Focke, Meyen, Cohn
contenu de cette cavité cède, dans une direction plutôt que dans une autre, à une pression qui se propage (puisque nous avons affaire à un liquide) dans tous les sens. D'ailleurs, la formation d’un bol demande toujours un temps assez long, et l’on devrait donc s’attendre à ce que la circulation se relentit considérablement ou même cessât tout-à-fait durant l'intervalle qui sépare l'expulsion de deux bols consécutifs dans la cavité digestive. Or, c’est ce qui n’a pas lieu. Le mouvement de circulation ne s’arrête pas même dans les instants où l’animal cesse complètement de manger.
La seconde explication est celle qu'a donnée M. Leuckart'. Ce savant veut expliquer le mouvement de circulation par des contractions et des expansions alternatives du parenchyme du corps. Mais M. Leuckart est un disciple de la théorie Dujardin, modifiée par M. de Siebold. Ce qu'il appelle ici parenchyme, n’est pas ce que nous sommes habitués à désigner sous ce nom : c’est la partie plus liquide du chyme qui occupe l’espace compris entre les bols alimentaires. Attribuer à ce chyme-des propriétés contractiles est déjà, à priori, chose peu faisable. Mais l’observation elle-même suflit à monirer que cette substance n’est pas susceptible de jouer le rôle que lui attribue M. Leuckart. En effet, elle circule aussi bien que les bols eux-mêmes. C’est déjà ce qu'avait reconnu M. de Siebold, qui, voulant rester fidèle à sa théorie, est obligé d'exprimer une observation, parfaitement exacte, par des termes peu justes. Il dit, en effet”, que chez quelques infusoires le parenchyme, non adhérent à la peau, circule en dedans de celle-ci avec les bols qu’il renferme, de la même manière que le suc des characées. Un parenclyyme circulant, c’est là, certes, une idée un peu hardie”?, avec la= quelle M. Cohn* a eu raison de ne pouvoir se familiariser. C’est la vue même de cette circulation qui a décidé M. Cohn à faire divorce avec la théorie du sarcode, et à proclamer l'existence d’une cavité digestive dans le parenchyme du corps des infusoires.
Bien que trouvant tout-à-fait insuffisantes, ces deux tentatives d'expliquer la cir-
culation des aliments chez les infusoires nous sommes fort embarrassés d'interpréter ce - Bergmann und Leuckart, p. 184. ; - Vergleichende Anatomie, p. 18.
5. Il est vrai de dire, toutefois, que lorsqu'on considère les Rhizopodes, l'idée d’un parenchyme circulant ne paralt plus aussi étrange !