Zeitschrift für wiss. Zoologie, Ilter Rd,, p
division longitudinale sont beaucoup plus courts et plus longs que les autres, et que leur bouche n’est pas tout à fait située à la place normale. C’est là une remarque parfaitement juste, et qu'on peut étendre à.beaucoup d’autres infusoires:
En général, les infusoires se divisent sans perdre pour cela de leur vivacité pendant la durée du phénomène : ils nagent, s’agitent en tous sens, et mangent même comme si de rien n’était. Quelquefois, cependant, ils passent auparavant à un état de repos plus ou moins durable. Les Vorticellines, par exemple, commencent par fermer leur péristome et se contracter en forme de poire ; mais cet état n’est point suivi, comme M. Stein l’a cru, d’une résorption de l’organe vibratile et du péristome. M. Stein pensait que les deux bouches et les deux appareils digestifs se forment à nouveau, mais il n’en est point ainsi. L'appareil buccal et digestif se divise jusqu’à un certain point, en ce sens que l’un des nouveaux individus garde le vestibule, la bouche, l’œsophage et le bulbe formateur des bols alimentaires de l’ancien, tandis qu’une partie de la spirale des cirrhes buccaux écheoit en partage à l’autre. La partie de cette spirale que le premier conserve pour son compte, reste dans ses relations précédentes avec l’ancienne bouche et l’ancien œsophage. L'autre partie se prolonge, et à son extrémité se forment, sans doute par degrés, un nouveau vestibule, une nouvelle bouche et un nouvel æsophage, de la même manière que nous avons vu les organes correspondants se former dans la division fissipare des Stentors.
Les observations de M. Stein s’écartent, comme on le voit, considérablement des nôtres. Cet observateur distingué les rappelle à plusieurs reprises. Nous ne pouvons attribuer cette différence dans les résultats obtenus, qu'à une insuffisance dans l’observation de M. Stein. En effet, admettre que les choses se passent, tantôt comme nous les avons vues, tantôt comme ce savant les a décrites, est, ce nous semble, chose peu praticable. Nous avons trop souvent étudié ce phénomène, constatant chaque fois les mêmes phases, pour ne pas être certains de ce que nous avançons. Nous avons commencé notre étude dès l’origine première. Nous avons vu des Vorticelles agiter leurs cils gaiment dans l’eau, puis se contracter, fermer leur péristome et procéder à leur division de la manière indiquée. Constamment, le nouvel œsophage s’est formé avant que la division de l’organe vibratile fût parachevée, et ce n’est qu'après la formation
de ces organes internes que les premiers indices de division se manifestent à l'extérieur.
C’est en eflet toujours postérieurement à la formation de l'appareil buccal nouveau et de la vésicule contractile nouvelle (ces deux phénomènes marchent ordinairement de pair), qu'on aperçoit la première trace de division extérieure, et cela dans la partie antérieure du corps (PI. VIT, fig. 14). À ce moment là, le nucléus, quoiqu'un peu tuméfié, ne se partage point encore, et se trouve intact dans la partie médiane du corps. Ce n’est qu'au moment où la division est sur le point de s’achever qu’on voit cet organe se scinder en deux. Chez les Vorticelles et les Carchesium, la division, dans la partie postérieure du corps, marche un peu obliquement. Il en résulte que l’un des individus garde le muscle du pédicule tout entier pour lui, et que l’autre n’en conserve pas la moindre parcelle. Chez les Zoothamnium, au contraire, la division se fait exactement suivant la ligne médiane, et chacun des nouveaux individus se trouve posséder la moitié du muscle. Tous deux se trouvent, par conséquent, immédiatement unis au muscle du tronc commun. De là les contractions synchroniques d’un arbre de Zoothamnium tout entier. La ligne, ou plutôt le plan de partage à une direction toujours constante, si bien que les bouches des nouveaux individus sont, sans exception, tournées en sens opposé l’une de l’autre.
Porfois les individus résultés de la division, prolongent chacun pour leur compte le pédicule primitif. C'est le cas chez les Vorticellines qui forment des familles arborescentes (Carchesium, Zoothamnium, Epistylis), parfois aussi chacun d’eux se munit d’une couronne de cils postérieure, se détache du tronc commun et s’écarte à la nage. Dans le genre Vorticelle proprement dit, les Gothurnies, les Vaginicoles, ete., lun des individus ne manque jamais de se détacher du pédicule, comme cela arrive aussi dans certains cas chez les Vorticellines sociales, tandis que l’autre reste d'ordinaire à sa. place.
Nous avons déjà touché ailleurs les relations de la division spontanée avec l'enkystement, ce qui fait que nous ne voulons pas reprendre ce sujet. Il en est de même de ce qui concerne la reproduction des imfusoires flagellés.
Dans tous les exemples de division spontanée d'infusoires ciliés que nous avons observés, nous avons vu les vésicules contractiles se former toujours de fort bonne heure. Chez les Stentor, le nouvel organe contractile paraît résulter simplement d'un
ectasie du vaisseau longitudinal déjà existant. Chez les infusoires qui ne sont pas ciliés
uniformément sur toute leur surface, mais qui possèdent des groupes de cils ou de cirrhes plus développés que les autres, comme par exemple les Stentor et les Vorticelles, nous avons observé la manière dont ces derniers se forment à nouveau avant que la division extérieure se manifeste. Il en est de même des organes moteurs des infusoires marcheurs (Oxytrichiens). Ce n’est en général que fort tard que la divion du nucléus a lieu.
Considérons plus spécialement la manière intéressante dont la division spontanée s'opère chez les Euplotes et quelques autres Oxytrichiens.
Chez l'Euplotes Patella, le premier indice de la division spontanée consiste en ce que l’extrémité postérieure de la fosse buccale, c’est-à-dire la partie de cette fosse qui se trouve immédiatement en avant de la bouche, se prolonge vers la partie postérieure de l’animal, formant ainsi une fossette dans laquelle commencent à se montrer de gros cirrhes semblables à ceux quigsont implantés sur le bord de la fosse buccale elle-même.
Cette fossette se prolonge en un canal qui, sur une certaine étendue, est parfaite ment fermé de toutes parts, recouvert qu’il est par les téguments ventraux. La partie postérieure cependant est à nu, ne formant plus un canal tubulaire, mais seulement un demi-canal en gouge, véritable calamus scriptorius. C’est le commencement du sillon buccal (ou fosse buccale) qui doit conduire à la bouche de lindividu postérieur en voie de se former. En effet, ce sillon se prolonge toujours plus en arrière, en formant une ligne arquée, tandis que la bouche et lœsophage se creusent. Pendant ce temps, des cils se forment sur son parcours. L'appareil buceal de l’individu postérieur se trouve ainsi complétement formé. Il se sépare alors de l’appareil buccal ancien par l’oblitération de la partie tubulaire du canal déjà mentionné. C’est seulement à ce moment-là qu’apparaissent les appendices moteurs, connus sous les noms d’onglets (piedscrochets ou wncini), de pieds-rames (ou style) et de soies. Les pieds-crochets de l’ancien individu s’agitent vivement, tandis que les pieds-rames sont, comme d'ordinaire, traînés passivement. Entre ces deux systèmes d’extrémités ou d’appendices, on voit se former un certain nombre de protubérances. Celles qui sont situées le plus en avant, sont destinées à devenir les pieds-rames de l’individu antérieur, c’est-à-dire de celui qui garde la bouche et les pieds-crochets de l’individu ancien. Immédiatement derrière
ces organes apparaissent les quatre soies fines et articulées à leur base qui doivent
ET LES RHIZOPODES. 249 trouver à l'extrémité postérieure de la face ventrale de ce même mdividu. Derrière ces organes, qui doivent appartenir à l'individu antérieur, se montrent encore plusieurs protubérances qui sont destinées à devenir les pieds-crochets de l'individu postérieur, c’est-à-dire de celui qui se munit d’une bouche nouvelle et de cirrhes frontaux nouveaux, mais qui garde les pieds-rames de l'individu ancien, ainsi que ses soies postérieures. L'individu postérieur conserve l’ancienne vésicule contractile, Pmdividu antérieur en reçoit une nouvelle.
Chez les Schizopus, qui sont du reste si proches parents des Euplotes, l'ordre d’apparition des organes qui caractérise la division fissipare ne parait pas être exactement le même que chez ces derniers. Les premiers indices de la division semblent consister, du moins chez le Sehizopus norwegicus, non point dans l'apparition d’un nouvel appareil buccal, mais dans celle de nouveaux pieds marcheurs. On voit alors de petits mamelons côniques se former, suivant une ligne oblique qui se dirige du dermier pied marcheur de l'animal primitif vers l'avant et la gauche (PI. X, fig. 20). Nous n'avons malheureusement pas pu suivre toutes les phases intermédiaires jusqu’à l’état représenté dans la figure 26, où toutes les extrémités des deux individus sont formées, et nous ne pouvons dire avec certitude si le dernier pied-marcheur (pied-crochet) de Findividu primitif passe bien réellement à l'individu postérieur, tandis que tous les autres resteraient à l’individu antérieur. C’est cependant ce qui nous a paru probable. Dans tous les cas, Pindividu postérieur se munit d’un appareil buccal entièrement nouveau et d'au moins six piedsmarcheurs nouveaux, tandis qu'il conserve les cinq extrémités en rames, les deux sotes ventrales et les trois extrémités dorsales multifides de lindividu primitif, ainsi que peut-être son dernier pied-crochet, lequel formerait alors aussi son dernier pied-crochet à lui-même. L’individu antérieur au contraire garde la bouche primitive, ainsi que les cils frontaux et au moins six des pieds-marcheurs ‘anciens. Les cinq pieds-rames et sés deux soies se forment à nouveau, suivant une ligne oblique qui prend naissance à la bouche et se dirige vers la droite et l'arrière. Quant à ce qui concerne les extrémités dorsales de cet individu, on les voit apparaître du côté droit sur le dos de l'animal, à peu près au milieu de la longueur de celui-ci (V. fig. 26).
L'Oxytrichien marin, que nous avons décrit ailleurs sous le nom de Campylopus pa-
radoæus, offre un mode de division spontanée tout à fait analogue. Toutefois, l'absence
95() ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES de pieds-crochets dans le genre Campylopus rend le détail du phénomène un peu moins complexe. En eflet, l'individu antérieur conserve les anciens cirrhes frontaux et l’apparerl buccal ancien, mais se munit de quatorze extrémités nouvelles, consistant, du côté droit, en trois pieds-rames, quatre soies et trois pieds dorsaux, et du côté gauche, en deux pieds dorsaux et deux soies, ainsi que d’une vésicule contractile nouvelle, tandis que l'individu postérieur conserve les 14 extrémités anciennes et la vésicule contractile ancienne, mais se munit d'un appareil buccal et de cirrhes frontaux nouveaux (V. PI. X, fig. 27). Il se forme alors au-dessus de la fosse postérieure droite une seconde fosse plus petite, dans laquelle apparaissent les pieds dorsaux droits de l'individu antérieur. Les pieds-rames sont dans l’origine purement ventraux et assez éloignés de la fosse. Les extrémités gauches apparaissent immédiatement auprès des cirrhes frontaux de Pindividu postérieur. |
Qu'il nous soit permis de citer encore un exemple de division spontanée qui pourra intéresser en ce sens qu'il est tout nouveau. fl s’agit de la division d'un Tintinnus, le T. Urnula (N. Tome E*, PILVHE, fig. 14). Lorsque l'animal est sur le point de se diviser, on voit un nouveau péristome se former sur le côté. if apparaît d'abord sous la forme d’une bosse ou proéminence, qui pourrait faire croire qu’on a à faire à une gemme. Peu à peu, et à mesure que les cirrhes buccaux se forment, ce nouveau péristome est repoussé toujours plus vers l'arrière, de manière à finir par être complétement opposé au premier. Le pédicule est par contre repoussé tout à fait sur le côté du nouveau péristome. Celuici déploie alors ses cirrhes et les agite vivement. Le Tintinnus offre à ce moment l’apparence d’un cylindre, dont les deux bases seraient formées chacune par un péristome cilié. Ce n’est qu'à partir de ce moment qu'il se forme un sillon circulaire indiquant la place où la division transversale aura lieu plus tard. Il est probable qu’une fois la dimsion complétement opérée, l'individu postérieur garde l’ancienne coque et le pédicule ancien, tandis que l'individu antérieur s’écarte à la nage pour se former plus tard une coque grisâtre de la forme qui caractérise son espèce. Cependant on trouve fréquemment deux Tintinnus dont les coques sont emboîtées l’une dans l’autre, chez d'autres espèces au moins, et il est probable, par suite, que l’individu antérieur peut aussi
former sa coque nouvelle dans l'intérieur de la coque ancienne.
ET LES RHIZOPODES. 9251 Nous voyons done que dans toute espèce de division spontanée chez les mfusoires, chacun des individus produits garde certains organes déterminés de Pindividu primitif, taidis qu'il est obligé de former les autres à nouveau. Le nucléus parait cependant se partager constamment ‘. Les deux individus résultés de la division sont donc, au point de vue morphologique, assez dissemblables, et ils offrent quelquefois un aspect assez différent l’un de l’autre, ce que nous avons vu en particulier avoir lieu chez l'Urnula Epistylidis et V Acineta mystacina. L'individu privilégié, qui conserve la plus grande partie des organes de l’ancien, doit cependant toujours reformer à nouveau certaines parties essentielles que l’autre emporte avec lui. Quelquefois, 1l'est vrai, 1l n’a guère à compléter qu'une partie du nucléus, comme nous Pavons vu chez les Stent@s, où lindividu postérieur est obligé de former tous les organes à nouveau, à l'exception d’un fragment de nucléus qu'il reçoit de l'individu primitif. Plus encore que chez les Stentors, c’est là le cas chez les Lagenophrys, dont M. Ste nous a fait connaitre la fissiparité oblique *.
lei, la fissiparité touche de bien près à la reproduction par gemmes, et la seule différence qu'on puisse établir entre ces deux modes de reproduction, c’est que dans le premier, l'individu le moins favorisé reçoit du moins une partie préexistante du nucléus, tandis que dans le second, la gemme doit former un nucléus nouveau. Chez les Dendrosoma même, c'est une branche nouvelle du nueléus ancien qui devient le nucléus du
bourgeon. Toutefois cette différence est bien peu essentielle.
1. Chez les genres d’'Oxytrichiens qui ont deux nucléus, comme les Stylouychies et les Oxytriques, le nucléus antérieur se partage pour former les deux nucléus de l'individu antérieur, tandis que le nucléus postérieur se divise en deux moitiés, qui deviennent les nucléus de l'individu postérieur.
(Depuis la rédaction de ces lignes, nous devons, soit à M, Stein, soit à M. Balbiani, de nouvelles recherches sur la fissiparité. M. Balbiani, en particulier (Journal de la physiologie, Janv. 1860), décrit, chez plusieurs espèces, des modifications de forme très-curieuses du nueléus, qui doivent accompagner le phéuomène de la division spontanée. (Note de 1860.) ;
2. Loc, cit., p. 89. — M. Stein n'a pas observé le moment où le gros individu libre quitte l’étroite coque en forme de bouteille, Nous avons plusieurs fois assisté à ce curieux phénomène, C’est un travail pénible pour l'animal, vu le peu de largeur du col de la coque. Souvent il périt au milieu de ses efforts. Dans tous les cas, c'est une opération qui ne dure jamais moins d’un quart d'heure à une demi-heure,
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REPRODUCTION
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