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DIGUES A L’ORIGINE DES COURS D’EAU

a cepiion. Ce canal est rarement simple; il se divise « en plusieurs branches qui viennent en général se « réunir en un gros tronc dont le sommet est plus « ou moins éloigné de la gorge du cirque; il contient « presque toujours des amas considérables de débris « pierreux.

« Lors des orages, T immense quantité d’eau tom- « bée venant s’accumuler sur le fond du cirque, à a cause du peu de largeur de la gorge, souvent ob- « struée par des amas de pierres, acquiert bientôt « une force à laquelle rien ne peut résister. L’eau « se précipite alors par la gorge, emportant tout ce « qui se trouve devant elle. Au sortirde celte gorge, a débouchant sur un sol plus étendu et moins in- « cliné que celui du fond du cirque, elle s'étend,

« perd notablement de sa vitesse, et laisse déposer « une grande partie des matériaux qu elle charrie;

« elle couvre ainsi de débris un espace conique plus « ou moins étendu, appelé lit de déjection. L’eau,

« débarrassée d’une grande partie des matériaux « quelle entraînait, se rend vers le lit de la rivière,

« en coulant sur une surface appelée lit d'écoute- « ment. Le torrent complet se compose donc do a quatre parties : bassin de réception, canal de ré- « cepiion, lit de déjection et lit d écoulement.

« Sur chaque côté d’une rivière un peu considé- • a rable il existe un certain nombre de torrents pré- « sentant toutes les parties que nous venons de dé- « crire; ils sont d’autant plus considérables qu ils v sont plus voisins de la source delà rivière où les « montagnes sont le plus élevées. Le lit de ces ri-

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« vière9 présente ufte Suite d'étranglements et de o renflements fort remarquables. I.cs renflements « offrent de grandes plages couvertes de cailloux et « de quelques petits d’pôtsdelimon, et c’est là qu’il « est possible de reprendre une grande partie du * « terrain envahi par les dépôts pierreux, non pas en « opérant sur place, comme on l’a tenté tant de fois- * sans presque aucun succès, mais en remontant à « la source du mal, en détruisant progressivement « la vitesse de l’eau depuis le canal de déjection jus- « qu’au renflement, en la forçant par là môme à dé- « poser les matériaux qu elle charrie, et à ne plus « apporter sur le renflement que le limon fertilisant.

« Les premiers travaux doivent avoir pour but a d'empêcher les débris pierreux de s'accumuler « dans les canaux de réception, ou d'en sortir quand « ils y sont accumulés. Parmi les pierres tombées « des escarpements, il en est de très-grosses, de 2 « à 4 mètres cubes, que les eaux ne déplacent ja- « mais; on les fera rouler jusqu’au pied des pentes,

« de manière à augmenter la hauteur et la force des « revêtements pierreux des talus, pour empêcher « les matériaux d’éboulemcnt d’arriver au canal de « réception. A bras d’homme, à l'aide de la poudre,

« on les accumulera dans la gorge du cirque, de ma- « nière à l’obstruer jusqu’à la hauteur où le cirque « s'élargit notablement par l'écartement de ses « flancs, et à former ainsi une digue perméable ou « criblante qui laisse passer l’eau en arrêtant les dé- « bris pierreux, qui force la nappe d’eau surabon- « dante à s’élargir, à perdre de son épaisseur et, par

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« suite, de sa force de transport L’ancien lit de « déjection par là môme n'augmentera plus, et on « pourra souvent rendre à l'agriculture une portion « de terrain assez étendue pour payer les dépenses « déjà faites.

« Sur les points où les gorges ne sont pas com- « prises entre des rochers, on pourra les remplir « par des blocs faits de toutes pièces avec de la chaux « hydraulique et les débris pierreux toujours très- « abondants, de manière à empêcher, dans tous lés « cas, une grande partie des matériaux de sortir du « bassin de réception.

a Voilà pour la source du mal; arrivons au mal « lui-môme. On fero pour les étranglements ce que « l'on a fait pour la gorge du cirque. Si, comme c’est « le cas le plus ordinaire , ils sont formés par des « rochers s'élevant à une grande hauteur et s'écara tant progressivement, avec de la poudre ou aulre- « mont, on fera tomber ces rochers dans le' canal, « de manière à former une barre criblante par-des- « sus laquelle l'eau passera dans les grandes crues, « laissant au fond les fragments pierreux et n’en- « traînant presque que du limon, ayant perdu une « grande partie de sa vitesse et devenue facile à goii- « verner et â étendre.

« En examinant, pendant les sécheresses de l’été, « les plages des rendements, on voit que le cours ad eau qui les traverse se divise ordinairement èn «plusieurs branches! la plus considérable suit la « zoûe de la plus grande pente et passe au pied « des escarpements; les autres branches peuventêtre

« facilement comblées à leur origine ou forcées de « se rendre toutes ou à peu près toutes dans la pre- « mière, à la condition qu'on la transformera en « une sorte de canal d'écoulement. Or, voici comment « on peut y parvenir.

o Au-dessous de la digue criblante, et la largeur « que l'on veut donner au canal d'écoulement étant « fixée, on établira une ligne de blocs naturels ou «artificiels, parallèles à l'axe du canal, hauts d’en- « viron l,n,G0,afin que leur sommet dépasse toujours « la zone des eaux torrentielles dans laquelle se «trouvent les cailloux transportés, et distants les * « uns des autres de 10 mètres. L'expérience a prouvé « qu'une pareille ligne de blocs diminue assez la vi- « tesse de l'eau sur toute la largeur pour détermi- « ner le dépôt des cailloux, qui s'opère par bande «étroite le long de la ligne, tandis que l'eau qui «passe pour aller inonder la portion à conquérir « ne contient plus que du limon. Pour diminuer en- « core la vitesse des eaux et les forcer à déposer leur « limon, il suffira d'établir des traverses échelon- « nées les unes au-dessus des autres, élevées et dis- « tancées proportionnellement à la pente. Pour faire a ces traverses, il suffira d'ouvrir de simples fossés,

« d une largeur plus ou moins considérable, dont « on jettera la douve en aval, pour que les cailloux « ne soient pas rejetés dans le fossé par la poussée « de l'eau. Les traverses ainsi établies détruiront tous «les petits filets d'eau qui actuellement sillonnent «les plages; en franchissant chaque traverse, l’eau « perdra une partie de sa vitesse et déposera une

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