‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 54 sur 210 · V. PL. IV, FIG · texte numérisé non relu

V. PL. IV, FIG

Nous formons le genre Trichodinopsis pour un animal fort singulier, dont la place dans le système semble encore être des plus douteuses. Par sa forme extérieure, cet infusoire est une vraie Trichodine munie de son appareil fixateur, mais sa surface entière est couverte d’un habit ciliaire très-développé. Une Vorticelline ciliée, c’est certainement quelque chose de très-nouveau. Un examen attentif de l'appareil digestif ne tarde pas à montrer, du reste, des différences importantes entre les Trichodinopsis et les Vorticellines. Il existe bien chez elles une spire buccale, portée par une espèce d’organe vibratile, et cette spire paraît bien avoir la direction normale, mais, à la place du vestibule et de l’æsophage accoutumés, on trouve un appareil tout spécial qui n’a d’analogie chez aucun infusoire connu.

La Trichodinopsis paradoxa (N. PI. V, Fig. 4) habite par myriades l'intestin du Cyclostoma elegans, et se trouve parfois aussi dans la cavité pulmonaire du même mollusque. Son corps représente un cône tronqué, dont la base est légèrement excavée et entourée d’un épais bourrelet. La surface du corps est tapissée de longs cils, 1m-

plantés de manière à ce que la pointe soit toujours dirigée vers la partie antérieure

ET LES RHIZOPODES. 133 de l'animal. Ces cils ondulent d’une manière toute particulière, qui est propre à beaucoup d’autres infusoires parasites, en particulier à plusieurs Plagiotomes et Opalines.

L'animal se promène sur la muqueuse du Cyelostome, en tenant toujours son organe fixateur tourné contre elle. Cet organe (Fig. 2) se compose, comme chez les Trichodines, d’un cercle à apparence cornée et d’une membrane susceptible de se voûter en forme de cupule. La largeur totale de cet appareil est de Omm, 59: celle du cercle sohide 0", 48. Le cercle lui-même est épais de 0m, 026, et présente une sculpture tout-à-fait semblable à la torsion d’une corde. Des traces d’une torsion semblable se voient, du reste, aussi parfois chez les Trichodines. La surface plane, située à l’intérieur de ce cercle, est la seule partie de la surface du corps qui ne soit pas ciliée. À un très-fort grossissement, on y reconnait un chagrin très-fin, mais très-régulier, et, en outre, des stries radiaires très-délicates, qui partent du bord du cercle et vont se perdant vers le centre. La couronne ciliaire est composée de cils plus vigoureux que ceux du reste du corps, et elle est implantée, comme chez les Trichodines, à l'extérieur de l’organe fixateur et tout autour de celui-ci.

La spire buccale est formée par des cirrhes plus forts que les cils de la surface du corps. Elle nous a paru avoir la même direction que celles des Vorticellines ; mais, au lieu de descendre dans un vestibule constitué comme celui de ces dernières, elle conduit dans une espèce de canal compris entre deux cadres triangulaires, allongés (Fig. 3). Nous ne pensons du moins pas pouvoir décrire mieux l’apparence que nous a présentée ce singulier appareil, qu’en la comparant à celle de deux cadrestriangulaires égaux, dont l’un des côtés serait beaucoup plus court que les deux autres. Ces deux triangles sont adjacents l’un à l’autre par l’un des longs côtés, de manière à former un angle dièdre. Ils ont, en un mot, une arête commune. Nous n’avons pas réussi à nous rendre compte d’une manière satisfaisante des fonctions de ce singulier appareil, mi de la distribution des cils qu'on aperçoit s’agitant dans son voisinage. Cette partie de l’organisation des Trichodinopsis nécessitera une révision serupuleuse, et ce n’est qu'après cette révision qu'il sera permis de décider si ces animaux doivent, oui ou non, être placés auprès de la famille des Vortieellines.

L'observation de l'appareil buccal est d'autant plus difficile que cet appareil est à

demi enveloppé par un large nucléus qui diminue la transparence. Ge nucléus est une

plaque en général plus ou moins triangulaire et courbée en gouttière autour de l’appareil buccal. L'un des côtés de ce triangle, à savoir celui dont la direction se rapproche le plus d’un parallélisme complet avec l'axe du corps, est en général découpé en plusieurs lambeaux, souvent plus ou moins renflés (V. Fig. # et 5).

La vésicule contractile est unique et placée dans la partie supérieure du corps.

Lorsqu'on tue la Trichodinopsis paradoxa par l'acide acétique, on voit se dessiner d’une manière fort nette un organe, en forme de calotte solide, qui est immédiatement superposé à l’appareil fixateur (V. Fig. 1., p.). La fonction de cet organe nous est restée totalement inconnue. Est-ce peut-être une masse musculaire destinée à faire mouvoir cet appareil ?

La longueur totale de la Trichodinopsis paradoxa est d'environ Om, 43; sa largeur, de Onm, 078.

Les Cyclostomes, dans l'intestin et la cavité pulmonaire desquels nous les avons

rencontrés, ont été recueillis sur le coteau de Pinchat, près de Genève.

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