Nom lire de la mythologie scandinave
La cavité du corps pénètre jusque dans l’intérieur des lambeaux. malgré la déhcatesse de ceux-ci. En effet, l’anus est situé sur le dos du lobe gauche du calice.
Dans leur état normal, les Freïa habitent une coque membraneuse fixée à des objets étrangers, mais elles n’y sont pas librement suspendues, comme les Lagenophrys dans leur fourreau. La partie postérieure de leur corps paraît être constamment fixée à la paroi de la coque. Pour peu que l'animal soit inquiété ou peu disposé à prendre de la nourriture, il se retire dans son habitation ; les lambeaux de son calice se rétractent et se replient, et il devient difficile de soupconner dans ce corps ramassé la forme gracieuse et élégante d’une Freïa. Lorsque la cause d’effroi a cessé, l'animal s’allonge au dehors, son calice s'épanouit avec grâce et les cirrhes buccaux commencent à produire leur tourbillon dans l'eau.
Les coques des Freia étant adhérentes à des objets étrangers, 1l est, à priori, wraïi-
semblable que leurs habitants doivent être susceptibles de mener, durant une partie de
leur existence, une vie errante, comme tous les imfusoires qui se trouvent dans des :
conditions analogues. En effet, nous avons été dans le cas d'observer des Freïa dans leur phase errante, mais sous une forme bien inattendue. Nous avons à plusieurs reprises rencontré dans les eaux de la mer, soït dans le fjord de Bergen, soit à Gleswær, près de Sartorée, sur la côte occidentale de Norwége, un infusoire de forme à peu près cyhndrique, tronqué en avant et cilié sur toute sa surface (V. PL IX, Fig. 9). La troncature, souvent un peu oblique, portait des cirrhes vigoureux bien plus longs et plus forts que les cils de Fhabit ciliaire. Mais jamais il ne nous fut possible de reconnaître d’oritice buccal à cette place, bien qu'il doive, sans aucun doute, s’en trouver un là. La cuticule présentait des stries longitudinales très-distincte£. Un nucléus ovale et de couleur claire se voyait constamment un peu en arrière du milieu de l'animal. Le corps présentait en général une teinte d’un bleu verdätre, semblable à celle qu'offre d'ordinaire la Freia elegans.
. Immédiatement en arrièr®de la troncature se trouvait une tache sémilunaire d’an noir intense, rentrant évidemment dans la catégorie de celles que M. Ehrenberg nomme, chez les Ophryoglènes par exemple, un œil ou une tache oculaire. La signification de celte tache nous est restée complètement inconnue. Elle était le plus souvent beau-
coup plus compacte que celle des Ophryoglènes, et parfois on distinguait derrière elle
(V. Fig. 9) un corpuscule très-transparent, qui faisait naître involontairement dans l'esprit l’idée d’un erystallin. Nous ne voulons cependant pas ajouter trop d'importance à cette idée, puisque les fonctions d’un appareil réfringent restent nécessairement problématiques, aussi longtemps que nous ne connaissons pas en arrière de lui un appareil nerveux susceptible de percevoir les impressions. L'animal s'agitait avec une grande vivacité dans l’eau. Il nageait fréquemment à reculons, diastrophiquement, comme dit M. Perty, à la manière des Stentors, et prenait alors une forme plus globuleuse, en se raccourcissant et s’élargissant (V. PI. IX, Fig. 8). Sous cette forme, l'animal atteignait une longueur d'environ Om®,085. — Certes, nul n'aurait songé à reconnaitre dans cet infusoire une Freia, errant en toute liberté dans les eaux de la mer. Et, cependant, telle était bien la nature de cet animal. Un jour, M. Lachmann en poursuivait un, qui ne tarda pas à se fixer sur une algue, où 1l se mit à sécréter une coque tout autour de lui. Cette coque avait une ressemblance de forme frappante avec celle de la Freia elegans. En même temps, la partie antérieure de l’animal commença à se développer en un épanouissement membraneux, qui, par sa forme, rappelait déjà, en petit, tout-à-fait le calice membraniforme des Freia. Nous n'avons pu, malheureusement, poursuivre cet animal jusqu'à la forme de Freia défimtive. Cependant, nous en avons assez vu pour ne pas conserver de doute à l'égard de cette transformation. La tache oculaire devient de plus en plus diffuse, et peut-être finit-elle par disparaitre complètement, puisque aucune des trois espèces que nous allons décrire ne possède de tache semblable. Nous croyons que, des trois espèces décrites ci-dessous, c'est la Freia elegans à laquelle il faut rapporter cette forme libre. Peut-être aussi cet animal est-il la phase errante d'une quatrième espèce, non encore observée dans son état défimitif. — MM. Lieberkühn et Wagener, qui ont observé des Freia à Wismar, dans la Baltique, y ont aussi rencontré cette forme errante avec sa tache pigmentaire. Cepen-
dant, ils n'ont pas supposé la moindre parenté entre elle et les Freia.
ESPÈCES
1° Freia elegans. (N. PI. X, Fig. 1-4 et Fig. 7.)
DraGNose. Coque en forme de bouteille conchée sur le flanc et à col recourbé vers le haut; bord de l'ouverture échancré du côté gauche ; une valvule dans lPintérieur du col, Lobes du calice arrondis.
La forme de la coque est, chez cette espèce, très-caractéristique. C’est une bouteille couchée, dont le flanc est appliqué contre des Geramium et autres algues marines ; le col est relevé et présente une ouverture évasée. Le bord de celle-ci est profondément échancré
du côté gauche. La coque est en général très-transparente et incolore; parfois, elle
g est légèrement teinte de brunâtre. Sa partie adhérente est entourée d’un encroûtement circulaire incolore, de même nature que la coque elle-même. Cet encroûtement se présente, dans la vue de profil, sous la forme d’une pièce triangulaire servant d'appui à la base du col, et d’un appendice pointu qui termine la partie postérieure de la coque. — Dans l’intérieur du col se trouve une valvule ou soupape, composée d’un nombre variable de lobes, et placée à une distance variable de l'ouverture. Lorsque l’animal s’allonge au dehors de sa coque, cette soupape cède devant lui et s'appuie contre les parois de son corps; lorsqu'il se retire au fond de son habitation, la soupape se referme et empêche les objets étrangers de pénétrer à l’intérieur.
Nous avons plusieurs fois rencontré des individus dont la coque présentait en divers endroits des renflements creux renfermant des corpuscules verts ou bruns verdâtres (PL X, Fig. 4). Il n’est pas impossible que ces renflements soient le résultat d’une affec-
PE Ar
tion maladive due au développement d’un parasite végétal comparable aux Ghytridium.
Les lobes du calice membraniforme sont arrondis à leur sommet (V. Fig. 7), et le bourrelet qui les borde n’est pas plus large à ce sommet que partout ailleurs.
ba vésicule contractile est située dans la partie postérieure de lanimal, en arrière du nucléus.
Nous avons rencontré très-fréquemment la Freia elegans sur divers points de la côte de Norwége : à Vallôe, dans le golfe de Ghristiania ; à Christiansand ; dans le fjord
de Bergen, et près de Glesnæsholm, non loin de Sartoroe.
% Freia aculeata. (NV. PI. X, Fig. 5, 6 et 8.) Diagnose. Coque en forme de bouteille couchée sur le flanc et à col allongé, recourbé vers le haut; bord de Pouverture non échaucré ; pas de valvule dans l'intérieur du col; lobes du calice terminés par une pointe à leur sommet.
La coque de cette espèce ressemble à celle de la précédente ; toutefois, elle s’en distingue aisément par son ouverture à peine évasée, dont le bord ne présente pas trace d’échancrure. La paroi du col est en outre légèrement ondulée, ce qui n’est pas le cas chez la Freia elegans.
Les lobes du calice sont relativement beaucoup plus étroits que chez la Freia elegans, ce qui provient de ce que l’échancrure dorsale est plus profonde que chez cette dernière. En outre, le bourrelet qui borde les lobes gagne en hauteur vers le sommet de chacun des lobes et se termine là en une pointe, qui est par conséquent extérieure, relativement aux cirrhes de la spire buccale (V. PI. X, Fig. 8). Cette pointe est assez élevée pour dominer complètement les cirrhes implantés sur le bord inférieur du bourrelet. — Du reste, le nucléus et la vésicule contractile sont placés comme chezla Freia elegans.
Nous n'avons observé qu'un seul individu de cette espèce, à Glesnæsholm, près de Sartorôe, sur la côte occidentale de Norwége. Sa coque était fixée sur la concavité d’un tube de la Serpulu spirorbis Lin. (Spirorbis nautiloides Lam.). Les dessins que
nous en donnons sont faits d’après des esquisses de M. Lachmann.
3 Frein Ampulla.
Syx. Vorticella Ampulla, O.-F, Mueller. Anim. An£., p. 283. Tab. XL, fig. 4-7. (NBI IX Ris. 6=7:)
DIAGNOSE. Coque très-large, à col fort court, légèrement recourbé vers Le haut; bord de l'ouverture non échancré.
Pas de valvule dans l’intérieur du col; lobes du calice dépourvus de pointe.
Nous n’avons observé qu'un seul individu de cette espèce, qui, retiré dans sa coque, n’est jamais venu déployer au dehors son épanouissement en calice. Cependant, cette es-
pèceest su flisamment caractérisée pour que nous ne eraignions pas de lui donner un nom.
En effet, elle se distingue clairement, soit de la Freia elegans, soit de la F. aculeata, par la forme beaucoup plus large de sa coque, et par son col excessivement court, muni d’une ouverture ronde relativement très-étroite. Le côté adhérent de la coque est entouré d’une zone circulaire de même substance que la coque elle-même, zone qui est destinée à assurer l’adhérence aux objets étrangers (algues marines). L'absence de l’échancrure du bord de la çoque et des valvules de l’intérieur du col suffisent pour empêcher toute confusion avec le F. elegans. D'autre part, l'absence de la pointe qui surmonte les lobes du calice chez la F. aculeata, empèche toute confusion avec celle-ci. On peut, en eflet, s'assurer d’une manière parfaitement certaine, même durant la rétraction, non seulement que les lobes de la Freia Ampulla sont mutiques, mais encore qu'ils sont beaucoup plus larges que ceux de la Freia aculeata.
Il n’est pas improbable qu'il faille rapporter à cette espèce la Vorticella Ampulla, observée par Otto-Friederich Mueller, dans de l’eau de mer. Cette prétendue Vorticelle est, dans tous les cas, bien décidément une Freia et non une Vaginicole, comme M. Ehrenberg avait cru devoir le supposer d’après les dessins de Mueller.
Chez l'individu observé. la partie postérieure du corps contractait avec le fond de la coque une adhérence beaucoup plus étendue que chez les autres Freia. En outre, on voyait une bride charnue se détacher de cette partie postérieure du corps pour venir s'attacher isolément à la paroi de la coque.
La Freia Ampulla a été observée dans le fjord de Bergen en Norwége.
3 Genre. — STENTOR.
Les Stentors sont carattérisés, dans la sous-famille des Stentoriens, par la circonstance que leur partie antérieure est tronquée par un plan convexe, qui porte les cirrhes buccaux à son pourtour. Ce plan est ce que M. Ehrenberg nomme, chez ces infusoires, le front.
M. Ehrenberg avait commis une erreur en assignant une place aux Stentors dans la
famille des Vorticellines, erreur qui ne fut point corrigée par la fondativn de la famille
des Urcéolariens que tenta M. Dujardin, et 1l était réservé à M. Stein de démontrer le peu d’aflinité que ces infusoires ont avec les Vorticelles. Néanmoins, les figures de M. Ehrenberg, relatives aux Stentors, sont en général admirablement exécutées, et on doit les placer parmi les meilleurs dessins d’infusoires que nous possédions.
Le corps des Stentors a, dans son état d'extension, la forme d’une trompette dont la large ouverture est bouchée par une surface convexe (le front), de manière à ne laisser subsister que sur son bord un orifice, qui est la bouche. La spire buccale commence sur le front, immédiatement à droite de la bouche, suit le bord du front et vient descendre dans l’entonnoir buccal, après avoir fait par conséquent un tour complet de spirale læotrope. Elle se continue dans l'intérieur de cet entonnoir, qui s’enfonce de la face ventrale dans la direction du dos, tout en se recourbant vers la partie postérieure et se changeant peu à peu en un véritable tube cylindrique. Ce tube, cilié sur toute sa surface intérieure, est l'æsophage, qui est, chez les Stentors, bien plus large que chez les Freia. La bouche et l’œsophage sont si largement béants, que les cirrhes buceaux y font entrer parfois des infusoires fort gros. La cavité digestive répète, par sa forme, à peu près exactement les contours extérieurs du corps. L’anus est placé sur le dos, immédiatement au-dessous de la spirale des cirrhes buccaux. M. Lachmann à remarqué qu'en général un certain nombre de masses fécales se rassemblent auprès de cette ouverture avant d’être expulsées, ce qui semble indiquer, dans cette région, comme un compartiment spécial de la cavité digestive, jouant le rôle de rectum.
La cuticule présente chez les Stentors, comme chez les Freia et beaucoup d’autres infusoires ciliés, des rangées longitudinales de petites élévations sur lesquelles sont implantés les cils. Sur le front, ces rangées courent parallèlement à la spire buccale. Parmi les cils sont semés des soies roides très-fines, découvertes par M. Lachmann, et comparables peut-être à celles qu'on connaît chez beaucoup de Planaires. Ces soies ont ceci de particulier, que parfois on cherche inutilement à les voir pendant des heures entières, puis que subitement elles apparaissent de la manière la plus évidente au moment où l’on y pense le moins. Aussi est-il permis de se demander si peut-être elles sont rétractiles, et ne font saillie que dans certains mo-
ments.
M. Ehrenberg a déjà mentionné, sous la cuticule des Stentors, des cordons longitudinaux qu'il nomme des muscles. L'existence de ces organes paraît avoir, depuis lors, été généralement révoquée en doute. Cependant, M. Lieberkühn les a revus dernièrement, et s’est convaincu qu'ils jouent bien réellement le rôle de véritables muscles. Nous n'avons pas encore eu l’occasion de répéter ces observations.
Dans Pétat normal, les Stentors peuvent ou bien se fixer aux objets étrangers à l’aide de leur partie postérieure, que M. Ehrenberg nomme une ventouse, et ils prennent alors la forme de trompette caractéristique, ou bien nager hbrement dans l’eau en prenant une forme contractile plus courte et plus large.
Souvent les Stentors nagent à reculons, diastrophiquement, comme dit élégamment M. Perty, et, dans ce cas, la partie postérieure de leur corps se raccoureit beaucoup et les cirrhes buccaux se rabattent en dedans. On pourrait être tenté de penser que ce renversement de la direction normale de natation est une conséquence même de la direction que donne aux cils l'extrême raccoureissement du corps. Il est cependant plus probable que l’animal peut à volonté faire battre ses cils de manière à progresser en avant ou en arrière. En effet, on voit une foule d’infusoires, comme les Lembadium, les Paramecium et bien d’autres, nager à reculons sans modifier le moins du monde la forme de leur corps; et, d’ailleurs, les Stentors sont eux-mêmes susceptibles de nager en avant dans un état d'extrême contraction. La diastrophie des Stentors était déjà connue du pasteur Eichhorn, dans le siècle dernier.
Les Stentors, lorsqu'ils sont fixés en colonies sur des objets étrangers, se sécrètent parfois un fourreau gélatineux, sur lequel M. Cohn° à attiré l’attention, il y a quelques années, mais qui était déjà connu d’Eichhorn*, d’Otto-Friederich Mueller*, de Schrank* et de Schmarda”. M. Ehrenberg pense que les Stentors ne construisent ce fourreau que lorsqu'ils sont sur le point de périr; mais c’est une erreur, car on les voit
y vivre durant des semaines entières. Ce fourreau est très-intéressant, puisqu'il indi-