RÉGLEMENTATION DES CONSTRUCTIONS
Dissent les succès déjà réalisés, c’en serait assez, croyons-nous, pour avoir confiance en l’avenir, pour nous fortifier dans la conviction que les projets qui doivent développer à un si haut degré la prospérité de la France ne sont pas de vaines illusions. Aussi, à nos adversaires qui semblent nous dire, dans la stérilité de leur immobilisme : « Ne cherchez pas, car vous ne sauriez trouver,» nous répondrons par cette parole plus sage, plus consolante, plus progressive, plus divine : « Cherchez et vous trouverez. »
Nous ne reviendrons pas ici sur les considérations relatives aux trois ordres d'avantages qui doivent être la conséquence de la création des réservoirs permanents ; elles ont été énumérées dans le chapitre troisième avec tous les développements nécessaires.
Nous aurions maintenant à présenter quelques explications, soit sur l'emplacement de ces réservoirs, soit sur les volumes d’eau qu’ils devraient contenir pour produire des effets réellement utiles; mais, afin de ne pas interrompre le cours des idées, nous reportons à la deuxième section de ce chapitre ce que nous avons à exposer sur ce sujet, ainsi que sur les divers détails qui concernent, à proprement parler, les bases principales de l’exécution des ouvrages à créer dans chaque circonstance donnée.
Nécessité de soumettre à une réglementation administrative la construction des maisons dans les vallées inondables.
Avant de terminer cet exposé des dispositions à adopter pour combattre les fâcheux effets des inondations, disons quelques mots d’une mesure admi-
nistrative dont l’absence, jusqu’à ce jour, a malheureusement augmenté le nombre et l’importance des désastres causés par les eaux.
Les maisons bâties le long de nos voies publiques sont partout soumises à des servitudes qui, en apportant quelques entraves dans la jouissance des intérêts privés, ont toujours été considérées comme une garantie, une protection indispensable en faveur de l’intérêt général. Pourquoi ne ferait-on pas pour les parties inondables des vallées ce que l’on a constamment fait pour nos rues et pour nos places? Pourquoi n’exigerait-on pas que la faculté de bâtir fût soumise à une certaine réglementation sur tous les terrains dont se compose le champ des inondations? S’arrêterait-on devant quelques scrupules, le plus souvent très-exagérés, qui veulent que l’on respecte un principe jusque dans ses conséquences les plus abusives, et craindrait-on d’apporter quelques restrictions dans l’exercice d'un droit qui, abandonné à lui-même, compromet trop souvent, non-seulement la fortune, mais encore l’existence de ceux-là même qui en font usage ?
Nous pensons que l’action gouvernementale , naturellement protectrice des intérêts de tous, doit intervenir dans cette circonstance ; qu’elle doit, sans hésitation, prendre des mesures qui, quoi qu’on en puisse dire, sont avant tout essentiellement conservatrices; nous pensons que l’administration, qui a la puissance de faire démolir, dans certains cas, des constructions qui menacent ruine, peut et doit à plus forte raison avoir celle d’imposer des prescrip-