Grünsand, p
intestin. Mais c’est là tout simplement le sillage du bol dans la substance du chyme. La voie que le bol se creuse dans sa progression ne se referme pas immédiatement derrière lui à cause du peu de fluidité du chyme; elle reste, au contraire, quelques instants béante et remplie d’eau, puis elle disparaît, pour se reformer derrière le bol suivant. Ce sillage ne se montre jamais lorsque le chyme contenu dans la cavité du corps n’atteint qu'un faible degré de densité, par la simple raison que la voie se referme immédiatement derrière le bol.
Le mouvement observé par Gruithuisen, puis par MM. Carus et Focke, dans le contenu de la cavité digestive des Paramecium, est commun à tous les infusoires; seulement, il n’est pas, en général, aussi rapide que chez le P. Bursaria. Souvent il est si excessivement lent, qu'il faut beaucoup d'attention pour se convaincre de son existence ‘. Peut-être cesse-t-il parfois momentanément, mais ce n’est alors, en tous cas, qu'un état de choses exceptionnel. Les bols alimentaires expulsés par le pharynx descendent d'ordinaire jusqu’à l'extrémité postérieure de la cavité digestive, pour prendre une marche ascensionnelle du côté opposé au pharynx. Arrivés à la partie antérieure de l’animal, ils redescendent du côté opposé et se rendent à l’anus. Pendant ce temps, les bols subissent des modifications qui indiquent suffisamment qu'ils sont soumis à un procédé digestif. [ls diminuent quelque peu de taille, lorsqu'ils ne sont pas composés de substances indigestibles ; leur couleur change fréquemment : la chlorophylle prend souvent une teinte brunâtre, etc. En général, les restes de plusieurs bols se réunissent auprès de l’anus, pour être expulsés de concert au dehors.
Dans certaines circonstances mal déterminées, mais très-fréquentes, les infusoires ciliés ne forment pas de bols alimentaires. Ces circonstances paraissent devoir être purement extérieures, car l’absence de formation des bols affecte, en général, tous les infusoires d’une même eau. Dans la plupart des cas, ceux-ci présentent alors un aspect que nous avons désigné sous le nom d'apparence hydropique. Leur corps est très-
1. M. Perty, qui croit encore que le Oiremeut de circulation qu'on aperçoit dans la cavité du corps se restreint à quelques infusoires ciliés, dit que ce mouvement ne se montre cependant que rarement chez le Par. Bursaria (son Par. versutum). Sur plusieurs centaines d'exemplaires il n’en a trouvé que # ou à qui présentassent ce phénomène. M. Perty a une chance malheureuse, car nous ne croyons pas avoir rencontré un seul Par. Bursaria chez lequel la
rotation des aliments eût complètement cessé. M. Perty place du reste à tort le siége du mouvement dans la couche qui contient les grains de ehlorophylle. Toutefois, il reconnait que les bols alimentaires circulent aussi. (Perty, p.65.)
distendu et rempli par un chyme excessivement fluide. Dans ce cas, les particules que le courant, produit par les cils buccaux, amène dans lœsophage, ne s'arrêtent pas dans le pharynx pour y former un bol, mais passent immédiatement dans la cavité digestive. Le chyme, très-fluide et chargé de petites particules étrangères en suspension, n'en subit pas moins son mouvement de rotation habituel, montant le long d’une des parois du corps, pour redescendre le long de l’autre.
M. Ehrenberg chercha dans l’origine à donner de ce mouvement une explication en harmonie avec sa théorie‘, prétendant que la rotation de ses estomacs n’était qu'apparente ; que le contenu seul de ceux-ci se déplaçait, suivant une voie préexistante. Mais 1l dut bientôt reconnaître lui-même l'insuflisance de cette explication. Il imagina alors de considérer la circulation des aliments comme un phénomène purement pathologique. Il admit que parfois l’un des estomacs se distend de manière à former une grande cavité remplissant tout le corps, et que la rotation à lieu dans l'intérieur de cet estomac. C’est là une tactique de défense bien subtile, qui serait mieux placée dans les débats de la scolastique que dans le domaine d'une science d'observation. M. Ehrenberg aura parfaitement représenté le système digestif des infusoires, lorsqu'il aura reconnu que ce qu'il appelle ur état pathologique est, en réalité, l’état normal.
On° à déjà fréquemment comparé la circulation des aliments chez les infusoires ciliés à celle des granules renfermés dans les cellules des characées. Ces deux phénomènes ont tout au moins ceci de commun, qu'ils n’ont pas été expliqués jusqu'ici d’une manière satisfaisante.
Deux explications ont été cependant tentées par divers auteurs. M. Meyen croit trouver la cause du mouvement dans le fait que chaque nouveau bol qui se forme, pousse, au moment où il est expulsé dans la cavité du corps, le bol placé devant lui. Mais cette explication est insuflisante. On comprendrait qu'un tel effet pût être produit, si les bols étaient expulsés dans un tuyau peu large. Mais ils sont introduits dans
une cavité spacieuse, fermée de toutes parts, et il n'y a pas de raison pour que le