‹ Études sur les inondationsChapitre 7 sur 81 · AVANT-PROPOS DE L’ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE L’ÉDITEUR

« seront établies de distance en distance sur les plaines des « deux rives, normalement aux cours d’eau, qui auront leur « couronnement horizontal un peu plus élevé que celui des « plus fortes inondations et qui se relieront, d’une part aux « coteaux, d'autre part aux bords du fleuve, par des plans « inclinés.

« Dans les vallées déjà pourvues de digues longitudinales, « l’auteur pense, non sans regret, que les exigences de la cul- » ture pourront obliger à conserver celles-ci. Il propose alors « d’abaisser ces digues au niveau des crues ordinaires, de les » combiner avec des digues transversales et de les percer d’une « série de vannes qu’on ouvrira au moment du danger.

« Quant à l’étude des projets, l’auteur recommande d’abord « qu’avant de décider l’emplacement des réservoirs permanents

* à établir dans un bassin déterminé, on se fixe bien sur les u valeurs relatives delà pluie dans les différentes parties de ce « bassin, sur la distribution que l’on y remarque des surfaces « perméables et imperméables ; enfin sur les directions, les « longueurs et les pentes respectives des divers affluents « d’une même rivière, et il entre à ce sujet dans beaucoup de « développements relatifs au bassin de la l.oire.

« Il présente ensuite des observations sur les situations « respectivas des réservoirs placés à une très-grande distance « les uns des autres dans des bassins différents, mais trihu- « taires d’un même bassin principal, et montre qu’il est essen-

* tiel d’apprécier les avantages et les inconvénients divers qui a peuvent résulter de leur mise en action simultanée.

■■ Il montre par quels procédés, très-simples et très-claire- « ment exposés, on parviendra à déterminer : 1° les volumes u de liquides à emmagasiner dans l’ensemble des réservoirs ou

* les quantités cumulées de liquides qu’il conviendra de sous- « traire à l’écoulement général du fleuve, pour qu'à l’avenir « les hauteurs des crues soient maintenues dans dos limites « assignées d'avance ; —2° les longueurs à adopter pour l'espa- ■ cernent des digues transversales, qui devra toujours être tel

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« que l’eau coule sur les terres submergées avec une vitesse « réduite très-modérée.

m Le chapitro VI traite des modifications introduites à l’é- « coulemcnt des eaux par quelques travaux exécutés de main « d'homme et des divers systèmes proposés pour combattre les a inondations.

« Les puits artésiens exécutés, ne tirant des nappes souter- « raines que la trois-centième partie des quantités fournies par « la pluie, n’ont aucune influence sensible; si le nombre de « ces puits venait beaucoup à être augmenté, ils trouveraient « leur compensation dans les puits absorbants que l’on creusera « certainement un jour pour se débarrasser des eaux nuisibles « de la surface.

« Les travaux de mines et ceux de drainage sont de véritables « réservoirs souterrains qui, aux époques critiques, ommaga- « sinent les eaux surabondantes pour les rendre plus tard et « régulièrement aux cours d'eau naturels; ils offrent donc plu- « tôt des garanties que des dangers.

« Les barrages construits sur les cours d’eau peuvent, d’après « leurs longueurs, avoir ou non de l’influence pour relever les « eaux en amont et pour aggraver par suite les effets des inon- « dations.

« Les levées des chemins de fer et des canaux établis dans « les vallées dépourvues de digues enlèvent à l’cmmagasine- « ment des eaux, en temps de crues, de vastes espaces situés « derrière elles et deviennent une cause directe du relèvement « des niveaux dans l’étendue comprise entre elles et la rivière.

« Les canaux de dérivation destinés à recevoir une partie « des eaux qui affluent sur les fleuves et à diminuer ainsi les ti hauteurs des crues, ne peuvent être considérés que comme « des ressources locales accidentelles, en raison des étroites « limites entre lesquelles se trouve resserrée leur utilité et des « dépenses très-considérables qu’ils occasionnent.

« Le système proposé par M. Polonceau, en 1847, et qui fut « alors reçu avec faveur dans le public, celui des rigoles hori- « zontales creusées sur les terrains en pente, si utilo sous le

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« rapport agricole, est condamné ici, attendu qu'il occasion- « nerait des dépenses excessives et serait d'une exécution trèsa difficile à obtenir ; que son action ne pourrait, dans beau- « coup de bassins, être généralisée au degré voulu, faute « d’espace ; que son efficacité pourrait être en défaut dans les « circonstances les plus critiques; enfin que ce système ferait « subir aux écoulements superficiels, pendant le printemps et « pendant l’été, c’est-à-dire alors que les terres et les rivières « ont un si grand besoin d’eau, des réductions qui devien- « draient de véritables calamités.

« Enfin le reboisement des montagnes, généralement re- « gardé comme un des principaux remèdes aux inondations, « parait à l’auteur devoir être plus nuisible qu'utile. Son opi- « nion diffère tellement des idées admises, qu’elle mérite que » nous l'examinions avec soin.

« Les forêts, dit M. Babinet, dans la Revue des Deux-Mondes, • en retardant dans leur marche les courants d'air qui viennent « les frapper, font obstacle aux couches qui les suivent , « forcent ces dernières h s’élever comme le long d’une collino, u et le refroidissement qui en résulte produit la pluie. Ainsi, « autrefois il ne pleuvait jamais dans la Basse-Egypte ; mais « depuis que des plantations y ont été faites, l’obstacle pré- « senté aux masses d'air par ces aspérités du sol les a soulevées .1 et a produit le refroidissement et la pluie. Il ajoute que si la « Meuse, dont le bassin a une si petite étendue, est cependant « si considérable, cela tient à ce que les forêts qui couvrent « les collines environnantes arrêtent et soulèvent l’air amené « de la mer par les vents d’ouest, et déterminent des pluies « abondantes que l'état boisé du bassin ne permet pas de réab- « sorber. Ainsi, d’après l’opinion de ce membre distingué de « l’Institut, c’est sur les forêts qu’il pleut le plus.

« L’auteur du mémoire que nous analysons, considérant a que les forêts conservent l’eau sur le sol et qu elles s’oppo- « sent à son évaporation ; que, par suite, les couches aériennes •i qui s’élèvent au-dessus d’elles sont les plus sèches d’entre « toutes, et qu'étant rencontrées par des couches saturées,

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<« il ne doit y avoir que diffusion de l'eau à l'état aériforme « des unes dans les autres et nou précipitation de pluie, en « conclut que c’est sur les forêts qu il doit pleuvoir le moins.

« Cette divergence d'opinion parait du reste tranchée par - • « une suite do faits qui semblant donner raison à notre au-

« leur. D'après Paltia, dans la première moitié du siècle pré- « cèdent, il est tombé annuellement à l’aris moins de pluie « que dans la première moitié du nôtre ; et cependant il exis- « lait, il y a cent ans, plus de bois qu’aujourd'hui.

« D'après les observations udométriques faites à Viviers,

« par M. l’Iaugergues, de 1778 à 1807, les hauteurs moyennes <■ de pluies et les nombres inoyerls de jours pluvieux, consi- . « dérés par époques de neuf années, ont été sans cesse en v augmentant ; ce n'est donc pas seulement l'intensité de la « pluie, c'est aussi la fréquence qui va sans cesse eu croissant « do siècle eu siècle, et, comme l a observé M. Arago, de telles « variations no sont guère favorables à l’opinion que les pays « boisés sont ceux dans lesquels il pleut davantage.

« Enlin, d’après M . Baumgarten, la fin du siècle dernier a été

* pour la Garonne plus remarquable par les crues élevées que

# «es derniers temps, quoique aujourd'hui il y ait dans la plaine ■i une plus grande quantité de malles ou digues, qui resserrent « le champ des inondations et tendent à en élever le niveau,

« et quoique nos montagnes soient plus défrichées qu’il y a « soixante et soixante-dix ans.

« Les forêts régularisent-elles du moins les écoulements su- « perficiels des eaux fluviales? L'auteur ne le pense pas.

« Ici encore les faits semblent lui donner raison pour un « bassin, il ost vrai, dont les cours d’eau ne sont point alin mentés par des glaciers, et dont les bois sont peuplés d’arbres u feuillus.

« Il résulte, en effet, des observations faites par M. Belgrand,

» dans le bassin de la Seine, que l’irrégularité des écoulements « entre la saison chaude et la saison froide varie du double « au simple, suivant que les versants des bassins sont boisés ou « non.

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