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visuelles chez le sujet N° 1 de notre série IIT (syndrome catatonique … } On connaît déjà les TE avec caractère de réalité, véritables hallucinations eidétique 2 découvertes, chez des schizophrènes également, par Fischer et Welke, ainsi que les constatations de Popoff sur l’eidétisme dans le delirium tremens en voie de rémission : (v. introd. hist.). Müller a cherché à prouver la nature eidétique de certaines illusions sensorielles du délire épileptique; on connaît des auras comitiales constituées par hallucination consciente, voire volontaire, présentant les caractères d’une IE (Quercy, C. Schneider). Elkin trouva des IE expérimentales chez un artériosclérotique cérébral,
et Mme Meili-Dworetzki, chez une agnosique visuelle hallucinée. LÈ
En ce qui concerne les psychonévroses, Scharnke doute que l’on puisse différenci les IE de sujets hystériques, d’hallucinations hystériques ou de pures suggestions ; cite le cas d’un eidétique déterminé par Z. R. Jaensch à l’âge de 21 ans, et qui donn: deux ans plus tard un exemple classique de mythomanie. Nous pensons que si l’occa sion se présentait d'examiner un hystérique eidétique, il y aurait lieu de faire obse ver les IE à travers la loupe et à travers un prisme, car on sait que les prétendue hallucinations hystériques grossissent alors et se dédoublent, comportement inco cevable pour l'IE. T'uczek, dans sa pratique psychanalytique, crut observer que 1 IE ,,tétanoïdes‘‘ correspondaient plutôt à la constitution névropathique, et les ,,bas dowoïdes‘* à la psychopathie hystérique. Dans le second cas de notre série ITT, l’authen ticité eidétique des faits remontant à l’enfance, n’est pas moins douteuse que celle phénomènes visuels récents, que leur symbolisme évident et leur mode de formation fo plutôt taxer de pseudo-ballucinations à base d’illusions-perceptives (Umbildungstrug
Cependant les auteurs qui se sont occupés des rapports théoriques entre les | IE et les fausses perceptions (Jaensch, Kroh, Bresowski, Anschütz, Jankowska, Pisk ont en général comparé les deux groupes de manière globale. On avancerait sans doute | sur un terrain plus ferme en recherchant d’abord des points de contact entre les I de et le groupe plus restreint des hallucinoses. L’eidétisme est une notion relativeme: récente et ceux qui l’ignorent classent parmi les hallucinoses nombre de faits que 1 eidéticiens désigneraient comme des IE spontanées. La casuistique fournit de no breux exemples d’hallucinations conscientes survenant chez des sujets normaux dans 1 circonstances les plus diverses: enfance, puberté, menses, orgasme, grossesse, mén: pause, situations affectives particulières, fatigue, ou accompagnant le sujet tout au long de son existence. É
Ces correspondances étroites entre différents phénomènes de ,,reperception** montrent bien que le problème d’une disposition hallucinatoire physiologique, soulevée par Æ. Bleuler, se pose aussi bien à propos des IE que des hallucinations. Bleuler pensait que les engrammes sensoriels, normalement réduits à l’état virtuel par un mécanisme d'exclusion active, pouvaient s’ecphoriser lorsqu'un relâchement du contrôle des Hire corticaux libérait les centres sensoriels. Meerloo RprDE une opinion
fonction E cRattue habituellement réprimée par la concurrence des mécanismes per ceptifs ontogénétiquement supérieurs. Miskolezi et Schultz, envisageant sous le même jour la disposition eidétique, montrent que la désintégration schizophrénique des fonctions supérieures peut lui rendre sa liberté d'expression, sans qu'elle devienne pot autant pathognomonique de l’affection mentale. ï Mais il faut remarquer que la chute de niveau psychique par troubles neurobiologiques ou affectifs, condition selon Æy de l’activité hallueinatoire pathologique, ne saurait expliquer immédiatement le mécanisme des hallueinoses apparaissant ce sionnellement chez des sujets normaux, ou celui des IE, qui n implique pas la même profonde perturbation de la conscience. Il faut done, pour mettre à l’ origine des hallucinoses vraies et des IE la disposition hallucinatoire, scinder celle-ci en deux compo santes: une aptitude sensorielle à repercevoir des éléments plastiques, seule active e l’occurence, et une tendance à croire à l’objectivité de ces exesthèmes. Les rares So fusions signalées entre IE et perceptions ont un caractère purement accidentel: elles Se
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. ont été conditionnées par l’affaissement des facultés chez des organiques, par l’oligoà phrénie, par la fugacité des phénomènes ou par un simple défaut d'attention. * Æ. Bleuler, qui prend d’ailleurs les IE pour des représentations particulièrement vives, croit que la fausse perception hallucinatoire se développe par simple aceroissement d'intensité de l’image mentale. Cette hypothèse méconnaît la différence de nature __ qui sépare l’état esthésique de l’état imaginatif, et la perception, du souvenir; proba- __ blement valable dans certaines psychoses où la représentation surtout est perturbée, son échec à expliquer les troubles sensoriels conscients empêche de l’étendre à tout le | domaine hallucinatoire. Soit dit en passant, les différences spécifiques des états esthé- sique, imaginatif et noétique rendent contradictoire la notion ,,d’unité eidétique‘* (v. introd. hist.). Si donc les dispositions hallucinosique et eidétique, sous leur aspect passif, sont constituées par une mémoire conservatrice d’engrammes, il ne pourra s’agir de celle qui extériorise les ,,images sensibles‘, incomplètes, au contour indéterminé, simplifiées, maintenues dans l’espace subjectif au prix d’une incessante évocation, mais bien d’une mémoire sensorielle (Sinnengedächtnis) reproduisant des images littéralement vues, extériorisées, au dessin arrêté, persistant sans le moindre effort É mental (Jaspers, Hecker, Henle, Obersteiner, Freiling, C. Schneider). G. E. Müller parle __ d’une tendance générale à la reproduction des perceptions, et Ach trouve un rapport E étroit entre les IE ,,tétanoïdes‘* et la persévération mentale.
C. Schneider compte parmi les manifestations normales de la mémoire sensorielle
visuelle tous les phénomènes eidétiques, ainsi que la plupart des hallucinoses vraies, . qu’il distingue des images sensibles vives et des ,, images fantaisistes‘* (type Joh. Müller), celles-ci comportant une part d’illusion (interprétation de phosphènes, de lueurs entop-
tiques). Après Xroh, Skola, Henning, C. Schneider montre que l’évocation sensorielle n’est possible que si le sujet se met dans une disponibilité particulière, dans un état de détente où le cours de la pensée est suspendu ou du moins très relâché, dont toute pensée abstraite est bannie, et qui se caractérise par un abandon passif à l'élément intuitif de la perception (v. série I, sujets 2, N° 4et 18, N° 4; série II, sujet 7, N°11 __ et sujet 136, B I 5; série III, sujet 1); c’est dans ce sens que l’on peut parler de la concentration particulière des sujets au cours de l’examen, d’une étroite limitation de l’attention correspondant à une baisse de la tension psychologique. La plupart des eidétiques ,,volontaires* se mettent aisément dans cet état favorable, parfois en adop-
tant certaines attitudes. ou en exécutant certains mouvements (Jaensch); alors les images elles-mêmes apparaissent le plus souvent automatiquement (cf.série II, sujet136).
Cet état eidétique (Krellenberg), que les conditions expérimentales doivent éviter de … perturber, est favorisé par la fatigue (Vom Hofe; v. aussi série I, sujet 13, B et sujet 42, AT 3, 4, cas dans lesquels la pénombre facilite également la projection des images). Le sujet 7 de la série II parait reconnaître le moment où il y atteint (B 11). Il arrive que l’effet de surprise provoqué par une excitation externe (coup de sifflet, pincement d’un pli de la peau) fasse apparaître l'IE; l'Ecole de Marburg a recouru systématiquement à ces procédés. Rappelons ici que les lamas tibétains ont créé une véritable discipline L. tendant à susciter des hallucinations volontaires (Alexandra David-Neel). Skola a constaté que le fait d'observer une IE empêche de prêter attention au milieu ambiant et aux objets voisins (cf. série I, sujet 32, B 1, chez lequel les états dépressifs favorisent l'appaition des images, et sujet 38, B 3); les IC sont loin d’absorber l'attention au même point. Dans le même ordre de faits, Xrellenberg trouva dans l’état eidétique un 4 rétrécissement du champ visuel, imputable pensons-nous au défaut d'attention péria phérique.
Ke La mémoire sensorielle rend compte d’une classe de faits dont l'originalité spé- cifique paraît ainsi bien établie, mais rien n’est moins sûr que son universalité larvée. Une double constatation autorise toutefois l'hypothèse de sa présence sous-jacente et continue: son activité épisodique dans des conditions pathologiques, l’intermittence de ses manifestations dans des conditions physiologiques. On pourrait ainsi comparer la mémoire sensorielle à une nappe d’eau souterraine dont des sources intermittentes
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ne trahiraient l'existence qu’au moment des crues. Elle représenterait, comme la disposition hallueinatoire à laquelle elle s’apparente, une fonction archaïque habituellement réprimée par le contrôle des centres perceptifs, contrôle rendu parfois inopérant par un ,,abaissement de la vigilance du système nerveux (Mourgue)".
Quoi qu’il en soit, on ignore encore tout de la genèse des images mnésiques sensorielles. Ce que l’on sait, par exemple, sur les motivations d’ordre affectif des IE spontanées et des hallucinoses vraies, ou sur le caractère des sujets, ne se rapporte qu'à la réalisation de l’état eidétique ou au choix du contenu de l’image, sans en expliquer
la formation sur le plan esthésique concret. Cramaussel envisage un retour à des per-
ceptions non encore complètement effacées, provoqué par l’action inconsciente de
représentations vives à forte charge affective. G. E. Müller admet que l’,,attention sensorielle‘, en se portant avec exclusivité sur la ,,zone des résidus mnésiques‘, y.
provoque une excitation passagère qui se propage, par la voie qu'avait utilisé en sens
inverse la perception de l’image objective, à la zone des sensations visuelles, où elle crée un état favorable à la production de l’exesthème ; il ajoute que, chez les eidétiques,
la composante centrale n’est pas seule renforcée, mais qu'il existe en outre, au niveau de la rétine, une hyperactivité des processus de désintégration chimique sous l’in-
fluence de la lumière, comme le prouve le comportement des IC (cf. Critères de l'IE:
eidétisme du 1er degré).
Cette théorie, encore qu’elle considère naïvement les images latentes, à la manière associationniste, comme autant d'unités matérielles juxtaposées, a le mérite d'exposer le problème des modifications organiques dont s'accompagne l'IE. Entre tous les aspects de l’eidétisme, la neurologie de l'IE est certainement le plus obscur. Trois moyens permettent de l’éclairer conjointement: la comparaison avec les hallucinoses pathologiques, effets d’un trouble organique connu, les modifications apportées aux phénomènes eidétiques par des excitations artificielles, et l'étude de certaines modalités de l'IE elle-même.
A cet égard le sujet 136 de notre série II présente quelque intérêt. Ses images objectives monoculaires se meuvent rythiniquement de la périphérie au centre du champ visuel, où elles s’immobilisent. Au cours de leur enquête sur la pathologie des IC (1939), Vujic et Levi ont rencontré des anomalies semblables chez deux psychopathes hystériques, constatation d'autant plus intéressante que notre sujet est lui aussi psychopathe. On a observé un mouvement semblable, mais continu, lorsqu'une excitation électrique est appliquée, à l’occasion d’une trépanation, sur l’écorce d’un lobe occipital (Krause, Foerster), ainsi que dans certaines hallucinations hémi-anopsiques du champ visuel conservé (Camus); toutefois les néoformations sensorielles pathologiques disparaissent en arrivant au point de fixation, ou continuent leur translation au-delà. La similitude est plus frappante quand le déplacement de l’image hallucinatoire s'effectue sur le mode rythmique, ce qui s’observe parfois également avec des pseudo-hallueinations hypnagogiques; Lhermitte et Ajuriaguerra pensent que ce ,,rythme hallueinatoire‘* dépend de secousses nystagmiques des globes oculaires.
Notre jeune soldat, nous l’avons déjà relevé, a signalé d'autre part, à l’intérieur dexesthèmes, des mouvements comme on en a décrit, non seulement au sein de postimages, mais aussi dans des images hallucinosiques, symptomatiques d’altérations du cortex visuel (Schrôder).
Les longues séquences d'images automatiques perçues d’autre part par le même sujet dès que, yeux fermés, il à réalisé un certain recueillement, sont comparables à
celles qu’Aimé a décrites chez un brightique avec des antécédents palustres et souffrant
d’une réaction de dépaysement. Ce malade, dont les visions coïncidaient avec les périodes de moindre perméabilité rénale et augmentaient de netteté dans l’obscurité où la solitude, voyait se succéder, sans être dupe de ses visions, des paysages familiers ou inconnus, divers monuments de sa patrie. Les ,,panoramas‘* observés par la paralytique générale de notre série IIL, au cours de sa réaction post-malarique (psychose de Plaut) diffèrent des hallucinations visuelles des P. G. non impaludés (J. Baruk,
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