I-'ig. IS4. — Culijploiricliti inharna
environ); puis tout d'un coup, on les voit renverser le mouvement et tourner de droite à gauche ; ou bien ils plongent, se retournent, et l'extrémité qui regardait l'une des « fenêtres » de la logette regarde maintenant la fenêtre opposée.
Cette logette est toujours parfaitement incolore à l'origine, mais elle ne tarde pas à passer au jaune, et quelquefois au brun; dans certaines stations, elle reste indéfiniment incolore; c'est ainsi qu'à Pinchat, où les individus étaient nombreux et de forte taille, aucune logette ne s'est montrée colorée.
Il est extrêmement rare que l'on trouve la Calyptotricha courant en liberté ; Kellicott déclare que « the only one which I hâve seen free swimming was a brand new one resulting from division >i. Phillips s'exprime dans les termes suivants : « I hâve no reason to believe that the présent species ever quits its habitation to assume the habituai frec-swimming character..., nor hâve I ever seen an empty shcll. »
Des coquilles vides, j'en ai trouvé; des animaux en liberté, j'en ai vu deux ou trois fois, mais comme Phillips et Kellicott, je serais porté à croire que c'étaient là des individus tout juste résultant de division. Des expériences que j'ai tentées, cependant, sur des animaux isolés el portés sur lamelle évidée, m'ont donné des résultats intéressants. L'un, d'eux, par exemple, isolé à 2 h. le 3 juillet, sortit de sa coquille à 3 h., et se mit à courir; puis il s'arrêta, mais pour reprendre bientôt sa course; le lendemain, à 2 h. I/2, il courait encore; le 5 juillet, à 7 h. % du matin, je le trouvai enfermé dans une capsule, déjà ouverte aux deux bouts, mais courte et extrêmement délicate; l'animal tournait lentement, et les cils de son extrémité antérieure, comme la soie postérieure, semblaient jouer un certain rôle en tenant ouverts les deux orifices. Toute la journée il se livra à ces mêmes évolutions; mais je le perdis ce soir-là.
Dans une autre occasion, un individu isolé le 1" juillet dans l'après-midi, avait disparu au matin du lendemain à 7 h. y2,\a logette était vide; mais lui-même fut retrouvé courant dans les environs; à 1 h. %, cependant, il s'était construit une nouvelle capsule, très fine et incolore, mais parfaite déjà. Le soir il se perdit sous le couvre-objet.
Le 2 juillet, à 9 h. 14, j'isolai une logette dans laquelle se trouvaient deux individus (le fait n'est pas extrêmement rare); à 1 h. 14, l'un des deux était parti; à 4 h. i^» l'au^i'e manquait également. Des deux individus libres, l'un courait lentement, l'autre était posé, tranquille, et seule la membrane ondulante vibrait; probablement commençait-il à se construire une coque; mais je ne pus le conserver.
La fig. 3 représente quelque chose de différent, et sans doute la première phase de la construction du tube; d'après Phillips, les coquilles sont tout d'abord fermées aux deux bouts, et dans le cas actuel, une des extrémités l'était en tout cas; on voyait traîner, contre sa paroi, la soie postérieure, qui s'apprêtait peut-être à ouvrir un passage; en avant, le passage était sans doute déjà ouvert, car les cils vibraient libres au dehors.
Dans un autre individu trouvé le même jour, les deux extrémités paraissaient fermées; mais il ne doit en tout cas se passer qu'un temps très court entre le premier dépôt de l'enveloppe et le percement des extrémités.
Les logettes se voient parfois étranglées sur leur ligne transversale médiane; et généralement elles sont alors d'une longueur relativement forte; le fait ne peut être rapporté à une division; mais peut-être pourrait-on supposer qu'un individu libre, échappé d'une logette, a construit sa nouvelle demeure tout en commençant lui-même à se diviser.
La fîg. 4 montre un cas de division; elle est transversale, et une fois le phénomène achevé l'un au moins des individus s'en va de son côté.
La Calyptotricha n'est pas rare; j'ai relevé sa présence à Rouelbeau, à Florissant, à Bernex, à Pinchat. C'est un organisme très petit, très délicat en apparence, mais que l'on peut conserver longtemps en excellente santé; un exemplaire est resté du 24 avril au 6 mai sur une lamcTle évidée, et à cette dernière date il se montrait encore plein de vie; douze jours en tout, pendant lesquels il n'avait pas fait mine de se diviser.
Lembus scaber sp. n.
Corps très allongé, presque vermiforme; face ventrale généralement concave, face dorsale plus ou moins convexe, et prolongée en une sorte de bec antérieur. Lignes ciliaires longitudinales, très peu nombreuses (une douzaine au plus), se traduisant au
LES INFUSOIRES d'eaU DOUCE 12
dehors sous la forme d'arêtes faibles, relevées de distance en distance de cils raides et peu allongés, parfois réunis en petits groupes de deux ou de trois; une rangée de cils plus longs et plus serrés, flexueux, couronne en avant le bec terminal. Péristome formant une poche très courte à l'extrémité antérieure de la face ventrale, sous le bec terminal; il est bordé d'un côté d'une membrane ondulante peu développée, et de l'autre côté porte une rangée serrée de cils raides et forts. Noyau ellipsoïdal, dans la partie antérieure du corps et le plus souvent dans le voisinage immédiat du péristome; il porte à son pôle antérieur un gros micronoyau qui semble faire corps avec lui. Vésicule contractile très grande;
d'abord sous la forme d'une lacune terminale creusée dans le cytoplasme, elle s'arrondit avant la systole en renflant considérablement l'extrémité postérieure du corps, et se reforme au moyen de I i vacuoles qui viennent les unes après les
autres se réunir en une nouvelle lacune. Longueur 150 [i, pour 16 à 20 [x de largeur.
Fig. ISS. — Lembus scaber
Ce n'est pas sans quelque hésitation que je me suis décidé à rapporter au genre Lembus un Infusoire qui s'est rencontré à l'Ariana dans quelques-unes de mes récoltes; un jour ou l'autre probablement, faudra-t-il l'en séparer. Le Lembus scaber est en tout cas d'une structure bien caractéristique. Avec son bec antérieur qui rappelle la tête d'un requin, son ouverture péristomienne courte et arrondie, pourvue sur l'un des côtés d'une membrane ondulante plissée en travers, sur l'autre d'une rangée de cils très forts, il revêt un aspect tout spécial. Les cils, courts et sétiformes, sont relativement peu nombreux, et disposés le long de stries ou plutôt d'arêtes longitudinales très espacées. Tantôt alors le corps est lisse, tantôt, et beaucoup plus souvent, il se montre rugueux, les crêtes ciliaires se relevant de distance en distance en petites pyramides dont chacune porte un, deux ou trois cils; on a l'impression que plusieurs cils, jusque-là répartis imiformément, se sont rassemblés en petites touffes; mais la chose est à peine vraisemblable, on ne saurait comment expliquer le fait.
Le noyau (ftg. 2) se voit presque toujours à la partie antérieure du corps, au voisinage de la fosse buccale; mais quelquefois il est chassé en arrière par les déplacements internes du plasma; sa structure est caractéristique : une masse ovoïde, à fortes granulations, creusée à son pôle antérieur pour loger un gros micronucléus.
La vésicule contractile se montre tout d'abord sous la forme d'une lacune allongée, qui s'arrondit en renflant l'extrémité postérieure (ftg. 1) du corps; de grosses vacuoles viennent se jeter les unes après les autres dans cette vésicule principale, qui finit par éclater.
Plagiopyla nasuta Stein 1860
Corps elliptique-réniforme, comprimé latéralement, plus large en arrière et plus étroit en avant, légèrement recourbé vers la droite dans sa partie antérieure. Bord gauche convexe, l)ord droit légèrement concave. Stries ciliaires longitudinales, serrées, couvertes de cils courts, nombreux. Vers le tiers de la longueur du corps s'ouvre sur le côté droit un large sillon péristomicn, qui .se prolonge bien loin en arrière et se termine en une poche buccale recourbée vers le bas. Ce sillon est garni sur ses deux bords d'une ligne de cils courts, raides, formant ensemble une sorte de double peigne, ou de nasse; à son bord supérieur, il porte en outre une rangée de cils très longs et forts, qui .se recourbent en boucle au-dessus de la nasse. Dans la fosse buccale, une série de stries longitudinales revêt la paroi supérieure, tandis qu'une petite membrane ondulante s'agite sur la paroi inférieure. Sur le flanc dorsal se montre une bande striée, longitudinale, qui prend naissance sur le bord droit du corps au-dessus du sillon péristomicn, suit la courbe générale des lignes ciliaires et se termine en pointe vers l'extrémité postérieure de l'animal. Trichocystes nombreux, fusiformes, rayant partout en travers la couche
alvéolaire. Noyau volumineux, ellipsoïdal, tractile près de l'extrémité postérieure. Longueur 75 à 120 \i.
sub-central. Une grande vésicule con-
Fig. 1S6. — Plagiopyla nasula
La Plagiopyla nasuta n'est pas rare. On s'en est beaucoup occupé, mais sans bien la comprendre, et l'appareil buccal, en particulier, dont la structure est toute particulière, n'a été que vaguement décrit. En 1886, Gourret et Roeser, retrouvant cet Infusoire dans l'eau saumâtre du port de Marseille, sous une forme qu'ils pensent être spéciale et dont ils font une variété marina, s'expriment à ce sujet dans les termes suivants : « L'appareil dégluteur, d'après Stein, consiste en un vestibule ventral, muni sur le bord interne d'une membrane vibratile linguiforme et qui ne se projette jamais au dehors. Ce vestibule n'est pas suivi d'un pharynx distinct. Or sur nos exemplaires, il est très aisé de s'assurer que tout autre est la disposition de l'appareil buccal ». Les auteurs procèdent plus loin à la description de l'appareil; mais leurs explications restent si peu claires qu'on renonce à les déchiffrer. Après avoir soumis cet Infusoire à des recherches minutieuses, et tout en reconnaissant qu'il reste encore bien des points obscurs, je voudrais essayer d'introduire au moins quelque clarté dans le sujet.
Vers le tiers antérieur et sur le bord droit du corps se voit une brusque dépression, et de cette dépression part une large gouttière, creusée sur la face ventrale de l'animal; cette gouttière se prolonge, d'abord un peu relevée vers le haut, « à ciel ouvert » jusque non loin de la ligne médiane longitudinale du corps, puis plonge sous la membrane d'enveloppe et devient un puits, lequel s'enfonce dans le cytoplasme en se recourbant quelque peu vers le bas (fig. 1, 2).
Si nous examinons maintenant la première partie de la gouttière (fîg. 3), nous verrons, sur son bord antérieur, toutes les stries ciliaires, très serrées dans cette espèce, se relever sur un renflement qui borde la dépression, puis plonger dans la gouttière même, et se relever de nouveau, mais cette fois sous la forme de dents de peigne, acérées, bien plus nombreuses que ne l'étaient les sillons; on croirait volontiers que les lignes ciliaires se sont dédoublées, devenant rigides en même temps; et sur ces dents rigides on voit battre des cils.
Sur le bord postérieur de la gouttière le même fait se produit : les stries ciliaires y plongent tout droit, puis se relèvent immédiatement, sous forme de dents dont les pointes se projettent vers le haut. En même temps, sur le renflement antérieur, les cils se sont développés d'une manière toute particulière, et tout à droite, au-dessus de la dépression du bord, ils figurent une sorte de barbe, très forte, bouclée, et dont les éléments tantôt sont rabattus sur la gouttière et semblent la protéger (fig. 2, 3) tantôt se relèvent en arrière (fig. 1). Sur le bord inférieur de la rainure, ces longs cils n'existent pas; tout à droite cependant on trouve une courte rangée d'éléments sétiformes, puissants, mais qui semblent appartenir à la face opposée, dorsale, de l'animal.
Jusqu'ici nous avons considéré la gouttière ouverte, dont l'apparence est celle d'un fer à cheval, ou plutôt d'un diapason dont les deux branches seraient pectinées à leur intérieur ; en même temps, c'est une sorte de nasse, destinée à retenir ce qui vient du dehors plutôt que ce qui viendrait de l'intérieur. Mais si nous passons à la partie interne de la gouttière, celle qui s'enfonce sous la cuticule, nous lui trouvons la forme d'une poche allongée, dont la paroi supérieure, ou plafond, se distingue nettement de la paroi inférieure, que nous appellerons le plancher. Le plafond est strié dans sa longueur (fig. 3), et sur les stries se meuvent des cils, extrêmement fins et très courts; plutôt que des stries du reste, il faudrait peut être parler de plis, dans l'intérieur desquels, même, il n'est pas impossible qu'il y ait des filaments élastiques; ce seraient là, peut-être, des plis conduc-
Fig. 187. — Plagiopyta nasuta
leurs. Sur le plancher, par contre, on voit courir des flammes, produites en apparence par des cils, mais peut-être en réalité par une membrane ondulante; c'est là un point qui m'est resté obscur.
La poclie se termine en cul-de-sac; mais quand au fond de cette poche commencent à arriver les grains nutritifs, ce fond se resserre tout d'abord (fîg. 4), puis se dilate immédiatement en une large vacuole dans laquelle les grains tourbillonnent ; et enfin la vacuole se détache, et va disparaître dans le plasma.
Telle est, autant que j'ai pu la déterminer, la structure de l'appareil buccal; mais il nous reste à examiner brièvement certains détails de moindre importance.
Les cils qui revêtent 6 .àCH^ '^ corps sont courts, forts,
et très serrés; en arrière, on les voit plus longs et plus fournis; souvent ils se replient en boucle, et forment tous ensemble une sorte de feutrage, dans lequel se prennent des poussières jaunâtres. Sur le flanc droit se voit cette curieuse bande striée dont on ignore la signification (fig. 2, 5); elle est plus ou moins longue, plus ou moins large, et presque toujours très difficile à distinguer; terminée en pointe en arrière, elle remonte parallèlement aux stries cliaii es, puisse recourbe sur la gauche, et va se terminer brusquement, arrondie en crosse, tout prés du bord de l'animal; souvent même elle contourne ce bord, pour arriver à la face ventrale, sur laquelle elle empiète quelque peu. Elle-même est striée en travers, et les stries, très régulières, et à un fx de distance les unes des autres, partent du bord gauche et, perpendiculaires à la courbe du ruban, se dirigent vers le bord droit, mais sans l'atteindre tout à fait. Tout le long des bords du ruban se voient de petites papilles, allongées (ou fentes?). Dans une occasion particulière, j'ai vu un individu, très grand (120 |x), muni de deux rubans striés, couchés l'un contre l'autre.
Quelle est la signification de ce ruban? Peut-être, grâce à sa ressemblance avec une lime, pourrait-on y voir un appareil de frottement; mais pour mon compte, je lui supposerais plutôt des fonctions adhésives; ayant trouvé un individu immobile, dans une forte épaisseur d'eau, je poussai et repoussai le couvre-objet dans tous les sens, et je vis l'animal prendre part à tous les déplacements; c'est qu'il était adhérent au cover par le flanc droit, donc aussi par son ruban strié.
Les trichocystes sont fusiformes, et strient en une couche serrée la membrane alvéolaire; après l'explo.sion, ce sont de longues baguettes droites (fig. 2), très fines, et qui ne paraissent pas porter d'éléments stupéfiauts.
Le noyau, d'un gris sale, est d'une structure assez curieuse; c'est une sorte de boudin replié sur lui-même, et inclus dans un sac ovoïde, sphérique, ou allongé, à membrane lisse et relativement forte (fig. 1).
Le cytoplasme, grisâtre, ou d'un gris jaunâtre, ne renferme guère que des boulettes pâles, et .souvent des grains dans de grosses vacuoles; fréquemment aussi, on y trouve une vacuole immen.se, au-dessous du noyau, et qui par sa pression déforme ce dernier et le comprime vers le haut.
La division est transversale, et le couple, avant la .séparation, se montre sous une forme assez bizarre, que reproduit la fig. 6.
La marche est assez rapide; l'animal en liberté parfaite décrit de grands cercles; gêné dans ses mouvements, il saute en arrière par petits coups répétés.
La Plagiopyta nasilla a été récoltée, en toute sai.son, à Rouelbeau et â Florissant; elle diflérait un peu dans les deux localités; à Rouelbeau, la gouttière buccale se voyait plus rapprochée de l'extrémité antérieure qu'elle ne l'était dans la seconde de ces localités.
Blepharisma lateritium (Ehrenb.)Perty 1849
Bursaria lateritia Ehrenb. 1838
Blepharisma undulans i. p, Stein 1859
Corps rougeâtre, allongé, comprimé latéralement; extrémité antérieure acuininée. à pointe légèrement rejetée sur la gauche; extrémité postérieure arrondie; côté dorsal convexe, côté ventral plus ou moins concave dans sa partie antérieure. Cils fins et serrés, disposés en rangées longitudinales peu nombreuses. Péristome s'étendant de l'extrémité antérieure jusque vers le milieu de la face ventrale; il est bordé à gauche d'une bande adorale bien développée, et à droite porte dans sa partie postérieure une membrane ondulante relativement courte. Au péristome fait suite un canal pharyngien qui plonge assez loin dans la profondeur du plasma. Noyau en boudin droit, portant à sa surface plusieurs (quatre en général) micronoyaux très petits. Vésicule contractile grande, terminale.
Longueur 80 à 120 fx. — Sphagniim.
Fig. 1S8. — Blepharisma lateritium
Il n'est guère d'Infusoires dont l'observation donne lieu à plus d'incertitudes, que ceux qui se rapportent au genre Blepharisma; on peut y compter, bien certainement, plusieurs espèces, mais chacune est susceptible de variations assez considérables, et dans le Blepharisma lateritium qu'on peut regarder comme le type du genre, les variations se confondent avec les variétés, ou formes probablement fixées, mais auxquelles il serait imprudent, dans l'état actuel de nos connaissances, d'attribuer des caractères spécifiques rigoureux.
C'était sans doute une variété spéciale que celle dont la diagnosc vient d'être donnée, et trouvée à Valavran, dans le Sphagnum, en octobre 1916; petite mais très variable sous le rapport de la taille et de la longueur comparée à la largeur; tantôt en forme de losange, tantôt prolongée assez loin en arrière, et alors très fortement vacuolisée dans cette région postérieure; tantôt franchement rosée, tantôt presque incolore. Le caractère principal qui distingue cette variété du type se trouve dans le noyau (fîg. 3) toujours unique, très pâle, d'un giis pur, et dont la forme est celle d'une graine de dattier; en outre, quatre ou plus rarement cinq ou six micronoyaux, extrêmement petits, appliqués en un seul groupe, les uns à la suite des autres, sur la membrane nucléaire.
La vésicule contractile est très volumineuse, et on y voit presque toujours appliquées, à sa face antérieure, de grosses vacuoles qui n'attendent que la systole pour se reformer immédiatement en une nouvelle vésicule.
Plusieurs individus se sont rencontrés à l'état enkysté; le kyste est allongé, cylindroïde (fig. 2) plutôt qu'ellipsoïdal, à membrane fine et incolore; à l'intérieur, tout est d'un rose pur et clair.
Blepharisma ovatum (Stokes) Apgaria ovata Stokes 1884 (1888 p. 194)
Corps fortement coloré en rouge, large, ellipsoïdal; acuminé aux deux extrémités, à pointe antérieure très légèrement déjetée vers la gauche; côté dorsal convexe, côté ventral fortement renflé. Péristome très développé, large, s'étendant de la pointe antérieure jusqu'au delà du tiers postérieur du corps; il est bordé à gauche d'une large bande ou épaulette adorale, et à droite porte une membrane ondulante bien développée, mais rarement déployée. Canal pharyngien nettement strié dans sa longueur, et qui remonte assez loin dans la profondeur du plasma. Noyau ellipsoïdal, en arrière de la fente péristomienne; un micronoyau, très pâle, adjacent. Vésicule contractile grande, terminale.
Longueur 125 à 188 (x.
C'est à VApgaria ovata (soit aujourd'hui Blepharisma ovatum) de Stokes que je crois pouvoir rapporter un Infusoire qui s'est montré en abondance dans les Lcmnacées et les Renoncules aquatiques qui remplissaient un fossé à Pinchat. Très variable de taille, mais cependant se renfermant en général dans les limites de 150 à 165 \l, le corps est très large, pointu en avant et généralement aussi en arrière, et coloré en un rose carmin très foncé. Le noyau est ellipsoïdal, et se voit toujours un peu au-dessus de la fosse buccale; un micronoyau, très pâle, lui est accolé. La vésicule contractile est grande, et généralement double, c'est-à-dire accompagnée d'une vacuole très volumineuse également, qui viendra plus tard prendre la place de la première.
Le péristome, très fortement développé, renfle considérablement le côté gauche du corps, s étendant jusqu'au delà du tiers postérieur de l'animal. On y voit une crête adorale puissante, ou large bourrelet traversé de partitions successives sur lesquelles naissent côte à côte de longs cils, qui paraissent plutôt libres que soudés en membranelles. Attachée à la paroi opposée, c'est-à-dire sur le bord droit de la fosse péristo-
mienne, est une membrane ondulante très forte (indiquée dans la fig. 2 par une forte ligne courbe traversant le bourrelet cilié), mais dont on ne constate guère l'existence qu'au moment où elle se rabat sur une proie ; plus à l'intérieur se voit également un rebord, ou sorte de lèvre étroite, vibratile, qui court sur le plafond de la fosse, et porte une longue rangée de soies très courtes, en brosse (fig. 2).
La zone adorale, enfin, s'en va plonger profondément dans le corps et se confondre avec un large canal pharyngien, parcouru de sillons longitudinaux, et qui se relève quelque peu vers le haut, pour se perdre enfin dans le plasnla (fig. 2). Nous retrouverons toutes ces difTércntes parties dans le Phacodinium muscorum, qui a été étudié plus au long.
Le péristome nous amène à parler de la capture de la nourriture, sur laquelle Stokes a fait d'intéressantes observations : « The animalcule, dit-il, frequcntly rcmains motionless in the field of the objective, either feeding or awaiting the resuit of its ciliary currents. Its appetite is voracious; spores, unicellular algae, almost any minute living thing, seeming acceptable. The undulating membrane is active in the feeding proccss, waving and bending across the oral fossa and forming the roof of afoodtrap.which, if occasion demands, descends and thrusts the morsel iuto the mouth. » On ne pouvait mieux dire, et les observations de Stokes éclairent dans ces quelques lignes un détail biologique — ou psychologique — qui méritait d'attirer l'attention (1).
La fig. 3 représente un cas de conjugaison; les deux animaux se soudent très fortement l'un à l'autre, presque sur la longueur entière de la face ventrale. On remarquera dans cette figure que sur l'un des individus la zone adorale se voit directement, tandis que sur l'autre, elle n'apparaît que par transparence; il n'en pouvait être autrement, les deux animaux, pour se rencontrer bouche à bouche, devant être orientés à 180 degrés l'un de l'autre.
Je voudrais encore en terminant, attirer l'attention sur la parenté très immédiate qui unit cette espèce au Phocodinium muscorum. Au fond, le genre est, ou devrait être, le même.
Fig. 1S9. — Blepharisma ovatum
(1) On lira plus loin mes observations relatives au Blepharisma persicinum, qui — il est peut-être utile de l'ajouter — ftiiiont terminées au moment où celles de Stokes sont arrivées à ma connaissance; elles confirment pleinement les vues de l'auteur américain. II est à regretter que HooT (1914), dans le chapitre de son ouvrage intitulé : • Review of tlic Main Papers on sélection of food in the Protoroa», ait ipnoré lesobservationsde son compatriote; il cite un grand n()inl)re de cas, qui prouvent d une manière irréfutable la réalité d'une sélection dans la nourriture, mais sans avoir trouvé, dans les différents auteurs, de références sur le mécanisme même de cette sélection. ■ The expérimental data, dit-il, show that there is sélection of food. The point that needs explanation is as to the mechanism of that sélection ». Or, Stokes, en parlant de cette membrane ondulante qui forme toit au-dessus de la bouche, et qui • si l'occasion le demande, descend et jette le morceau dans la bouche ■ traite eflectivement du mécanisme de cette sélection.
Blepharisma persicinum Perty 1849
Corps d'un rose très pâle, comprimé latéralement, vaguement fusiforme, plus ou moins arrondi en arrière, terminé en avant en une pointe rejetée sur le côté gauche; face dorsale convexe, face ventrale plane ou déprimée en son milieu. Cils fins, disposés en rangées longitudinales relativement serrées. Péristome s'étendant de l'extrémité antérieure jusqu'au delà du milieu du corps; bordé à gauche d'une bande adorale bien développée, et à droite, d'une grande membrane ondulante. Noyaux au nonrbre de cinq ou six, sphériques, en chapelet recourbé, et accompagnés de micronoyaux très petits. Vésicule contractile très grande, sub-terminale.
Longueur 80 à 110 (z.
Ce n'est guère que par son appareil nucléaire que cette espèce se distingue nettement des précédentes; on y trouve toujours un chapelet de cinq, six, ou beaucoup plus rarement sept noyaux grisâtres, sphériques, et dont chacun est accompagné d'un petit micronucléus; mais il est d'autres traits, moins caractéristiques, qui peuvent au moins aider à la détermination de cet organisme. La taille est petite, la couleur d'un rose tendre très clair, la forme celle à peu près d'une demi-lune ; l'extrémité postérieure est tantôt arrondie, et tantôt légèrement acuminée; le péristome, qui s'étend sur les deux tiers de la longueur de l'animal, est bordé d'une bande adorale sur laquelle les cils sont distinctement soudés en membranellcs. On y trouve une membrane ondulante bien développée, arrondie en un sac autour de la partie inférieure de la cavité péristomienne, et qui, volontiers ouverte, permet d'étudier dans cette espèce avec une facilité relative le mécanisme de la capture des proies.
Tout en renvoyant aux remarques que nous avons faites en traitant de l'espèce précédente, concernant les observations de Stokes à ce sujet, je voudrais rendre compte ici de mes propres recherches, qui sont de nature à compléter celles de l'auteur américain.
Lorsque l'animal est à la pêche, immobile, on voit arriver coup sur coup de très petits organismes, zoospores d'algues, spores de champignons, microbes, etc, qui sont précipités dans la poche pharyngienne, et vont tout droit gagner l'ouverture buccale (fig. 2); mais alors, on constate bien vite que quelques-uns seulement de ces petits objets sont lancés dans le pharynx, les autres passant sur lui sans s'arrêter, décrivant un demi-cercle en arrière pour être immédiatement expulsés au dehors; bien plus, on pourra s'assurer qu'il s'opère une véritable sélection, que les objets trop petits ou trop grands, ou bien à enveloppe trop dure, ou les particules inorganiques, sont refusés, les autres seuls ayant droit de passage; et ce choix est si évident, cju'après quelque expérience on peut, en voyant arriver tel ou tel objet, décider à l'avance s'il sera accepté ou non.
Lorsqu'il y a refus, la membrane ondulante, qui peut se rabaisser comme une « trappe », suivant l'expression de Stokes, reste levée, mais par quel mécanisme s'effectue le rejet? Si nous examinons l'appareil pharyngien dans ses détails, tel qu'il est représenté dans la fig. 2, nous y trouverons, au-dessus de la bouche, un rebord garni d'une ligne de soies très courtes, en brosse, sur la signification desquelles je n'ai pu être éclairé; plus bas, cependant, ce ne sont plus des soies, mais des cils, très courts, très serrés, qui descendent jusqu'à l'ouverture buccale, et remontent de l'autre côté; ils garnissent, en fait, la paroi interne d'une sorte d'entonnoir, que les fig. 2 ei 3 montrent fermé; peut-être est-ce alors le tourbillonnement qu'on voit se produire au moyen de ces
Fig. 190. — Blepharisma persicinum
cils, qui renvoie tout ce qui veut entrer, et est-ce en même temps pour cette raison que rien n'entre si la membrane ondulante reste inactive. Chaque fois en effet, que la capture doit se faire, à peine l'objet est-il au contact de l'entonnoir que l'on voit la membrane ondulante s'aljaisser, se replier (voir les lignes pointillées de la figure) tout entière, d'arrière en avant et en même temps d'avant en arrière, sur la fosse pharyngienne qu'elle recouvre en fermant à la proie le passage au dehors; d'après Stokes, la membrane fait plus, et lance la proie dans le pharynx; en effet, la proie paraît lancée, ou plutôt « rapidement introduite », dans le pharynx, mais d'après mes observations le mécanisme serait un peu différent; si j'ai vu juste, la membrane ferme hermétiquement la fosse, presse sur le liquide et le comprime, et ce serait ce dernier qui forçant l'entrée du pharynx et ouvrant de force l'entonnoir à sa pointe, dépose en arrière de ce dernier la gouttelette avec ce qu'elle contient. Suivons alors les événements : au delà de l'entonnoir, la gouttelette ne peut plus revenir en arrière, car maintenant, plus elle presse sur le cône plus elle le ferme (fig. 2); elle reste alors en place, reçoit d'autres proies que l'on voit tournoyer comme si elles vivaient encore, puis à un moment donné un mouvement péristaltique se produit le long des parois du tube pharyngien; ce tube se rétrécit, en poussant devant lui la vacuole, qu'on voit bientôt se détacher pour aller rejoindre dans le cytoplasme celles qui peuvent s'y trouver déjà. Les parois du pharynx, il faut l'ajouter, sont distinctement striées en long, et il semble que chacune des stries représente en réalité un filament élastique, un fil directeur; mais peut-être n'est-ce là qu'une apparence. Dans la fig. 2 on voit l'appareil entier, avec le pharynx strié, et la vacuole qui le renfle en arrière de l'entonnoir; dans la fig. 3, le pharynx est libre de vacuole, et celle qu'il avait contenue se voit tout près, détachée dans le plasma; dans la fîg. 4, l'ouverture péristomienne est vue d'en haut, en plongeant dans l'axe de la bouche, et telle qu'elle s'est montrée coup sur coup sous deux aspects différents; l'ouverture buccale d'abord visible comme un diaphragme très étroit (petit cercle interne) s'ouvrit brusquement (cercle externe) à l'arrivée d'une particule nutritive, pour se refermer tout aussi vite quand cette particule eut passé.
Ce sont là des observations positives; mais, si nous voulons récapituler les faits en nous aidant de l'hypothèse, voici comment, pour ma part, j'aimerais à me représenter la suite des événements : Ce serait la rangée — ou peut-être le champ — des petites soies en brosse, qui, frôlées par l'objet venant du dehors, en reconnaîtrait la nature et donnerait les indications nécessaires; si ces indications impliquent un refus, la particule arrivant au tourbillonnement de l'entonnoir serait rejetée sans autre, et suivrait son chemin, glissant au passage sur la membrane ondulante et la quittant par le côté; si l'ordre est d'accepter, la membrane ondulante s'abaisse, et la proie est forcée dans le pharynx.
Quelquefois, l'Infusoire se trompe, et la proie acceptée d'abord, est refusée plus tard; c'est ainsi qu'un jour, j'ai vu une petite algue ovoïde à coque dure, un peu trop volumineuse, se précipiter dans la fosse orale, et la membrane se refermer sur elle, comme pour l'accepter, puis se relever et la laisser partir; huit fois l'algue revint, et huit fois la membrane s'abaissa, pour se relever bien vite, jusqu'à ce qu'enfin l'algue disparut définitivement; elle était trop volumineuse, et bien qu'acceptée n'avait pu forcer le passage dans l'entonnoir.
Comment expliquer cette sélection? On pourra lire avec intérêt les lignes que Root a consacrées au sujet; chimie? physique? sensibilité différentielle? mais ce sont là des mots.
La fig. 5 montre un cas de division; le noyau y est devenu simple, en même temps qu'il s'allongeait en un long ruban; en haut, cependant, un fragment s'est déjà détaché, et arrondi. Les deux vésicules sont normales, chacune avec la vésicule de remplacement.
J'ai vu aussi quelques conjugaisons, sur le modèle de celle figurée dans l'espèce précédente.
Blepharisma musculus sp. n. ?
? Uroleptus musculus Ehrenberg
? Apgaria undulans Stokes 1884 a (1888 p. 195)
Corps d'une nuance rose très pâle, elliptique, fusiforme, prolongé en arrière en une longue pointe caudale, acuminé et rejeté sur le côté gauche à son extrémité antérieure;
côté dorsal convexe, côté ventral à convexité également bien accusée, mais creusé d'une dépression à sa partie antérieure. Cils fins disposés sur des lignes ciliaires peu serrées, longitudinales mais paraissant souvent spiralées par suite d'une torsion de l'animal. Péristome s'étendant de l'extrémité antérieure jusqu'au delà du milieu du corps; il est bordé à gauche d'une forte bande adorale, et à droite porte une membrane ondulante bien développée. Noyaux au nombre de cinq à huit, et plus généralement de six, sphériques, formant ensemble un chapelet recourbé, et accompagnés de micronoyaux très petits. Vésicule contractile grande, et fortement saillante lors de la diastole, à gauche et audessus du péristome.
Longueur 120 à 140 y..
BûTSCHLi, à la p. 1722 de son ouvrage classique, fait suivre la longue diagnose qu'il donne du genre Blepharisma de la note suivante : « 2 oder eventuell noch mehr Arten, da die Bkpharisma undulans Stein, wclche eigentlich Blepharisma musculus Ehrbg. sp. heissen muss, in einer ziemlichen Reihe von Variationen auftritt, welche auf ihre specifische Bedeutung noch nàher zu untersuchen sind. »
A mon avis le Blepharisma undulans de Stein n'est plutôt qu'une forme du Blepharisma laierilium (Bursaria lateriiia Ehrb.), et le Blepharisma musculus (Uroleptus musculus) de Ehrenberg constitue une espèce nettement autonome. Plutôt estce à ce Blepharisma musculus que Stokes aurait pu rapporter son Apgaria ovaia (Blepharisma ovalum), mais après avoir comparé soigneusement ces deux formes, j'y vois encore une différence spécifique, sinon très marquée, du moins réelle et constante, et suffisamment précise pour nous permettre de garder à ces deux organismes leurs noms séparés.
Le Blepharisma musculus (1), comparé au Blepharisma ovatum, est plus petit, moins coloré, d'un rose fleur de pêcher très clair; mais surtout il
se distingue par ce prolongement postérieur, effilé, mobile, auquel il doit son nom, et tout différent de la simple acumination que l'on peut trouver dans les différentes espèces du genre (fig. 1 et fig. 2, où l'animal, légèrement tordu, se voit sous une forme qu'il aime tout particulièrement à revêtir).
La bande péristomienne est fortement développée, et se montre nettement divisée en palettes, dont chacune porte une douzaine de cils solidement soudés, et qui forment ensemble une membranelle bien nette (fig. 3).
Les noyaux sont généralement au nombre de six, souvent aussi de sept ou de huit, plus petits que dans l'espèce précédente, et formant un chapelet plus allongé.
Cette espèce s'est trouvée à Florissant, en grande quantité, dans les Utricularia.
Fig. 191. — Blepharisma musculus
Phacodinium muscorum Prowazek 1900
Corps incolore, comprimé latéralement, arrondi ou un peu anguleux en arrière, plus étroit en avant ; côté dorsal à convexité régulière, côté ventral encore plus renflé, mais creusé d'une dépression à sa partie antérieure. Cils longs et très fins, peu nombreux, disposés en rangées longitudinales espacées; lignes ciliaires invisibles ou manquant, mais sur la face latérale droite du corps elles sont remplacées par de fortes cannelures longitudinales, entre lesquelles les cils prennent naissance. Cette face latérale droite se prolonge en avant au-dessus de la face gauche, qu'elle recouvre partiellement; plus en arrière, c'est la face gauche qui en devenant fortement convexe déborde la face droite. Le péristome s'étend à partir de l'extrémité antérieure, sur les trois quarts de la longueur de l'animal, et quelquefois plus loin encore; il est bordé à gauche d'une bande adorale
(1) Le Trichomecium caudalum de Frommentel (1874), pourrait également n'être pas autre chose que ce Blepharisma musculus.
large et fortement accusée, qui arrivée au bas de sa course se replie en arrière pour aller peu à peu mourir dans le canal pharyngien. Pas de membrane ondulante vraie, cette dernière n'étant représentée que par une languette étroite, simple rebord mobile qui vibre au-dessus du pharynx; ce dernier, étroit, long, et recourbé vers le haut, est muni de cils extrêmement fins. Noyau en boudin plus ou moins allongé, s' étendant au-dessus et au-dessous du pharynx; plusieurs micronoyaux adjacents. Vésicule contractile grande, presque ternùnale, s'ouvrant sur la face latérale de droite, au-dessous du péristome. Longueur 100 à 140 y.. — Mousses.
Il est surprenant qu'il ne nous faille pas remonter plus loin qu'à l'année 1900 pour trouver la première description de cet organisme; ni Dujardin, ni Greeff, ni Maggi, ni Sacchi, qui se sont occupés des Infusoires « terrestres, » ne mentionnent rien qui ressemble au Phacodinium; et pourtant, on le trouve partout dans les mousses, au pied des arbres et sur les vieux murs; il était abondant à Vessy, à Malagnou, à Onex, à Chêne, et dans bien d'autres lieux encore; tout d'abord, en 1915, je l'ai étudié comme espèce nouvelle, jusqu'au moment où, en 1916, le travail de Prowazek est venu me renseigner.
En fait, c'est là un Blepharisma, qui rappelle de très près, même, le Blepharisma ovatum; mais il en diffère cependant par trois caractères nettement indiqués : l'animal est incolore, ou tout au plus légèrement jaunâtre; il ne possède pas de membrane ondulante; la cuticule, plus ferme, presque une carapace, porte sur l'une de ses faces (la face droite ou plutôt le flanc droit) une série d'arêtes longitudinales dessinant un relief bien distinct. Prowazek indique « sechs flache Wiilste, an deren Kuppen in der Làngsrichtung etwa 20 zarte Cilien entspringen, die sehr hell sind ». D'après mes observations, le nombre des arêtes est assez variable, allant de quatre à six, et les cils, très longs, mais d'une finesse extrême, se trouvent disposés suivant des lignes alternant avec les renflements, mais non sur les renflements eux-mêmes.
Ce qui donne avant tout à l'animal sa physionomie particulière, cette ressemblance avec une Volula ou un Bucciniiim que mentionne Prowazek, c'est l'appareil péristomien, très long, très développé, légèrement spirale, et bordant une fosse longitudinale profonde, que le rebord de la face droite recouvre en partie comme un toit. La structure est telle,
que si l'animal, reposant immobile sur son flanc gauche (tel d'ailleurs, qu'on le trouve communément), revêt toujours un aspect s'écartant très peu de celui qu'indique la fig. 1, vu de côté ou pendant qu'il tourne et vacille, c'est un vrai protéo, dont les fig. 3, 4, 5 tt 6 reproduisent quelquesuns des aspects.
La bande péristomienne figure une sorte d'épaulette, longue et large, découpée, dans sa partie principale et qu'on pourrait donner comme se trouvant « à ciel ouvert » d'une quarantaine de partitions transversales, entre lesquelles sont autant de palettes ou arêtes vibratiles, formées chacune d'une douzaine de cils; tantôt alors ces cils paraissent soudés en de véritables membranclles, tantôt ils se dégagent et se voient un à un; mais tous, sur la même rangée, vibrent d'ordinaire à la fois. Quant à la partie terminale de la bande péristomienne, qui, recouverte par le rebord du flanc droit du corps, va jusque bien loin dans le cytoplasme, on y voit les partitions .se resserrer toujours plus, et les palettes vibratiles se transformer en cils toujours plus petits, qui se poursuivent jusqu'au pharynx.
Dans la profondeur de la fosse péristomienne, et cachée par le rebord du flanc droit, se trouve une sorte d'arête, (fig. 2), analogue à celle que nous avons vue dans le Blepharisma persicinuni où elle portait une brosse de soies courtes; mais ici au lieu de soies nous avons une languette étroite, que l'on voit parfois vibrer faiblement, à peine distincte, d'ailleurs, mais que la compression met mieux en évidence et incite en même temps à
Fig. ]'.I2.
Phacodinium nnisconim
des battements désordonnés. Dans deux occasions spéciales, j'ai pu voir, en arrière de cette baguette vibrante, un long diverticule où des cils battaient vigoureusement, (fig. 2), et qui venait s'ouvrir dans la fosse pharyngienne. L'extrémité de cette fosse, enfin, a ses parois striées dans sa longueur, et les proies s'y engouffrent pour être enfermées dans une vacuole et repoussées dans le plasma.
Le cytoplasme est grisâtre, rempli de grains pâles, et de vacuoles renfermant des particules de nourriture très petites. Le noyau est étroit, allongé, et s'étend jusque bien loin vers la partie postérieure du corps, paraissant coupé en deux par le tube pharyngien au-dessous duquel il passe; on y trouve accolés plusieurs petits micronoyaux, quatre ou cinq en général; quelquefois, je n'en ai vu qu'un seul. La vésicule contractile est grande, presque terminale, et s'ouvre non pas de côté, mais sur le liane même de l'animal; examiné de face et avec beaucoup d'attention, on y voit se dessiner un étoilement de traits très fins, peut-être des replis (fig. 2).
Au premier examen, les mousses ne renferment bien souvent que des kystes, ovoïdes plutôt que sphériques, incolores, minces, lisses; ou bien aussi ce sont des kystes rugueux et ornés. Les premiers, autant que la fréquence de mes récoltes et l'état de l'atmosphère m'ont permis d'en juger, sont des kystes récents; les autres renferment des animaux depuis longtemps au repos. C'est ainsi que le 24 juin de 1918, après deux journées humides mais qui avaient elles-mêmes succédé à quinze journées de sécheresse absolue, les kystes de Phacodinium, très abondants, se montraient tous plus ou moins ornés; et comparés entre eux, on y voyait toute une série de gradations qui semblaient montrer la marche suivie dans la progression de l'enkystement; tout d'abord ce sont des lignes de protubérances ou perles très petites, qui garnissent une face seulement du kyste, face un peu aplatie, et que nous appellerons inférieure; peu à peu les perles deviennent plus grosses, et s'étendent jusqu'à l'équateur (fig. 8); puis elles gagnent encore du terrain, s'avancent sur la face supérieure, et en même temps s'allongent elles-mêmes, deviennent autant d'aiguillons (fig. 7 ), et finalement, nous avons un kyste hérissé tout entier de pointes. Ces kystes rugueux renferment également un amas de grains jaunes, que n'ont pas les kystes lisses; des produits d'excrétion, sans doute, et qui témoignent d'un long enkystement; tout près, entourant à moitié cet amas jaunâtre (fig. 8), se voit le noyau; la vésicule contractile a disparu.
Mes observations ne m'ont laissé aucun doute sur la nature de ces kystes rugueux, qui sont bien ceux du Phacodinium; mais c'est exclusivement sur des kystes lisses que j'ai pu assister à la libération du contenu. Un quart d'heure après le lavage des mousses sèches, commence à apparaître, dans la masse ovoïde homogène, la vésicule contractile, qui grandit toujours plus, en même temps que se dessinent des stries, indices des « côtes » ou arêtes dorsales futures; puis apparaît un sillon ventral, premier indice de la cavité péristomienne; bientôt la bande adorale s'y dessine, et les cils y battent vivement. La vésicule contractile, cependant, grandit toujours, et rejette des torrents d'eau sous la paroi du kyste ; le corps lui-même se vacuolise et se renfle, et sous la pression soit de l'eau soit du corps lui-même le kyste s'allonge, et se rompt à l'un de ses bouts.
L'animal sort alors; il est d'abord vaguement arrondi, une masse vibrante et sans forme; mais comme par enchantement on voit s'y dessiner les détails, s'y accuser les reliefs; il reste un instant immobile, ou tourne lentement autour de son kyste abandonné, puis tout d'un coup prend son élan et s'enfuit. Il a suffi de 30 à 40 minutes pour que la masse informe enfermée dans le kyste se soit transformée en un petit être agile, et que l'on voit déjà occupé à se nourrir.
Le Phacodinium est délicat et résistant en même temps; il se déchire facilement, mais se reconstitue sans difficulté; il peut subir une compression très forte, jusqu'à diffiuer comme une Amœba (guttula), puis à l'arrivée de l'eau qui relève le couvre-objet
Fig. 193. — Phacodinium muscorum
reprendre sa forme normale et se mettre à courir; un fragment détaché reste longtemps en vie, et j'ai vu, après un écrasement brusque, un tout petit lambeau du péristomc, portant une seule palette vibratile, garder ses cils en mouvement pendant un quart d'heure. Un individu déchiré, auquel manquait toute la partie antérieure du corps et les trois quarts de la bande adorale, a arrondi ses contours, et couru la journée entière, puis le lendemain s'est enkysté. Un autre, enfin, encore à l'état de masse informe et que l'aiguille avait libéré de son kyste, mais en le blessant quelque peu, continua tranquillement son évolution; après être resté plus d'une heure arrondi et malade en apparence, il fut isolé pour la nuit, et le lencîemain matin il fut retrouvé courant gaîment et parfaitement normal dans sa forme générale.
La division est transversale; le 2 mars 1916, les cas en étaient nombreux; elle semble être identique à celle des Blepharisma. Je n'ai vu qu'un seul cas de conjugaison, en juin 1918; les deux individus, solidement unis par leurs péristomes respectifs, se présentaient tels également que les couples de Blepharisma.
Metopus vexilliger sp. n.
Corps allongé, très variable dans sa forme générale, non ou à peine comprimé, à torsion antérieure presque nulle, mais prolongé à sa partie antérieure en un appendice mobile, étroit, qui se renverse en arrière sur le côté gauche; extrémité postérieure tantôt arrondie, tantôt plus ou moins nettement tronquée. Lignes ciliaires longitudinales, serrées, couvertes de cils longs et fins, plus développés en arrière, et devenant très courts sur le prolongement antérieur. Péristome très allongé, s'étcndant jusqu'au delà du milieu du corps; il est bordé à gauche par une bande adorale garnie de fortes et longues membranelles, et à droite par une membrane ondulante très grande et très longue également.
Noyau sphérique ou ellipsoïdal, caché généralement par le péristome; micronoyau adjacent. Vésicule contractile très grande, terminale.
Longueur 80 à 90 (i.
Fig. 194. — .Melopua iHxilliger
Cet Infusoire, que je crois pouvoir ramener à un Metopus bien qu'il n'en ait pas tout-à-fait l'apparence, se reconnaîtra facilement à ce long appendice antérieur en queue de souris (fig. 1, 2), recourbé en arc ou même parfois en crosse, et revêtu jusqu'à son extrémité de cils très fins; cependant cet appendice échappe quelquefois à la vue, parce que, très mobile, il s'est complètement rabattu en arrière sur la face dorsale. La bande adorale est très fortement développée, on croit y voir des cils, très forts
et très longs, mais en réalité il y a là des menibranelles, en lanières puissantes et qui
battent vivement. La membrane ondulante est très forte, mais elle se rabat volontiers
dans le péristome, et alors ne se voit plus.
Dans la conjugaison (fig. 3), l'appendice de l'un des individus disparaît, et celui
qui reste se raccourcit peu à peu; sans doute, après la séparation se reformeront-ils l'un
et l'autre.
Le Metopus vexilliger élaii abondant à Florissant, en février 1918. Sa forme est assez
variable, et souvent, par exemple, on le trouve plus court que ne l'indique la fig. 1, plus
court du pied, pourrait-on dire, et alors, le péristome vient s'étendre jusque sur les trois
quarts ou même sur les quatre cinquièmes de la longueur du corps.
Metopus caudatus sp. n.
Corps allongé, comprimé dorso-ventralemcnt, à extrémité antérieure tordue de droite à gauche sur la face ventrale. La partie postérieure est fortement rétrécie, et finit en un prolongement caudal très fin, cilié jusqu'à son extrémité. Lignes longitudinales
très espacées, indistinctes, bordées de cils courts et serrés, mais qui deviennent longs et flexueux sur le bord antérieur. Péristome se prolongeant jusque vers le tiers antérieur du corps; il porte à droite une petite membrane ondulante, étroite, et à gauche une bande adorale bien développée. Noyau ellipsoïdal, subcentral, avec un gros micronoyau dans une dépression de la membrane nucléaire. Vésicule contractile à la base du prolongement caudal, grande et faisant une forte saillie au moment de la diastole.
il]
Le Metopus caudatus est en quelque façon la contre-partie du précédent; au lieu d'un prolongement en avant, il en porte un en arrière; mais en outre, les deux organismes sont bien différents. La partie antérieure du corps est à moitié rabattue sur l'ouverture péristomienne, et les cils qui garnissent cette extrémité s'allongent considérablement, formant une sorte de houppe tournant continuellement dans un mouvement de roue. La membrane ondulante est à peine marquée, juste une petite lèvre qui bat. Les stries ciliaires restent presque invisibles; plutôt que des stries, du reste, il faudrait y voir des sillons, car vu en coupe transversale, l'animal montre sa face dorsale découpée de larges crénelures. Les cils, très fins, se prolongent jusqu'à l'extrémité de la queue, si fine que soit cette dernière, et y forment même un petit pinceau. La vésicule contractile à l'état d'expansion repousse devant elle la mçmbrane propre de l'animal, en formant une forte saillie, anguleuse sur l'un des côtés, cette saillie correspondant au pore excréteur.
Cette espèce se trouvait mêlée à la précédente, dans l'étang de Florissant, en individus isolés; généralement, toute la partie antérieure, la « tête », de l'animal était remplie de petits grains; très rarement la queue manquait ou restait à peine évidente. L'animal nage lentement, en tournant sur lui-même, comme un marsouin.
Fig. 195 Metopus caudatus
Metopus contractus sp. n.
Corps trapu, comprimé dorso-vcntralement et surtout dans sa moitié antérieure, tordu en avant de droite à gauche, tronqué à angle droit à son extrémité postérieure. Lignes ciliaires très peu nombreuses, une dizaine en tout, portant des cils fins et très longs, plus développés encore sur le rebord antérieur, ainsi qu'en arrière du corps où ils se présentent comme de longs filaments terminaux. Péristome s'étcndant jusqu'au tiers de la longueur du corps, et parfois plus loin; il est bordé à gauche d'une bande adorale bien développée et porte à droite une étroite membrane ondulante.
Noyau sphérique ou plus souvent ellipsoïdal, près de la base du péristome; un micronoyau, relativement volumineux, lui e.st accolé à son pôle antérieur. Vésicule contractile terminale, très grande. — Longueur 60 à 80 jx.
Fig. 19fi. — Metopus contractus
Il est fort possible que cette espèce ait été maintes fois rencontrée sans qu'on y ait rien vu qui permît de la détacher du Metopus sigmoides. Cette dernière espèce est assez variable et nous ne pouvons que souscrire aux lignes dont Roux en fait suivre la diagnose : « Les diverses espèces qu'on a voulu former, selon le degré de torsion du corps, n'ont pas de raison
d'être, car on trouve de nombreuses formes de passage chez lesquelles la torsion est plus ou moins accusée. » Mais la torsion n'est pas tout, il y a d'autres facteurs, et par exemple le Metopus vexilUger avec son appendice antérieur, le Metopus caudatus avec son prolongement caudal, toujours constants et dont aucune trace ne se montre dans le Metopus sigmoides, revêtent des caractères nettement spécifiques. On en peut dire autant, alors, du Metopus contradus, très court, large, fortement aplati, et qui se termine brusquement en arrière par une large troncature. Des deux angles de la troncature, comme aussi des lignes ciliaircs qui viennent y aboutir, partent de longs cils dirigés en arrière, et qui sont éminemment adhésifs, fixant l'animal à quelque brindille pendant qu'il est à la pêche.
C'est probablement dans cet état fixé qu'il prend habituellement sa nourriture; on voit alors ses cils, plus serrés et plus longs à la partie antérieure, courir comme des vagues successives le long de sa crête crénelée (fîg. 2), et tout à l'extrémité, se répandre en une large touffe, qui tourne en moulinet. Il arrive quelquefois que l'animal s'étale sur un gros objet, par toute sa partie antérieure qui semble élargie en ventouse; il en devient méconnaissable alors, comme le montre la fig. 3.
Cette espèce n'était pas très rare à Pinchat, non plus qu'à Rouelbeau, et cela aux époques les plus diverses.
Metopus cuspidatus sp. n.
Corps allongé, fortement comprimé sur toute sa longueur et surtout en avant; l'extrémité antérieure très mobile et tordue; l'extrémité postérieure atténuée on une pointe acérée. La surface se voit creusée de sillons fortement marqués, au nombre de trois ou quatre sur chaque face, longitudinaux mais se montrant presque toujours spirales par suite d'une torsion du corps entier, et qui portent des cils fins et flexueux, beaucoup plus développés sur le rebord antérieur, à la pointe duquel ils constituent
une large houppe flcxueuse.
Péristome étroit, s'étendant jusqu'au tiers de la longueur du corps; il est bordé à gauche par une bande adorale courte et à membranelles étroites, et à droite par une membrane ondulante peu développée. Noyau ellipsoïdal, dans la moitié antérieure du corps. Vésicule contractile subterminale.
Longueur 50 à 55 y..
Fig. 197. — Metopus cuspidatus
Ce petit Infusoire se présente presque toujours sous des dehors très caractéristiques; il est rare, en effet, qu'on le trouve au repos, tel que le montre la ftg. 1; plus souvent ce sont les fig. 2 et 3 qui en rendent le mieux l'apparence; aplati sur la face ventrale, légèrement convexe sur le dos, terminé en avant, quand ou l'examine par le côté (fîg. 3) en une sorte de tête arrondie et dans laquelle on voit lie petits grains réfringents; avec ses lignes ou arêtes ciliaircs fortement marquées, plus ou moins tordues et qui vont se réunir en arrière en une pointe très effilée, il nage rapidement, tout droit, en se vissant pour ainsi dire dans le liquide. On le confondrait facilement, à première vue, avec une Euglène incolore, dont il présente l'aspect brillant.
La pointe caudale, il faut l'ajouter, est visqueuse, susceptible de fixer l'animal à une brindille végétale, lorsqu'il veut se mettre à la pêche.
La fig. 4 indique, en quelques traits, un couple en conjugaison, tel qu'il a passé rapidement sous mes yeux. Dans les deux individus toute l'extrémité postérieure manquait, déchirée; il faut que cette partie du corps soit particulièrement délicate, car les individus ainsi mutilés sont toujours nombreux; ils ne semblent, d'ailleurs, nullement s'en porter plus mal.
ÉTUDES SUn LES INFUSOIRES D'EAU DOUCE
Trochella mobilis sp. n.
Corps revêtant à peu près la forme d'une toupie, et dans lequel on peut considérer deux parties distinctes, l'une supérieure, vaguement trapézoïdale, comparable à une large calotte légèrement convexe en avant, un peu comprimée latéralement; l'autre inférieure, conique, appliquée par sa base contre la face inférieure de la calotte beaucoup plus large; cette dernière excavée d'une gouttière circulaire, autour de la base du cône. Le prolongement conique est parcouru de fortes cannelures longitudinales, bordées de cils qui traînent en arrière en un pinceau terminal. La calotte porte à son bord antérieur une couronne de cils fins; au bord inférieur de cette calotte, prend brusquement naissance, à droite, une ceinture de longs cils disposés sur cinq rangées les unes au-dessus des autres; cette ceinture passe à la face postérieure, revient à la face antérieure, et après avoir fait ainsi presque un tour complet vient plonger brusquement dans la dépression circulaire que recouvre le bord inférieur de la calotte, et après avoir décrit un demi-tour encore va rejoindre une fosse creusée transversalement dans la base du cône; cette fosse représente le péristome, bordé à son bord supérieur de fortes membranelles. Cytoplasme légèrement jaunâtre. Noyau volumineux, sphérique, dans la partie antérieure du corps; micronoyau adjacent. Vésicule contractile très grande, à l'extrémité du prolongement conique.
Longueur 40 [i.
Fig. 198. — Trochella mobilis
Cet Infusoire a sans doute des affinités avec la Coenomorpha mediisula de Pertv; mais ce n'est bien certainement ni la même espèce — que j'ai d'ailleurs souvent rencontrée —
ni le même genre ; tout est caractéristique dans la Trochella, la forme en toupie, ou plutôt, faudrait-il dire, en « toton », la bordure antérieure ciliée, la forte ceinture à cinq rangées (parfois quatre?) de cils, le cône postérieur avec ses fortes cannelures.
Le cytoplasme est légèrement jaunâtre, et ne renferme pas, semble-t-il, de nourriture grossière, mais seulement des petits grains; le noyau, très gros, sphérique, est toujours nettement en vue, avec un micronoyau pâle et relativement très volumineux; la grande vésicule contractile, à l'extrémité du cône, est très nette également.
L'animal court sans arrêt, et s'agite incessamment de gauche et de droite, et ces mouvements incessants, ajoutés à l'exiguïté de la taille, en rendent l'étude difficile, d'autant plus qu'on a beaucoup de peine à l'isoler. Soumis à l'action du carmin, le corps se détruit instantanément, en jetant un abondant mucilage qui rougit d'une manière intensive; probablement y a-t-il là ce mucilage défensif et stupéfiant que nous avons rencontré dans divers Infusoires, et que nous retrouverons encore (Metacystis, etc.^.
Dans la fig. 1, l'animal est représenté par la face buccale; la fig. 2 donne une vue plus grossie du large ruban cilié; dans la fig. 3, l'animal est vu par derrière; la fig. 4, enfin, qui n'a guère de prétentions à une exactitude absolue, reproduit l'image fugitive fournie par un individu dans une de ses pirouettes; on s'y rend bien compte, en tout cas, de la compression latérale de l'animal.
La Trochella mobilis s'est rencontrée à Florissant, en février 1918, puis, en juillet de la même année, à l'Ariana, dans l'étang des cygnes, où elle était commune.
Spirostomum fîlum (Ehrenb.) Clap. et Lachm. 1858-61 Uroleptus filum Ehrenberg
Corps vermiforme, très contractile, arrondi ou recourbé en bec à son extrémité antérieure, renflé dans sa partie médiane, puis étiré en un prolongement postérieur très étroit, qui simule une sorte de pied, éminemment protractile. Lignes ciliaires très peu nombreuses, longitudinales, ou spiralées, garnies de cils longs et très fins. Péristome étroit,
s'étendant, à partir de l'extrémité antérieure, sur le quart de la longueur de l'animal (beaucoup moins à l'état d'extension du corps); il est bordé à gauche d'une bande adorale bien développée; à droite il est dépourvu de membrane ondulante. Vésicule contractile terminale, remplissant comme une vaste lacune toute la partie postérieure du
corps, et remontant même sur l'un des côtés jusque
près de l'extrémité antérieure.
Longueur 200 à 300 (i,, et jusqu'à 600 et 700 (x à
l'état de plus grande extension.
D'après Butschli, nous connaissons dans le genre Spirostomiim deux espèces certaines, Spirostomiim teres Cl. et L. et Spirostomum ambiguum Ehrbg.; dans ce dernier, cependant, Roux distingue deux variétés, major et minor (1). Butschli cite également, avec un point de doute, VUroleptus filiim de Ehrenberg comme pouvant être un Spirosiomum, et Claparède et Lachmann, de leur côté, l'avaient déjà indiqué comme Spirostomum filum, mais en ajoutant : « Nous ne connaissons cet animal que d'après la description et les figures qu'en donne Ehrenberg, » et S. Kent dit plus tard à ce propos : « The Spirostomum filum of Cl. et L. is rcgarded by Stein as possessing insufTicicnt charactcrs for separate spécifie diagnosis. » En somme, il ne semble pas que personne ait revu, ou examiné autrement que d'une manière superficielle, l' Uroleptus de Ehrenberg.
Cet organisme existe, cependant; je l'ai trouvé à Rouelbeau, sur un point tout spécial du marais, d'abord au mois de juin 1917, puis plus tard encore, toujours dans de petites flaques ouvertes entre les roseaux, et remplies elles-mêmes de nénuphars. C'est là, j'en suis persuadé, une espèce bien autonome, un Spirostomum, sans doute, mais dont le faciès est tout particulier. Le corps, plutôt que cylindrique, est fusiforme, renflé, mais s'atténue en une partie postérieure très rétrécie, presque une véritable queue, qui lorsqu'elle est à son maximum d'extension égale à elle seule en longueur le reste du corps (fîg. 2). A son extrémité cette queue s'étale quelque peu, et en même temps simule un tube creux à paroi mince, cela grâce à la vésicule contractile qui la remplit tout entière, se renfle en arrière puis s'étend jusque tout près de l'extrémité antérieure du corps, comme un mince canal (fig. 1, 2). Dans la fig. 3, qui montre la région caudale, on voit une ligne diagonale à double contour en venir rejoindre l'extrémité; ce n'est là que l'expression des lignes ciliaires, qui, dans cette espèce, se montrent sous forme d'un ruban très étroit bordé de chaque côté de ponctuations très petites.
L'animal est sujet à des rétractions brusques, surtout lorsqu'il est fixé par l'extrémité de sa queue, et ces rétractions se répètent coup sur coup, sans raison apparente; on voit alors toute la moitié postérieure du corps se rider de saillies, se festonner (pg. 1), et le corps en prend une apparence spéciale, qui lui est même habituelle tant que la queue n'est pas en état d'extension.
Le péristome est relativement très court; au lieu de se prolonger, comme dans les deux autres espèces, jusque vers le milieu du corps, il n'en atteint que le quart, et à peine le cinquième quand l'animal est étendu (l'extension concerne en effet presque exclusivement la queue); la fig. 2, par exemple, reproduit un individu dont la longueur était de
Fig. 1S9. — Spirostomum filum
(\) J'ai retrouvé, dans diverses localités, les deux formes dont parle Roux, et comme lui je suis persuadé qu'il faut les séparer nettement, mais pour ainsi dire en renversant les termes; en effet, la variété minor de Roux m'a paru se rapprocher bien plus nettement du Spirostomum lercs que du Spirostomum ambiguum; ce ne serait pas une petite forme de ambiguum, mais une forme plurinucléée de teres; en effet, j'ai trouvé, soit à Florissant, soit à Rouelbeau, dans des récoltes où les ambiguum n existaient pas, des individus tout à fait semblables au leres mais pourvus de 2, 3, 4 et Jusqu'à 6 noyaux, qui correspondaient alors au Spirostomum ambiguum, var. minor de Roux.
600 (i, alors que le péristome en atteignait 78. La zone adorale est formée de palettes sur chacune desquelles les cils sont soudés en une membranelle elle-même plutôt semblable à un cil épais. On ne voit pas de membrane ondulante, mais quelque chose vibre au fond de la fosse péristomienne, quelques cils, semble-t-il.
Le noyau unique est ovoïde, plus ou moins allongé, et de structure assez curieuse (fig. 4): dans une pâte fine, très pure, on y voit une quantité de petits nucléoles, allongés, orientés dans le sens de la largeur du noyau, et disposés en séries de lignes parallèles. On y trouve accolé, ou fixé dans une dépression légère, un micronoyau très aplati, et de très faible volume ; parfois il semble y en avoir deux.
Condylostoma vorticella (Ehrenb.) Dujardin 1841 Bursaria vorticella Ehrenberg 1838
Corps ovoïde, large en arrière, tronqué en avant. Cils courts, serrés, disposés en séries longitudinales. Péristome très largement ouvert dans sa partie antérieure, et s'étendant jusque près du milieu de la face ventrale; il est bordé à gauche par une bande adorale fortement développée, et qui se poursuit, sous la forme de memljranelles disjointes, le long de la troncature antérieure; une membrane ondulante sacciforme, très vaste, part de la pointe du péristome, en borde le côté droit, et va se confondre en haut avec la bande adorale. Une sorte d'opercule ou de langue mobile, que recouvrent des cils très fins et très courts, se rattache au côté droit du péristome, et par sa partie libre recouvic presque complètement ce dernier. Noyau en chapelet, composé le plus souvent de cinq masses nucléaires sphériques. Vésicuie contractile terminale, très giande, se con tinuant sur les côtés du corps sous forme de lacunes ou de grandes vacuoles.
Longueur 200 (x.
Mes observations relatives à cette espèce ont surtout porté sur le champ péristomien, qui me paraît être encore peu connu. C'est une immense excavation à peu près triangulaire, et qui se voit bordée à gauche d'une bande adorale bien développée, pourvue de membranelles fortes mais étroites; mais tout près du sommet du champ, ces membranelles au lieu de disparaître purement et simplement, quittent le ruban adorai pour se poursuivre, en devenant sétiformes en apparence, sur le bord de la troncature antérieure ; et s'y terminer à l'angle même que cette troncature dessine à la droite du corps (fig. 2). Du point même où les membranelles se détachent du ruban, se dégage alors une membrane ondulante, très vaste, qui longe le bord droit du champ péristomien, et vient se terminer à son angle inférieur, rejoignant ainsi la bande adorale et en même
temps l'ouverture buccale; cette dernière se traduit à la vue par la présence d'une toute petite lèvre vibrante. Très souvent, la membrane ondulante ne se voit pas, repliée qu'elle est sur elle-même (fig. 1).
Mais il est un organe spécial, et dont il ne semble pas qu'on se soit suffisamment occupé — la plupart des auteurs ne le mentionnent pas — et sur lequel il me faut attirer l'attention : Bûtschli, dans sa diagnose du genre (Protozoa p. 1726) lui consacre ces
LES INFUSOIRES d'eaU DOUCE 13
Fig. 200. — Condylostoma vorticella
quelques mots : « Rechter Peristomrand etwas lamellenartig erhoben und vorn z. Th. eine rechtwinklig nach links vorspringende Ecke bildend. » Maupas (1883) dit en parlant du Condylosioma païens que « le bord droit du péristome, dans sa moitié supérieure, surplombe d'une largeur notable le creux de la fosse buccale et apparaît ainsi clair et membranoïde « et les fig. 3 et 4 de sa pi. 22 semblent montrer une sorte d'opercule, mais il ne s'explique pas autrement sur le sujet. Wrzesniowsky, en 1870, disait déjà :
« Der von Stein an der rechten Vorderecke beschriebene zahnfôrmige Vorsprung
weicht auch dadurch von dem des C. païens ab, dass er breit und ganz stumpf abgerundet ist, » mais sans traiter plus longuement du sujet. C'est là, en réalité, une sorte d'opercule, une languette épaisse, mobile, déformable, attenante au bord droit du champ péristomien, dont elle se détache brusquement. Cet opercule est couvert de stries, qui partent d'une sorte de rainure séparant la languette de la membrane ondulante, et convergent plus ou moins directement vers le bord libre de l'organe (fîg. 2); ces stries sont couvertes de cils, extrêmement courts et fins, à peine visibles.
Cette languette reste souvent cachée à la vue, ou semble positivement manquer; dans les fig. 3 et 5, qui représentent l'animal vu par derrière et de côté, et mieux encore dans la fig. 4, où il se montre de face et tel qu'on le voit fréquemment pendant la course, on n'en distingue pas trace; le champ péristomien n'est qu'une profonde excavation. Sans pouvoir m'expliquer suffisamment la disparition de l'opercule, j'en suis arrivé à conclure qu'il se rabat en arrière, s'applique à la paroi ou se fond avec elle, et disparaît temporairement aux regards.
Sur le corps, les lignes ciliaires sont fortement marquées, mais les cils y sont très courts, fins et serrés (1). La vésicule contractile est très grande, et se voit rarement arrondie; presque toujours, c'est une grande lacune, postérieure, qui se prolonge, à gauche et à droite, en deux larges diverticules eux-mêmes fortement renflés, et remonte sous la couche alvéolaire jusque bien avant dans le corps. L'appareil nucléaire consiste en sphérules séparées, presque toujours au nombre de cinq, formant ensemble un chapelet qui borde le péristome à gauche, et remonte vers son bord droit après l'avoir contourné par dessous (fig. 1).
Je n'ai pas vu de division; la conjugaison, par contre, s'est montrée une fois, les deux individus liés par la bouche, mais faisant l'un avec l'autre un angle ; ils présentaient, en fait, à peu près l'aspect d'une loupe de poche, double, à moitié ouverte.
Je n'ai rencontré cette espèce qu'à l'Ariana, sous les feuilles des nénuphars, dans Tété de 1918.
Condylostoma tardum sp. n.
Corps sacciforme, arrondi en arrière, acuminé en avant, et généralement plus large dans sa moitié antérieure. Lignes ciliaires nombreuses, longitudinales, bordées de cils courts et serrés. Péristome fortement développé, s'étendant de la pointe antérieure jusque près du milieu du corps; il est bordé à gauche d'une bande adorale très forte, laquelle plonge dans la fosse pharyngienne sous forme d'un ruban sjjiralé couvert de petits éléments fusiformes, réfringents, serrés les uns dans les autres et simulant ensemble une rosette perlée, noirâtre. A droite s'étend une ligne de cils spéciaux, très longs et qui deviennent d'autant plus forts qu'ils se rapprochent plus de l'extrémité antérieure, le dernier d'entre eux figurant même une soie forte et rigide dirigée droit en avant. L'ouverture péristomienne est en outre recouverte presque tout entière par une sorte d'opercule rattaché au corps par son bord droit, strié dans sa largeur et finement ponctué. Presque toujours trois massses nucléaires, accompagnées chacune d'un micronoyau très petit. Vésicule contractile terminale, mais s'étendant en arrière sous forme de grandes lacunes qui peuvent se prolonger fort avant le long du corps.
Longueur 200 à 250 (x .
On a quelque peine à comprendre que cet Infusoire, de taille relativement considérable, n'ait pas été décrit jusqu'ici; je l'ai trouvé dans quatre localités différentes.
(1) Je cite Ici d'après les auteurs, comme aussi de mimoire; aucune de mes notes ne parle de cils, aucun dessin ne les porte; Us ont été oubliés.
vrai.
et en toute saison, à l'Ariana, à Florissant, à Bernex, à Rouelbeau; partout, il est très rare, sauf à Florissant où on l'obtenait sans difficulté.
Le péristome est ce qu'il y a de plus intéressant dans cette espèce (fig. 2); on y trouve, à gauche, une large bande adorale, couverte de fortes membranelles, et qui s'en va plonger dans le corps en décrivant un tour et demi d'une spirale toujours plus serrée; et peu à peu, sur cette spirale, les membranelles se transforment en éléments d'une tout autre nature, des perles ou larmes allongées, brillantes, serrées les unes contre les autres; à elles toutes, elles revêtent enfin une sorte de puits, bordé de dents en pavé qui rappelleraient par exemple celles de certains Raja. Ces perles ou larmes brillantes ont l'apparence d'éléments solides, mais il suffît d'une forte pression pour les faire disparaître à la vue; en suivant alors avec attention leur disparition, on voit qu'elles sont fusiformes, plus ou moins allongées, et souvent prolongées d'un fil qui va traîner sur le ruban adorai; peu à peu, cependant, elles se transforment, s'allongent ou se raccourcissent (fig. 4 a à g), finissent par devenir un petit disque (fig. 4 i) avec le bord en relief, et enfin se mettent en poussière (fîg. 4 h). Sans avoir pu rien apprendre sur la signification de ces éléments, je suis arrivé à cette hypothèse, qu'il y aurait là un appareil de glissement pour la nourriture. Tout au fond de ce puits spirale, on voit se produire un frémissement, comme s'il y avait là une toute petite membrane ondulante.
Le côté droit du champ péristomien est bordé d'un appareil sur lequel, malgré l'examen le plus minutieux, je n'ai pas réussi à être véritablement au clair : suivant toute apparence, c'est une ligne de^cils, très longs, et très forts, et dont le dernier, beaucoup plus vigoureux encore que les autres, surmonte, comme une grosse soie tactile, l'extrémité acuminée de l'animal (fîg. 1, 2). Ce cil antérieur est certainement isolé des autres, et a ses mouvements propres; mais quant aux autres, on les voit battre à l'unisson, en longues flammes, et quelquefois, j'ai cru voir en eux, plutôt que des cils isolés, une membrane ondulante, déchiquetée, et à fortes lanières.
Mais le champ péristomien nous montre encore autre chose (fig. 2) : c'est, comme dans l'espèce précédente, une sorte d'opercule, très vaste, elliptique, strié en travers et couvert de fines ponctuations (je n'ai pas pu voir de cils) et rattaché par son bord droit à la paroi péristomienne ; tantôt alors cet opercule
se voit profondément enfoncé sous la membrane de l'animal (fig. 1), tantôt il est complètement à découvert (fig. 2).
Le cytoplasme est grisâtre, mais presque toujours plus ou moins bourré de proies vertes; et alors le Condylostoma iardum présente cette particularité remarquable que dans quelque station qu'on le trouve, il montre une prédilection nettement accusée pour tel ou tel organisme vert; à Florissant, en janvier et février, c'étaient presque exclusivement des Chlorophycées rondes, en avril de grosses Euglènes; à Pinchat, de nouveau une Chlorophycée ronde, bien que les Desmidiées, etc, etc., fussent abondantes également; à l'Ariana, exclusivement un Gymnodinium, dont l'animal faisait une consommation phénoménale.
On trouve également dans le cytoplasme une grande quantité de globules brillants, incolores, graisseux, qui s'accumulent très souvent en arrière. L'appareil nucléaire est toujours représenté par trois noyaux, ni plus ni moins, ronds, assez gros, chacun muni d'un tout petit micronucléus, que l'on ne voit qu'avec difficulté et seulement après compression. La vésicule contractile est immense; c'est d'abord une grande lacune postérieure, qui s'étend toujours plus, en rampant, pour ainsi dire, entre la couche alvéo-
Fig. 201. — Condylostoma tardum
laire et le plasma (fig. 2), et gagne la partie antérieure de l'animal, se renflant par places et même se rompant quelquefois, pour former des vacuoles arrondies. Quand sa capacité est près du maximum, elle se ramasse en une vésicule ronde, dont le volume dépasse alors tout ce qu'on voit dans n'importe quel autre Infusoire, et tel à peu près que le montre la fig. 3; puis elle finit par éclater.
Le Condylosioma tardum est lent et lourd dans ses mouvements; d'où le nom sous lequel il a été décrit.
Condylostoma sphagni sp. n.
Corps ovoïde, à peine comprimé, à partie antérieure légèrement rejetée sur le côté gauche. Bord droit régulièrement convexe, bord gauche convexe également, mais creusé dans sa partie antérieure d'une dépression duc à la courbure caractéristique du corps. Lignes ciliaircs peu écartées, longitudinales, mais, à la face ventrale, épousant les contours du corps; elles sont bordées de cils courts et serrés. Péristome allongé s'étendant jusque vers le milieu du corps et plongeant par son extrémité postérieure sous la couche alvéolaire; à gauche il montre une longue bande adorale, à droite un simple rebord vibrant. Cet appareil est en outre muni d'une sorte d'opercule, ou plaque arrondie, reliée par son bord droit avec la paroi péristomienne, et libre par son bord gauche; cette plaque est couverte elle-même de cils extraordinairement courts et fins. Noyau ellipsoïdal allongé, dans le voisinage du pharynx et sur la gauche de l'animal; il est accompagné de trois ou quatre micronoyaux très petits accolés à la membrane nucléaire. Vésicule contractile dans le tiers postérieur du corps; elle s'ouvre, sur la face ventrale, par un pore unique et bien net.
Longueur 75 à 80 (x. — Sphagimm.
Comme toujours dans les Condylostoma, c'est ici le champ péristomien qui fournit les caractères les plus remarquables dans la structure générale de l'animal. Il est très va.ste, et se prolonge en une pointe acérée jusqu'au delà du milieu du corps (fig. 1), caché dans sa partie terminale par la membrane propre de l'animal, sous laquelle il s'enfonce en formant une poche. Son bord gauche porte une longue suite de palettes adorales, sur lesquelles se dressent, semble-t-il, des rangées de longs cils plutôt que des membranelles à cils soudés (fig. 2). Ce ruban adorai s'enfonce, par sa pointe inférieure, dans la poche caractéristique, où il change de nature, et devient vibratile, son bord libre étant parcouru d'ondulations continuelks. Il rejoint, à la pointe péristomienne, le bord droit de la fosse, qui lui-même est muni d'une longue arête ou lèvre vibratile; mais ici,
nous ne trouvons plus cette vaste membrane ondulante qui limite la droite du péristome dans le Condylostoma vorlicella.
Des cils courts, cependant, bordent une région spéciale du tégument, qui s'avance au-dessus de la fosse en recouvrant à moitié cette sorte d'opercule que nous avons déjà \'u dans les deux espèces précédentes. Cet opercule est elliptique; de son bord libre, il atteint presque le ruban adorai, et à droite, il est délimité par une rainure circulaire dans laquelle battent des cils. La fig. 3, schématique d'ailleurs, donne une idée de ce que serait — autant cpie j'ai pu*le comprendre — une coupe transversale passant par le péristome : nous voyons'à droite les palettes adorales, et à gauche l'opercule, qui s'avance comme un toit sur^la cavité péristomienne; lui-même, par sa face supérieure, s'enfonce sous les téguments.
Fig. 202 — Condylostoma sphagni
et l'on y voit de petits cils; la membrane propre de l'animal avec sa cuticule, enfin, recouvre à moitié le tout, et porte à son bord quelques cils, qui paraissent ici s'enfoncer dans l'intérieur, mais doivent sans doute se trouver complètement dégagés lorsque le péristome, comme je l'ai vu quelquefois, s'ou\Te en une large fosse béante.
Quelle est la signification de cet opercule? l'une de mes observations m'en a tout au moins fourni un indice : on voyait une algue verte, ovoïde, très grosse, incluse dans la fosse péristomienne dans laquelle elle n'entrait qu'à grand'peine, et alors l'opercule la recouvrait, l'empêchant d'être rejetée au dehors.
L'opercule, en fait, n'est qu'une saillie, un diverticule de la paroi péristomienne; peut-être rétractile, pour laisser passer les proies à leur arrivée, et qui en tout cas semble disparaître à la vue quand le péristome est tout grand ouvert.
L'animal est vorace; on trouve presque toujours dans son intérieur quelques proies volumineuses, Desmidiées ou Diatomées; j'ai trouvé également le cytoplasme normalement rempli de bactéries parasites. La vésicule contractile s'ouvre sur la face ventrale, un peu au-dessous du péristome, par un pore très gros; plus bas, on trouve très fréquemment une vacuole remplie de déchets de nourriture, et qui conduit ces derniers vers l'extrémité postérieure, où se voit le pore anal (fig. 1).
Le noyau (fig. 2) est ellipsoïdal, presque fusiforme, pâle, à membrane très fine, et tout entier composé de grains extrêmement petits; on y trouve accolés plusieurs micronoyaux, trois ou quatre en général.
La fig. i reproduit un aspect très particulier que l'animal revêt dans certaines circon.stances, avant la mort : il n'est pas sujet, comme tant d'autres, à éclater, à se désagréger pendant les essais d'isolement, mais, une fois isolé et sous le couvre-objet, il ne tarde pas, sous l'effet de la compression, à s'étaler, à diffiuer comme une amibe, sans se désagiéger, et dans cette amibe mouvante, on voit quelques fragments du ruban adorai vibrer par eux-mêmes, pendant un temps encore long.
L'animal est très délicat; on ne peut guère le conserver pendant plus d'un jour ou deux; très habile, par contre, à se cacher sous les débris, d'où l'on a les plus grandes peines du monde à le déloger.
Cette espèce était assez commune dans le Sphagnum de Valavran, pendant tout l'été de 1916; je 1 ai retrouvé, très rare alors, à Chêne dans les mousses d'un vieux mur, sous la neige, en février 1917.
Bursaria truncatella O. F. Mùller 1786
Corps ovalaire, large, arrondi en avant, légèrement recourbé sur le côté gauche et tronqué h angle droit à sa partie antérieure. Face ventrale plane, légèrement concave dans sa moitié antérieure; face dorsale convexe. Lignes ciliaires serrées, longitudinales, couvertes de cils très fins. La face ventrale est creusée à son bord antérieur d'une large et profonde fissure, sous laquelle se trouve une excavation beaucoup plus vaste encore, s'étendant jusque près de l'extrémité postérieure de l'animal, et cette excavation ou fosse péristomienne est bordée à gauche d'une large bande préorale. Pas de membrane ondulante. Noyau très long, en ruban étroit, contourné. Cytoplasme fortement vacuolisé. Nombreuses petites vésicules contractiles, dispersées dans le cytoplasme.
Longueur très variable, jusqu'à 1 millimètre et plus encore.
Ce bel Infusoire, le plus volumineux peut-être de tous ceux que l'on connaît dans l'eau douce, a fait l'objet d'importants travaux, ceux entr'autres de Balbiani 1861, de Stein 1867, BûTSCHLi 1876, Brauer 1885, Schuberg 1886, Prowazek 1899, et c'est à ces auteurs, surtout aux deux derniers qui ont poussé plus loin leurs recherches, que je renverrai pour une connaissance générale de cet organisme; mais je voudrais revenir, cependant, sur certaines questions de détail, et exposer quelques observations qui peuvent avoir leur intérêt.
C'est d'abord la forme même de l'animal qui mérite de nous arrêter : A l'exception de la figure donnée par Claparède, et de la fig. 1, pi. 19, de Schuberg, qui reproduit d'une manière parfaite le contour du corps vu par la face ventrale, aucune représentation bien exacte ne nous est connue, et quant à une vue de côté, on n'a rien donné qui soit à peu près correct; l'animal, il faut le dire, est très délicat, se déforme à la moindre pression;
mais quand on peut le voir avec ses contours naturels, nageant en toute liberté dans un verre de montre ou sur lamelle évidée, il se montre assez différent de ce que nous connaissons. La ^g. 1 que nous donnons ici, et qui rappelle de très près celle de Schuberg, ne nous apprend rien de nouveau, mais dans la fig. 2, il n'en est pas de même; la Bursaria n'est pas seulement « an der Bauchseite ein wenig abgeplattet », comme le dit Bùtschli, mais elle est plus comprimée qu'on ne l'a dit, surtout à sa partie antérieure, et revêt une forme assez curieuse, très caractéristique, difficile à décrire, mais qu'on pourrait comparer à une pantoufle ouverte en arrière, avec cette différence, bien entendu, qu'ici l'ouverture concerne la partie antérieure de l'animal (fig. 2).
Brauer a interprété la striation transversale de la couche alvéolaire conmie due à « eine Einlagerung von stabfôrmigen, scheinbar soliden Korpern in einer homogenen
Grundsubstanz ». Malgré les assertions de Schuberg, qui réfute en six pages de texte les^Idéclarations de Brauer, je crois que ce dernier est dans le vrai; il y a en tout cas quelque chose, non pas seulement des stries mais des éléments figurés, fusiformes; jamais, il est vrai, je ne les ai vus faire explosion, et jamais ils ne se sont conduits comme des « trichocystes à mucilage », répandant autour d'eux une gelée protectrice et qui rougit instantanément par le carmin (1); leur rôle est inconnu, mais peut-être pourrait-on leur en supposer un, par exemple lors de l'enkystement, comme producteurs d'un mucilage qui durcit à la surface, puis se dissipe en laissant au dehors l'enveloppe externe et si caractéristique du Kyste??
Un point plus important concerne les vésicules contractiles. Nous pouvons résumer ce que nous en savions en 1887, lors de la publication de l'ouvrage classique de Bùtschli, par les lignes que cet auteur leur consacre à la page 1726 : « Contract. Vacuolen wurden gewôhnlich ganz vermisst; zuweilen zahlreich ûber den ganzen Kôrper zerstreut beobachtet (Clap. u. Lachm., Bùtschli).» Aujourd'hui encore, Schuberg s'exprime dans les termes suivants : « Ich glaube, dass Brauer zu weit geht, wenn er die Kontraktilen Vacuolen vôllig leugnet, weil er sie beim ausgebildcten Thiere nicht gefunden hat. » Prowazek a observé « zerstreute, kleinere Vacuolen, die nicht glcichzeitig pulsirten, wie Clap. u Lachm., sowie auch Bùtschli angeben »; et il ajoute qu'il a trouvé un individu déforme, et probablement en train de s'enkyster, muni d'une vacuole contractile vraie. Il faut le dire, les négations, doutes ou hésitations qui subsistent encore ne sont pas sans me surprendre quelque peu; le cytoplasme, il est vrai, est si bien vacuolisé, si complètement réticulé à sa surface, que les observations ne vont pas sans difficulté; mais les vésicules existent, normales, contractiles, et sont répandues en nombre assez considérable, très petites mais bien rondes, par ci par là aux angles des réticulalions; plus tardnous les retrouverons, sur les animaux conjugués, où alors nous les verrons nettement. Il ne faut pas oublier, d'autre part, que Claparède et Lachmann indiquent sans hésitation, et qu'ils ont figuré très exactement, « des vésicules contractiles très nombreuses, disséminées dans tout le parenchyme ».
Mais ce sont les phénomènes de conjugaison qui ont été surtout l'objet de mes
Fig. 203. — Bursaria truncatella
recherches, et je m'étendrai un peu plus au long sur le sujet. J'ai trouvé des couples à différentes reprises, mais où les individus étaient déjà déformés, c'est-à-dire avaient déjà acquis cette forme et cette structure particulières qu'ils prennent soit pour la conjugaison ou soit aus.si pour l'enkystement; était-ce sous cette forme qu'ils s'étaient réunis, ou bien
(1) La Bursaria, soit dit en passant, rougit tout entière, sous l'action du carmin, avec une rapidité et une intensité extraordinaires.
la transformation avait-elle eu lieu après la réunion des deux individus? c'est ce que je n'ai pu décider; mais ayant souvent rencontré des individus isolés, et sur lesquels la métamorphose commerçait à se dessiner, et par contre jamais des couples où cette métamorphose n'était pas encore achevée, je serais porté à croire que les animaux ne se réunissent qu'une fois la transformation tout au moins commencée.
Le couple particulier dont je voudrais raconter l'aventure, et que représente ici la fig. 5, fut isolé le 5 janvier, à 9 h. du matin. Les deux animaux, comme toujours, étaient enlacés l'un à l'autre, chacun en forme de bourse, et fortement soudés par leur partie antérieure; on n'y voyait trace ni d'appareil péristomien, m de la réticulalion spéciale du plasma, ni même de noyau; ce n'était là qu'une masse jaunâtre, plus foncée en son centre, qu'entourait une zone claire ectoplasmique, et cette dernière renfermait les vésicules contractiles, cette fois bien nettes; la couche alvéolaire, très franche de contour, se montrait partout striée des corps fusif ormes (trichocystes à mucilage?) normaux (fîg. 3). Les cils battaient vivement, et le couple courait, depuis longtemps même, si l'on en peut juger par deux autres couples que j'ai vus courir trois journées entières.
Le 6 janvier, à 9 heures du matin, les deux individus ne tenaient plus l'un à l'autre que par un pont très étroit, jeté à la hauteur du tiers antérieur du corps. Le même jour, à 4 h. %, ils se trouvèrent séparés, et, lous deux, comme d'ailleurs tous ceux que j'ai pu voir dans ces mêmes conditions, étaient non plus pyriformes, mais semblables à peu près à une côte d'orange très large (fig. 6). Ces deux individus furent mis dans un verre de montre, avec deux autres absolument dans le même état.
Sans vouloir copier d'un bout à l'autre les notes que j'ai prises sur l'odyssée de ces quatre individus, il me suffira de dire que le 8 janvier ils furent repris chacun et isolés sur lamelles évidées, tous bien portants à ce moment; que le 9 janvier l'un d'eux était mort d'accident et que les trois autres avaient repris une forme déjà plus rapprochée de la normale, mais sans vacuoles ni péristome encore visibles.
Le 10 janvier ils couraient gaiement; l'ectoplasme commençait à se montrer réticulé, et un péristome à se dessiner. Cependant, il faut croire que les conditions n'étaient pas favorables, car depuis ce moment je ne pus constater d'autre progrès qu'une transformation de forme, qui devenait peu à peu celle de l'espèce. Le 16 janvier, le dernier des individus courait encore, les deux autres ayant péri, l'un par accident, l'autre d'inanition ?
Si nous considérons maintenant les phénomènes d'enkystement, nous aurons tout d'abord à constater que l'animal passe par une phase identique à celle qui caractérise la conjugaison; et il est très probable que la transition de la structure normale à celle de la nouvelle forme est extrêmement rapide; ce n'est tout au moins que par là que je puis expliquer la seule et unique rencontre d'un individu en cours de transition; il commençait à perdre la forme normale, la vacuolisation avait disparu, mais on voyait encore, scus forme de longues lignes indistinctes, les contours de l'appareil péristomien, et la zone adorale se reconnaissait nettement (cet individu, malheureusement, ne put être isolé).
Mais suivons l'enkystement de plus près : le 5 janvier à 2 h., un individu parfaitement normal fut isolé dans un verre de montre. Le 6 janvier à 9 h. du matin il fut retrouvé tel que l'indique la fig. 4, c'est-à-dire complètement transformé, mais pourvu cependant encore de son noyau. L'animal courait vivement. Le même jour, cependant, à 4 h. J/2, il se mit en boule et ne bougea plus. Le 7 janvier à 9 h., c'était un kyste déjà, une boule jaunâtre, lisse à la surface, et entourée d'un sac transparent, plissé (1); sur la boule, on voyait, nettement dessiné, une sorte de large orifice, pourvu d'un rebord ou cadre arrondi. Sur deux points différents, apparaissaient deux petits tubes coniques, qui semblaient soutenir la membrane du sac plissé. Le même jour, à 4 h., cependant, tout était terminé, et j'avais sous les yeux le kyste que représente la fig. 7 : Le sac plissé était devenu lisse et renflé, mais en même temps, il s'était rétracté sur des points absolument syméti iques, et comme attiré par autant de petits tubes attenant par leur base au corps globuleux ou kyste central, et qui semblaient s'ouvrir au dehors. On en comptait six sur un seul et même plan, mais il y avait sept dépressions, la septième ne se raccordant pas à un tube étroit, mais à une large collerette, ronde, laquelle n'était autre chose que ce cadre que l'on avait vu à 9 h. du matin; en outre, on remarquait de distance en distance et alternant avec les tubes, des pores, ovales, simplement ouverts dans la membrane externe.
(1) Sur un autre individu, j'ai vu un état moins avancé, une enveloppe mince, incolore, lisse, et encore à peine séparée du Icyste interne.
Le kyste était complet, sans doute, et le 8 janvier au matin, il n'avait pas changé; mais il dut être abandonné.
Citons enfin, à titre de curiosité, le cas d'une Bursaria qui fut soumise, le 28 avril au matin, à l'action du rouge neutre basique, et qui courut, toujours colorée en un rouge intense, très allègrement jusqu'au 6 mai, c'est-à-dire pendant huit jours (mais avec renouvillement de l'eau chaque jour). Le 7 mai au matin, cependant, elle fut trouvée morte, mais peut-être aurait-elle vécu plus longtemps si une cause spéciale — en fait, un atome de sel ou, plus exactement, une larme échappée d'un oeil fatigué et tombant juste au bord du couvre-objet — n'était intervenue pour dénaturer la pureté du liquide.
Climacostomum virens (Ehrenb.) Stein 1859 Bursaria virens Ehrenberg
Corps sacciforme, arrondi en arrière, un peu acuminé en avant et rejeté légèrement sur le côté gauche. Face dorsale convexe; face ventrale plane ou légèrement déprimée. Lignes cihaires longitudinales, peu serrées, couvertes de cils fins. Péristome large, occupant le quart ou le tiers antérieur du corps, bordé à droite d'une bande adorale bien dessinée. Pas de membrane ondulante. Tout cet appareil péristomien est recouvert, sauf au voisinage de la bande adorale, d'une sorte d'opercule, ou de champ frontal rattaché au corps par son bord droit, strié de lignes serrées parallèles à son bord gauche recourbé en S. Le péristome va plonger dans un tube pharyngien très long, recourbé en arrière, garni d'un bout à l'autre de cils très courts et fins. Cytoplasme normalement coloré en
vert par des Zoochlorelles. Noyau en boudin, plus ou moins allongé, le plus souvent rubané et contourné. Vésicule contractile terminale, très grande, accompagnée de deux canaux alTérents, l'un à gauche et l'autre à droite, qui remontent bien loin vers la partie antérieure du corps.
Longueur 150 à 300 [i.
Fig. 204. — Climacostomum virens
Je n'ai récolté cet Infusoire qu'au marais de Rouelbeau, le 8 juillet 1916; il y était très rare, et quelques individus seulement ont pu être examinés. J'ai pu m'assurer, cependant, de la présence bien certaine des cils qui garnissent le canal pharyngien sur toute sa longueur (fig. 2), et que Stein, puis Clarapède et Lachmann, ont déjà décrits, mais sur lesquels il existait encore quelques doutes. Ces cils, dans les deux exemplaires particulièrement examinés (sous compression modérée), étaient tous diiigés vers le péristome, comme entraînés par un courant qui se serait produit d'arrière en avant. A la base de chaque cil on voyait une petite perle brillante.
Le cytoplasme était coloré, dans tous les individus, par de petites algues vertes, probablement des Zoochlorelles. Le noyau se montrait toujours sous la forme d'un boudin très allongé, reployé sur lui-même; Clap. et Lachm. se trompent quand ils réfutent l'affîmiation de Ehrenberg et croient que ce dernier a pris l'œsophage pour le noyau.
La vésicule contractile est très grande et accompagnée de deux longs canaux latéraux, et qui remontent jusque fort loin sous les téguments de l'animal; quand on examine de près cette vésicule, on voit à sa surface les lignes ciliaires normales s'arrêter vis-à-vis les unes des autres, en laissant un espace libre de la forme d'un étroit ruban (fig. 1).
Ou remarquera, dans les fig. 1 et 2, la forme et la stiiicture de cette lame arrondie, ciliée, à striation spéciale, qui s'avance sur la partie droite de la fosse péiistomienne; elle rappelle de très près l'opercule que nous venons de voir dans les Condylostoma, et en même temps elle fait prévoir le disque caractéristique des Stentor.
La Leucophrys curvilata de Stokes (1886) me paraît n'être pas autre chose que le Climacostomum virens.
Folliculina boltoni (S. Kent) Penard 1920 Freia boltoni Kent 1882
Corps lagéniforme, fortement extensible, couvert de cils très fins disposés en rangées longitudinales. A l'état d'extension maximum il se prolonge en un col qui s'épanouit lui-même sous la forme de deux giandes ailes, l'une plus développée que l'autre, et qui représentent la bande péristomienne ; ces ailes sont bordées d'un niban adorai étroit, couvert de fines membranelles, et qui va plonger en spirale dans le vestibule buccal noyé lui-même dans la profondeur du col. Cytoplasme coloré en bleu par des petits grains et des vacuoles liquides. Noyau sphérique ou ovoïde, central. Vésicule contractile représentée par des lacunes arrondies ou allongées, creusées dans le cjrtoplasme. L'animal habite une logette bleuâtre, sacciforme, comprimée, à face dorsale aplatie reposant sur un soutien, et face ventrale convexe; à sa partie antérieure, la logette se redresse à angle droit, pour former un col très court, légèrement évasé, ou bien simplement tronqué.
Longueur de la logette 150 à 200 |x; pour l'animal à l'état d'expansion maximum, cette longueur arrive à 300 et 400 (x.
Dans une publication très récente et qui décrit tout au long la Folliculina ampulla, Sahrlage (1916) s'attache à démontrer :
1° Que toutes les Folliculina sont marines, et que les indications qu'on a pu donner à l'effet contraire s'expliquent par des erreurs évidentes.
2° Que la Folliculina (Freia) boltoni de Kent n'est qu'une Vaginicola.
3° Que CCS « larves vermiformes » décrites par Wright, puis Clarapède et Lach- MANN comme représentant vraisemblablement des états jeunes et errants de la Folliculina elegans, sont des organismes indépendants, décrits d'ailleurs depuis longtemps comme tels par Dadav sous le nom de Lagynus ocellatus.
Dans l'été de 1918, cependant, je pus étudier une Folliculina bien authentique, qui vivait en assez grande abondance sous les feuilles des nénuphars dans l'étang de l'Ariana, et montrer que c'était là la Folliculina boltoni, et très probablement en même temps VAscobius lentus que Henneguy (1884) avait trouvé dans l'eau douce. De plus, il me fut possible de prouver par des expériences décisives, que les « larvées vermiformes » de Claparède et Lachmann {Lagynus de Daday) rentraient bien
dans le cycle évolutif de l'espèce et représentaient, soit des individus sortis de leur enveloppe après une métamorphose complète, soit des jeunes issus de division.
L'étude de cette Folliculina est tout particulièrement intéressante; mais comme les résultats de mes observations ont été consignés dans un mémoire spécial (Journal of the Royal Microscopical Society 1919, pp. 305 — 19), c'est à cette publication que je renverrai, me contentant aujourd'hui d'une simple diagnose, et de l'explication des figures. La première, fig. 1, montre l'animal de côté, mais dans sa coquille vue de face; dans la fig. 2, la coquille est vue de côté, et l'animal se montre à peu près de face; en 3, c'est la « larve vermiforme », l'Infusoire à l'état errant; en 4, l'animal se divise, et se transforme en larve ciliée en même temps. La fig. 5, enfin, représente un adulte séparé de son enveloppe, par accident, et rétracté sur lui-même.
Fig. 205. — Folliculina boltoni
Stentor niger Ehrenberg 1838.
Corps trapu, vaguement conique, élargi en avant, peu à peu atténué en pointe vers l'extrémité postérieure; convexe sur le côté gauche, plan ou légèrement concave sur le côté droit. Cils courts et serrés, entremêlés de soies rares et extrêmement fines. Bande adorale faisant le tour presque complet du champ frontal, et couverte de membranelles vigoureuses, implantées sur des coussinets violacés. Le ruban adorai se continue en spirale dans la fosse pharyngienne, ciliée d'abord, puis ponctuée d'une infinité de gianulations foncées, en rangées longitudinales. Cytoplasme rempli de Zoochlorelles et de grains violets ou de couleur améthyste, donnant à l'animal une teinte foncée spéciale. Noyau sphérique ou ovoïde, central. Vésicule contractile volumineuse, dans la partie gauche et antérieure du corps, et accompagnée de deux canaux alTérents dont l'un se dirige en arrière vers l'extrémité postérieure du corps et l'autre en avant pour aller se terminer dans la bordure péristomienne.
Longueur 250 à 260 (j., à l'état de plus grande extension.
Après avoir fait connaissance avec le Stentor niger en 1915, au marais de Bernex, puis l'avoir revu les années suivantes, mais sans jamais l'étudier, je le retrouvai en 1918 au Parc La Grange, sous une forme que, d'après tous mes souvenirs, je n'avais pas observée auparavant, et avec une taille inférieure à celle qu'on donne habituellement à l'animal. On l'indique également en général conime à peu près ovoïde; Roux le donne comme « pyriforme, non élancé, presque globulaire », et lui attribue 270 à 400 (x de longueur; Kent, par contre, le décrit comme « of moderate size, exceedingly changeable in shape, when fully extended nearly three times as long as broad », tandis que tous les individus rapportés du Parc La Grange revêtaient lorsqu'ils étaient en eau libre la forme représentée ici par les fig. 1, 2 et 4; c'était à peu près un cône, mais déprimé latéralement, presque concave sur l'une des faces (ventrale), convexe sur la face opposée (dorsale), à pointe postérieure allongée et un peu déviée sur le côté; la longueur à l'étal de plus grande extension, était de 260 \l environ. Examinés à un faible grossissement, tous les individus revêtaient, en somme, la forme d'une toupie allongée et pointue (fig. 4).
Il n'est pas impossible qu'il y ait là une forme ou une variété distincte; mais en tout cas, c'est cette apparence spéciale, qui en me portant tout d'abord à croire à quelque
chose de nouveau, m'a engagé à étudier l'organisme de plus près, et alors quelques-unes au moins de mes observations méritent d'être rapportées ici.
C'est tout d'abord l'appareil péristomien qui doit attirer notre attention. Les membranelles, formées de cils distinctement et fortement soudés, sont fixées sur des palettes dont chacune revêt une fonno particulière (fig. 7), celle à peu près d'un fuseau large en arrière, étiré en pointe en avant, et chacun de ces fuseaux est couvert sur toute sa surface de grains violets extraordinairement petits, de y^ \i environ; ce sont ces mêmes grains, d'ailleurs, qui couvrent la surface entière de l'animal, ne laissant de libres que les lignes ciliaircs, lesquelles se détachent en giis sur la masse générale violette (fig. 5).
Le ruban adorai, à mesure qu'il .se rapproche de la bouche, devient plus étroit, et décrit enfin une spirale descendante, qui s'enfonce dans un puits terminé par une petite ouverture claire; mais à mesure aussi qu'elles se rapprochent du puits, les membranelles, toujours plus étroites et plus serrées, se transforment, j)erdent quelques-uns de leurs ciLs, et enfin n'en ont plus qu'un seul, à l'extrémité du fuseau (fig. 8); plus loin encore, on ne voit plus que des grains, qui s'alignent en séries longitudinales, parallèles à la course du ruban spirale (fig. 6).
Fig. 206. — Stentor niger
De l'autre côté de la fente péristomienne, nous trouvons le disque, dont le bord est également recouvert de granulations serrées, alignées sur trois ou quatre lignes parallèles, et ce rebord est très mobile, fonctionnant comme une languette vibrante (fig. 6).
Les cils qui revêtent le corps sont extrêmement courts et serrés, et battent pour ainsi dire à l'unisson, comme un ensemble de vagues ou de flammes qui se succèdent sans arrêt. Par ci par là, quelques soies se dressent au milieu des cils, mais si fines et si peu visibles qu'il faut chercher à les trouver pour les voir en effet.
Le cytoplasme est très pur, et très fortement vacuolisé; dans ses mailles, il renfenne en nombre immense ces mêmes petits grains violets qui donnent avec ceux de la surface à l'animal sa couleur caractéristique; ces grains peuvent être répartis d'une manière assez uniforme, mais le plus souvent, c'est dans les régions profondes qu'on les trouve, formant une large zone violette qui recouvre elle-même une zone verte où les Zoochlorelles sont exclusivement rassemblées.
La vésicule contractile s'ouvre dans la partie gauche et antérieure du corps; le plus souvent on trouve au voisinage du pharynx une ou plusieurs vacuoles, qui se forment assez rapidement, puis disparaissent lentement. Vont-elles se joindre aux diverticules de la vésicule normale?
Le noyau est remarquablement petit, toujours parfaitement globuleux (on le décrit généralement dans le Stentor niger type comme ovoïde), lisse, homogène; j'y ai cherché en vain le micronucléus. Ce noyau se présente à la vue comme une tache claire, au milieu des grains violacés, et on le prendrait volontiers pour une vacuole; d'autant plus que cette tache tranche bi-usquement sur l'auréole foncée des petits grains, qui s'accumulent en masse tout autour de lui, en agglomérations serrées (fig. 3).
L'extrémité postérieure du corps est revêtue d'une couche de mucilage, qui paraît vaguement disposé sous une forme columnaire ; les animaux s'attachent volontiers, par ce mucilage adhésif, aux objets environnants; quelquefois on les voit deux à deux, ou plusieurs à la fois, fixés par la queue et sur un même point.
Il ne semble pas que le Stentor niger se construise jamais d'étui; je l'ai en tout cas cherché en vain; même en soumettant l'animal à l'action de l'encre de Chine, qui fait apparaître le moindre mucilage, tout est resté sans effet.
? Stentor multiformis (0. F. Mûller) Ehrbg. ? Vorticella multiformis 0. F. Muller.
Corps d'un bleu clair azuré, ovoïde ou pyriforme à l'état contracté, largement dilaté en trompette sur son bord antérieur lors de son déployement maximum, et porté alors en apparence sur une tige très étroite et très allongée. Les lignes ciliaires, bordées de cils courts et serrés mêlés de soies fines et nombreuses, sont séparées les unes des autres par des rubans étroits que traversent des baguettes en échelons. Fosse péristomienne large et profonde, bordée de membranelles longues et relativement peu serrées. Le champ frontal, rejeté quelque peu sur la droite, porte une sorte de crête constituée par de petites saillies radiaircs, fortement colorées. Noyau sub-sphérique ou ovoïde, central, portant à sa surface un certain nombre de micronoyaux très petits et fortement comprimés. Vésicule contractile très grande, à gauche et dans la partie antérieure du corps, accompagnée de deux canaux afférents, l'un en avant l'autre en arrière.
Longueur 90 [j. à l'état fusiforme, et jusqu'à 300 y. avec la tige à son maximum d'extension.
Ce n'est pas sans quelque hésitation que je me décide à rapporter à cette espèce une forme qui mériterait peut-être une désignation spécifique nouvelle. La diagnose que S. Kent nous donne du Stentor multiformis est la suivante : « Body moderately large, exceedingly plastic and variable in form; expanded peristom equal in width to about 1/3 or 1/4 of the entire length of the body; the longitudinal intra-muscular bands of tiie cortical layer coloured an intense blue or sea green; endoplast spherical or ovate. Length of extended body 1/180. Sait water; social. » Kent ajoute plus loin : « This marine type of the genus Stentor was first described by O. F. Mûller under the title of Vorticella multiformis, and has since been rediscovered and investigated by Stein. In aspect and colour it most nearly resembles St. coeruleus. It is, however, usually of much smaller size,
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and has at the comnlencemeirt a simply oval spheroidal endoplast. » Mais cette espèce marine a été retrouvée dans l'eau douce, par Henderson (1905) au jardin botanique de Fribourg i/B, par Godet (1900) dans le lac de Neuchâtel, à 10 mètres de profondeur; et sans doute par d'autres encore (? Frommentel, Stentor nanus); et alors, on pourrait se demander si la forme d'eau douce est bien la même que celle d'eau marine; et en même temps si cette forme d'eau douce n'est jjas tout juste celle que moi-même j'ai observée à Pinchat dans un marécage, à Florissant dans un étang, et, chose curieuse, à Chêne dans les mousses d'un vieux mur.
Quoi qu'il en soit, celte forme telle que je l'ai trouvée se distingue du type par différents détails, et avant tout par la possession d'une sorte de crête, d'un mamelon bosselé de larmes ou perles rayonnantes, dessinant un fort relief (fig. 1, 2), et qui surmonte le
disque surtout dans sa partie droite; cette crête est si caractéristique, que j'en avais tiré pour cette espèce la désignation provisoire de Stentor gallinulus.
La couleur, due à des grains extraordinairement petits, est en général d'un beau bleu d'azur, souvent intense et d'autres fois plus clair ou même à peine marqué, plus rarement d'un vert de mer, et tout cela dans la même récolte et la même localité. La forme est très variable, ou plutôt l'animal est très extensible; quand il est en course, on le voit ramassé sur lui-même, pointu en arriére (fîg. 5); au repos, il s'allonge tout d'abord simplement en massue (fig. 1), mais plus tard, le pied s'étire en un long pédoncule, sur lequel le corps est généralement penché (fig. 3). A l'état d'extrême extension, la pellicule d'enveloppe est à peu près lisse; mais pendant la contraction elle se couvre de petits plissements très réguliers, que l'on voit entre les lignes ciliaires comme les barres d'une échelle (fig. 7), et si la rétraction devient plus forte encore, ces barres prennent une direction diagonale assez curieuse (fig. 8), la même pour toutes sur un seul ruban, mais de direction contraire et alternante d'un ruban à l'autre.
La fosse péristomieune est très profonde, et la bande adorale est munie de rangées de palettes en forme de larmes (fig. 6), et qui portent des membranelles étroites et tout particulièrement allongées.
La vésicule contractile est très grande, et bordée sur son côté droit d'un canal qui se
[)rolonge vers le bas en un long diverticule, virs le haut en un diverticule plus court, equcl va se terminer brusquement sous la bande adorale. Il n'est pas sans intérêt de suivre la vésicule dans les dilTérents stades de son fonctionnement, et de voir, après qu'elle s'est vidée au dehors, les deux diverticules, dont l'intervention avait été nulle pendant la systole, se ramasser sur eux-mêmes et se transformer à leur tour en une vacuole ronde qui va bientôt grandir encore, tandis que les diverticules eux-mêmes se reforment petit à petit.
Le noyau est unique, arrondi; mais tandis cpi'à F"lorissant je l'ai trouvé tel que le repré.sente la fig. 1, c'est-à-dire ramassé dans son enveloppe, bordé d'une marge claire, creusé d'une vacuole, et pourvu d'un micronucléus sphérique, à Chêne, dans les mousses, c'était un noyau ellipsoïdal, finement granulé, homogène, et auquel on voyait accolés toute une série de micronoj'aux aplatis (fig. 4). Malheureusement, dans chacune de ces localités un seul noyau a i)u être examiné dans ses détails.
11 n'est pas impossible que cette forme des mousses représente au moins une « race »; par toute son apparence elle avait quelque chose de spécial; la taille était particu-
Fig. 207. — Stentor multilormis
lièrement minime; la crête du disque y était plus développée, et les soies tactiles, très courtes, raides, s'y montraient nombreuses aux côtés du corps, tandis cpi'à Florissant elles étaient beaucoup plus clairsemées.
Ludio parvulus gen. nov. sp. n.
Corps vaguement arrondi, divisé par une rainure équatoriale et diagonale à la fois, en deux parties bien distinctes : l'une, antérieure, plus large, arrondie à son sommet, simulant une sorte de casque, et pourvue sur l'un des côtés d'un appendice en crochet, dirigé vers le bas; cette partie antérieure déborde alors sur la partie postérieure, arrondie également, mais brusquement étirée en un prolongement filiforme, ou fil adhésif terminal, rigide; trois autres filaments ou bras de même structure, prennent naissance sur d'autres points du corps, et, fortement écartés, s'étendent tout droit dans le liquide ambiant. Une couronne de cils vigoureux borde la rainure transversale. Noyau sphérique ou ovoïde, sous le dôme antérieur terminal; vésicule contractile très grande, dans la moitié postérieure du corps.
Longueur 22 [x, non compris les prolongements, qui mesurent de 45 à 60 y..
Fig. 20S. — Ludio parimlus
Ce n'est là ni une Caenomorpha, ni une Trochella, mais un très petit Infusoire que l'on pourrait peut-être rapporter à la famille des Gyrocorina de Stein. Les fig. 1, 2 et 3 qui le représentent, donnent une idée générale de son apparence, et suffiront sans aucun doute pour le faire reconnaître, mais elles restent forcément inexactes.
C'est que l'animal est très difficile à étudier; il est de taille excessivement
réduite, et à peine le trouve-t-on fixé qu'il se détache d'un bond, pour se montrer plus loin avec une orientation nouvelle, et se détacher de nouveau brusquement. De plus, il n'est jamais commun et ne se rencontre guère qu'en individus isolés.
Le corps figure une toute petite masse ovoïde, divisée en deux parties par un sillon diagonal profond; la partie supérieure de la masse, en forme de haute coupole, déborde quelque peu sur le sillon, et en un point spécial y forme une sorte de lèvre que prolonge un crochet. La partie inférieure est plus étroite, et s'atténue en une pointe qui se prolonge elle-même en un long bras, presque un fil, tandis qu'un autre bras de même nature naît un peu plus haut sur le côté et qu'un troisième vient parfois se joindre aux deux premiers; un quatiième bras, enfin, se détache de la coupole antérieure; très souvent, alors, il s'écarte beaucoup plus du corps que les autres, ou même se relève assez loin vers le haut.
Ces longs bras sont probablement avant tout des organes de fixation; on voit l'animal soit perché sur l'un d'eux comme sur une échasse, soit pendu par un autre à quelque brindille; sous un faible grossissement, on peut alors examiner l'animal au repos pendant un temps relativement assez long, mais à peine un objectif plus fort a-t-il remplacé le premier qu'il songe à s'échapper; il fait d'abord un saut brusque, puis ses longs bras traînent en arrière, mous et flasques, et, semble-t-il, plus fins qu'ils l'avaient été jusque-là.
La ceinture, qui semble décrire une spirale et s'en aller plonger dans le corps sous le « bec » ventral, est garnie sur toute sa longueur de longs cils, ou peut-être de fines membranelles, qui battent vivement par groupes, et en ondulations successives; quand l'animal est à la pêche, fixé par l'un de ses prolongements, le sillon figure une roue en mouvement, comme celle des Rotifères ou du Slrobilidiiim gyrans.
Le cytoplasme est très pâle; je ne lui ai jamais vu renfermer de nourriture figurée; un gros noyau, ovoïde, se voit dans la partie antérieure du corps, et plus bas se trouve une vésicule contractile, qui finit par acquérir un volume énorme.
Strobilidium gyrans (Stokes) Schewiakoff 1893 Strombidium gyrans Stokes 1887 a (1888 p. 209)
Corps en forme de toupie allongée, large en avant, rétréci et effilé en arrière, terminé à sa partie antérieure par une large troncature. Du bord de la troncature partent cinq ou souvent six arêtes qui descendent en décrivant une spirale très faible jusqu'à l'extrémité postérieure; cette dernière, déchiquetée, bordée d'aspérités ou baguettes agglutinantes, d'où part souvent un fil extrêmement ténu qui va fixer au loin l'animal. Le champ frontal, qui remplit la troncature antérieure, est relevé en un fort mamelon légèrement penché sur un côté, et bordé lui-même d'une couronne adorale de membranelles fortes et acérées, qui décrivent une spirale complète, très surbaissée. Noyau en boudin recourbé, disposé sur un plan transverse tout près de la troncature antérieure. Vésicule contractile très grande, un peu en avant de l'extrémité postérieure, et faisant saillie à la surface du corps.
Longueur 35 à 70 [i, suivant la station aussi bien que suivant les individus.
Cet Infusoire a été découvert aux États-Unis par Stokes, qui l'a décrit en 1887, sous le nom de Strombidium gyrans; en 1893, Schewiakoff le retrouvait à la Nouvelle- Zélande, et sous le nom de Strobilidium adhaerens, il en donnait une description qui reste par certains points inférieure à celle de l'auteur américain, mais nous montre en tout cas dans cet organisme un genre tout spécial, avec lequel le Strombidium ne doit pas être confondu. En 1901, Roux l'a revu dans toute une série de stations aux environs de Genève, et c'est encore lui que Enriques décrit en 1908 sous le nom de Turbilina instabilis. La même année, puis plus tard en 1910, Fauré nous fournissait
enfin des renseignements précis sur cet organisme que l'on n'avait encore étudié jusque là que d'une manière assez superficielle.
En réalité cette espèce n'est pas rare; je l'ai récoltée à Rouelbeau, à Pinchat, à Florissant, à l'Ariana, toujours en assez grandes quantités, et mes observations m'ont fourni certains résultats intéressants.
Jusqu'à 1918, tous les auteurs indiquent la surface de l'animal comme lisse, ajoutant cependant que : « das starke vercngte hintere Kôrperende ist mit kurzen Lângsstreifcn versehen, welchc an ihrem Ende knopfartig angeschwoUen sind » (Schewiakoff), ou que : « l'extrémité postérieure est amincie, munie de courtes stries longitudinales souvent enflées à l'extrémité eu forme de boutons » (Roux). En 1908, Enriques a découvert des « lignes en relief, qui, partant de l'extrémité inférieure, se dirigent en spirale vers le haut » et cette même année, Fauré les décrivait plus au long : « Cinq séries de cils ou mieux de bâtonnets, — dit-il plus tard encore, en 1910, — descendent en hélice du péristomc vers la base de l'organisme; mais en ce point, l'hélice se re-sserre, et les cinq rangées devenues parallèles s'enroulent on spirale serrée sur une surface plane et normale au grand axe du corps que je nommerai la scopula. Les cils sont très courts, à peine longs de 2 (x, serrés les uns à la suite des autres, et pourvus d'un petit renncment basiliaire et d'un corpuscule sidérophile »; et plus loin, à propos de la scopula : « Chaque bâtonnet possède une très courte racine et un corpuscule basai; seulement il se trouve rapidement
Fig. 209. — Strobilidium gyrans
agglutiné aux autres par une sécrétion muqueuse colorable in vivo par la thionine et dont l'élaboration semble absolument limitée à la région scopulienne ainsi qu'au péristome.
Cette substance se fige au contact de l'eau, et constitue un filet assez résistant, très fin, de longueur très variable (de 5 à 80 |i) et qui, fixé à un support quelconque, retient l'Infusoire tandis que la violence du mouvement de ses cils adoraux tend à l'entraîner bien loin. »
Les observations que j'ai pu faire me permettent de confirmer celles de Fauré, mais pas dans tous les détails : sur ces séries d'arêtes qui descendent du péristome en décrivant une spirale très faible puisbrusquement resserrée au voisinagedu «pied »(fig. 5, où l'animal est vu de dessous), il ne m'a jamais été possible de rien voir qui ressemble à des cils ou même à des soies; ce sont là, m'a-t-il semblé, des lames minces, rugueuses, cendrées, et dont les cils, qui auraient peut-être existé autrefois, auraient aujourd'hui disparu.
Quant au nombre de ces arêtes, — toujours à peine distinctes, et sur certains individus ou même dans certaines stations presque complètement oblitérées — il est de cinq en général, mais presque tout aussi souvent de six; une fois même, j'en ai décidément vu sept.
De ces arêtes, deux au moins ffig. 7) se terminent avant d'atteindre l'extrémité postérieure du corps, les autres atteignent cette extrémité même, et se confondent avec les bâtonnets de la scopula; ces derniers, à peine visibles sauf dans des circonstances particulières (individus malades, fig. 3), figurent une sorte d'anneau enserrant une masse bleuâtre, glutineuse, susceptible de s'étirer en un fil. L'animal, pour produire ce filament d'ancrage, se pose d'abord sur le soutien, puis on le voit s'élever peu à peu, très lentement, sous la traction des membranelles adorales, et quand il a atteint une certaine longueur (jusqu'à 200 [i et même parfois plus; Fauré parle de 80 (x), on voit l'animal, en pleine activité, courir de droite et de gauche, comme le balancier d'une pendule, autour d'un centre que représente le point de fixation. C'est là ce que Stokes a déjà remarqué, quand il dit : « At other times it swings to and fro in the field, describing a long curved path through the water, as thougli it were attached to the end of a refraining but invisible thread. » Le fil est en effet parfaitement invisible, sauf parfois grâce à la présence de grains ou poussières qui s'y sont collés; ajoutons que l'animal quitte son ancrage au moindre signal de danger, soit en retirant le fil à lui, soit plutôt en le coupant net.
Le champ frontal est occupé par une sorte de mamelon ou de disque, de hauteur inégale, et qui plonge par son bord le plus élevé dans une dépression ou gouttière annulaire, occupée par
la frange adorale (fig. 1). Cette dernière est formée de membranelles au nombre de 24 environ (fig. 2), puissantes, rappelant dans leur ensemble les pétales par exemple du tournesol, dentelées à l'un de leurs bords, chacune des dentelures correspondant à l'extrémité d'un des cils soudés; ces cils, en effet, sont réunis
en lames, un peu comme les barbes d'une plume (mais partant cependant tous de la base de la membranelle), et s'effilent très facilement, même parfois sur l'animal encore en bonne santé.
Toutes ces membranelles semblent à première vue former une couronne régulière; en réalité, elles décrivent une spirale, et même un peu plus qu'un tour de spirale ; mais les dernières d'entre elles, qui vont plonger dans la partie la plus profonde delà gouttière
Fig. 210. — Strobilidium gyrans
annulaire et y rejoindre la bouche, se fondent en une sorte de lamelle ou lèvre que l'on voit parfois onduler (1) (fig. 4).
La bouche reste invisible, ou n'est que très vaguement indiquée, cachée qu'elle est par le disque ou mamelon central; elle m'a paru représentée, vue d'en haut et par transparence au-dessous du disque, par une large ouverture ronde. En tout cas, elle est susceptible de laisser passer des proies fort grosses, diatomées ou flagellâtes verts, que l'on trouve parfois en grand nombre dans le cytoplasme.
Le noyau (fig. 8), en boudin arqué, et logé sous le péristome, rappelle celui des VorticcUes, mais en apparence seulement, car il en diffère de très loin dans sa structure vraie. D'après Fauré, qui en a fait une étude approfondie (1908), il est constitué par une masse de microsomes visibles in vivo par transparence, et qui représentent la partie active du noyau, la chromatine; mais dans cette masse on trouve un grand nombre de nucléoles vrais, constitués par de la pyrénine; tout cet ensemble est enveloppé par une membrane ininterrompue; lorsque la division se prépare, on voit apparaître à chaque extrémité du noyau « un étranglement, tandis que deux cloisons transversales divisent bientôt ce noyau en trois compartiments. » Peut-être le terme de « division » ne doit-il pas ici être pris dans un sens littéral; la véritable division du noyau s'accomplissant en même temps que celle de l'animal même, est différente; mais mes observations confirment en tous cas celles de Fauré; toutes les fois que j'ai pu examiner à souhait le noyau, je l'ai vu, ou bien légèrement étranglé à ses deux extrémités et terminé de part et d'autre par un bouton, ou bien sous une forme plus curieuse, et qui rappelle, par exemple, ce qui se passe dans certains hypotriches ou dans le Strombidium mirabile : la plus grande masse du noyau est à grains fins, mais l'une de ses extrémités se voit composée d'une pâte plus grossière, à granulations beaucoup plus fortes, et les deux structures sont séparées l'une de l'autre par une plaque homogène, bien nette (fig. 8).
Il est rare que l'on puisse distinguer un micronucléus; ce doit bien être lui, cependant, que j'ai vu sur deux individus différents, une masse ellipsoïdale, légèrement bleuâtre, en avant de l'une des extrémités du noyau.
La vésicule contractile fait sur le corps une saillie très prononcée; elle diffère de colle des Infusoires en général en ce qu'elle s'ouvre directement au dehors, tout entière libre, sans que le tégument propre de l'animal semble la recouvrir; la disposition en est alors à peu prés telle ici que nous l'avons vue chez le Mesodinium pulex.
Nous arrivons aux phénomènes de reproduction, qui semblent être restés complètement inconnus dans cet organisme jusqu'au moment ou Enriques, en 1908, a décrit la division dans sa Turbilina instabilis; mais il faut ici distinguer entre une division véritable, et un phénomène infiniment plus fréquent, que nous devons alors regarder comme un bourgeonnement.
Dans la fig. 1, on aura sans doute déjà remarqué cette sorte de rosette dessinée à peu près sur le milieu du corps; dans la fig. 9, on la voit encore, mais par le côté; c'est là, dans les deux cas, l'indice de la formation d'un individu fille; et la rosette, ou le cône, représente les membranelles de ce nouvel individu; elles vibrent même déjà, d'un mouvement d'ensemble et d'autant plus accéléré que l'embryon est plus avancé. Mais cette rosette, qu'on est très souvent appelé à rencontrer, indique un état déjà avancé du bourgeonnement; tout d'abord, il n'a paru qu'une vésicule lisse, en saillie sur la surface, et sur laquelle se sont bien vite dessinées des stries, méridiennes et en même temps spiralées, partant de l'équateur pour venir se terminer près du pôle (fig. 6). Ces stries vont bientôt grossir, et chacune délimitera une des futures mcmbraneiles de la couronne adorale (fig. 10 vésicule vue d'en haut); et l'on remarquera ici l'homologie véritable qui existe entre cette vésicule externe et celle que nous retrouverons, mais interne, dans le genre Strombidium. Comme dans le Strombidium également, sous la vésicule le cytoplasme s'organise; il y pénètre une portion du noyau, et tout près, il se forme une petite vésicule contractile; puis les membranelles se séparent et battent librement, d'un mouvement toujours plus vif (fig. 11 et 12, qui montrent la même phase sous deux aspects un peu différents). Sous la couronne vibrante, le corps se creuse et s'étrangle, une petite masse fait saillie, et bientôt il ne reste qu'un pont (fig. 13); le pont se rompt enfin, l'embryon
(1) La Hg. 2, exacte dans sa généralité, ne l'est pas tout à (ait dans les détails; malgré des observations répétées, il est des points qui me sont restés très obscurs.
s'élance, les membranelles d'abord assez serrées (fîg. 14), puis s'écartant en une large couronne (fig. 15), et nous avons un jeune Strobilidium, de taille bien inférieure à son parent (26 fj, y compris la couronne), mais qui va s'arrondir (fig. 17), court, saute, redresse brusquement sa couronne tout entière, ou la rabaisse tout aussi rapidement.
Ces phénomènes, il faut l'ajouter, sont tout d'abord assez longs à se produire, mais plus tard ils se déroulent avec une grande rapidité; c'est ainsi que l'individu trouvé tel que le montre la fig. 9, et qui a été suivi jusqu'au bout, avait libéré son embryon moins de une heure plus tard.
Ainsi constitués, ces petits individus (1), que j'ai rencontrés en assez grand nombre nageant autour des Strobilidium, vers le milieu de décembre 1915 et alors que les cas de bourgeonnement étaient extrêmement fréquents, étaient-ils simplement destinés à grandir, ou bien représentaient-ils des individus copulateurs? Quelques-uns, bien que très petits encore, se montraient pointus en arrière, et revêtaient déjà la forme à peu près normale de l'espèce, et à cette époque, je n'ai rien pu voir qui ressemblât à une copulation; mais dans une autre occasion, et cette fois au mois d'août, j'ai rencontré un individu normal, auquel était attaché
une sorte de sac, déjà presque vide, et dont toute l'apparence était celle d'un gamète (fig. 20); sa taille, pourtant, était supérieure à celle qu'on eût pu attendre de l'un de ces petits embryons.
Jusqu'ici, les phénomènes auxquels nous venons d'assister peuvent être attribués à un véritable bourgeonnement; mais dans d'autres circonstances, c'est une division qui se produit, une « division oblique », comme le dit très justement Enriques, et qui, on pourrait l'ajouter, rappelle d'assez près celle que l'on voit se produire dans les Strombidium.
D'après Enriques, « il commence à se former une zone de cils en un point voi-sin de la partie inférieure du corps; et il est curieux qu'un nombre très grand d'individus présente cette zone, même quand dans les cultures on en trouve peu qui soient dans des stades plus avancés, et que la multiplication n'est pas très active; puis cette zone s'accroît, jusqu'à produire un individu complet. »
Il est très probable que la rareté des divisions déjà avancées, en regard de la fréquence de celles qui n'en sont qu'à leur commencement, provient du fait que, dans les premières phases, bourgeonnement et division se présentent sous la même apparence. En même temps, il ne nous faut pas oublier que si les dernières phases de la division, comme aussi du bourgeonnement, sont extrêmement rapides, les premières, concernant la formation de la rosette, sont très longues, durent peut-être des jours entiers; aussi n'y a -t-il rien d'étonnant à ce que les individus à simple rosette soient nombreux, alors que les stades les plus avancés restent extrêmement rares.
Quoi qu'il en soit, dans les cas de division proprement dite on voit se produire à un certain moment un changement dans le contour de la rosette; autour du champ qu'elle délimitait se creuse une gouttière circulaire, et l'animal revêt rapidement une apparence assez bizarre, peu compréhensible même, mais que la fîg. 16 représente assez exactement. A partir de ce moment, les événements marchent avec une rapidité surprenante, sans qu'on puisse les comprendre très bien; le corps tout entier se ramasse, le
Fig. 211. — Strobilidium gyrans
(1) Les Mesodinium flmbriahim Stokes, et Mesodinium curvaium Kei.licott, que l'on trouve décrits et figurés dans Stokes 1888 (p. 211), rappellent tous deux étrangement les bourgeons libérés de Strobilidium gyrans.
noyau se coupe en son milieu, une invagination se creuse autour de la fosse ciliée, et, 10 minutes après le stage indiqué par la fig. 16, l'animal — le couple, pouvons-nous déjà dire — revêt la forme bizarre que reproduit en quelques traits la fig. 17, où cette sorte de bec que l'on voit à gauche représente le pied du vieil individu; de face, l'apparence est plus curieuse encore, et telle que la montre la fïg. 18. Les deux individus n'ont plus guère alors qu'à se séparer.
Si les phénomènes de bourgeonnement sont fréquents, et ceux de division très rares, ceux de conjugaison ne sont ni rares ni fréquents; les couples, en somme, se rencontrent assez souvent, et se montrent sous une forme très particulière ; les deux animaux sont reliés l'un à l'autre par un masse arrondie, ou anse, très volumineuse, qui raccorde les deux péristomes entre eux; peut-être cette anse résulte-t-elle, en définitive, de la soudure des deux mamelons centraux. A l'intérieur de cette proéminence, on voyait dans un des couples examinés, une grosse masse sphériqxie, cendrée, qui pouvait être comprise comme résultant de la fusion des deux noyaux(?); dans les autres couples observés, chaque individu avait son noyau, non plus allongé en boudin, mais ramassé sur lui-même, et envoyant un prolongement vers la rosette de bourgeonnement (fig. 19). Il est assez intéressant de remarquer, en effet, que dans les quatre couples qui ont été soumis à un examen sérieux, tous les individus, c'est-à-dire huit en tout, portaient un bourgeon, plus ou moins avancé (1). En même temps on pouvait noter sur chaque couple que, tandis que dans l'un des deux indi\idus la rosette se voyait directement, dans l'autre elle n'était vue que par transparence (en pointillé dans la figure); fait assez intéressant en lui-même, en ce qu'il montre que bien que dans cette espèce on ne puisse guère faire de différence entre une face ventrale et une face dorsale, ces deux faces existent virtuellement, et que l'embryon ne se forme que sur l'une d'elles, toujours la même.
C'est également grâce à cette disposition spéciale de la rosette que les couples, vus par la tranche, ont un aspect si original (fig. 21); le corps s'est rétréci dans sa partie moyenne, mais dilaté dans la région antérieure, pour se raccorder à l'anse terminale très large; et les deux rosettes se voient à gauche et à droite, symétriques et opposées.
Le Strobilidium gyrans est d'une mobilité extraordinaire, courant d'une vitesse effrénée, soit tout droit, soit en grands cercles; puis tout d'un coup, surtout lorsqu'il est inquiété, il se met à tourner sur place, comme une toupie, et avec une rapidité telle qu'il est inutile de chercher à distinguer les membranelles; brusquement, il renverse le mouvement, tourne dans le sens opposé, et re\dent après un instant au sens primitif; quelquefois, on le voit tout à coup s'abattre sur lui-même et se désagréger; les membranelles s'immobilisent, et le noyau, qu'on a beaucoup de peine à voir dans l'état de santé, se dessine alors subitement très net. J'ai remarqué à ce propos un fait assez significatif : à l'arrivée d'un courant de glycérine très diluée, un individu s'abattit d'un coup, mort, mais l'embryon qu'il portait, la rosette, continua à battre un instant encore. C'est là un exemple de plus de cette vitalité toute spéciale des très jeunes individus, tout aussi marquée dans les infiniment petits que dans les animaux supérieurement organisés.
La fig. 22 représente une forme un peu spéciale, que j'ai trouvée à Rouelbeau; on y voyait quatre arêtes longitudinales, fortes et très nettement marquées, puis deux vésicules contractiles qui fonctionnaient chacune normalement, des membranelles très longues et très fortes, et un puits pharyngien très profond, nettement dessiné, dans lequel venaient s'engloutir coup sur coup de petites proies.
Strobilidium humile sp. n.
Corps très clair, lisse, cylindro-conique, à bords latéraux se rapprochant peu à peu
fiour se rencontrer en arrière en une pointe terminale; en avant, le corps est coupé d'une arge troncature. Champ frontal plane, creusé sur le côté gauche d'une entaille semilunaire; il est entouré d'une couronne adorale de longues membranelles qui décrivent, presque sur un même plan, un peu plus d'un tour de spirale et vont plonger dans la fosse péristomienne. Noyau en boudin, disposé transversalement près de la troncature antérieure. Vésicule contractile petite, un peu en avant de l'extrémité postérieure. Longueur 20 à 22 (x.
(1) Dans chaque couple, les deux bourpeons ét.iient de même volume et à la mÊme phase du développement; faudrait-il en conclure qu'ils n'avaient commencé à se dessiner qu'après la réunion des deux individus, au même moment et comme par un effet de cette réunion elle-même ?
Fig. 212. — Slrobilidium humile
Je crois pouvoir rattacher au genre Strobilidium un Infusoire de taille extrêmement petite, incolore, très pâle, qu'on voyait courir rapidement et tout droit devant lui au milieu des débris organiques qui gisaient au fond de l'étang de l'Ariana, dans le courant de l'été de 1918. La forme est presque exactement celle d'un obus très court, mais dont la pointe, généralement très nette et d'autres fois un peu arrondie, indique ici la partie postérieure de l'animal. En avant, c'est une troncature brusque, à angle droit sur l'axe longitudinal, creusée d'une gouttière circulaire d'où sort une couronne de longues membranelles ; ou plutôt ce n'est pas une couronne, mais une spirale, comme le montre la fig. 3. A l'intérieur de la couronne, on voit tantôt une légère proéminence (fig. 1), tantôt une sorte de lèvre arquée, qui surplombe la fosse péristomienne (fig. 2).
Le noyau est en boudin recourbé; une petite masse grise, que l'on voit plus bas, doit représenter le micronucléus.
Strombidium viride Stein 1859.
Corps ovoïde ou en forme de toupie, large en avant, rétréci en arrière et arrondi à son extrémité postérieure. Péristome décrivant environ trois quarts de tour à la face antérieure du corps, bordé de membranelles d'abord longues et puissantes, puis qui deviennent brusquement plus faibles et plus serrées, en même temps qu'elles plongent dans la fosse qui termine à gauche le sillon péristomien. Sur le bord droit de cette fosse, une membrane ondulante étroite, recouverte en partie par le rebord du champ frontal. Cytoplasme généralement coloré en vert par des Zoochlorelles, ou aussi par des particules de nourriture. Trichocystes en longs bâtonnets disposés en faisceaux le long du corps. Noyau sphérique ou ellipsoïdal, normalement accompagné de deux micronoyaux très petits. Le corps est revêtu dans sa moitié postérieure d'une enveloppe très mince, consistant en plaques hexagonales extrêmement petites, formant un réseau serré. Pas de vésicule contractile vraie.
Longueur 60 à 80 |x.
Fig. 213. — Strombidium viride
En publiant, dans l'année 1916, mes observations sur le Strombidium mirabile, j'insistais sur le fait que cette espèce avait dû maintes fois être observée, mais qu'on l'avait toujours confondue avec le Strombidium viride, dont il fallait absolument la séparer. Cependant, le
Strombidium viride, tout juste entrevu dans quelques-unes de mes récoltes, me restait à cette époque très peu connu; mais aujourd'hui, après l'avoir revu et étudié tout au long, je puis insister plus fort que jamais sur l'existence de deux espèces différentes.
Il est assez curieux, cependant, de constater que le caractère que j'indiquais comme le plus nettement différentiel, l'existence de cette cupule ou carapace formée de plaquettes, et dans laquelle l'animal reposait « comme un œuf dans son coquetier », est peut-être celui qui importe le moins. En effet, dans le Strombidium viride, cette carapace existe, bien qu'elle n'ait jamais été décrite et qu'elle soit plus difficile à distinguer, formée qu'elle est de plaquettes hexagonales beaucoup plus petites, de 1 i^ à 2 (x à peine. Mais les deux
espèces n'en restent pas moins bien distinctes, soit par certains traits de détail sur lesquels une publication toute récente donne les renseignements voulus (Penard, 1920), soit par la structure complètement différente de ce curieux appareil embryonnaire qui donne quelque chose d'étrange au Strombidium mirabile.
Dans le Srombidium viride cet appareil existe; mais alors, au lieu de s'y montrer sous la forme d'un tube partant de la fosse péristomienne et allant s'enrouler autour d'une petite masse embryonnaire de forme ovoïde (voir plus loin, Strombidium mirabile), c'est un canal, évasé tout d'abord en entonnoir, partant d'une région centrale du plasma, descendant sous la forme d'un tube étroit qui décrit une double boucle, et plus tard se dilate dans sa région terminale pour former un sac qui sera lui-même l'origine de l'appareil péristomien. De plus, on trouve ici, dans le Strombilidiiim viride, un canal annulaire
spécial, interrompu dans la région même où prend naissance l'entonnoir, et sur les fonctions duquel on ne peut que faire des suppositions (1).
Pour des renseignements plus circonstanciés, je ne puis que renvoyer à mon mémoire tout récent (1920); mais une brève explication des figures, qui sont les mêmes ici, permettra de se rendre un compte sufTisamment précis de l'organisation de cet Infusoire si curieux.
La fig. 1 donne une vue générale de l'animal. Dans la fig. 2, nous avons quelques-unes des membranclles ou « palettes »
qui s'enfoncent dans la rainure péristomienne; deux d'entre elles se sont temporairement déployées dans toute leur longueur; les autres se voient dans leur disposition naturelle, repliées sur elles-mêmes. La fig. 3 montre l'appareil embryonnaire, dans un état déjà avancé; en 4, nous avons une coupe d'un fragment du tube caractéristique, dans la région où ce tube est entouré d'un manchon de petits grains nourriciers. Dans la fig. 5 est représenté l'appareil embryonnaire à l'état très jeune encore. La fig. 6 donne une idée de la carapace et du canal annulaire qui lui est superposé; à droite se voient quelques trichocystes, quatre d'entre eux encore unis par leurs sommets. La fig. 7 représente le noyau, jeune, avec son « nucléole » encore à peu près central; plus bas, les deux micronoyaux. En 8, un faisceau de trichocystes encore jeunes, renfermé dans le sac caractéristique, est soudé par son sommet à la paroi interne du tégument. La fig. 9 montre la division telle qu'elle apparaissait sur un individu légèrement comprimé.
Fig. 214. — strombidium viride
Strombidium mirabile Penard 1916
Corps ovoïde ou en forme de toupie, large en avant, rétréci en arrière, et arrondi à son extrémité postérieure. Le péristonu^ décrit environ trois quarts de tour à la face antérieure du corps, bordé de puissantes membranclles, qui, arrivées sur la gauche du sillon, plongent brusquement dans la fosse péristomienne et s'y transforment en palettes courtes, .serrées. Le bord droit de cette fossette porte une longue membrane ondulante, qui au bas de la pointe périslomieimo se renverse en arrière et va battre dans une cavité que recouvre le bord du chainj) frontal. Cjioplasme coloré en vert par de petites algues, Zoochlorelles ou particides de nourriture. Trichocy.stes en longs bâtonnets disposés aux côtés (lu corps sous la forme de quatre larges faisceaux; souvent aussi, un faisceau postérieur. Le corps est revêtu dans sa moitié inférieure d'une enveloppe consi.stant en
(1) Peut-être ce canal annulaire tiendrait-il lieu de la vésicule contractile absente ou bien serait-il d'une manière ou d'une autre en rapport avec le tube embryonnaire, et ce dernier fournlralt-il une eau mieux aérée à l'embryon qui va se former.
plaques hexagonales très petites (beaucoup plus fortes cependant que dans Strombidium viride). Noyau ellipsoïdal, sub-central. Pas de vésicule contractile vraie. Longueur 60 à 70 (i.
Le Strombidium mirabile a été décrit en 1916, dans un mémoire auquel je ne puis que renvoyer aujourd'hui. Cependant, en le retrouvant plus tard, une étude comparative m'a paru s'imposer. Il s'agissait avant tout d'éclaircir un point de détail : A la page 240, je disais, à propos des membranelles que l'on trouve dans l'intérieur même de la fosse péristomienne : « Ces membranelles spéciales peuvent être considérées comjne continuant directement la ligne des membranelles adorales, mais alors, elles sont de direction diamétralement opposée; tandis que les membranelles adorales montrent la gauche, celles-ci vont toutes à droite. Les choses se présentent conmie si le « peigne » oral avait tourne, tout d'un bloc, de 180 degrés sur son axe; et de fait, c'est bien là ce qui a dû se passer: la fosse péristomienne plonge brusquement dans l'intérieur, et l'on conçoit qu elle ait entraîné avec elle les membranelles orales, qui, ainsi que nous le verrons plus tard, faisaient à l'origine simplement suite aux membranelles adorales et étaient de même direction. » on j ■
Or, dans le Strombidium viride, rien ne se voit de cette brusque torsion de 180 degrés; et il était difficile d'admettre qu'elle existât dans une autre forme si rapprochée ; mais mes contrôles ne m'ont donné, cette fois encore, qu'un résultat négatif; l'apparence ^st telle que je la décrivais, et telle aussi que le montre la fig. 1. Cependant, je serais porté an y voir aujourd'hui qu'une apparence en effet; les lamelles du « peigne » se dirigeraient bien du dedans au dehors, de droite à gauche, mais elles seraient repliées sur elles-mêmes, comme nous l'avons vu dans le Strombidium viride, et d'une manière plus intime encore, se soudant même, peut-être, sur le fond de la fosse.
II est un autre point sur lequel je voudrais également revenir : les phénomènes si curieux qui se passent à l'intérieur du corps et ont pour résultat la formation d'un nouvel individu, avaient été interprétés, avec raison, comme relevant du bourgeonnement ; mais alors, c'est comme une division vraie que j'étais porté à expliquer un cas spécial, où deux individus s'étaient montrés solidement unis dans le sens de leur longueur. Aujourd hui, c'est à la conjugaison que je ne croirais plus volontiers dans ce dernier cas; avec une expérience plus grande de l'organisation des Infusoires en général,j'ai peine à croire,dans un Strombidium, à une division qui serait purement longitudinale, telle qu'on ne la connaît guère que chez les Péritriches.
A part ces deux rectifications, mes contrôles n'ont fait que confirmer toutes mes observations précédentes, et je me contenterai de faire ressortir ici les traits principaux par lesquels le Strombidium mirabile se distingue du Strombidium viride :
1° Bien que l'individu soit de plus faible taille, les plaquettes hexagonales de la carapace y sont beaucoup plus grandes, doubles au moins de longueur, et beaucoup plus épaisses également.
2° Les trichocystes forment quatre larges faisceaux, au lieu d'un grand nombre de faisceaux étroits.
3° Le noyau est tout différent : Dans le Strombidium mirabile, on le trouve (à l'âge adulte) elliptique, et divisé par une cloison transversale en deux masses distinctes, dont l'une, antérieure, plus petite, est à plus gros grains. Le micronucléus est unique, volumineux.
4° La fosse péristomienne est plus profonde, et d'une configuration toute spéciale; la membrane ondulante de droite, cachée sous un rebord très saillant, se recourbe en arrière dans sa partie terminale, et remonte vers le haut du corps, logée dans une poche spéciale creusée sous le tégument (fig. 19).
5° Le canal circulaire n'existe pas.
Fig. 215. — Strombidium mirabile
6«> L'appareil embryonnaire est tout à fait différent; on voit (fig. 2) partir du fond de la fosse péristomienne, un canal étroit, sur le trajet duquel un bras se détache pour aller rejoindre une rosette embryonnaire de deuxième génération; plus loin le canal va s'enrouler sur une rosette plus avancée, qui se modifiera bientôt et fournira la série des membranelles d'une nouvel individu.
Tout comme dans le Slrombidium viride,le corps est normalement coloré en vert par la chlorophylle ; mais ici les Zoochlorelles, la Chlorella vulgaris, ne constituent en général qu'une proportion assez faible de la masse; on y voit surtout des algues, des zoospores de Chlorophycées, et dans une certaine région du marais de Pinchat, c'était une petite algue vert de mer qui donnait à l'animal une teinte toute spéciale.
J'ai récolté le Strombidium mirabile à Pinchat, à l'Ariana, à Rouelbeau ; dans cette dernière localité, j "ai rencontré parmi les autres, deux ou trois individus d'une apparence assez particulière : de taille relativement faible, ils possédaient une carapace très épaisse, formée non plus de plaquettes minces, mais de colonnes prismatiques serrées les unes contre les autres, leur grand axe perpendiculaire à la surface du revêtement. Était-ce là une forme spéciale, ou bien pouvait-on supposer un gonflement anormal des plaquettes? Malheureusement, cette forme spéciale n'a pu être étudiée.
Strombidium oblongum Kellicott 1885
Corps ellipsoïdal, ou en forme de gland de chêne, arrondi ou parfois légèrement acuminé en arrière; bordé en avant d'une couronne terminale de fortes membranelles, qui après avoir décrit un peu plus d'un demi-tour plongent brusquement, sous forme de palettes mobiles, dans une fosse péristomienne profonde, allongée. Sur la droite de cette fossette est une lèvre vibrante, saillante, et qui parfois s'élève avec tout le champ frontal au-dessus de la troncature antérieure. Noyau ovoïde, vers le milieu du corps. Pas de trichocystes. Vésicule contractile à gauche et en avant, au voisinage de la fossette péristomienne. La surface du corps est couverte de cils rares et longs, plus développés encore à l'extrémité postérieure, où ils figurent une couronne de longs filaments qui traînent en arrière.
Longueur 25 à 30 [i; exceptionnellement jusqu'à 45 jx.
Bien que Kellicott (1885), par suite de la perte d'une partie de ses notes, n'ait pas donné de figure de son Strombidium oblongum, et n'en indique pas la taille, c'est presque
certainement à cette espèce qu'il me faut rapporter un petit Infusoire, qui abondait à Pinchat en avril 1917 : On le trouvait courant dans les Chaetophora, qui formaient de véritables tapis verts dans un fossé au bord du marais; après un temps de course rapide, on le voyait s'arrêter tout d'un coup, tourner sur place, et reprendre bientôt sa course. Comme dans les Slrombidium, on trouvait une forte couronne de membranelles, suivies, dans la fosse péristomienne, d'une longue rangée de palettes. Sur le bord droit de la fosse, il n'apparaissait pas de membrane ondulante, et c'était, suivant toute apparence, le bord même du tégument, épaissi en une lèvre à double contour, qui vibrait de temps à autre; très souvent, cette lèvre s'étirait vers le haut (fig. 3), comme une sorte de bec, entraînant avec die le péristome et la couronne de membranelles.
Le noyau, gros, cendré, ovoïde, était toujours un peu sur le côté, à mi-hauteur du corps. Une vésicule contractile, bien normale, battait à gauche de l'ouverture péristomienne.
Fig. 216. — Strombidium oblongum
Des cils rares, très longs, garnissaient les côtés, et en arrière, on les trouvait plus longs encore, formant une véritable couronne, qui traînait pendant la marche (flg. 1, 3).
La nourriture consistait en algues vertes et en petites diatomées. Quelques individus se sont montrés en cours de division; ils portaient tous une touffe de membranelles, tout près de l'extrémité postérieure du corps. L'embryon que montre la fig. 2 était déjà dans un état avancé, et la rapidité avec laquelle, à partir de là, se passent les événements, ne peut mieux être mise en évidence que par le fait que, sur ce couple spécial qui fut suivi jusqu'à la fin, cinq minutes après la phase représentée par la figure, les deux individus étaient séparés, égaux de taille, et nageaient chacun de leur côté.
Il est intéressant de remarquer que cet organisme — à peine un Strombidium, du reste — trouvé ici pour la première fois en Europe, y habitait les Chaetophora, et que c'est tout juste dans les Chaetophora que Kellicott l'a trouvé aux États-Unis.
Strombidinopsis setigera Stokes 1885 (1888 p. 208)
Corps allongé, sub-cylindrique ou plus souvent conique, extensible, arrondi ou acuminé en arrière, coupé brusquement en avant d'une troncature quelque peu en biais. Des cils courts, fins, mais plus développés en arrière, et disposés en rangées longitudinales serrées, revêtent le corps entier. Toute la face apicale de l'anima est excavée, et découpée en même temps, sur la face ventrale, d'une large entaille inégale, sur l'un des bords de laquelle la muraille se relève brusquement. De cet angle supérieur, alors, une couronne adorale étroite, formée de fines membranelles disposées sur deux rangs, court le long du bord en décrivant une faible spirale, et vient plonger dans la fosse péristomienne; cette dernière, très profonde et s'étendant au delà du milieu du corps, est alors bordée à gauche par la bande ciliée, et à droite elle porte une membrane ondulante très étroite, peu distincte. A la partie antérieure du corps et immédiatement au-dessous de la troncature, se voit une couronne lâche de soies tactiles très fines et très longues. Cytoplasme généralement coloré en vert par des Zoochlorelles. Noyau sphérique, dans le milieu du corps, accompagné de deux ou trois micronoyaux très petits. Vésicule contractile grande, non loin de l'extrémité postérieure. L'animal à l'état de repos s'entoure d'une gaîne mucilagineuse très claire, indistincte, très fugace.
Longueur 65 à 75 |x.
On a peine à se représenter que Butschli (1889 p. 1724) ait pu considérer la Strombidinopsis setigera comme un Tintinnidium nageur et dépourvu d'enveloppe, car la description de Stokes est très suffisante, et la figure très précise. Roux, en 1901, retrouvant pour la première fois cet organisme en Europe, l'a facilement identifié avec la forme décrite par l'auteur américain, « mais à cause de ses caractères, dit-il, il doit être placé dans le genre Tintinnidium » ; et il en fait le Tint, setigerum; à mon avis la parenté avec les Tintinnidium n'est que très lointaine, et le genre Strombidinopsis demande à être rétabli.
Le corps est sub-cylindrique, toujours cependant un peu plus large en avant qu'en arrière, souvent même un peu évasé en cloche; mais le bord de la cloche n'est à angle droit sur l'axe longitudinal que sur une demi-circonférence environ, sur une face qu'on peut appeler dorsale (fig. 2), par opposition à une autre face sur laquelle, d'un côté le rebord descend en diagonale, et de l'autre plonge brusquement, pour rejoindre cette diagonale même; dans la fig. 1, l'animal est vu par le côté, et montre la diagonale en avant, et plus en arrière le rebord, d'abord horizontal puis ensuite plongeant.
Cette face apicale que circonscrit le bord de la cloche, est alors creusée d'une vaste cavité, hémisphérique en apparence lorsqu'on la regarde à travers les téguments de la face dorsale (fig. 2), mais qui se creuse en réalité plus profondément du côté ventral, et se continue toujours plus étroite, jusque vers le tiers postérieur du corps, où elle se termine en pointe (fig. 1). C'est là, en somme, une fosse péristomienne, que l'on voit bordée du côté gauche (ici, dans la fig. 1, il se présente, à travers les téguments, comme côté droit) d'un long ruban strié en travers, et couvert de cils ou de membranelles très étroites; c'est là la bande adorale, qui s'en va plus haut former sur le rebord de la cloche une couronne à membranelles très fines et très longues, doublées elle-même d'une couronne interne, formée plutôt de longs cils (fig. 3). De l'autre côté de la fente péristomienne, on
Fig. 217. — Strombidinopsis seiigera
voit, non sans difficulté, une lè\Te étroite et longue, qui vibre par instants (fig. 1), et à laquelle le nom de membrane ondulante peut sans doute s'appliquer.
Le corps tout entier est revêtu de cils courts et serrés, un peu plus longs en arrière ; et de plus, tout en haut et sous le rebord terminal, on trouve une couronne lâche de soies très fines, très longues et très droites.
Le cytoplasme est plus ou moins rempli de Zoochlorclles, qui colorent l'animal en vert. On y trouve, vers le milieu du corps, un noyau sphérique, finement granulé; tout
près ou accolés à la membrane nucléaire un, deux, ou trois micronoyaux, très pâles. Le cytoplasme renferme également, outre la nourriture habituelle, algues et diatomées, un grand nombre de bactéries, en 8 de chifi're. Il est intéressant d'assister à la capture des petites proies; on les voit arriver l'une après l'autre, s'engouffrer tout droit dans la fente péristomienne et en dépasser même la pointe, pénétrant d'un seul coup jusque tout près de l'extrémité postérieure du corps; sans doute, un pharynx très étroit s'ouvre devant elles et les laisse passer.
L'animal se construit un étui, un fourreau, mucilagineux, absolument incolore, et que ni Stokes ni Roux ne semblent avoir aperçu; on ne le distingue du reste que très difficilement, et seulement grâce aux poussières qui peuvent y adhérer; l'encre de Chine, par contre, le met facilement en évidence. L'animal quitte d'ailleurs son étui à la moindre occasion ; en course, il n'en possède pas, et il ne s'en entoure que lorsqu'il prend l'état de repos et se livre à la pêche.
On le voit alors immobile, les soies antérieures appuyées au rebord de l'étui; les membranelles de la couronne adorale sont déployées, les cils de la couronne interne se recourbent en dedans et forment un dôme au-dessus de l'animal; mais les petites membranelles du ruban qui descend dans le pharynx sont toutes en mouvement. Effrayé, l'animal rentre brusquement dans son étui, en se contractant quelque peu; puis, après quelques secondes à peine, il sort lentement, sous la poussée des cils latéraux, les soies tactiles pointant tout droit au dehors, puis se rabattant peu à peu (fig. 3); la couronne interne fait voûte protectrice, le ruban adorai est parcouru d'ondulations. L'animal va se remettre à la pêche, mais jamais pour un temps bien long; tout d'un coup, sans cause apparente, il part droit devant lui, et s'en va former un étui plus loin (1).
Très fortement comprimé, l'animal difilue et devient amiboïde, puis se coupe en lambeaux, ou évacue par la bouche une ])artie de son contenu ; cela, sans doute, en rapport avec la finesse toute particulière de la cuticule.
J'ai trouvé la Strombidinopsis setigcra d'abord à Pinchat, où elle n'était pas très rare, puis à Rouelbeau, et enfin dans le Sphagnum à la tourbière de Valavran. Dans cette dernière station, c'était une petite forme, dépourvue de Zoochlorclles.
Halteria grandinella (0. F. Mûlleh) Dujardin 1841 Trichoda grandinella MUller 1786
Corps sub-globiilaire, vaguement tronqué à sa partie antérieure, et quelque peu étiré en arrière. Péristome décrivant à la face antérieure un cercle presque complet; il
(1) D'après Stokes, 11 semblerait que l'animal nage, ou peut nager, à reculons : • It lias the habit, dit-il, of frequently darting bacltwards for a short distance, at the same timc contracting the frontal portion and partially closing tlic péristome lleld... » C'est là également ce que je crois avoir vu, mais ne trouvant rien dans mes notes qui rappelle la chose, je n'ose me pronocer à ce sujet. J'ai l'impression, du reste, que si l'animal peut aller à reculons, il ne le fait pas généralement.
est bordé de membranelles très fortes, qui se raccourcissent brusquement pour plonger dans la fosse péristomienne et s'y continuer sous la forme d'une bandelette pectinée. Pas de membrane ondulante, que remplace une lèvre ou rebord mobile limitant à droite la cavité péristomienne. A mi-hauteur du corps court un sillon équatorial très fin, indistinct, qui porte lui-même une ceinture lâche de longues soies saltatrices. Noyau sphérique ou ellipsoïdal, vers le milieu du corps. Vésicule contractile au voisinage de la fossette péristomienne.
Longueur 28 à 38 |i.
A la page 632 de son grand ouvrage, S. Kent fait au sujet de cette espèce les réflexions suivantes : « It has been described and portrayed by almost ail the carlier writers. With the exception, however, of those by Clarapède and Lachmann, none of the figures or descriptions given are to be relied upon, ail having misinterpreted the true form and structure ofboth the oral ciliarywreath and ofthat central girdle of setae by which the animalcule accomplishes its leaping movemcnts ». Ces paroles n'ont pas encore aujourd'hui perdu leur valeur, bien que Kent lui-même donne certainement des figures supérieures à celles de ses devanciers, et que plus tard les deux figures de Butschli (PI. 69, fig. 6 a et b, dessins originaux de Schwiakoff) constituent un réel progrès.
Au fond, comme le dit Butschli, nous n'avons là qu'un Strombidium, mais garni d'une ceinture de soies saltatrices; mais tout est ici d'une observation très difficile, l'animal, de taille excessivement réduite, s'éclipsant d'un bond dès que l'œil croit en avoir fixé les détails; et, comprimé, il se déforme imméditatement.
Le disque péristomien est bordé de membranelles très fortes, au nombre de dix environ, qui se transforment brusquement, comme dans les Strombidium, en courtes palettes plongeant elles-mêmes dans la fosse péristomienne; vues d'en haut, ces palettes dessinent une ellipse presque parfaite (fig. 3). Sur le bord droit de la fosse on ne remarque pas de membrane ondulante, mais pourtant, il y a quelque chose, un rebord que l'on voit parfois vibrer.
Le noyau , dans le milieu du corps, rond ou plus ou moins allongé, est finement cendré; tout près, ou bien aussi accolé à la membrane nucléaire, on trouve un micronucléus, et quelquefois il semble y en avoir deux.
Les soies saltatrices, très longues, rigides, dessinent une ceinture régulière un peu au-dessus du milieu du corps; mais à cet égard, il me faut attirer l'attention sur la fig. 2, qui montre quelque chose de spécial :
Sur cet individu particulièrement examiné, j'ai distingué d'une manière assez nette non seulement la ceinture que l'on trouve habituellement, mais, partant de cette ceinture, deux sillons longitudinaux très fins, l'un à gauche, l'autre à droite de la ligne médiane, et sur lesquels étaient implantées également des soies, qui se suivaient en une seule ligne jusque vers la partie postérieure du corps. A ce propos, je voudrais citer quelques lignes tirées de la diagnose de BiiTscHLi, et relatives à quelque chose d'analogue :
« Bei der bis jetzt nur von ihren Entdeckerngesehenen H. Volvox Clap.
et Lachm., sollen zwischen den steifen Borsten, die einen Kranz formieren, noch kurzere, nach riickwàrts gerichtete Cilien stehen, welche sich gleichfalls nicht bewegen. » Or, dans Halteria grandinella, on peut voir dans certaines circonstances, sur l'individu examiné par sa face orale, toute une série de peites boucles (fig. 3) alternant avec les grandes soies et qui battent faiblement ; et après les avoir observées un instant, on constate que ce sont des cils repliés sur eux-mêmes. On peut se demander alors : 1° si les cils dont parle Clarapède, et que l'on n'a pas revus, n'existeraient pas en effet; 2° si ces cils ne
Fig. 218. — Halteria grandinella
seraient pas d'une nature toute particulière, tantôt se rétractant en une boucle et devenant visibles, tantôt se développant en longues soies d'une finesse si extraordinaire qu'ils ont toujours échappé aux regards.
Dans la fig. 2, la bande adorale de la fosse péristomieime est représentée comme se continuant, très étroite, jusque bien loin vers l'extrémité postérieure du corps; c'est ainsi que je l'ai vue deux fois; sans doute y a-t-il là un indice de division. Quant à la fig. 1, elle nous montre un bourgeonnement, tout à fait analogue à ce que nous avons \ii dans les genres Strobilidium et Strombidium. Y a-t-il un rapport direct entre les phénomènes indiqués par ces fig. 1 et 2, une suite d'un même événement, ou bien division dans un cas et bourgeonnement dans l'autre?
J'ai étudié cette espèce à l'Ariana, où elle se montrait sous deux formes quelque peu différentes, mais d'ailleurs identiques dans les détails; l'une plus grande, plus franchement globuleuse et légèrement jaunâtre, l'autre plus petite, moins renflée et pâle.
Genre Metacystis
BuTSCHLi fait suivre la diagnose relative aux Lacrymaria (p. 1684) de quelques lignes consacrées aux genres Vasicola et Metacystis, et dont nous extrayons les suivantes :
« ? Metacystis Cohn 1866; Entz; Gourret et Rœser; Môbius. Unsichere kleine Form (L. bis 0,03). Gestalt etwas kegelfôrmig bis cylindrich, hinten abgerundet, vorn abgestutzt. Vorderende mit Kranz kràftigerer Cilien (nach M. 2 Krànze verschieden gross), der ûbrige Korper fein geringelt oder ungestreift (G. und R.) mit zârteren Cilien. Das Hinterende umschliesst fast immer eine mehr oder wenigcr hervorragcnde, homogène, fctt glànzende Blase (was mit Entz wohl sicher als eine pathologische, auf beginnendem Zerfliessen beruhende Erscheinung angesprochen werden darf) Ma. N. einfach central. Contract. Vacuole terminal vor der Blase. Bewegung stetig rotirend. Europâische Meere. 1 Art. »
Les déductions de Bùtschli pourraient paraître étranges, si nous ne prenions en considération le fait que l'auteur, sans avoir rencontré lui-même aucun de ces organismes, n'a tiré ses renseignements que de descriptions très écourtées et de figures défectueuses. En réalité, les Metacystis constituent un genre parfaitement caractéristique, très voisin des Tintinnidium, et dans lequel cette « vésicule brillante », lorsqu'elle existe, n'est nullement pathologique.
En 1893, Stokes a décrit une espèce d'eau saumâtre. Met. striata, mais à laquelle il ne m'est pas plus qu'aux autres possible de rapporter aucune des formes, d'eau douce cette fois, qui vont être décrites.
Metacystis lagenula sp. n.
Corps de structure identique à celle de Metacystis recarva (1), mais plus court et plus extensible encore, toujours droit ou à peine quelquefois légèrement recourbé à son extrémité antérieure. En dedans de la double couronne adorale s'ouvtc un orifice excentrique, qui donne accès dans une vaste cavité phaiyngionnc traversée de bas en haut par une cloison membraneuse. Cils du corps serrés, nombreux; à l'extrémité postérieure, quelquesuns d'entre eux deviennent beaucoup plus forts, et en outre il se dégage de l'un des côtés un filament très long, qui retient l'animal dans sa logctte. Noyau sphérique, dans la moitié j)Ostérieure du corps. Deux vésicules contractiles, l'une près de la fosse pharyngienne; l'autre à la partie postérieure du corps. Pas de sphère mucilagineuse postérieure. Logctte lagéniforme, devenant brune avec l'âge, droite, large à sa base et se rétrécissant vers le haut en une courbe élégante, pour s'évaser de nouveau, très légèrement, sur son bord.
Longueur de l'animal 30 (i; logette 55 à 62 fx.
Ce petit Infusoire habite une logelto, incolore ou légèrement teintée de jaune chamois, et qui, dans certaines circonstances ou certains habitats (Sphagnum) peut tirer au
(1) Voir plui loin cette espèce dont l'étude présente moins de difllcultés.
Fig. il9. — Metacystis lagenula
brunâtre. Elle est droite, lisse, et ressemble à s'y méprendre à certaines bouteilles bien connues destinées à servir de mesure de capacité des liquides.
Le corps remplit à peu près les deux tiers de la coquille, et, lorsqu'il est déployé, il en revêt également à peu près la forme (fig. 1). Sur les côtés, on le voit crénelé, les crénelures correspondant à autant de stries annulaires, dans lesquelles s'insèrent des cils plutôt courts, forts, qui se dirigent vers la paroi de la logette et s'y recourbent comme des ressorts fixateurs. A la partie postérieure du corps, les cils sont plus longs, et l'un d'eux, beaucoup plus développé que les autres, va rejoindre le fond de la coquille dans l'angle que ce fond lui-même fait avec la paroi latérale (fig. 1).
Il existe aussi des stries longitudinales, mais très peu visibles dans cette espèce ; c'est sur elles que les cils sont en réalité implantés.
L'extrémité antérieure est tronquée, légèrement déjetée sur le côté (fig. 2), et cette troncature, ou face apicale, porte deux couronnes concentriques, l'une, externe, formée d'une cinquantaine de membranelles longues, étroites, acérées, l'autre, interne, composée de cils fortement développés. A l'intérieur de cette couronne ciliée s'ouvre une ouverture excentrique (fig. 2, 3), laquelle conduit dans un vaste vestibule, dont le fond se resserre, puis se dilate de nouveau en un pharynx allongé; mais du fond de cette cavité on voit partir une languette, étroite, mince, qui traverse en diagonale et de bas en haut le vestibule tout entier, pour rejoindre en avant le bord de l'orifice terminal (fig. 3).
Le cytoplasme est grisâtre, ou plus souvent coloré en vert par des Zoochlorelles. On y trouve des bols alimentaires et des inclusions de toute sorte, puis un noyau sphérique, très petit, et sur lequel, dans une occasion spéciale et après carmin, j'ai trouvé accolé quatre grains rouges qui devaient être des micronoyaux. En avant, près du vestibule, se voit quelquefois une vésicule contractile ; en arrière, on en trouve une autre près du noyau.
Examinons l'animal à la pêche (fig. 1, 2, 3) : Il a la « tête » en dehors, et semble reposer sur le bord de sa logette par les cils de sa première rangée annulaire, que l'on voit étalés. Les membranelles de la couronne externe, largement déployées, sont immobiles; mais quand par hasard un petit organisme (Zoospore, etc.) vient à les toucher, elles s'agitent un instant, comme pour le repousser, puis reprennent leur immobilité; pendant ce temps, les cils de la couronne interne sont en vibration, attirant des microbes et des organismes excessivement petits. Tantôt alors ces organismes sont refusés, et renvoyés par les cils, tantôt ils sont acceptés, et alors on les voit, s'ils sont très petits, précipités avec une précision remarquable droit dans l'orifice en entonnoir, et passer dans le vestibule; s'ils sont plus gros, les membranelles, jusque là tranquilles, se referment un instant sur eux; les uns, alors, glissent lentement le long du ruban diagonal et pénètrent dans le pharynx, qui les enverra bientôt dans le cytoplasme, les autres restent longtemps à se débattre dans le vestibule, sans pouvoir, semble-t-il, en ressortir, tant à cause de la forme conique de l'ouverture, que peut-être de la languette diagonale susceptible de leur fermer le passage (1).
Mais l'animal est très timide; à chaque instant, on le voit, rapide comme l'éclair, se rétracter dans son enveloppe, et cela, si j'ai bien observé, sous l'action du grand cil qui le fixe au fond de la coque, et qui se recourbe vivement vers le bas, comme un ressort.
Mais à peine l'animal est-il rétracté, qu'on voit toutes les membranelles vibrer, comme pour chasser un ennemi, puis après un instant reprendre leur immobilité. Elles restent immobiles encore, quand l'Infusoire remonte, cette fois à la nage, lentement.
(1) II est possible, en effet, que cette languette fonctionne comme dans la MelacysUs recurva, où il lemble uMt ■ ■ ■ ■
bien qu il puisse y avoir occlusion.
porté par les cils latéraux qui vibrent à l'unisson, pour redevenir inertes et s'accrocher aux parois quand l'animal aura repris sa position de pêche.
Le petit être n'abandonne que rarement sa coquille, mais il le fait à l'occasion, et va la reconstruire ailleurs. Il s'entoure d'une couche mucilagineuse, au sein de laquelle il tourne sans airêt, sur son axe longitudinal, et moule à sa forme cette matière tendre qui va bientôt durcir. Un individu, par exemple, isolé un soir sur lamelle évidée, abandonna pendant la nuit sa coquille, que je trouvai vide au lendemain matin; lui-même fut retrouvé dans les environs, avec une logctte incolore et encore incomplète, dont il était en train de modeler le col; mais, inquiété, il partit tout à coup, et alla se fixer plus loin; on le voyait a'ors se rétracter brusquement, s'allonger, et une ligne très fine, sur le côté, semblait montrer un dépôt de mucilage; mais il disparut encore, et pour toujours.
J'ai tiouvé un jour deux individus dans l'enveloppe, l'un normal et fixé par son grand cil, l'autre beaucoup plus petit, arrondi, et qui semblait vouloir s'échapper. C'est là la seule occasion où j'ai pu voir quelque chose qui ressemble à une division, ou à un bourgeonnement. Par deux fois se sont rencontrés des kystes, inclus dans la logette; ou plutôt, la première fois c'était une masse arrondie, lisse, en train de s'enkyster, la seconde fois, c'était un kyste vrai, ovoïde, à membrane lisse, épaisse.
La Mclacystis lagenula n'est pas très rare, mais elle passe trop facilement inaperçue. Je l'ai trouvée à Bernex, à Rouelbeau, à Pinchat, à Lossy, et à Châtel-S'-Denis, où elle vivait dans le Sphagnum.
Metacystis recurva sp. n.
Corps vermiforme, plus large à sa partie postérieure, non comprimé, extensible, et normalement penché sur le côté, sa partie antérieure recourbée fortement. En dedans de la double couronne adorale s'ouvre un orifice petit, nettement excentrique, donnant accès dans une vaste cavité pharyngienne arrondie en arrière, et divisée en deux parties distinctes par une cloison mobile, qui partant de l'une des parois de la fosse et vers le fond de celle-ci, va rejoindre l'ouverture externe et s'applique soit à gaucho soit à droite de son bord. A la partie postérieure du corps, un long filament se détache de la dernière couronne ciliaire pour aller rejoindre le substratum. Un étui rigide, mince et incolore, se fixe également au soutien par une large base, et s'élève en
reproduisant la courbure de l'animal.
Noyau sphérique, sub-central. Vésicule contractile un peu au-dessous du noyau ; souvent une autre, au-dessus.
Longueur 45 à 50 [i ; e x c e p t ionnellement jusqu'à 68 (x.
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Metacystis recurua
Le corps est ici presque identique de structure à celui de l'espèce précédente, mais s'en distingue cependant dès le premier coup d'œil, tant à cause de sa taille plus forte que de ses sillons annulaires beaucoup mieux marqués; les stries longitudinales sont un peu plus nettes également, mais restent cependant la plupart du temps indistinctes. L'animal, au lieu d'être droit, se voit presque toujours recourbé sur le côté; c'est là, en fait, sa position normale, et c'est à cette courbure du corps qu'est due la forme de la lof^ette, arquée également. Elle est extrêmement fine, incolore, élargie en arrière, et dépourvue de fond. Comme dans la Metacystis lagenula, nous trouvons deux couronnes concentriques,
formées l'une de membranelles, et l'autre de cils. Les membranelles, que j'ai pu voir plus distinctement, sont dentées en scie sur toute leur longueur (fig. 6). Ici encore, les proies sont acceptées ou refusées; dans un cas spécial, on voyait arriver coup sur coup des particules de deux sortes, les unes très probablement des spores de cryptogames, les autres certainement des microbes. L'animal, alors, refusait tous les champignons pour n'accepter que les microbes, qu'on voyait arriver tout juste sur l'orifice antérieur, pour passer dans le vestibule. Ce dernier, plus vaste encore que dans le M. lagenula, n'était pas suivi d'un pharynx, mais de temps à autre, il s'allongeait, se resserrait en arrière, puis s'étranglait, en envoyant dans le cytoplasme une vacuole remplie des petits grains nutritifs; ces derniers avaient longtemps tourbillonné dans le vestibule, en une véritable sarabande, devenant toujours plus réfringents sur leur bord, comme par une sorte de digestion préparatoire qui s'opérait dans le vestibule même. Quelquefois, au contraire, j'ai vu des petits grains de rebut passer de la grande section du vestibule à la petite, en frôlant la languette interne, et arriver droit sur l'orifice pour être expulsés au dehors. Cette languette est à peu près de même nature que dans l'espèce précédente, étroite, et très mince; après écrasement de l'animal, on peut la voir isolée, comme une tigelle à deux branches parallèles, légèrement recourbées dans le haut. Cette tigelle (fig. 4), telle qu'on la voit après écrasement, n'est sans doute qu'un squelette, car à l'état naturel elle se montre terminée par une languette protoplasmique vibratile; cette dernière, alors, vient s'appliquer sur l'un des rebords de l'orifice antérieur, qu'elle dépasse même par sa pointe, et tantôt on la voit à droite, tantôt elle est à gauciie (fig. 2, 3); on pourrait supposer qu'elle agit à la manière d'un tiroir de machine à vapeur, fermant la sortie tantôt d'un côté tantôt de l'autre; dans la fig. 2, par exemple, on la voitdisposée de telle sorte que tel ou tel petit grain puisse être expulsé, les microbes nutritifs restant emprisonnés dans la portion large du vestibule; dans la fig. 3, c'est cette large portion qui s'ouvre, pour laisser arriver les proies.
Il me faut ajouter cependant, que malgré certaines observations, positives mais non concluantes, cet essai d'explication reste une hypothèse, qu'il serait intéressant de contrôler.
Parmi les cils qui garnissent le dernier des sillons circulaires un peu en avant de l'extrémité postérieure du corps, il en est un, beaucoup plus développé que les autres, une véritable soie, qui se déploie en arrière, et que l'on voit, immobile, recourbée, libre dans le liquide, ou bien adhérente au substratum (fig. 1); probablement cette soie retientelle l'animal solidement fixé; mais elle est différente en tout cas de celle de Met. lageniila, et ne paraît pas être comme cette dernière revêtue d'un vernis protoplasmique visqueux. Ce dernier anneau ciliaire coïncide également avec l'équateur d'une grosse sphère bleuâtre, très claire et très pure.cette « Sarkodeblase » que Cohn a trouvée dans sa Metacystis Iruncata, et qu'il donne comme « n'ayant certainement rien de pathologique ». Biitschli, nous l'avons vu, la regarde cependant comme telle; mais Cohn est sûrement dans le vrai; c'est là un élément normal, qrii peut disparaître, après avoir rempli ses fonctions, mais se reformera plus tard. Examinons ce qui se passe lorsque nous faisons agir un léger courant de carmin glycérine : à peine le réactif arrive-t-il, que l'on voit se dessiner à la partie antérieure de l'animal une tache d'un rose foncé; c'est une matière sécrétée, qui se répand peu à peu le long du corps sous forme de myriades de granulations, et finit par atteindre l'extrémité postérieure; à ce moment, la grosse boule se déchire, gonfle, et se recouvre de poussières rouges, en même temps qu'il se répand tout autour une masse de mucilage, toute pénétrée de grains rouges également (fig. 7 ).
A mon avis, cette boule représente un dépôt, dépôt de mucus probablement stupéfiant; nous la retrouverons ou nous retrouverons le mucilage, dans d'autres Metacystis, et dans d'autres Infusoires aussi, même dans une Vorticelle (V. monilala), où les perles de la surface ne sont pas autre chose que de petites boîtes à mucilage défensif . Le cytoplasme, dans la Metacystis recurva, ne renferme pas de Zoochorelles, mais il est très généralement bourré de grains de toute sorte, des « boulettes de microbes », des masses graisseuses jaunes et brunes, qui cachent à la vue le noj'au. Ce dernier, sphérique, renferme des petits nucléoles en grand nombre disséminés dans une pâte grisâtre; tout près se voit un micronucléus, ou plutôt, j'en ai vu deux, mais dont l'un ne m'a pas paru certain. Il doit y avoir, également, deux vésicules contractiles; dans un individu, en tout cas, je les ai observées, fonctionnant alternativement, mais on n'en voyait qu'une à la fois. Le plus souvent, cependant, il semblait n'en exister qu'une seule.
L'îinimal quitte facilement sa coquille, lorsqu'il est dérangé; il nage sous la forme d'une petite larve allongée (fig. 5), allant droit devant lui, et courant avec une grande rapidité.
La Meiacystis recurva s'est rencontrée à Pinchat et à Florissant.
Metacystis daphnicola sp. n.
Corps allongé, cylindrique ou vermiforme, très extensible, souvent recourbé en S, arrondi en arrière, tronqué en avant en un bourrelet terminal. Ce bourrelet porte une couronne de membranelles minces et longues, doublée elle-même d'une couronne interne d'éléments plus fms. En dedans de cette double couronne adorale s'ou\Te un orifice quelque peu excentrique, qui donne accès dans une vaste cavité pharyngienne, terminée en pointe à son extrémité. Le corps est tout entier revêtu de cils, disposés suivant des lignes longitudinales, traversées elles-mêmes de lignes transversales; ces dernières délimitent alors autant d'anneaux successifs, et les deux séries de stries dessinent à la surface un nombre considérable de petits rectangles dont les angles portent chacun une petite perle brillante, elle-même à la base d'un cil court et raide. La partie postérieure du corps se voit le plus souvent occupée par une grosse masse claire, opalescente, de nature mucilagineuse, et qui parfois fait une forte saillie en arrière. Noyau sphérique, vers le milieu du corps, avec micronoyau adjacent. Vésicule contractile à peu près médiane également. L'animîil à l'état de repos habite une logette, très mince, incolore, rigide, largement ouverte en arrière aussi bien qu'en avant, et dont la forme reproduit celle de l'animal.
Longueur 75 à 110 [z en général; jusqu'à 170 (i à l'état très allongé.
Cette espèce est beaucoup plus grande que les deux précédentes; le corps est aussi beaucoup plus extensible, peut s'allonger même beaucoup plus que ne le montre la fig. 2, et atteindre alors jusqu'à 170 (j.. Les anneaux, au nombre de 24 environ, sont fortement marqués; et, sur les individus en extension complète, on ne les voit plus dessiner tout autant de sillons, mais au contraire tout autant de crêtes (fig. 4); c'est donc entre eux (jue se fait surtout l'allongement, comme si eux-mêmes représentaient autant de cercles inextensibles de soutien. Les lignes ciliaires longitudinales sont également assez nettes, et on les voit ponctuées de petites papilles brillantes; celles qui se trouvent à l'entrecroisement des sillons annulaires portent chacune un cil, les autres (une entre chaque annulation, fig. 3, mais j'en ai vu parfois deux ou même trois) n'en ont pas.
On trouve ici encore les deux couronnes péristomicnnes, sur lesquelles on peut faire toutes les observations que nous avons rapportées dans les autres espèces; mais en outre, il y en a, ou il semble y en avoir, une troisième, par le fait que la couronne intérieure se dédouble en un cercle interne de cils plus courts (fig. 4) qui se relèvent au-dessus de l'orifice adorai. Ce dernier, relativement large, un peu excentrique, s'ou\Te directement dans un vestibule assez long, creusé en pointe, et dans lequel je n'ai pas trouvé la languette caractéristique des autres Metacystis. Le vestibule n'est pas non plus suivi d'une poche ou vacuole pharygienne, mais lui-même s'allonge, se resserre, et détache une vacuole pleine de grains nutritifs, et qui disparaîtra bientôt dans le cytoplasme.
Les cils sont courts, mais très forts, presque des soies; en arrière, cependant, on les trouve plus longs; j'y ai en vain cherché le long filament postérieur, qui paraît décidément manquer.
Le cytoplasme renferme presque toujours un grand nombre de grains jaunes, bruns, et même parfois violacés, qui dans certains cas arrivent à cacher tout le reste du plasma. Le noyau, arrondi, vers le milieu du corps, est accompagné d'un petit micronucléus; la vésicule contractile, unique, se voit un peu plus bas; elle devient très grosse, se recomposant par la fusion de petites vacuoles qui éclatent les unes dans les autres.
La grosse boule à mucilage se retrouve ici, à l'extrémité postérieure; dans la fig. 1, on la voit allongée, comme un sac interne; c'est, en fait, à l'origine une cavité, qui se remplit petit à petit, et plus tard, devenue un sac, fera saillie au dehors.
A l'arrivée de la glycérine carminée, cette sphérulc terminale se conduit comme nous l'avons vu précédemment, mais, il faut l'ajouter, il y a là encore des nuances; la réaction est plus ou moins vive ou plus ou moins lente, suivant l'état de maturité du contenu du
sac. Sur le reste du corps, il se forme également un mucilage coloré, et pendant une seconde ou deux, on peut voir ce mucilage divisé en alvéoles irréguliers, comme s'il y avait eu une infinité de jets partant de la surface, et se fondant immédiatement les uns dans les autres.
Il est à remarquer que pour forcer la cuticule, ces jets n'auraient guère d'obstacles à surmonter; cette cuticule — comme dans les autres Melacystis, semble-t-il — est ici très mince, si même elle existe, et c'est pourquoi l'animal, fortement comprimé, s'étale et difilue comme une amibe, en rampant encore un instant.
Dans cette espèce, l'animal se rencontre beaucoup plus souvent que dans les deux dernières à l'état errant, nu (fig. 1); il court très vite, droit devant lui, tournant sur son axe longitudinal, parfois se tordant un peu, comme un Nématode, et de temps à autre faisant un saut brusque en arrière. Sitôt qu'il vient à se reposer, il se construit une enveloppe, incolore, excessivement fine, et qui n'est jamais que partielle, le fond en étant toujours largement ouvert (fig. 2).
Fréquemment même, cette enveloppe est plus curieuse encore : l'animal, en effet, a une prédilection marquée pour les carapaces vides des Daphnia, sous lesquelles il va se cacher; il s'y attache, alors, à quelque distance du bord, par sa partie postérieure, et se construit, mais seulement en dehors de la Daphnia, un tube, et rien de plus; à l'abri sous la carapace, il n'en a plus besoin, mais quand il sort sa tête, il se ménage un étui protecteur. Il n'est pas rare de rencontrer des valves de Daphnies portant deux ou trois de ces « cheminées »; et plus à l'intérieur, on trouvera l'animal, rétracté sur lui-même; il n'est pas même nécessairement orienté juste sous le tube (fig. 5), mais saura bien vite le trouver quand il voudra s'allonger.
On voit souvent l'animal abandonner son enveloppe; mais dans quatre expériences où j'ai gardé des individus pendant trois et quatre jours, ils se sont divisés, ils ont quitté leur coque, mais je ne leur en ai pas vu s'en reconstruire de nouvelle; les conditions n'étaient pas favorables.
La fig. 6 montre la division, qui est transversale; on voit en arrière la grosse boule de mucilage, qui n'apparaît pas encore dans l'individu antérieur.
Je n'ai trouvé la Metacystis daphnicola qu'au marais de Pinchat où elle n'était pas rare, en janvier comme en août de 1915.
Fig. 221. — Metacystis daphnicola
Metacystis exigua sp. n.
Corps sacciforme, trapu, 1 14 fois aussi long que large, arrondi en arrière, tronqué en avant. Cils vigoureux, disposés en couronne sur des lignes transversales très espacées, au nombre de cinq ou six au maximum; à la partie postérieure du corps, les cils deviennent très longs et traînent en arrière. La troncature antérieure est occupée par une couronne de membranelles fortes et acérées, que borde à l'intérieur une seconde couronne d'éléments beaucoup plus fins. Une soie tactile antérieure, aussi longue que le corps, et parfois même plus longue encore, se détache du bord de la troncature, se recourbe quelque peu en dedans, puis se relève et va pointer dans le liquide ambiant. Le champ buccal est creusé d'une ouverture légèrement excentrique, qui se continue plus bas en un puits profond. Noyau sphérique, dans la moitié postérieure du corps. Vésicule contractile à peu près médiane. L'animal s'entoure parfois d'un étui mucilagineux, temporaire et extrêmement fugace. — Longueur 13 à 20 [x.
C'est là un très petit Infusoire, dont la longueur n'arrive à 20 (x que dans les gros individus; il est, par contre, assez large, trapu. Les sillons annulaires, très espacés, ne sont guère qu'au nombre de quatre ou de cinq, et garnis de cils forts, plus longs encore à la partie postérieure. On trouve à la face antérieure les deux couronnes caractéristiques, indépendantes l'une de l'autre, et semblables à ce que nous connaissons déjà ; mais ce qu'il
y a de curieux dans cette espèce, c'est l'existence d'un long cil, d'une soie plus longue que le corps tout entier, partant du bord antérieur, et qui se replie au-dessus du corps toujours immobile; elle est tactile, sans doute.
L'orifice adorai conduit directement dans le vestibule, simple fosse très peu profonde, mais qui s'allonge considérablement, et se dilate en arrière, lorsqu'il s'agit d'aller porter au cytoplasme les proies capturées. En avant et sur les côtés de la fosse, on trouve souvent une grosse vacuole, quelquefois vide, mais d'autres fois renfermant un ou plusieurs grains brillants, probablement destinés à être expulsés tout près, par l'orifice adorai. La nourriture consiste presque toujours en élément figurés relativement volumineux, algues rondes. Zoospores, etc; après digestion, il n'en reste que des grains brillants, dans de grandes vacuoles; ou bien, ces grains s'accumulent en arrière, et se colorent en un rose très clair.
La vésicule contractile est sur le côté, vers le nùlieu du corps; on ne la distingue que difficilement, cachée au milieu des bols alimentaires; et le noyau, grand, sphérique, finement granulé, se voit encore moins.
L'animal affectionne les algues mucilagineuses (Chaeto-
phora), etc, et lui-même se construit un étui gélatineux, mais
si clair et si transparent qu'on ne le distingue que si des
poussières viennent à le recouvrir. Il quitte son étui le plus facilement du monde, en
tournant d'abord sur lui-même comme pour s'en dégager, puis part brusquement,
d'une course folle, extraordinairemcnt rapide.
Cette espèce a été rencontrée au marais de Pinchat, en septembre 1916. Les individus étaient assez nombreux.
Fig. 222.
Metacyslis exigua
Vasicola ciliata Tatem 1869
Corps vaguement ovoïde, plus large en avant cju'en arrière, arrondi à son extrémité postérieure, en avant relevé d'un bourrelet tciininal strié en travers. Lignes ciliaires serrées, longitudinales, entrecroisées de lignes transversales qui se traduisent sur les bords gauche et droit du corps par une suite de crénelurcs bien marquées. Cils fins, serrés, courts sauf à la partie postérieure du corps, où quelques-uns d'entre eux deviennent très longs et traînent en arrière. La lèvre circulaire antérieure est bordée d'une double couronne adorale, l'externe formée de membranelles fortes et longues, dirigées en dehors, l'interne composée d'éléments plus fins, ou cils dirigés en dedans. Le champ buccal est percé d'un large orifice central, qui s'ouvre directement dans le cytoplasnu', ou dans une vaste lacune creusée dans ce dernier. Cytoplasme coloré en vert, brun, rose et surtout violet par des bols alimentaires modifiés. Noyau s])liériques, central, avec micronoyau accolé. Vésicule contractile relativement petite, dans la moitié j)ostcrieure du corps.
L'animal au repos se construit une logette lagéniforme, droite, élégante, à bords crénelés.
Longueur 65 à 85 |j.; longueur de la logette 100 à 150 (jl.
En même temps qu'il consacre une note au genre Melaajsiis, Butschli (p. 1684) traite en quelques lignes du genre Vasicola, qu'il considère conune très voisin du premier, mais douteux comme lui, et probablement rapproché des Lacrymaria. Il nous en donne alors la diagnose suivante :
« ? Vasicola Tatem 1869. Ungeniigend bekannte Form, ctwa vom Bau einer Ideinen Lacrymaria {0 II, 133). Mundzapfen wenig entwickelt, doch ziemlich breit; tràgt einen
Kranz stàrkerer Cilien. Schlund wenig bekannt. Kern und contract. Vacuole? Hauptmerkmal : der Besitz eines flaschenfôrmigen, mit breiter Basis angewachsenen Gehàuses, dessen Mûndung halsartig verengt ist. Quertheilung im Gehâuse beobachtet, worauf die beiden Sprôsslinge dasselbe verlassen; auch die gewôhnlichen Thiere verlassen die Gehàuse haûfig.