MARCHE DE LA PLUIE EN
inondations de la Loire, que c’est précisément ainsi que les choses se sont passées ; cela explique parfaitement pourquoi la crue a été si persistante à Nantes, dans la partie la plus inférieure de son cours; cela explique encore les contrastes frappants qui ont existé entre cette crue et celle de 1846. En effet, tandis qu'en 1846 l'inondation a été très-forte à Roanne, et que ses fâcheux effets ont été en s’amortissant à mesure que les eaux s'éloignaient d’Orléans, cette année, au contraire, les niveaux, au lieu de s'élever à Roanne à la cote 7”,42, se sont arrêtés à 4ra,85; mais, par contre, le volume des eaux, 1 intensité des courants, la durée de l’inondation, les désastres qui en ont été la conséquence, s’ils n'ont pas grandi à mesure que la descente s'opérait, se sont maintenus jusqu à la mer avec la plus grande persistance.
Comment pourrait-on se rendre compte de ces différences si remarquables qui out signalé ces deux crues, si on n’admettait pas qu’en 1846 les pluies n ont été générales et intenses que sur les faîtes et les versants montagneux qui forment les parties supérieures du bassin de la Loire et de l'Ailier, tandis qu’en 1856 elles se sont développées, moins encore dans les parties hautes que dans les parties moyennes et basses, et qu'eu outre, au lieu d être simultanées dans celles-ci, elles ont marché avec le fleuve dans le sens de ses écoulements qu elles ont successivement grossis des tributs de tous les affluents inférieurs?
Nous n'avons pu nous procurer la totalité des renseignements qui seraient nécessaires pour apprécier avec une parfaite exactitude la marche de la pluie
pendant la dernière inondation; nous possédons, toutefois, un assez grand nombre de données pour la faire suffisamment apprécier dans son ensemble. Ces données, on va s'en convaincre, justifient avec beaucoup d'exactitude notre manière d'interpréter les faits.
Si l'on porte son attention sur ce qui s’est passé à cette époque dans les parties supérieures de la Saône et de la Loire, on se convaincra que c'est dans la journée du 29 mai que le Doubs à Besançon, la Saône à Mâcon, lu Loire à Roanne, ont commencé à prendre des hauteurs menaçantes; on est conduit à admettre, d’après cela, que la zone pluviale s'étendait en ce moment en France sur une surface dont Taxe central serait représenté par la ligne droite qui, partant d'Épinal et de Vesoul, vient aboutir sur le point du faite oii la Loire et l'Ailier prennent leur source. Or, celte, direction est telle que la pluie a dù venir s’abattre eu plein sur le versant de droite de la haute Loire, et cela explique la crue de ce fleuve à Roanne. Des sources de 1 Allier et de la Loire, la pluie, suivant les sommités du massif central, s est d’abord dirigée, mais avec un premier retard, sur les hauteurs qui dominent Clermont, et, dans ce trajet, elle a envahi le versant gauche de l’Ailier, qui n’a pu ainsi avoir sa crue que quelques heures après que la Loire avait eu la sienne. Voyons si cette première conclusion est conforme aux faits observés
C'est le 3U mai, à dix heures du soir, que la crue de la Loire a atteint à Roanne son maximum de 4^,85. Le 31 , a midi, elle étaildéjà descendue à imM-