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PUITS ARTÉSIENS

cette accélération des vitesses présente quelques inconvénients, comme, sous beaucoup d’autres rapports et pour la partie la plus étendue de notre territoire, elle a d'immenses avantages; comme, en voulant faire du bien à quelques-uns, on ne doit pas s’exposer à nuire à la majorité, il faudra bien se résoudre à la subir, sauf à .en tenir compte pour le développement à donner aux ouvrages qui doivent protéger les vallées contre les débordements.

Influence des puits artésiens sur l’écoulement de surface.

Nous avons quelque peine à nous expliquer qu’on ait pu sérieusement se préoccuper de l’influence que les puits artésiens peuvent exercer sur l’écoulement des eaux. Ces ouvrages sont encore en si petit nombre, les quantités de liquide qu’ils fournissent, comparativement à celles de nos fleuves, sont si faibles que, pour nous servir d’une expression vulgaire, c’est à peine s’ils ajoutent une goutte d’eau à la rivière.

Le puits de Grenelle, le plus important de ceux qui aient été créés en France, ne fournit que 83/100 de mètre cube d’eau par seconde, c’est-à-dire la dixmillième partie de ce qui coule dans nos fleuves en temps de crue.

Nous ne connaissons pas pour l’année 1856 la statistique complète de ces puits , mais nous trouvons dans l’ouvrage Pairia qu’en 1847 leur nombre ne s’élevait pas tout à fait à quatre cents, et comme c’est faire une large concession que d’admettre que cha-

cun d’eux débite en moyenne 1/10 de mètre cube, il s’ensuit que leur produit total ne versait pas à cette époquo -40 mètres cubes de liquide par seconde sur la surface entière de la France. Or, comme cette surface occupe une étendue de 52,076,000 hectares, on en conclura que, dans le cours de l’année entière, le produit des puits artésiens, s il était uniformément réparti sur le sol de notre pays, représenterait une tranche de 2 millimètres 4/10 au plus de hauteur; la tranche correspondante fournie par la pluie en occupe 710; de sorte que le produit des puits artésiens, comparé celui de la pluie, n’en est que la trois-centième partie. Certes, il y a là de quoi se rassurer pour le présent. Mais, dira-t-on, 1 avenir pourrait considérablement aggraver cet état de choses, et, à cet égard, certaines imaginations pourraient aller fort vite; essayons de les modérer par quelques aperçus. Ce qui nous fait croire que le percement des puits artésiens ne saurait se développer très-promptement, c'est, d'une part, un certain degré d'incertitude dans le résultat qu'on cherche à obtenir, et, d'autre part, une incertitude non moins grande sur le chiffre des dépenses ; c’est aussi qu'en général, même alors que les circonstances sont favorables, rétablissement d'un puits artésien coûte fort cher. Il n’y a guère que la ville de Paris, en France, qui ait pu avoir l'idée et les moyens d’exécuter un puits à grand diamètre comme celui du bois de Boulogne ; quelques grandes villes, quelques riches propriétaires peuvent seuls aborder les doubles éventualités qui 6C rencontrent dans les travaux de ce

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