Lachmann, Müller's Archiv., 4856, Tab. XIV, Fig
L'infusoire que M. Dujardin représente sous le nom de Dileptus Folium, nous semble parfaitement identique avec le Loxophyllum Fasciola. Seulement, M. Dujardin n’a pas reconnu les cils de la surface. Par contre, l’arimal que le même auteur figure sous le nom d’Amphileptus Fasciola (Duj. PI. X[, Fig. 17), nous paraît être distinct de
l’'Amphileptus Fasciola de M. Ehrenberg.
3° Loxophyllum armatum. (N. PI. XIV, Fig. 17.)
DiaGxose. Loxophyllum dépourvu d’appendice en forme de trompe; corps plus ou moins sémilunaire, n'ayant pas de limbe du côté droit, bouche située sur le côté gauche, entre le premier et le second tiers de la longueur totale; limbe armé de longs trichocystes.
La face ventrale du L. armatum est plane et ornée de sillons longitudinaux entre lesquels sont implantées des rangées de cils fort courts. La face dorsale (celle qui est représentée dans la figure) est, dans toute la partie circonscrite par le bord interne du limbe — c’est-à-dire dans la partie qui correspond à la cavité digestive — tantôt bombée, tantôt plane, selon la plus ou moins grande quantité de nourriture absorbée par l’animal. Elle est garnie de cils courts et fins. Du côté droit, c’est-à-dire du côté qui est dépourvu de limbe, le corps atteint son épaisseur maximum, tandis que, du côté gauche, l'épaisseur diminue graduellement à mesure qu’on se rapproche du limbe. Celui-ci forme une large ceinture autour des trois quarts de la périphérie totale environ, savoir en avant, à gauche et en arrière. Il est, sur sa face supérieure aussi bien que sur sa face inférieure, ornée de rangées de cils qui sont disposés à peu près parallèlement au bord périphérique. Le bord, tout-à-fait externe, de ce limbe est un peu renflé en bourrelet. Au point où la partie postérieure du limbe atteint le bord droit de l'animal, elle se recoquille vers le haut (Voyez la figure). Des trichocystes longs et fins sont disposés radiairement dans toute l'étendue du limbe, tout en étant un peu moins distincts dans la partie postérieure.
La bouche est située sur le bord du limbe, à peu près à la limite commune du premier et du second tiers de la longueur totale, c’est-à-dire au point où, dans notre figure, des trichocystes déchargent leur filament pour frapper un Cyclidium. L’anus est situé au point de recoquillement du limbe, sans que nous ayons pu déterminer
avec certitude s’il est ventral ou dorsal. La vésicule contractile, située tout auprès,
devient souvent étoilée, ou se divise en deux au moment de la contraction. L’animal nage lentement, comme en chancelant, et se tourne de temps à autre autour de son axe longitudinal. Lorsque l’arête du limbe vient à toucher un corps étranger, les filaments urticants sont décochés par les trichocystes et paralysent les petits infusoires qu’ils viennent à toucher. Si cette manœuvre n’apporte aucune proie au Loxophyllum, on le voit s’agiter avec inquiétude pendant quelques instants et en tous sens pour reprendre bientôt son mode de natation accoutumé. — Nous avons vu le L. armatum se reproduire par division spontanée transversale.
Cette espèce a été observée par M. Lachmann, dans de l’eau provenant de la
Bruyère aux Jeunes-Filles (Jungfernhaide), près de Berlin.
4° Loxophyllum Lamellu.
Sxx. Trachelius Lamella. Ehr. Infus., p. 322. PI. XXXIIL, Fig. IX.
DraGnose. Loxophyllum à forme linéaire, conservant à peu près partout lé mème nucléus double ; vésicule contractile unique; bord dorsal non crénelé ; pas de trichocystes.
Les figures que M. Ehrenberg donne de cette petite espèce sont assez exactes, à la circonstance près que cet observateur n’a pas reconnu l'existence des cils (bien qu'il l'ait supposée). La partie antérieure du corps n’est pas rétrécie au même degré que chez le Loxophyllum Fasciola, mais la bouche est située à peu près à la même place. L’extrémité postérieure du corps est arrondie et lanus exactement terminal. La vésicule contractile est située tout auprès, comme M. Ehrenberg le représente.
Les figures de M. Ehrenberg représentent toutes le Loxophyllum Lamella comme étant formé d’une masse centrale obscure et d’une substance marginale incolore. C’est parfaitement exact. La masse centrale obscure est la partie qui correspond à la cavité digestive pleine d'aliments. La substance marginale est le limbe formé uniquement par le parenchyme.
M. Ehrenberg suppose que le Loxophyllum Lamella pourrait bien n'être que l'état non adulte du Loxophyllum Fasciola. Nous croyons toutefois les deux espèces bien
distinctes. Cependant les individus que M. Ehrenberg représente sous les numéros 9
à 44, de la figure IT de la PI. XXXVIIT, comme étant de jeunes Loxophyllum Fasciola, nous semblent être de vrais Loxæophyllum Lamella.
L'infusoire que M. Dujardin représente et décrit sous le nom de Trachelius Lamella n’est point identique avec le Trachelius Lamella Ehr. C’est une espèce marine qui, peut-être, appartient aussi au genre Loxophyllum, bien que nous ne puissions l’affirmer. M. Dujardin n’en indique, du reste, ni la bouche, ni la vésicule contractile, ni le nucléus, ni l’anus.
M. Ehrenberg attribue au Loxophyllum Lamella ne taille d’un soixante-quinzième à un vingt-quatrième de ligne. Ce dernier chiffre correspond à peu près à la lon-
gueur des individus que nous avons observés dans les eaux douces de Berlin.
Il est probable que l’infusoire décrit par M. Dujardin, sous le nom de Trachelius strictus (Duj. Inf., p. 400, PI. 7, Fig. 15), doit rentrer dans le genre Loxophyllum. Malheureusement, ce savant paraît l’avoir observé aussi et plus imparfaitement peut-
être que son Trachelius Lamella.