II: Famille. — UROCENTRINA
La famille des Urocentrina est limitée, pour le moment, à l’Urocentrum Turbo Ehr. (Infus., p. 268, PI. XXIV, Fig. VIT), animal très-répandu, qui n’a pas été suffisamment étudié jusqu'ici. La rapidité excessive de cet infusoire en rend l’étude fort difficile; et comme, de plus, nous avons égaré quelques esquisses que nous en avions faites, il y a déjà quelques années, nous ne pouvons pas dire grand’chose à son sujet. — Nous avons placé dans le tableau de classification les Urocentrina parmi les infusoires ciliés à spire buccale læotrope. Toutefois, nous n’oserions, vu la perte de nos esquisses, assurer qu'il n’y ait aucune erreur à ce sujet. La bouche n’est pas, dans
tous les cas, placée là où la dessine M. Ehrenberg, mais elle est logée dans le sillon
transversal médian que représente cet auteur. Ce sillon n’est, du reste, point exactement transversal, mais oblique. C’est la partie inférieure du sillon qui porte les cirrhes buccaux. La vésicule contractile est placée tout près de l'extrémité postérieure du Corps.
Quant à l'organe que M. Ehrenberg désigne sous le nom d’un poinçon en forme de queue, il est formé par de longs cils agglomérés en un faisceau.
La place de l’orifice anal ne nous est pas connue d’une manière positive, mais il n'est pas probable que cet orifice occupe, relativement à la bouche, la même position que chez les Vorticellines. M. Lachmann paraît même s'être convaincu qu'il est placé
à l’extrémité postérieure.
EN: Famille. — OXVNERICHHENA.
La famille des Oxytrichiens, telle que nous lavons délimitée, correspond à peu près exactement aux trois familles des Aspidiscina, Oxytrichina et Euplotina de M. Ehrenberg. La famille des Aspidiscina devait forcément disparaitre, attendu qu’elle était basée sur un caractère erroné. Tandis, en effet, que M. Ehrenberg elassait avec raison ses Euplotina et ses Oxytrichina dans son ordre des Catotreta, comme ayant la bouche et l'anus sur la face ventrale, il assignait à ses Aspidiscina une place parmi ses 4{l0treta, sous le prétexte que leur anus est terminal. Cependant Panus est, chez eux, placé sur la face ventrale tout aussi bien que chez les deux autres familles. Quant à la distinction que M. Ehrenberg faisait entre ses Euplotina et ses Oxytrichina, elle est trop peu importante pour justifier la formation de deux familles. Dans la classification du savant Berlinois, les Euplotina sont munis d’une cuirasse, et les Oxytrichina en sont dépourvus, distinction très-claire sur le papier, mais qui est fort peu dans la pratique.
En eflet, la cuirasse des Æuplotina n’est point un fourreau distinct du corps, comme
celui des Cothurnies et des Vaginicoles, ni même une cuirasse exactement adhérente, mais bien distincte, comme celle des Bystériens. Elle n’a, dans le fond, pas d'existence réelle en tant qu'organe à part. C’est une pure apparence produite par une certaine raideur dans les téguments et dans le parenchyme. La cuirasse difflue aussi rapidement que le reste du parenchyme. Il n’est done pas possible de distinguer les genres cuirassés (Euplotina de M. Ehrenberg, Plæsconiens de M. Dujardin) des genres non cuirassés (Oæytrichina de M. Ehrenberg, Kéroniens de M. Dujardin). En effet, les premiers ne sont pas réellement cuirassés, mais n’ont qu'une apparence de cuirasse, comme dit M. Dujardin, et les derniers ne sont pas dépourvus de toute apparence semblable. Ce n’est que grâce à une raideur de tégaments analogue à celle de la prétendue carapace des Euplotes, que les Stylonychia et les Oxytricha ont un front distinct
du dos.
Plusieurs des genres qui ont été réunis jusqu'ici avec les Oxytrichiniens doivent en être éloignés comme troublant l’homogénéité de la famille. Tel est le genre Halteria, que M. Dujardin range, on ne sait pourquoi, parmi ses Kéroniens, et qui doit former une famille à part. Tel est encore le genre Loxodes Duj., qui contient uniquement des animaux appartenant au genre Ghilodon de M. Ehrenberg et qui n'offre auune affinité avec les Oxytrichiniens. — Le genre Chlamidodon Ehr. est fondé sur une espèce marine à nous inconnue (C. Mnemosyne Ehr., p. 377, PI. XLIL, Fig. VIN), mais qui n’a, bien certainement, rien à faire avec les Oxytrichiens. M. Lieberkühn, qui à eu l’occasion d'observer le Chlamidodon Mnemosyne dans la Baltique, près de Wismar, nous affirme que c’est un animal très-voisin des Chilodon : ce que nous sommes fort disposés à croire..— Les genres Discocephalus Ehr. et Ceratidium Ehr. sont basés, par M. Ehrenberg, sur des êtres trop imparfaitement observés pour qu'il soit possible de leur accorder une place dans la nomenclature. Ilen est de même des genres Stichotricha et Mitophora de M. Perty. Les genres Kerona Ehr. (Alastor Perty) et Himantophorus Ehr. nous sont malheureusement restés inconnus. Le premier se distingue des Stylonichies, et le second des Euplotes par l'absence des pieds-rames. Quant au genre Urostyla Ehr., nous aurons l’occasion d'en parler à propos des
Oxytriques (V. 0. Urostyla). La famille fort peu naturelle des Cobalina, que M. Perty
ET LES RHIZOPODES. 437 intercale entre ses Oxytrichina et ses Euplotina renferme des genres très-hétérogènes, dont un seul, celui des A/astor Perty (Kerona Ehr.), est voisin des Oxytrichiens".
La famille des Oxytrichiens renferme tous les infusoires marcheurs. Les extrémités que présentent ces animaux peuvent se classer sous différentes rubriques que nous avons déjà eu l’occasion de mentionner ailleurs sous les noms de pieds-crochets, de pieds-rames, de pieds-cirrhes, de cirrhes marginaux, de soies. Les pieds-crochets ont été désignés par M. Ehrenberg sous les noms de Haken, Hakenfüsse et uncini, et par M. Dujardin, sous celui de pieds corniculés. Les pieds-rames sont les styli ou Griffel de la nomenclature de M. Ehrenberg. Nous préférons le nom de pieds-rames (Ruderfüsse) parce que les appendices dont il s’agit ne sont jamais pointus, comme le pourrait faire supposer le nom de s{yle, mais larges et aplatis comme une rame. — Quant aux pieds-erochets, ils ne sont pas essentiellement différents des pieds-cirrhes. Les premiers se trouvent en particulier chez les Euplotes et les Stylonychies, et se meuvent comme de véritables pieds. Les seconds, qu’on trouve par exemple chez les Oxytriques, sont plus fins et s’agitent, dans des sens divers, d’une manière qui rappelle déjà les mouvements des cils d’autres infusoires.
Soit les pieds-rames, soit les pieds-crochets, ainsi que les pieds-cirrhes et les cirrhes marginaux, sont susceptibles, dans toute la famille des Oxytrichiens, de se fendre dans le sens de leur longueur et de se transformer ainsi en un faisceau de soies fines, dont chacune peut s’agiter pour son propre compte (V. PI. VI, Fig. 1, À, B et CG. On voit cette division des appendices se manifester toutes les fois qu'un Oxytrichien a trop peu d'espace pour circuler librement entre les deux plaques de verre du porte-objet. Aussi est-il souvent fort difficile de compter le nombre réel des appendices d’une Stylonychie, parce que ce nombre se trouve plus grand à la fin de l'observation qu'au commencement. Cependant, la cause de cette difficulté une fois connue, il est facile d'éviter les erreurs qui pourraient en résul-
ter. — Les cirrhes dont est muni le bord antérieur de Panimal, cirrhes que M. Ehren-
1. Quant au parasite de l'intestin du Julus marginalus, que M. Leidy a décrit sous le nom de Nyctitherus velox (Proceedings of the Akademy of Natural Sciences of Philadelphia, vol. IV, p 255) et qu'il prétend être un infusoire proche parent des Euplotes, il n’est pas probable qu'il appartienne à la famille des Oxytrichiens. Toutefois, la description de M. Leïdy ne nous permet pas de décider dans quelle famille il doit rentrer,
berg désigne sous le nom de cérrhes frontaux, ne paraissent pas être susceptibles de se diviser de la même manière.
Certains genres de cette famille (Schizopus, Campylopus) offrent, outre les appendices déjà mentionnés, des extrémités, dont le lieu d'implantation est très-remarquable. Ce sont de véritables pieds dorsaux, en ce sens que leur base n’est point fixée sur la face ventrale de l'animal, mais dans une excavation de la face dorsale. Ces pieds sont dirigés horizontalement, c’est-à-dire à peu près parallèlement à Paxe du corps, etne servent pas à la marche. Ils sont susceptibles de se fendre longitudinalement jusqu’au bas, comme les appendices de la face ventrale.
Chez toutes les espèces jusqu'ici connues, la vésicule contractile est unique et l'anus est situé sur la face ventrale, du côté droit, non loin du bord postérieur. L'æso-
phage est toujours fort court.
Tableau des genres de la famille des Oxytrichiens.
Partie antérieure non prolongée en forme decolhérissédesoies 1. OXYTRICHA.