuvent figurer des personnages dans une attitude naturelle, jouant un rôle dans une scène,

soumis à la fantaisie imaginative du sujet, bref, qui reproduisent des perceptions transformées. A l'inverse, l’IE reproduit fidèlement la perception antécédente et, qu’elle

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