‹ Études sur les maladies cérébrales et mentalesChapitre 48 sur 55 · DISCOURS DE M. LE DOCTEUR AM. RITTI · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. LE DOCTEUR AM. RITTI

Au nom de la Société médico-psychoiogique

Messieurs,

S'il est une mission pénible pour un secrétaire général, c'est de venir au bord d'une tombe rendre un suprême hommage au collègue dont les travaux ont honoré la société dont il faisait partie ; mais combien douloureuse est cette tâche lorsque ce collègue est un ami, à qui vous attachent les liens de la plus inaltérable affection !

Aussi, n'attendez pas de moi que j'impose silence à ma douleur pour vous retracer la carrière scientifique de Cotard. Le voudrais-je, que je ne le pourrais pas. Elle vous est d'ailleurs connue. Tous, vous avez présents à la mémoire les travaux de cet esprit distingué, d'une netteté et dune concision si caractéristiques, chez lequel on ne sait, ce qu'il faut le plus admirer; la perspicacité du clinicien ou la hauteur de vue du philosophe.

Il va quelques jours à peine, à l'une des séances du Congrès international de médecine mentale, vous avez entendu la lecture de sa dernière œuvre, fruit de longues et laborieuses méditations, où il abordait un des problèmes les plus délicats des sciences médico-psychologiques. L'accueil que vous lui avez fait prouve en quelle haute estime vous tenez cette intelligence d'élite.

Mais qui ne connaît Cotard que par ses travaux ne le connaît qu'imparfaitement. La meilleure et la plus belle partie de lui-même était son cœur. Dirai-je toutes les infinies tendresses qu'il renfermait, les attentions délicates qu'il prodiguait aux siens, à ses amis, tout son entourage ? Son dévouement était sans bornes ; il l'a poussé aussi loin que possible, jusqu'à l'abnégation de soi-même, jusqu'au martyre.

C'est une douce chose dans la vie de rencontrer un tel ami, mais que sa perte est cruelle !

Et maintenant, de cette belle et noble nature, de ce caractère si franc et si loyal, il ne nous reste que le souvenir.

Mais ce souvenir nous le conserverons pieusement et jamais il ne s'effacera de notre mémoire. Tous ceux qui ont eu le bonheur d'en-

trer dans l'intimité de celte âme si élevée, qui ont vécu de sa vie, et senti leur cœur battre à l'unisson du sien, reporteront l'affection qu'ils avaient pour lui sur cette épouse et ces enfants éplorés, sur cette famille en deuil, heureux s'ils parviennent à adoucir, ne fût-ce que légèrement, la poignante amertume de cette séparation déchirante.

Adieu, Cotard, cher et tendre ami, adieu.

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