‹ Études sur les inondationsChapitre 72 sur 81 · COOPÉRATION DE L ARMÉE · texte numérisé non relu

COOPÉRATION DE L ARMÉE

possède à un haut degré le nombre* la force* la constance, le dévouement.

Elle gagnera d'ailleurs en moralité, en bien-être, en santé, dans cette œuvre, autant et plus qu elle perdrait dans l’oisiveté.

« On a constaté en Algérie et en France que les « soldats occupés à un travail manuel, au nivellement « ou à l’empierrement des routes, étaient mieux por- « tant» : outre l’influence efficace et incontestable du « travail physique sur lasanté, le fait s’explique par la « rétribution que les soldats recevaient pour ces tra- « vaux et dont une partie profilait à l'alimentation* « Rien n'est si pernicieux que le repos absolu, l'oisi- « veté amollit le corps et l'àme »

Nous ne sommes pas éloigné de croire que la récente et heureuse introduction en France du système de réserve pour l’armée facilitera singulièrement la mise en pratique des idées que nous émettons. Il existera en efiet dans très-peu d’années, sur chaque commune de notre territoire, un noyau de jeunes soldats qui, bien que libres dans leurs foyers, n'en restent pas moins soumis ù la hiérarchie de l’autorité militaire, et qu’on sera sùr de retrouver en quelque point de la France que doivent s’exécuter les travaux. Or, il nous semble qu'il ne sera pas impossible de donner à ces travaux une organisation en partie civile, en partie militaire, tout à fait en rapport par conséquent avec la positioumème du soldatencongé provisoire dans scs foyers ; de sorte qu’en même temps

* Souvenirs d’utle mission médicale à l’armée d’orient, par M. le docteur L. Baudens.

que cette réserve sera employée à une œuvre essentiellement utile au pays, elle continuera d'être rattachée dans une certaine mesure aux liens de la discipline ; il y aura donc double profit. Notre inexpérience des questions diverses qui se rattachent à l'organisation de l’armée ne nous permet pas d’être plus explicite à cet égard, et nous devons nous borner à l’indication générale de certains rapports qui nous paraissent possibles, mais nous inclinons volontiers à admettre que l’entreprise que nous venons proposer rencontrera dans 1 institution nouvelle de la réserve un puissant appui, et qu’à son tour cette institution ne pourra que gagner à avoir trouvé dès son origine une occasion de placer sous la surveillance de chefs militaires les soldats temporairement congédiés.

Il sera donc nécessaire de s'occuper de toutes les questions qui se rattachent à une heureuse application de l’armée aux travaux publics; nous pensons qu'avec un peu de bonne volonté, cette tâche ne présentera pas de difficultés sérieuses. Nous sommes convaincu que sous l'intelligente tutelle de l'administration, sous les inspirations du chef de l'Etat, qui a donné de si nombreuses et de si touchantes preuves de l’intérêt qu'il porte au malheur, cette armée sera aussi grande, aussi utile, aussi admirée pendant les travaux de la paix, quelle l’a été pendant ceux de la guerre, et que des distinctions non moins glorieuses, non moins chères au pays que cellesqu’elle a conquises sur les champs de bataille, viendront la récompenser de ses eflortset de son intelligente coopération.

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