‹ Études sur les inondationsChapitre 43 sur 81 · MARCHE DE LA PLL1E EN · texte numérisé non relu

MARCHE DE LA PLL1E EN

Mais que faisait l'Ailier à Moulins dans coi intervalle de quatorze heures? Ï1 augmentait toujours; à six heures du matin, le 31, il «Hait à A "‘,40, k neuf heures du môme jour à 4m,72, à midi à 5 mètres ! Or, la différence de distance du bec d’ Allier à Moulins d’une . part, en suivant l'Ailier, à Roanne de l’autre, en suivant la Loire, est d’environ vingt-cinq lieues; pour franchir cette distance, les crues de la Loire, à raison d’une vitesse de 2 mètres par seconde, ont . dû mettre treize heures cinquante-trois minutes, soit les quatorze heures que nous venons de signaler; d’où il suit 4{ue le maximum de la crue de la Loire est arrivé au bec d Allier au moment môme où

son affluent était en pleine crue, peut-être môme avant que cet état fût réalisé, parce que, d une part, la vitesse de 2 mètres que nous attribuons à la Loire est peut-être un peu faible; parce que, d’un autre coté, à partir du 31 , à midi, les mesures des hauteurs de 1 Allier à Moulins nous manquant, nous sommes obligé de nous arrêter à 5 mètres, et nous ne savons pas si postérieurement on a observé davantage.

L'inondation de 1856 prouve donc que, si la disposition générale des lieux dans cette contrée est telle que, dans le cas d une pluie simultanée sur les versants des deux fleuves, les crues de l’Ailier passait au bec avant celles de la Loire, il n'en est plus ainsi lorsque la pluie n'est pas stable, lorsqu'elle marché avec le temps. Elle peut alors compenser, par ses re^ tards dans sa chute, l'accélération naturelle des courants de l’Ailier, comparativement à ceux de la Loire, et accumuler les eaux au lieu de les diviser. De ces

faits ressort la nécessité d'établir des réserves, nonseulement dans la Loire, mais encore dans l’Ailier, sauf, comme nous l’avons dit, à les faire fonctionner dans ce dernier fleuve, ou à ne pas s'en servir suivant les circonstances, ce qui exige qu elles soient permanentes.

Poursuivons maintenant l'examen de la marche de la pluie : si pendant que celle-ci s’épandait sur les versants gauches de l'Ailier, depuis sa source jusqu’au delà de Germon t, elle était tombée également dans le bassin du Cher, comme il y a à peu près la môme distance des sources de l'Ailier à Moulins que de celles du Cher à Tours, il aurait fallu que le maximum des crues de ces deux rivières arrivât à peu près en même temps, l'un à Moulins, l’autre à Tours, c’est-à-dire à midi du 31 ; dans ce cas, les passages des deux crues auraient été distancés de tout l’intervalle qui sépare ces deux villes, et la crue du Cher se serait complètement évacuée dans la Loire, audessous de Tours, longtemps avant que celles de l'Ailier et de la Loire supérieure atteignissent cette ville. Mais ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées.

A la date du 31, on ne signalait rien d’extraordinaire au débouché du Cher, ce n'est que dans la journée du 1" juin que la rivière a commencé à monter avec quelque intensité; l'ascension des eaux s’est poursuivie dans la journée du 2 jusqu'à dix heures du soir, époque à laquelle elle s’est arrêtée; et, dans la matinée du 3, une baisse de 0m,60 était signalée. Or déjà, dès le 2 juin, dans le bassin supérieur de la

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