‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 138 sur 210 · V. Linnæa. 1K45, p · texte numérisé non relu

V. Linnæa. 1K45, p

4. Nova acta Academiæ Caes. Leopold, naturæ curiosorum, Vol, 11. Pars 2.

nom que nous venons d'employer. C'est un végétal parasite ; on le rencontre sur les animaux morts qui se trouvent accidentellement dans l’eau, ainsi que sur divers ammaux aquatiques vivants, chez lesquels il détermine des maladies et même souvent la mort. M. Unger à vu les zoogonidies se former dans l'intérieur des utricules. Ceux-ci finissent par se rompre, et la gonidie supérieure en sort. Elle est bientôt suivie par une seconde, une troisième, etc., jusqu'à ce que tout l’utricule soit évacué. Ce n'est qu’à l'égard des gonidies qui sortent les premières qu'on pourrait se demander si elles ne sont pas plutôt poussées passivement au dehors que sorties spontanément, car leur succession est si rapide, que la première vient à peine de quitter l'ouverture que la seconde s’y engage déjà. Mais la sortie des autres, surtout des dernières, semble bien montrer que c’est là un phénomène tout spontané. Ce fait est, il est vrai, contesté par M. Braun ‘. Suivant lui, la cellule est distendue par la pression intérieure, qui va en augmentant graduellement par suite d'endosmose, et elle réagit en conséquence. Sans contester l'exactitude de ce fait, nous pensons devoir admettre en outre un mouvement spontané, comme le prouve du reste la suite de la vie libre.

M. Unger considère ces zoogonidies comme recouvertes d’un épithéhum vibratile, à la manière des zoogonidies des Vauchéries; mais M. Thuret * reconnut qu'elles sont, au contraire, munies de deux longs cils flagelliformes placés sur le rostre, disposion que M. Thuret avait déjà décrite et figurée * chez deux conferves (C. glomerata et C. crispata) et qu'il constata chez diverses autres algues ‘

D’après M. Unger, la vie animale dure chez les zoogonidies de lAchlya prolifera moins longtemps que chez celles des Vauchéries. Les phénomènes de la mort se manifestent bientôt. L’agonie se laisse reconnaître aux mouvements convulsifs de la sporidie, et la faculté motrice s'éteint à jamais. La vie de la plante commence. — Cependant il

arrive parfois, selon M. Unger, que la vie animale se prolonge au-delà des limites

1. Alexander Braun. Ueber die Erscheinung der Verjüngung in der Natur. Leipzig, 1851, p. 174. 2. Gustave Thuret. Note sur les spores de quelques algues. Annales des Sciences naturelles, 5e série, L. 5, 1813.

5. G. Thuret. Recherches sur les organes locomoteurs des algues. Annales des Se. nat., 2° série, L 19, 1845, p. 266, pl. X.

4. MM. Pringsheim et Cobn ont fait sur l'Achlya prolifera des observations qui diflèrent de celles de M. Thuret, en ce sens qu'ils n’ont pu apercevoir qu'un seul cil flagelliforme chez les zoogonidies (V. Cohn. Untersuchungen über die Entwiklungsgeschichte der Algen und Pilze, i853, p. 459). M. Alexandre Braun paraît être dans le même cas (Ueber die Erscheinung der Verjüngung, p. 498).

ET LES RHIZOPODES. 24 habituelles. On voit alors la zoogonidie modifier sa forme ; ses mouvements changent de nature, et ressemblent tellement à ceux de beaucoup d’infusoires ciliés, qu'il devient difficile de distinguer cette zoogonidie, issue d’une Achlya, d'un Cyclidium Glaucoma Ebr. (27). M. Unger avoue que l'idée lui vint qu'il avait peut-être confondu sa z00gonidie avec un véritable infusoire, et c’est ce que nous croirions aussi volontiers, si le célèbre botaniste n'avait eu l’idée de donner une figure de ce soi-disant Cyclidium. Or, nous devons ajouter qu'il faut posséder une imagination des plus vives pour trouver quelque rapport entre cette spore contractée et les imfusoires du genre Cyclidium.

M. Fresenius *, dont les observations ont porté principalement sur les Chætophora, se refuse à voir avec M. Unger des animaux dans les zoogonidies végétales. Il reconnaît que ces zoogonidies ne se distinguent par aucun caractère essentiel de certains vrais infusoires de M. Ehrenberg, soit pour ce qui touche à leur organisation, soit pour ce qui concerne leurs mouvements ; mais il se demande si, dans ce cas, 1 ne serait pas plus rationnel d’exelure ces infnsoires de la série animale et de les considérer comme des végétaux.

M. Kützmg est aussi du nombre de ceux qui ont voulu faire produire des animaux par des plantes *. En 1849, il observait une Ulothrix (U. 2onata Kütz.) et vit que les corpuscules verts mobiles, soit dans l’intérieur des utricules, soit en dehors de ceuxci, étaient munis d'un point oculaire. Il prétendit même reconnaître chez eux une bouche et ne pouvoir les distinguer d'une monade de M. Ehrenberg, la Microglena monudina. Ces prétendues monades finirent par se fixer quelque part à l’aide de leur trompe (flagellum) et se développèrent en Ulotbrix. « Il était ainsi démontré, s’écrie M. Kützing, qu'il existe des germes mobiles d'algues, que M. Ehrenberg lui-même a déclaré être des infusoires ! * »

M. Kützing avait fait preuve dans cette observation d'une finesse d’organe visuel vraiment imouie jusqu'alors. Tout le monde n’a pas, en eflet, été favorisé au point de

voir ainsi du premier coup les bouches des monades. Beaucoup contestent même (à

1. Fresenius, Zur Controverse über die Verwandlungen von fofusorien in Algen, Frankfurt-a.-Mein, 1847. 2. Ueber die Verwandlungen der Infusorien in niedere Algenformen, von Dr Friederich Traugott Kützing. Nordhausen, 1844.

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