‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 186 sur 210 · Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie, Hiter Band · texte numérisé non relu

Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie, Hiter Band

Nous rapporterons brièvement que les premiers stades de développement des embryons, observés par M. Stein, répondaient à une époque où ceux-ci sont déjà munis de vésicules contractiles. Nous avons vu, nous-mêmes, des embryons enfermés dans une cavité particulière, et possédant déjà une vésicule contractile et un nucléus. Au commencement de notre observation, sa surface ne présentait pas encore de cils disünets, mais peu à peu nous les vimes apparaître plus clairement. Dans un autre cas, nous trouvâmes quatre embryons de diverses grosseurs, enfermés dans une cavité commune. L'un d'eux était cilié dès l’origine ; chez les autres, nous vimes les ondulations des cils commencer à se manifester plus tard seulement. Chacun possédait déjà son nucléus et sa vésicule contractile. Nous eûmes la satisfaction d'assister cette fois là à l’acte mème de la parturition. 11 se forma derrière la bouche un canal, au travers du parenchyme du corps de l’animal-parent. Le canal vint s'ouvrir à la surface, et les embryons s’échappèrent. Deux d’entre ceux-ci sortirent immédiatement, l’un après l’autre, puis vint une pause de plus d’une demi-heure. Au bout de ce temps, le troisième embryon gagna l'extérieur et, dix minutes plus tard, le dernier suivit son exemple. M. Cobn dit que les embryons sortent d'ordinaire à une certaine place déterminée, qui coïncide parfaitement avec celle observée par nous. Cependant il vit une fois deux embryons sortir en même temps, à deux places différentes du corps. M. Stein n’a jamais vu le moment de la parturition; cependant il a observé l'embryon peu de temps après que celui-ci eut quitté le sein de son parent.

Les trois observateurs qui ont étudié avant nous la formation des embryons chez le Parameciun Bursaria, savoir : MM. Focke, Cohn et Stein s'accordent assez entre eux dans la description qu'ils font de ces derniers, et, en effet, leurs données concordent parfaitement avec nos propres observations. L’embryon est un corps ovale, allongé, presque cylindrique (PI. X, fig. 23 et 24) et légèrement aplati. Sa surface, entièrement ciliée, présente deux ou trois petits processus terminés en bouton. Ceux-ci ne sont pas toujours présents, au dire de M. Cohn, qui les considère, de même que M. Stein, comme des filaments gélatineux éphémères. MM. Focke et Cohn attribuent à cet embryon deux vésicules contractiles. M. Stein dit qu'il en possède une ou deux. Quant à nous, il nous a été impossible d’en voir plus d’une. Comme MM. Cohn et Stein, nous n'avons vu que

des embryons parfaitement incolores, M. Focke, au contraire, prétend en avoir observé

496 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES qui contenaient déjà des granules de chlorophylle. Il est fort possible, selon nous, que les embryons en renferment en effet quelquefois, de la même manière que nous avons vu souvent, chez l’Ophryodendron abietinwm, certains embryons renfermer les corpuscules particuliers à cet animal, bien que d’autres n’en continssent point. Personne n’a malheureusement réussi jusqu’à ce jour à observer directement quel est le sort qui attend les embryons des Paramecium Bursaria. M. Stein émet l’idée, assez vraisemblable à nos yeux, que ces jeunes individus se mumissent d’une bouche, organe qui leur fait défaut au moment de leur naissance, et que, subissant une légère modification, ils deviennent semblables à leur parent". Les mesures suivantes, ayant rapport au développement du P. Bursaria, sont peutêtre susceptibles d'offrir quelque intérêt.

Longueur des embryons observés par nous... 0%%,040—0,052 Epaisseur, duxçôté mince: ..... Juve. 0, 013—0,047 Epaisseur du côté large. .......1.. dl. 258 0, 048— 0,026

Les embryons observés par M. Cohn semblent avoir été plus petits que les nôtres.

Il donne, en effet, les mesures suivantes :

Longueur (1/195 — 4/70 de ligne)..... Om (470,039 Largeur (1/200 — 1/166 de ligne) .... 0, 010—0,016

Comme point de comparaison, nous donnerons encore les mesures suivantes :

Longueur des plus gros P. Bursaria observés par nous... . 0" 180 Largeur maximum.............. CSC PS LES: 0 DH k AK és 1 1. Cette hypothèse de M, Stein a trouvé récemment une confirmation complète daps les recherches de M. Bal-

biani (Journal de la Physiologie, 185%, p. 247), qui a vu les jeunes embryons perdre les petits filaments terminés em bouton, acquérir une bouche et devenir en peu de temps semblables à leurs parents. Il est vrai que M. Stein a, dans l'intervalle (Tageblatt der Versammlang der Naturforscher und Aerzte zu Wien, 1856, n° 5, et der Organismus der Infusionsthiere, Leipzig, 4859), abandonné son hypothèse, puisqu'il admet que ces embryons, gardant les petits fila— ments terminés en bouton et perdant leur revêtement ciliaire, se fixent sur quelque corps étranger pour S'y transformer en Podophi va.

ET LES RHIZOPODES. 497 Les plus petits exemplaires du Paramecium Bursaria, déjà munis de bouche, qui aient été observés par M. Stein, étaient longs de 4/43 de ligne; leur grosseur corres-

pondait done à peu près à celle des plus gros embryons que nous avons observés.

B. PARAMECIUM PUTRINUM.

Nous avons été assez heureux pour observer chez cette espèce la formation des embryons, d’une manière assez complète. Le nucléus atteint en moyenne une longueur de Omn,030; il a une apparence assez homogène, et il est, en général, réniforme. Nous avons observé souvent, dans cet organe, une division spontanée; nous avons vu le nucléus entier se renfler, ou bien, dans d’autres eas où le nucléus était étranglé, la tuméfaction se restreindre à lune des moitiés de l'organe. Parfois, aussi, c’étaient des fragments déjà complètement séparés du nucléus, mais offrant la même apparence que la substance de celui-ci, qui subissaient les modifications suivantes. Dans ces parties renflées nous aperçûmes souvent un nombre plus où moins considérable de petits globules, dont le diamètre ne dépassait pas 0,003 à Omm 010. Lorsque l'observation se prolongeait un certain temps, nous en voyions grossir quelques-uns. Dans les plus gros on pouvait voir une tache, qui pâraissait plus ou moins claire, selon que l'objet était plus ou moins exactement au foyer. Cette tache paraissait et disparaissait alternativement avec une grande régularité, de sorte qu’on ne tardait pas à reconnaitre en elle une vésicule contractile avec son rhythme normal. Chez de plus petits individus, la tache était également présente, sans qu'on pût cependant constater ehez elle l'existence

de contractions (Voy. PL X, fig. 17 et 48, deux nucléus renfermant des globules).

Les petits globules représentaient évidemment diverses phases du développement des embryons. Ceux-ci paraissaient donc se développer , tantôt dans le nucléus même, tantôt dans un fragment séparé de celui-ci par une division spontanée.

Chez d’autres Paramecium pulrinum, nous observèmes un état plus avancé du développement des jeunes individus. Ces Paramecium renfermaient, en effet, de jeunes embryons déjà tout formés, munis d’une vésicule contractile, et couverts de cils fort longs. La longueur de ces embryons variait entre Omm 008 et Own 013, tandis que leur longueur oscillait entre 0,006 et 0,008. Ils correspondaïient donc parfaitement, pour ce qui tient à la grosseur, aux plus gros des embryons encore dépourvus de cils. Ils étaient renfermés chacun isolément dans une cavité spéciale (PL V, fig. 49) qui n'était probablement qu’une goutte liquide au milieu du chyme plus épais remplissant la cavité digestive du parent. Ils s’agitaient vivement dans cette étroite prison, et prenaient part avec elle à la circulation générale des matières contenues dans la cavité digestive du parent. Nous ne pûmes malheureusement réussir à épier le moment même de la parturition. Par contre, on voyait dans l’eau un assez grand nombre de petits animalcules dont la forme correspondait exactement à celle des embryons. — On nous objectera, sans doute, qu'il est alors fort possible que nous n’ayons eu à faire qu’à de petits êtres précédemment avalés par les Paramecium, mais cela n'est pas possible, car nous les avons observés durant des heures entières, et, pendant cet espace de temps, toute espèce de particule nutritive aurait dû être entièrement digérée. Nos animalcules, au contraire, continuaient à s’agiter avec une vivacité extrême. Nous n'avons, du reste, jamais vu de Paramecium avaler d’animalcules de cette taille, surtout lorsque ceux-e1 sont aussi alertes que ces petits embryons.

La forme des embryons du Paramecium putrinum s'écarte notablement de celle des embryons du P. Bursaria. Outre qu'ils sont passablement plus petits de taille, is se distinguent tout particulièrement par leur forme ovoide un peu plus mince à l’une des extrémités qu'à l’autre, de la forme presque cylindrique des seconds. Nous avons déjà dit que leurs cils sont relativement fort longs. En effet, non-seulement ils atteignent souvent une longueur égale à celle du corps, mais encore ils la dépassent. On peut même dire hardiment que ces als sont, absolument parlant, bien plus longs que ceux

des embryons du Peramecium Bursaria, quoi que ceux-ci soient beaucoup plus gros.

ET LES RHIZOPODES. 199 Nous avons encore à mentionner un fait curieux : Chez les Paramecium putrimu qui ne sont pas dans le moment de la formation des embryons, le nucléus occupe d'ordinaire une place déterminée dans la moitié postérieure du corps. Chez les individus qui produisent des embryons internes, au contraire, ce nucléus se trouvait tantôt ici, tantôt là, sans règle fixe, et même sa position variait chez le même individu d’un moment à l’autre. De même, lorsque les embryons étaient formés non pas dans le nucléus lui-même, mais dans un fragment détaché de celui-ci, ce fragment pouvait tantôt se trouver à côté du nucléus, tantôt s’en éloigner considérablement. La longueur des Parameciun putrinum que nous avons observés oscillait entre

Own 087 et 0,199. Ils étaient à peu près deux fois aussi longs que larges.

Page 1