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moyen d'expériences systématiques (1936) que les images mentales des non-eidétiques sont plus riches, plus exactes et plus nombreuses que celles des eidétiques, alors que chez ces derniers les images sensibles d'objets homogènes sont plus complètes que les images sensorielles correspondantes. Les auteurs s’accordent cependant à reconnaître que le type d'imagination des eidétiques est visuel. Il faut également mettre en rappo
le léger trouble conscientiel précédant et peut-être accompagnant l'IE avec le fait que les images visuelles l’emportent davantage sur celles des autres sens, à mesure que la ee conscience diminue de clarté (C. Schneider). Les eidétiques de notre première série, ainsi
que le sujet 1 de la série IIT, ont tous fait preuve d’une mémoire visuelle supérieur à la moyenne; leurs représentations étaient concrètes, précises, complètes et aisément ; évoquées. Nous ne pouvons en dire autant des recrues de notre série IT, dont l'imagination visuelle ne dépassait pas la moyenne. Jamais nous n’avons noté d’exaltation de l'imagination créatrice ou de la fantaisie imaginative visuelle.
Sur le caractère des eidétiques.
E. R. Jaensch bâtit tout son édifice caractérologique sur la notion d'intégration, | qu’il élabora en étudiant la psychologie de ses eidétiques. Un fonctionnement biologique intégré implique une souple interpénétration et une étroite coordination des différentes activités physiologiques et psychiques (pensées, sentiments, représentations, tendances volontaires, imaginatives et instinctives). Au contraire, la désintégration comporte un manque de coordination de ces mêmes fonctions, dont chacune s'exerce avec une relative indépendance. D’après Ælsenhans, le concept d'intégration possède Fe une double signification: il s'applique à la fois à la forme particulière de cohésion qui marque la structure de la personnalité, et à la forme de symbiose qui unit l'individu à son milieu. L'intégration réglerait certaines modalités du comportement des enfant: et des primitifs. ,
Le Prof. W. Boven décrit ainsi, dans son ,,Introduction à la Caractérologie‘* (1946), les individus intégrés et les désintégrés : |: RSS
Un ,intégré', c’est un homme qui est proprement tout entier dans chacune de ses cs parties. Corps et âme sont unis par l’étroite interdépendance et l’exacte synergie de leurs fonctions. On dirait des ,intégrés‘ qu'ils sont à la fois cohérents et perméables, dans ce sens qu’ils s’ouvrent à la pénétration du monde en eux (perméables) et que tous leurs organes sont nantis de leurs sentiments et de leurs pensées (cohérents) . . 4 È Le ,désintégré‘ serait un être relativement fermé et imperméable. Il fait écran et obstacle à la nature, de tout son Moi. Sa personnalité vit d’une vie propre, ferme et. continue. On pourrait dire de lui qu’il est relativement opaque et dense: comme s’il ne se laissait guère pénétrer par le jeu et la loi du monde. Ses fonctions semblent jouir d’une autonomie régionale. 1
Entre les deux pôles idéaux intégré et désintégré évoluent les combinaisons complexes de la vie individuelle, dans lesquelles Jaensch isole un certain nombre de types désignés par des lettres. Nous nous bornerons à évoquer sommairement ceux d’entre … … eux avec lesquels coïncide la capacité eidétique. Ainsi le type B, ou basedowoïde, : constitue un cas d'intégration exagérée où les différences entre le monde intérieur et l'extérieur, entre les représentations et les perceptions, tendraient à s’abolir. Quelques eidétiques, précisément à images basedowoïdes, répondent au type B. Mais leur grande … majorité appartient au type L;, qui correspond à l'intégration telle que nous l'avons. définie, c’est-à-dire dirigée vers le monde ambiant, plutôt que vers le centre de la personnalité comme dans le type précédent. Le type I, ne comprend que des sujets extravertis (Jung) et cyclothymes (Kretschmer), mais les notions d’extraversion et de.
avec la réalité extérieure. Le type I, se réalise chez quelques eidétiques aux images étroitement ,,sélectionnées‘. Les IE ,,tétanoïdes* supposeraient d’ailleurs une constitution psychique plus où moins désintégrée. Nous n'avons pas à mentionner ici les LE
autres types de la classification marbourgeoise, dans lesquels l’eidétisme ne se rencontre Jamais.
Les principaux traits du type I, sont les suivants: réceptivité, sympathie pour le monde ambiant, saisie intuitive des ali souplesse de compréhension, ouverture et * naturel du caractère, confiance, représentations concrètes et détaillées, coloration affective de la pensée et de l’action (Jaensch, Elsenhans).
: Chez presque tous nos eidétiques, nous avons déjà noté un comportement syntone,
c’est-à-dire, en termes généraux, une ,,psychomotilité naturelle, douce, adéquate à l'excitation (Kretschmer)* et une idéation particulièrement concrète. Mais il faut recourir au test de Rorschach pour se faire une idée plus précise de leur psychologie et de leurs tendances caractérologiques. M. le Dr G. Schneider a bien voulu analyser les tests des sujets suivants: série I, N9S 18, 19, 21, 38, 42; série II, N°S 7, 35, 131, 136. En souhaitant que ces intéressants documents Foie le noyau d’une étude d’ensemble sur le caractère des eidétiques, nous nous bornerons ici à citer les conclusions de cet auteur. Après avoir exprimé une réserve sur la portée d’une étude n’embrassant que des ,,instantanés psychiques‘, M. Schneider écrit:
,. Le triage formel des réponses confère une importance particulière à un déplacement du type de perception vers les éléments D, Dd et Dbl. Ce commun dénominateur apparaît presque comme une constante. Nous ne pouvons céder pour autant au mirage des nombres et des symboles. Avant de considérer cette proportion comme significative, il est peut-être bon d’écarter certains facteurs particuliers qui seraient susceptibles de l’expliquer. Le plus notable est celui de mécanismes névrotiques dont nous pourrions
attendre qu’ils inhibent les modes de perception habituels. Or, rien ne laisse paraître une telle influence, car les interprétations Dd et Dbl figurent assez uniformément parmi les groupes de réponses à toutes les planches. Nous ne saurions dès lors admettre une inhibition par les couleurs ou le clair-obscur. Le mode de perception à donc une signification plus générale.
Il serait tentant de rapprocher cette caractéristique du tableau du développement perceptif brossé par MI Dworetzki. Cela nous amènerait à conclure à des stigmates d’infantilisme chez des sujets qui objectivent si volontiers leurs perceptions en des interprétations de D et Dd, comme le font les enfants dans la deuxième période du développement. Mais la conclusion nous paraît fragile si l’infantilisme n’est pas vérifié par l’analyse caractérologique, car nous avons tous été des enfants et certaines conduites infantiles peuvent coexister en nous avec des conduites plus évoluées, sans impliquer une régression infantile de toute notre personnalité. Les mêmes remarques s’imposeraient, si nous assimilions les modes interprétatifs de ces eidétiques à des modes primitifs. Il resterait toujours en effet à préciser la forme de primitivité et les caractères généraux de la manière d’être primitive, ce qui ne se conçoit pas sans une analyse phénoménologique.
Plusieurs corrélations indiquent néanmoins une certaine direction : la détermination de ce qui est limité, la préférence pour la périphérie, l'emprise des contours. Nous ne voudrions cependant pas déclarer cette tendance dominante au point qu’elle explique d’emblée une certaine primitivité comportant une pensée floue et imprécise ; mais elle confère une importance, à notre avis prépondérante, au monde visuel de nos sujets,
où l’intégration de l’image dans la conscience ne se fait qu’à la faveur d’une certitude vécue et par conséquent d’un rapport affectif intense qui ne peut s’établir qu'avec un objet parfaitement déterminé. Cette visualisation s’accommode mal des grandes taches per se font et se défont sans cesse. Elle saisit autant qu'il est possible les contours et
: les structures plus fortes.
: Mais alors que la conscience est passive dans ce travail dedétermination inconscient, =. elle redevient active chez beaucoup de sujets lorsqu'ils s’abandonnent à leur sponta- __ néité imageante particulière. Plusieurs, en effet, mettent en évidence la faculté de produire des fantasmes visuels à partir de contours en arabesques. Dans ce phénomène la conscience est devenue captive, se posant elle-même en image.
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OC ER PE GA EE ES NP Nous trouvons donc un jeu très mouvant entre la conscience du moi et celle de l’objet, le rapprochement introduisant des phénomènes qui sont apparentés à la forme d’existence magique. Il faut par contre insister sur le fait que cela ne nous autorise pas à. considérer tous les sujets testés comme des primitifs. D’une façon plus générale, nous croyons que les personnalités étudiées ont des dispositions aux actes ,cognitifs-sym- à pathétiques (H. Kühn) qui leur permettent de vivifier leurs expériences avec une Intensité particulière. Les liens entre ces dispositions et la pensée magique sont assez Vraie semblables pour que nous en ayons fait une particularité significative." Pour être complet, nous devons mentionner qu’au point de vue morphologique, tous nos eidétiques appartiennent aux types pycnoïde et mésomorphe. Comme les conditions de notre enquête ne nous ont en général pas permis de procéder à des examens physiques, nous ne pouvons insister sur le fait que nous n’avons pas retrouvé les particularités somatiques attribuées par W.Jaensch aux eidétiques typiques. On sait d’ailleurs que ces corrélations psycho-somatiques ont été controuvées par ceux qui les
ont recherchées après W. Jaensch (v. introd. hist.). <a
La nature hallueinatoire et la genèse de l’image eidétique.
Les images dans lesquelles la symptomatologie eidétique atteint sa plus grande complétude ou sa plus grande pureté, seront évidemment les plus propres à nous renseigner sur l’essence de l’eidétisme, et les caractères phénoménolegiques que nous. avons énumérés apparaîtront alors comme autant d'ouvertures sur la nature de l'IE. Récapitulons les principales qualités des images expérimentales de nos meilleurs sujets : apparition après examen libre, franche perceptibilité, coloration non complémentaire, richesse en détails, stabilité sous les déplacements du regard, rotation avee l’écran, invariance avec la distance ou inversion de la loi d'Emmert, transfert d’un œil à l’autre, durée limitée en général à 12 minutes. SC
A part le transfert, ces signes ont été abondamment décrits par tous les eidéticiens; +2 ils autorisent une première déduction sur la nature de l'IE, qui apparaît comme une … image subjective d’origine centrale. Jaensch n'insiste pas sur la distinction entie image … centrale et image périphérique car, s'appuyant sur des arguments embryologiques, il considère surtout la rétine comme une expansion du cerveau et pense que l’œil serait un organe de représentation avant de servir à la perception; le phénomène primordial ne serait pas constitué par la sensation pure, mais par une sensation toute imprégnée
de représentation, tandis que la sensation fille des seuls excitants externes représen- J terait un terme idéal, jamais atteint au cours de l’évolution individuelle. Dans le cadre de cette théorie, la différence entre sensation et perception est méconnue; Kiesow È le premier fit ressortir l’équivoque qui en résultat. $
Cela nous entraînerait trop loin de démontrer la dualité entre la sensation, déclen- ; chée par une stimulation adéquate, et la perception qui saisit intuitivement les données sensorielles comme un tout organisé, l’affecte d’une signification et le projette dans le monde extérieur. Remarquons simplement que l’image rétinienne n’est qu'un élément . dans le complexus perceptif. Or, comme l'IE n'est ni provoquée par une stimulation actuelle, ni réductible à une illusion d’origine ophtalmopathique (acuité et intégrité des perceptions visuelles des eidétiques, examen ophtalmologique du sujet 7 de la série IT), ni assimilable à une image rétinienne, et que d'autre part elle est littéralement vue, on peut la considérer non seulement comme une perception sans objet, mais aussi comme une perception sans sensation où mieux comme un fait perceptif sans substratum, : sensitif périphérique adéquat. LEURS
Séparée de la matière qui l'avait formée, cette ,,perception eidétique‘ répond à la définition aristotélicienne de l’image (De An. III 8, 432a) ; aussi Zy a-t-il justement dénommé l'IE: image aperceptive.
C. Schneider, analysant ses propres IE, insiste sur les particularités qui les diftérencient des perceptions ordinaires : l’image sensorielle, bien que projetée dans l’espace …
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