DIGUES A L ORIÇINE DES COURS D’EAU
ses actions; des vents, de la pluie, des gelées, des sécheresses, des phénomènes électriques; et, mettant en œuvre les mômes courants qu'il s'agit ici de combattre, elle s'en est servie pour transporter ees débris sur les lieux mômes de leur emploi et pour les y déposer en fragments d’autant plus volumineux, que la force à laquelle ils doivent résister est plus énergique.
Du système de barrages et de digues du commandant Rozet et de ses avantages.
M. le commandant Rozet, sans envisager le phér nomène des inondations dans toute son étendue, s’est spécialement occupé des travaux à faire sur les torrents situés ù l’origine de nos grandes rivières et à celle de leurs affluents; ses idées et ses procédés, qui ont fait l’objet d'une communication it l’Académie des sciences, sont en tout semblables aux nôtres; il n’y a de changé que la nature des matériaux à mettre en œuvre, changement imposé par la différence des situations.
Il barre les torrents dans leurs gorges étroites, et y crée, par conséquent, des réservoirs; il régularise à l’aval l’écoulement des eaux par un canal dont les berges sont en partie naturelles, en partie qrliûcielles, et qui représente le lit ordinaire des fleuves dans nos vallées basses; il aligne la berge artificielle en massifs séparés entre eux par des yides pour laisser passer les eaux, disposition qui reproduit les vannages que nous proposons d'établir dans le corps des digues longitudinales pour le pas où celles-ci
doivent être conservées; il échelonne enfin sur les terres voisines des obstacles transversaux ayant pour but d'arrêter les vitesses et de favoriser le colmatage, comme nous le proposons nous- même pour les plaines à l'aide de digues transversales. Nous n’avons donc rien de mieux à faire que de reproduire ici scs idées, et nous empruntons à cet effet le passage suivant du journal le Cosmos *, dans lequel elles sont clairement développées.
« M. Rozet établit d abord qu'il ne peut exister a de torrent, proprement dit, que dans les endroits o où les talus marneux sont à découvert sur une u grande élévation. Il constate en outre que les af- « fluents des rivières et les rivières elles-mêmes sor- « tent de cirques ou enceintes circulaires plus ou « moins considérables, dont l’origine peut être due « à des dépressions de sol au sein desquelles l'action « corrosive des eaux s’exerce depuis la formation « des montagnes. Les flancs de ces cirques présen- « tent nécessairement des talus marneux couronnés « par des escarpements de calcaire compacte qui ont « jusqu’à 1,000 mètres de profondeur. Ces talus sont « sillonnés de ravins plus ou moins profonds, qui « viennent tous aboutir à un grand canal creusé « dans le fond du cirque, et dans lequel se rendent « les eaux qui coulent de ses flancs. Le canal sort du « cirque par une gorge plus ou moins étroite, bor- « dée de rochers à pic souvent très-élevés, et consti- « tue avec le cirque ce qu’on nomme le canal de rc-
' Numéro du 13 juin 1856.