CHAPITRE IV
DD SYSTÈME DE LENDIGÜEMENT LONGITUDINAL , DE SES VICES ET DE SES DANGERS.
Les digues longitudinales aggravent tous les périls des crues
cl suppriment tous leurs bienfaits. - • .
Après avoir sérieusement réfléchi sur les considérations exposées dans les chapitres précédents, on sera conduit, ce nous semble, cette conclusion, que les crues par elles-mêmes ne sont pas aussi désastreuses qu'on serait porté à le croire après un premier et vague aperçu ; que si par leur violence elles sont une cause malheureusement trop efficace de destruction, elles peuvent au contraire, au point de vue de la masse de leurs eaux et du limon quelles renferment, être utilement mises à profit par d'intelligents travaux, et que si l'homme se déterminait enfin à faire une sage application de cette maxime vulgaire, mais aussi vraie que féconde : Aide-toi, le ciel t’aidera, il parviendrait à transformer en de véritables bien-, faits les désolantes catastrophes sur lesquelles nous gémissons aujourd'hui. ;
En résumé, quelle est la chose qui dans les crues produit les désastres? C'est la grande rapidité des courants, soit que cette rapidité provienne des circonstances naturelles elles-mêmes, soit quelle ait été
occasionnée ou augmentée par les travaux des hommes. Quelle est, au contraire, la chose qui peut donner uux crues une grande utilité sociale? C'est la masse de leurs eaux, si, d’une part, nous savons les emmagasiner en partie pour des besoins ultérieurs, et si, d’autre part, nous savons les diriger avec des vitesses modérées, sur les vastes espaces quelles fertiliseront par leurs limons.
Qu’on parvienne, à l’aide d’un système convenable de travaux, à concentrer les grandes vitesses dans le lit même du fleuve suffisamment agrandi, et à les annuler à peu près sur les terrains soumis aux épanchements du liquide; que ces épanchements, au lieu de revêtir un caractère torrentiel et fatalement destructeur, procèdent par voie d’accession calme et modérée ; qu’on diminue dans un moment donné, à l’aide de vastes emmagasinements temporaires ou permanents, la hauteur aujourd’hui si menaçante des inondations, et on aura certainement transformé en un grand bienfait ces violents passages des eaux, aujourd’hui si féconds en ruines.
Qu’a-t-on fait jusqu’à ce jour pour atteindre ce but? le contraire, il faut lo dire, de tout ce qu’on devait faire. Nous nous estimerions heureux si nos observations, jointes à celles des hommes Compétents qui seront appelés à donner leur avis sur ces matières, parvenaient à conjurer les dangers de plus en plus imminents auxquels on s'expose en persistant dans la voie où, jusqu’à ce jour, on s'est malheureusement engagé.
Quelle est, en effet, Cette voie? elle se borne à peu