Ueber die Verwandlungen, etc., page
tort, il est vrai, pour certaines espèces) leur existence. M. Ehrenberg, en personne, ne concluait en général à leur présence, que parce qu'il voyait des matières colorées de provenance étrangère dans les soi-disant estomacs de ces prétendus polygastriques. M. Focke ‘ a, en conséquence, cru de son devoir de réfuter un peu vivement M. Kützing ; mais il s’est, de son côté, avancé un peu inconsidérément, en mettant un point de doute devant le point oculaire que le fameux algologue disait avoir observé chez les zoogonidies d’Ulothrix. M. Focke, en effet, qui est d'accord avec M. Ehrenberg pour voir dans le point rouge qu'offrent beaucoup de monades et de volvocinées un organe visuel, aurait bien de la peine à établir une différence valable entre cet œil prétendu et le point rouge qu’on trouve dans diverses zoogonidies d'algues *. Si l’on adopte la dénomination de point oculaire dans l'un des cas, il faut l’admettre aussi forcément dans l’autre; mais que cette tache soit liée à des fonctions visuelles, c’est une question plus que douteuse. M. Fresenius * remarque déjà que la présence d'une tache pigmentaire rouge, non plus que l'existence d'organes locomoteurs en forme de cils, ne peuvent être des caractères d’animalité d’un être quelconque. Ces soi-disant yeux sont sans doute tout simplement des gouttes d’une huile colorée, à en juger par leur ressemblance avec les points rouges et oranges qu’on trouve chez les Polyedrium, et que M. Nægeli ‘ considère comme des gouttelettes d'huile. Ce qui semble confirmer cette manière de voir, c’est un fait rapporté par M. Morren *. Ce savant remarque que la tache pigmentaire des genres Lagenella, Cryptoglena et Tracheiomonas ne peut être un œil. En effet, suivant ses observations, le rouge peut s'étendre de la tache pigmentaire sur tout le corps, et l’on n’admettra cependant pas que l’animal entier puisse se trans-
former en un œil. M. Focke * lui-même a montré que la Pandorina Morum et d’autres
1. Physiologische Studien, von Gustav Waldemar Focke. Erstes Heft. Bremen, 1847.
2, « Si, dit M. Focke, M. Kützing avait comparé le prétendu point oculaire d’une gonidie d’Ulothrix avec le vra point oculaire d’une Chlamydomonas, il y aurait trouvé une différence dans le genre de celle qui distingue le bleu d’une violette de celui d’un myosotis.» L’argument est certes encore plus faible que cette différence !
5. Zur Controverse über die Verwandlung von Infusorien in Algen. Frankfurt-a.-Mein, 1847.
4 Nægeli. Gattungen einzelliger Algen. Zürich, 1849, p. 9.
>. Ch. Morren. Recherches sur la rubéfaction des eaux et histoire de la Trachelomonas. — Mémoires de lAcadémie des Sciences et des Lettres de Bruxelles. 1841.
6. Bericht über die Versammlung der Naturforscher und Aerzte zu Mainz, Sept. 1842,p 217.
ET LES RHIZOPODES- 23 organismes flagellés, changent de couleur suivant la saison et la température, et passent au rouge ‘.
M. Kützing ne se contente, du reste, pas de donner à une plante une progéniture animale ; il fait encore naître des végétaux d’un organisme considéré en général comme bien et dûment animal, la Chlamydomonas Pulvisculus ?. Celle-ci donne en effet naissance, d’après lui, au Stigeoclonium stellare et à d’autres algues. C’est, comme on le voit, toujours la mème idée qui domine M. Kützing. Nous en toucherons quelques mots encore à propos du mode de reproduction des Protococeus, et, à notre avis, ces observations ne prouvent pas grand’ chose, si ce n’est qu'elles dévoilent les tendances de M. Kützing. Nous eroyons à peine devoir réfuter ce qu'il dit des transformations de la Chlamydomonas Pulviseulus. La meilleure réponse qu'on puisse lui faire, c’est un court exposé du mode réel de propagation de cet organisme, ainsi qu'il a été étudié par M. Alex. Braun, exposé que nous nous proposons de donner dans le chapitre
suivant.
Après les divers travaux dont nous avons parlé, l'existence des zoogonidies était un fait acquis à la science. Nombre de botanistes se mirent à l’œuvre pour enrichir
le catalogue des genres où le phénomène était constaté. M. Nægeli nous fit connaître
les zoogonidies des Cystococcus *, des Characium ‘ ; M. Agardh celles des Bryopsis ;
M. Crouan celles des Ectocarpus ?; M. Braun celles des Chytridium® genre d’algues
parasites, voisin des Saprolegnia ; M. Solier ‘ celle des Derbesia, ete., ete. Dans lim-
1. M. Alex, Braun dit avoir observé le soi-disant œil de M. Ebrenberg chez les gonidies d'Hydrodictyon, Ulothrix sonata, UT Braun Kütz., Hormidium variabile Kütz., dans diverses espèces de Draparnaldia, de Chætophora, de Stigeoclonium, dans le Colcochæte pulvinala et la Cladophora glomerata, indépendamment des organismes à position douteuse : Volvox, Pandorina, Botryocystys Morum? Kütz.; ainsi done dans des familles très-diverses d'algues indubitables (Verjüngung, p. 223).
2. Nous verrons, il est vrai, que M. de Siebold et quelques autres en font un végétal.
3. Carl Nægeli. Gattungen einzelliger Algen. Zürich, 1849, page 84.