Voy. Stein. Die Infusionsthiere, etc., p
498 ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES Nous nous contentons de renvoyer à l'ouvrage de M. Stein pour l'étude de ce genre intéressant, dont la constitution anatomique est parfaitement semblable à celle des
autres Vorticellines.
A4e Genre. — TRICHODINES.
Les Trichodines sont des Vorticellines, toujours libres, qui nagent dans les eaux au moyen d’une couronne ciliaire postérieure persistante, et dont la partie postérieure est munie d’un appareil fixateur, en forme de ventouse, composé d’un cercle résistant et d’une membrane délicate.
Les Trichodines connues seulement d’une manière superficielle, par les recherches de MM. Ehrenberg et Dujardin, ont été soumises à un examen minutieux par M. Stein, auquel nous devons une bonne description des deux espèces de genre jusqu'ici connues : la T. Pediculus Ebr. et la T. Mitra Sieb.
Nous ne reprendrons pas ici, ab ovo, un travail qui a déjà été fait par M. Stein, nous contentant de renvoyer le lecteur à son ouvrage, mais nous relèverons certains points où nos observations diffèrent des siennes.
M. Stein a reconnu à juste titre que, ce qu'il nomme chez les Trichodines la partie antérieure du corps, est l’homologue de l’organe vibratile des Vorticellines. Tout autour de cet organe, il dessine un sillon dans lequel est implanté le cercle des cirrhes buceaux. Iei M. Stein à vu les choses un peu plus exactement que chez les autres Vorticellines; car, bien qu'il ne parle que d’un cercle, 1 dessine, chez la T. Pediculus (V. Stein, PI. VI, Fig. 54), une spirale bien évidente, qui descend dans le vestibule. Cette représentation est parfaitement exacte et ne pèche que parce que la spire n’est pas dessinée dans sa totalité. Il en manque la partie supérieure, qui n’est pas logée dans le sillon, mais qui est implantée sur une arête passant au-dessus de l’entrée du vestibule.
M. Busch' a représenté d’une manière bien plus juste le parcours de la spirale des
{. Zur Anatomie der Trichodina. Müller's 1855, p. 557.
cirrhes buccaux chez cette même T. Pediculus. Toutefois, si ses descriptions sont justes, ses figures, un peu trop théoriques, laissent beaucoup à désirer. Chez la T. Mitra, M. Stein décrit la distribution des cirrhes d’une manière bien moins exacte. L'organe vibratile est, selon lui, bombé en forme d’une coupole, au pied de laquelle, sur le côté, est placée la bouche (entrée du vestibule). De l'ouverture buccale, M. Stein fait monter une rangée de cirrhes jusqu'au sommet de la coupole, puis il la fait redescendre, de l’autre côté, jusqu'à mi-hauteur de cette coupole. En outre, il décrit une seconde rangée de cirrhes, qui, partant également de l'entrée du vestibule, se dirige en sens contraire et descend sur le côté du corps, pour cesser après un parcours peu considérable. Ces deux rangées forment donc une zone de cirrhes verticale, perpendiculaire au plan de la couronne ciliaire postérieure, et cette zone doit correspondre « au cercle ciliaire horizontal » (spire buccale) de la T. Pediculus. — Nos observations ne s'accordent nullement avec ces données de M. Stein. Nous ne pouvons trouver aucune différence essentielle entre la spire buccale de la T. Mitra et celle de la T. Pediculus ou celle des autres Vorticellines. Nous représentons sur une de nos planches la T. Mütra (parasite de la Planaria torva) vue de profil (V. PL. IV, Fig. 7). La forme que nous donnons à l'animal est celle qu’on a le plus souvent l’occasion d'observer : l'axe du corps est très-fortement incliné sur le plan de l'organe fixateur, tandis que le plan du disque vibratile est à peu près parallèle à ce dernier : « 4 est la partie de la spire buccale qui est située sur la face ventrale et le côté gauche ; 4 € (non visible dans la figure) est la continuation de cette spire sur le dos et le côté droit; en e la spire reparaît sur la face ventrale et descend par l’entrée (o') du vestibule dans l’intérieur de celui-ci. Jamais nous n'avons pu voir d’autres cirrhes que ceux-là. En particulier, 1] n’en existe pas qui, partant de l’entrée du vestibule, descendent sur le côté du corps.
M. Stein nous a donné une description exacte de l’appareil fixateur des deux espèces déjà mentionnées, et il a constaté que leur organe moteur est une couronne de cils vibratiles et non une membrane ondulante, eomme l'avait cru M. de Siebold. M. Buseh à depuis lors émis une opinion intermédiaire. Il pense que les cils sont libres seule-
ment près de leur pointe, mais qu'ils sont intimément unis les uns aux autres près de
leur base. L’organe moteur serait donc une membrane ondulante dont le bord bre s’effilerait en cils. Nous pensons cependant que cette opinion n’est pas fondée, et que les cils sont indépendants les uns des autres, comme c’est l’opinion de M. Stein. Il est parfaitement vrai qu'on ne peut poursuivre en général chaque cil jusqu’à sa base, mais cela provient uniquement de ce que les cils, dans leurs mouvements, ne divergent pas autant à leur base qu’à leur pointe. M. Stein reproche à MM. E hrenberg et Dujardin d’avoir méconnu les dents internes du cercle à apparence cornée de l'appareil fixateur chez la Tr. Pediculus. Toutefois, il existe bien réellement une espèce chez laquelle ces dents font défaut. Nous la dédions à M. Stein, et ces trois esp èces se caractérisent par suite
de la manière suivante :
1° Trichodina Mitra. Sieb. Vergl. Anat., p. 12. DuGxose. Trichodine à cercle de l'organe fixateur, dépourvu de dents.
(V. Stein. Die Infusionsthiere, p. 174 et suiv., pl. VI, fig. 57.)
do Trichodina Pediculus. Ehr. Inf., p. 265, pl. XXIV, fig. IV. (Six. Urceolaria Stellina Duj. Inf., p. 527, pl. XVI, fig. 2.) Dracxose. Trichodine à cercle de l'organe fixateur dentelé, soit en dedans, soit en dehors. {V. Stein. Die Infusionsthiere, p. 175 et suiv., pl. VI, fig. 55-56.) 3° Trichodina Steinii.
(V. PLIVE, Fig. 6-7.) DraGxosE. Trichodine à cercle de l'organe ‘fixateur, dentelé seulement en dehors.
Nous avons observé cette espèce une seule fois, en 1855, mais en grande abondance. C’était, sauf erreur (car nous avons malheureusement négligé de noter ce point important), sur des Planaires.
Cette espèce nous a présenté une particularité intéressante. Lorsqu'on la considère d'en haut (V. PL. IV, Fig. 6), c’est-à-dire perpendiculairement au plan du disque vibratile, on distingue plusieurs cercles concentriques, dont, tantôt les uns, tantôt les autres, deviennent plus distincts, selon qu’on élève ou qu’on abaisse le foyer du microscope. Le cercle le plus externe est formé par la périphérie du corps, et 1l est suivi de près par un autre (d), qui est le contour du disque vibratile (nous n’en avons pas dessiné les cirrhes afin de ne pas embrouiller la figure). Le cercle le plus interne (e) est
le cercle à apparence cornée de l’organe fixateur. Parfois on peut aussi distinguer, chez
les individus très-transparents, le cercle (#) qui correspond au bord libre de la membrane de cet organe. Enfin, on aperçoit un dernier cercle (p), situé immédiatement en dedans du contour du disque vibratile (d), cercle qui présente des dentelures ou pointes saillantes en dedans. Ge cercle reste distinct pour des hauteurs très-différentes du foyer, ce qui montre qu'il ne représente que la coupe d’un cylindre vertical. Nous ne pouvons reconnaitre dans ce cylindre cannelé que la limite interne des parois du corps. En dehors de ce cercle se trouve le parenchyme, en dedans est la cavité digestive. Si cette manière de voir est exacte, il est intéressant de noter l’existence des cannelures de cette paroi du corps, qui rappelle quelque peu les palis des polypes.
En considérant cette même figure, on peut s’assurer que la vésicule contractile ( ec) n’est point placée aussi près du vestibule (#) ou de l’œsophage que chez la plupart des autres Vorticellines.
Le nombre des dents de l’appareil fixateur n’est point constant. En général, il varie entre 25 et 30, mais parfois aussi en dehors de ces limites.
Les Trichodines, qui vivent sur les branchies de la plupart de nos poissons, n’appartiennent certainement pas toutes à la même espèce. Nous signalerons, en passant, une espèce, fort petite et fort élégante, qui habite sur les branchies du Cobitis Tœma, près de Berlin, mais que nous n'avons pas étudiée suffisamment pour la décrire 1er.
La Trichodina Grandinella Ehr. n’est point une Vorticelline, mais appartient à la famille des Halterina. Il en est de même de la T. voraæ Ehr. et de la 7. Volvor
Eichw.