Vergl. Anat., IE, p
2. Dans la diagnose française du Sp. ambiguum, M. Ehrenberg nomme celte espèce Sp.vert ; c'est là sans doute un lapsus calami pour Spirostome ambigu. En eff:t, on rencontre bien parfois des Spirostomum ambiguum rendus verts par des granules de chlorophylle déposés dans leur parenchyme, mais c’est là le eas le plus rare.
cons de Berlin, et aussi dans la Suisse occidentale, non loin de Genève. MM. Ehrenberg, Dujardin, Perty et d’autres auteurs l’avaient déjà observé très-fréquemment en Allemagne, en France et dans la Suisse centrale. Cette espèce paraît donc être trèsrépandue.
20 Spirostomum teres. (Y. PI. XI, Fig. 1-2.)
DrAGNOSE. Spirostome à corps cylindrique, filiforme ; bouche située vers le milieu de la longueur totale du corps ou un peu en ayant de ce milieu; nucléus court et ovale.
Cette espèce, voisine de la précédente, s’en distingue facilement par la position de sa bouche et par son nucléus. Le sillon qui renferme les cirrhes buccaux est dirigé précisément comme chez le Spirostomum ambiquum, mais il s'arrête vers le milieu de la longueur du corps, et c’est là que se trouve la bouche, laquelle est située bien plus en arrière dans le S. ambiquum. L’œsophage est court et tubuleux, rappelant tout-àfait celui du Parameciun Aurelia. Dans son intérieur, on voit s’agiter comme une forte soie, mais il est difficile de déterminer si c’est bien là une seule et unique soie ou bien un faisceau de soies discrètes les unes des autres. La vésicule contractile et le vaisseau sont parfaitement semblables‘ à ceux de l’espèce précédente. On voit également ici les excréments refouler devant eux la paroi de la vésicule contractile pour se rendre à l'ouverture anale.
Le nucléus est court et ovale, placé entre la bouche et la vésicule contractile, mais un peu plus près de la bouche.
Cette espèce est très-abondante dans les environs de Berlin, surtout là où les
Lemna abondent. Elle est notablement plus courte que le Sp. ambiguum. Sa longueur est d'environ Omm 9 à 0,3.
39 Spirostomum Filum.
SYN. Uroleptus Filum. Ehr. Inf., PI. XL, Fig. 5. Nous ne connaissons cet animal que d’après la description et les figures qu’en donne
M. Ehrenberg. Ce savant le classe, avec des êtres bien différents de lui, dans son genre
Uroleptus. M. Dujardin a déjà émis l’idée que ce devait être un Spirostomum, et nous sommes entièrement de son avis.
M. Perty a mentionné, sous le nom de Spérostomum semivirescens, une espèce dont on ne peut dire, ni si elle est réellement différente de celles que nous venons de décrire, ni si elle appartient au genre Spirostome plutôt qu’à un autre quelconque. Cet observateur n’en donne, pour ainsi dire, aucune description; et quant au dessin qui accompagne son ouvrage, C’est une ébauche malheureuse dans laquelle on ne peut distinguer ni spire buccale, ni vésicule contractile, ni vaisseau, ni nucléus; ni rien qui puisse faire reconnaître un Spirostome. Le nom de Spirostomum semivirescens doit donc être retranché sans aucune hésitation du catalogue des infusoires.
Le Spirostomum virens Ehr. ne peut plus faire partie du genre Spirostome tel que nous l’avons défini. Nous avons vu qu'il doit rentrer dans le genre Leucophrys. M. Dujardin avait déjà compris que son alliance avec les Spirostomes était peu naturelle. Il l’avait donc séparé de ceux-ci; mais, ne sachant plus qu’en faire, il l’avait relégué dans le fouillis des Bursaires.
M. Perty pense que les Spirostomes sont proches parents des Kondylostomes de M. Bory. En effet, selon M. Ehrenberg, les Kondylostomes de M. Bory-Saint-Vincent sont des Leucophres, lesquels ne s’éloignent pas beaucoup des Spirostomes. Les infusoires qui offrent l’aflinité la plus grande avec les Spirostomes, sont les Plagiotomes. C’est déjà ce qu'avait entrevu M. Ehrenberg, car ce savant se demande si la Bursaria cordiformis ne serait pas mieux placée parmi les Spirostomes que-parmi les Bursaires. Or, la Bursaria cordiformis est un vrai Plagiotome, et ce ne serait point une faute que
de réunir les Plagiotomes et les Spirostomes en un seul et même genre.
6° Genre. — PLAGIOTOMA.
Les Plagiotomes ne se distinguent des Spirostomes que par leur forme non linéaire, quoique très-comprimée. ls sont munis d’une rangée de cirrhes buccaux, logés, comme chez les Spirostomes, dans un sillon qu’au premier abord on est tenté de croire parfaitement droit, mais qu’on reconnaît bientôt, à l’aide d’une observation plus attentive, appar-
tenir à une spirale courant de l’avant et de la gauche à l'arrière et la droite. L’anus est placé à l'extrémité postérieure.
Plusieurs de ces espèces, ou même la plupart, sont des parasites vivant, soit dans l'intestin de vertébrés et d’invertébrés, soit dans le mucus sécrété par des mollusques, soit enfin dans la cavité abdominale des lombrics. D’autres vivent tout-à-fait libres dans l’eau, et ne paraissent jamais mener la vie de parasites. Il n’est pas possible de trouver un caractère anatomique qui rende justifiable la répartition en deux genres des espèces
parasites et non parasites.
ESPÈCES
1° Plagiotoma lateritia.
Sxn. Bursaria laterilia. Ehr. Inf., PI. XXXV, Fig. 5. Blepharisma persicinum Periy. (V. PI. XI, Fig. 3-5.)
DrAGNOSE. Plagiotome en forme de lame à bords presque Parallèle æsophage court et droit; vésicule contractile à l'extrémité postérieure ; habite les eaux douces.
La Plagiotoma lateritia est, en général, quatre ou cinq fois aussi longue que large, et striée en long. Elle est comprimée de manière à ce que le ventre et le dos soient réduits presqu’à l’état de simples arêtes, tandis que les côtés sont très-développés. La rangée de cirrhes buccaux s'étend en spire très-allongée, depuis l'extrémité antérieure jusqu’à la bouche, qui est située vers le milieu de la longueur totale du corps ou légèrement en arrière de ce milieu. L’œsophage est court et cylindrique, s’élargissant légèrement en cône à sa partie postérieure, sous laquelle on voit se former les bols alimentaires. Dans l’œsophage est implantée une soie qui vient faire saillie au dehors de la bouche. La vésicule contractile est grande et située tout-à-fait à l'extrémité postérieure. L’anus est tout auprès, mais il n’est pas cependant tout-à-fait terminal : il est situé un peu plus près du dos, précisément à la place où l’a indiqué M. Ehrenberg. Le nucléus, qui paraît n'avoir été vu par personne jusqu'ici, est un corps ovalaire situé un peu au-dessus du niveau de la bouche.
Les téguments de la Plagiotoma lateritia sont striés longitudinalement et colorés
en général d’une teinte rappelant celle de la brique, ce qui explique le nom de Bur-
saria lateritia, qui lui a été donné par M. Ehrenberg. Il n’y a pas de doute que le Blepharisma persicinum de M. Perty ne soit la même espèce, bien que cet auteur ait cru devoir en faire une espèce entièrement nouvelle. Du reste, il n’est point rare de trouver des individus parfaitement incolores, qu’il faut nécessairement rapporter à la même espèce. — M. Ehrenberg représente, chez sa Bursaria lateritia, la bouche comme étant située bien plus en arrière que nous ne l'avons dit. On trouve, en effet, çà et là (V. notre PI. XI, Fig. 5), des individus chez lesquels la bouche est située tout près de l’extrémité postérieure. Mais ces individus-là n’atteignant en général que la moitié de la longueur des auires, nous pensons pouvoir affirmer que ce sont des individus qui viennent d’être formés par une division transversale.
Nous avons trouvé cette espèce assez fréquemment dans les étangs du pare (Thiergarten) de Berlin, où elle atteint une longueur moyenne de 0®®,12. L’individu repré-
senté Fig. 5, n’était long que de Omm,06.
° . : 5 2° Plagiotoma cordiformis.
Syx. Bursaria cordiformis. Ehr. Inf., PI. XXXV, Fig. 6. Opalina cordiformis Perty. (V. PI. XI, Fig. 8-9.)
DrAGNOSE. Plagiotome en forme de nautile ou d’ammonite, à œsophage très-long et recourbé vers la partie posté rieure; nucléus rénilorme.
Au premier coup d'œil, ce Plagiotome rappelle tout-à-fait la forme d’une coquille enroulée sur un plan, d’un nautile par exemple. Cette apparence est due à l’œsophage, qui est courbé dans l’intérieur de manière à former, pour ainsi dire, l’avant-dernier tour de la coquille. Le parcours du sillon qui porte les cirrhes buceaux est beaucoup plus difficile à reconnaître, comme élément de spire, que dans l’espèce précédente, ce qui provient de ce que la spire est beaucoup plus allongée que chez celle-ci et se rapproche, par suite, davantage de la ligne droite. Le bord droit du sillon est beaucoup plus élevé que le bord gauche. Aussi, lorsqu'on considère l’animal par le côté gauche, on voit le sillon à découvert, tandis qu'il est recouvert par une lame mince lorsqu'on observe le côté droit. La bouche est située à peu près au milieu de la longueur totale
du corps ou un peu en arrière de ce milieu. Arrivée à la bouche, la rangée des cirrhes
buccaux change subitement de direction pour se continuer dans l'æœsophage. Elle se courbe à ce moment-là, à angle droit, pour former un peu plus loin, en même temps que l’œsophage lui-même, une seconde courbe, également à angle droit ou à peu près, mais en sens inverse de la première. L’œsophage est fort long et la spirale ciliaire est formée, dans son intérieur, par des cirrhes extrêmement forts. Aussi n’y at-il pas d’infusoire qui se prête mieux que celui-là à l'étude de l’æsophage Chose curieuse ! M. Ehrenberg a méconnu la bouche de ce Plagiotome, et n’a, par suite, pas pu reconnaître son æsophage. Il considère la rangée de cirrhes, qui est logée dans l’æsophage, comme étant à la surface du corps, et l'extrémité inférieure de l’æsophage a passé à ses yeux pour la bouche. El en résulte que, pour M. Ehrenberg, le côté gauche de la Plaqiotoma cordiformis devient la face ventrale et que l'animal a pour lui une forme trèsdéprimée, tandis qu’elle est, au contraire, très-comprimée. La cause de la méprise de M. Ehrenberg gît dans le fait même que l’æsophage est extrêmement facile à voir. Les cirrhes qu'il renferme sont si distincts qu’on est tenté de les supposer à la surface. M: de Siebold est le seul auteur qui, jusqu'ici, ait reconnu que ces cirrhes sont bien réellement logés dans un canal. Il dit, en effet’, que l’œsophage de la Bursaria (Plagiotoma) cordiformis est long et courbé en arc. M. Perty réunit la P. cordiformis aux Opalines, qui sont, comme on sait, privées de bouche. Il a bien reconnu, chez quelques exemplaires, une échancrure ciliée, mais, néanmoins, il ne veut y voir qu'un sillon recourbé, et pas de bouche*. À cela nous n’avons qu’à répondre que le PI: cordiforme n’est très-certainement pas une Opaline.
M. Stein‘ s’est déja chargé de dire un peu rudement à M. Dujardin, qu'il n'avait pas bien saisi le type des Bursaires (c'était bien pardonnable, car le genre Bursaire d'Ehrenberg était pire que le labyrinthe de Crète !), puisqu'il en avait retranché la Bursaria cordiformis pour la réunir aux Opalines. En cela M. Stein fait très-décidément tort à M. Dujardin. Ce dernier n’a jamais rien dit.de semblable. Il n’a pas observé, lui-même, l’animal en question“; il le décrit, sur la foi de M. Ehrenberg, comme