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DE LEURS INCONVÉNIENTS ET DE LEURS AVANTAGES

Quelques observations sur les désordres apparents et les équilibres réels de la création.

À l'aide des principes exposés dans les chapitres précédents, nous pourrions maintenant entrer dans les détails concernant plus spécialement les écoulements d'eau, qui sont la conséquence des pluies exceptionnelles, ces écoulements qui inspirent tant de terreur, parce qu'ils deviennent des inondations; nous pourrions les suivre dans leur marche, nous rendre compte de leur intensité progressive, étudier leurs rapports, soit avec la pluie qui les produit, soit avec l’étendue des bassins qui les rassemblent, soit avec la perméabilité des terrains sur lesquels ils passent; nous pourrions enfin, à la suite de ces premières investigations, procéder à celles qui auraient pour objet de déterminer la nature des ouvrages à exécuter pour nous défendre contre cet envahissement des terres par les eaux. Mais tout est-il également à combattre dans les crues? Tous leurs effets sont-ils d'une nature telle qu’il importe à l’homme

Oi ÉTUDES SUR LES INONDATIONS.

do les détruire? Les crues, dans leur ensemble, comme dans leurs détails, ont-elles le triste privilège de n’ètre qu’un fléau ? Et Dieu a-t-il oublié de placer le bienfait à côté de quelques inconvénients?

Si l’on réfléchit que les périodesde crise qui, dans les temps passés, se sont abattues sur notre globe, que les effrayantes révolutions qui ont bouleversé sa surface ont eu pour effet définitif l’établissement de l’équilibre dont nous jouissons aujourd'hui, que, par conséquent, un grand bien, un bien immense, a été le résultat de phénomènes qui, envisagés en euxmèmes, ne présentent que l image de lu destruction, peut-être sera-t-on conduit à penser que les crues de nos jours peuvent aussi avoir leur utilité, et que, s’il eu était ainsi, essayer de les combattre dans toutes leurs conséquences, ce serait travailler contre nousmèuies, ce serait anéantir les avantages que, dans les desseins de la Providence, efles doivent nous procurer.

Et ce n’est pas seulement parce que, dans la succession des temps anciens, nous pouvons reconnaître que ce n’est guère qu’à la suite de désastres apparents qu’un ordre admirable et un sage équilibre ont fini par s'établir sur la terre, que nous sommes conduit à nous adresser toutes ces questions, c est parce que, de nos jours et sans sortir du phénomène spécial qui nous occupe, les événements contemporains produisent des résultats analogues, que la réflexion, prenant enfin la place d'un funeste préjugé, vient jeter un doute salutaire dans nos esprits. Que deviendrait la vallée du Nil, je le demande, sans ses

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