EXC
AX° Famille. — COLEPINA.
Les Colépiens sont des infusoires voisins des Trachéliens, mais ils s’en distinguent par la présence d’une cuirasse solide, formée par des bâtonnets solides disposés en treillis. Leur bouche et leur anus étant placés aux deux pôles opposés du corps, on peut dire que ce sont des Enchelys ou des Holophrya revêtues d’une cuirasse à jour. On pourrait sans inconvénient réunir cette famille à celle des Trachéliens ; toutefois
il est à remarquer que la cuirasse est ici un caractère de plus de valeur que chez le
ET LES RHIZOPODES. 365 Vorticellines cuirassées dont M. Ehrenberg formait sa famille des Ophrydines. En effet, les Vorticellines cuirassées peuvent à volonté quitter leur fourreau et se présenter complètement nues, comme les Vorticellines proprement dites. Les Colépiens, au contraire, ne peuvent se défaire de leur cuirasse et la conservent toute la vie. On rencontre, il est vrai, des individus dont une moitié du corps est nue, mais ces individus-là sont issus récemment d’une division spontanée. En effet, les deux individus résultant d’une division fissipare conservent l’un la moitié antérieure, et l'autre la moitié postérieure de la cuirasse primitive, et chacun forme une moitié de cuirasse nouvelle. Les deux moitiés de la cuirasse paraissent, du reste, ne jamais se souder complètement l’une à l’autre, et l’on aperçoit toujours la jointure. En effet, ces deux moitiés doivent plus tard se séparer l’une de l’autre, lorsque chacun des nouveaux individus se divisera à son tour. Parfois on reconnaît une jointure de la cuirasse, non seulement à l’équateur, mais encore entre le premier et le
second tiers, ainsi qu'entre le second et le troisième.
M. Dujardin prétend que la cuirasse des Colépiens difflue aussi facilement que celle des Plœæsconiens (Euplotes, etc.). Cela est exact lorsqu'il s’agit d'individus jeunes, chez lesquels cette cuirasse à une nature toute organique et très-délicate. Mais, chez les adultes, elle est consolidée sans doute par un dépôt de sels minéraux, et résiste à une calcination soutenue; de plus, les acides concentrés n'ayant souvent aucune action sensible sur la cuirasse du C. hirtus, on serait tenté de lui supposer une nature sihicieuse. Cependant, 11 ne faut pas oublier que l'épreuve chimique d'objet si minces est entourée de si grandes difficultés que toute conclusion
positive paraît un peu hasardée.
Notre famille des Colepina est identique à celle pour laquelle M. Ehrenberg a créé ce nom, et ne renferme que le seul genre Coleps. —M. Dujardin a eu la malheureuse idée de réunir ce genre avec des animaux qui ne sont pas même des infusoires (les
Chætonotus), dans sa division des infusoires symétriques.
ESPÈCES
1° Coleps hirtus. Ehr. Inf., p. 317. PL XXXIIL, Fig. 1.
DraAGNosE. Corps étant un solide de révolution en forme de tonnelet allongé, arrondi en arrière, où il est muni de deux ou trois pointes. Bord antérieur régulièrement dentelé.
Cette espèce, qui paraît être très-répandue partout, est suffisamment connue. Nous remarquons seulement que M. Perty se trompe, lorsqu'il considère la cuirasse comme formée par des granules entre lesquels sortent les cils. Les prétendus granules sont précisément les jours de la cuirasse, et les prétendus intervalles sont, au contraire, la partie solide. Gette méprise avait déjà été faite par M. Dujardin, tandis que M. Ehrenberg a bien reconnu le véritable état de
choses. 20 Coleps uncinatus. (N. PI. XII, Fig. 9.)
DiaGxosEe. Corps ne formant pas un solide de révolution, mais représentant un ovoïde très-aplati d’un côté, qui se trouve être le côté ventral. Bord antérieur dentelé et présentant du côté ventral deux épines ou dents recourbées beaucoup plus fortes que les autres dentelures,
La forme si caractéristique de cette espèce résulte suffisamment de la diagnose. Les deux épmes antérieures sont un peu recourbées en crochet. La partie postérieure est munie de quatre pointes acérées. Du reste, la cuirasse est constituée comme celle du Coleps hirtus, et paraît ne présenter guère que douze côtes longitudinales. — La vésicule contractile est située près de l’extrémité postérieure, et le nucléus est un corps discoïdal placé vers le milieu du corps. Ces deux organes sont disposés de même que chez le C. hirtus.
Nous avons observé cette espèce aux environs de Berlin. Sa longueur totale est de Qnm, 067.
30 Coleps Fusus. (N. PI. XIL, Fig. 7-8.)
DraGNOsE. Corps formant un solide de révolution, régulièrement dentelé au bord antérieur, très-rétréci en avant et se terminant en cône pointu en arrière.
Cette espèce, observée par M. Lachmann , dans la mer du Nord (à Glesnæs,
sur la côte de Norwége), se distingue suffisamment des précédentes par sa forme.
Nous en avons représenté, d’après des esquisses de M. Lachmann, un petit individu (Fig. 7) et un autre plus gros et sur le point de se diviser transversalement (Fig. 8). Les côtes longitudinales sont au nombre de seize environ.
La cuirasse du Coleps Fusus n’atteint pas tout-à-fait l'extrémité postérieure du corps, mais laisse saillir le parenchyme mol de l’animal, lequel forme la pointe ter-
minale.
M. Ehrenberg décrit, sous le nom de C. amphacanthus (Inf., p. 318, PI. XXXIIT, Fig. IV), une espèce bien caractérisée, qui ne nous est pas connue. Il en est de même du C. incurvus, du même auteur (Inf.,p. 318, PI. XXXIIL, fig. V). Quant au C. viridis Ehr. et au C. elongatus Ehr., nous ne les croyons pas différents du C. hirtus. La première de ces prétendues espèces est seulement basée sur des individus colorés par de la chlorophylle, et la seconde sur une variété un peu allongée. Le C. inermis Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 158, PI. VIIT, Fig. IV) pourrait cependant être une
espèce propre.