DIGUES A L'ORIGINE DES COURS DE VU
« partie de son limon ; il suffira d’un' petit nombre « de crues pour recouvrir toute la plage d'une court che épaisse de limon.
« S’il arrive qu’on ne puisse se procurer à bon « marché des blocs naturels d’un mètre cube, on les « construira en pierres, unies par de la chaux hy- « draulique faite avec le calcaire du lias, qu’on « trouve presque partout dans les Alpes.
« M. Hozet a fait pour une plage particulière si- « tuée près de Nice, sur les bords de la Bléonne, le « calcul des dépenses qu’il faudrait faire pour recon- « quérir, par son système, une certaine quantité de « terrains envahis par le torrent. Il trouve que l’hec- «tare reconquis coûterait 11G fr. Or, le terrain « cultivé, au contact de cette même plage, se vend « 1,500 fr. l’hectare. L’opération serait donc gran- « dement avantageuse. La dépense , en général, « ne dépassera pas 100 francs par chaque hectare, que « l’on pourra vendre immédiatement 1,000 fr.
« Les travaux à faire sont d’ailleurs partout d’une « exécution facile; ils pourront toujours être donnés « à l’entreprise; il suffira d'un conducteur ou deux « par rivière.
« L’entrepri se derendre à l'agriculture les terrains « dévastés par les torrents ne peut pas être faite par « le gouvernement; on ne peutpasnon plus compter, « pour la mener à bonne fin, sur l’initiative des pro- « priétaires intéressés; il faut donc de toute néces- « sité en faire l’objet d’une spéculation commerciale, « organisée par des Compagnies que le gouverne-
« nement autoriserait et auxquelles il accorderait le
« bénéOce delà loi d’expropriation forcée pour cause « d'utilité publique.
« Les travaux dont je viens de parler, dit en finis- « saut M. Rozet, convenablement exécutés le long « des rivières torrentielles des Alpes, rendraient, en « moins de deux ans, à l'agriculture la plus grande « partie des terrains que ces rivières ravagent depuis « des siècles, et la vie aux contrées qu’elles traver- « sent. Comme ils auraient pour premier résultat de « retarder considérablement l’écoulement des eaux « qui tombent dans les bassins de réception, ils con- « tribueraient, et puissamment peut-être, à empè- « cher ou à amoindrir ces grandes inondations des « fleuves et des rivières qui désolent en ce moment a une partie de la France. »
Nous ne nous attacherons pas à discuter ici quelques détails des constructions proposées par M. Rozet; nous n'examinerons pas s'il ne sera pas toujours plus avantageux d'employer pour cet ordre de travaux desblocs naturels,dût-on même les payer un peu plus cher, que des massifs de béton; nous ne pensons pas non plus qu'il soit nécessaire de s'arrêter sur quelqUes-unes des dimensions indiquées par l'auteur, soit pour ce qui concerne les niveaux supérieurs, soit pour ce qui concerne certains détails sur lesquels, à l époque de l’exécution des projets, une discussion spéciale, un examen attentif des ressources offertes par les localités apporteront le contingent nécessaire de rectifications, et sur lesquels il faudra peut-être que l'expérience de quelques années soit consultée. Car nous devons ici, ainsi que nous avons eu occasion