‹ Etudes sur les microzoaires, ou infusoires proprement ditsChapitre 14 sur 70 · Brachionus, des cils au sommet · texte numérisé non relu

Brachionus, des cils au sommet

Les différents genres décrits par Muller, sont caractérisés par des phrases très-courtes, comme c'était la mode à cette époque, et complétement insuffisantes pour bien déterminer les caractères certains des êtres qu'ils renferment. Aussi ne doit-on pas s’élonner de voir réunis dans ces genres, des animaux qui, non-seulement appartien nent à d'autres familles d’Infusoires, mais qui doivent même être rangés dans d’autres classes.

Son premier genre Monas, renferme non-seulement des Moas proprement dits, mais on y trouve aussi des Bacteries et probablement des sporules de Cryptogames.

Le genre Proteus est mieux défini; il ne renferme que deux espèces, le Proteus diffluens, dont on a fait depuis le type des Amibis, et le Proteustenax, que nous avons eu souvent occasion d'examiner. Ces deux espèces appartiennent bien au même genre, et, dans notre classification, nous les plaçons à la fin des Infusoires oscillants ou flagellés, sous le nom de Groupe de transition, parce que, en effet, ils semblent établir le passage entre les Infusoires et les Rhizopodes.

Le troisième genre, Vo/voæ, outre les Volvociens vrais qu'il renferme, contient des Monadiens, des Thécamonadiens, des Uvelles et des Antophyses. Les figures, 3, 4, 5, pl. II, qui représentent pour Müller les Volvoz granuleus, globulus elpilula,semblentse rapporter à des Infusoires ciliés, et le Vo/vox grandinella, fig. 6, parait être un Foraminifère. Les figures 17, 18, 19 représentent des Uvelles et les ligures 22, 23 et 24 des Anlophyses.

Le quatrième genre est formé d’une foule d'espèces différentes : On y retrouve encore des Monadiens, des Thécamonadiens, avec des Euglénes; puis des Infusoires de plus grande taille, des Encheliens, des Leucophres, des Paramecies, ele., et d'autres formes qu'il est difficile de rattacher à des espèces connues.

Le genre Vibrio, qui se trouve le cinquième et dernier des [nfusoires nus, épaissis, renferme toutes espèces d'animaux avant le corps allongé. La planche VI montre avec de vrais Vibrions (fig. 2, 3), des Spirilles (fig. 6, 8) et des êtres (fig. 10, 15) que nous ne savons à quelles espèces rapporter. La planche VIT renferme des Bacillaires, des Navicules et des Closteries, et les planches VIE, IX et X des Amphileptes, des Lacrymaires et des Anguillules. La planche X surtout renferme des Lacrymaires et des Amphileptes parfaitement reconnais-

sables, mais dont Müller n’a pu apercevoir les appendices ciliaires.

La seconde section, comprenant les Infusoires nus et membraneux, renferme pour premier genre, le genre Gyclidium dont il est difficile d'apprécier les espèces. On croit y reconnaitre des Monadiens, peut-être des Acomies de Dujardin et probablement des Hétéromites.

Le second genre Paramecium renferme le P. aurelia si fréquent dans les Infusoires et d’autres animaleules, que l’on peut rapporter avec doute aux genres Panophrys, Nassula et Glaucoma. Dujardin croit aussi y reconnaitre des Pleuronemes et des Bursaires.

Le genre Ao/poda qui vient ensuite, ne contient pas l'espèce type

DÉLIMITATION ET CLASSIFICATION DES MICROZOAIRES. 105 des Kolpodes, mais il se trouve composé d'êtres très-différents, appartenant aux Amphileptes, Trachelies, Trichodes, etc.

Le quatrième genre Gonium, renferme les genres G. pectorale et pulvinatum dont les affinités avec les Infusoires ne sont pas parfaitement établies et les autres figures de la pl. XVI peuvent être rapportées les unes à des Uvelles, les autres à des débris organiques.

Le dernier genre de cette section, Bursaria, contient un vrai Bursaire (B. éruncatella), fig. 1, 4, mais les autres figures appartiennent à des Péridiniens (10, 11, 12)et à d’autres espèces qu'il est difficile de rapporter à des genres connus.

Il est à remarquer que dans cette section des Infusoires nus, Müller a représenté, pl. XIE, fig. 20, un Infusoire complétement cilié auquel il a donné le dom de Paramecium Chrysalis et qui est le seul de ce groupe qu'il figure avec des cils à la surface du corps.

Le second ordre de la classification de Müller est formé par des animaux ayant des appendices. La première section renferme des animaleules qui n’ont pas de carapace, et présente dans son premier genre Cercaria, les êtres les plus disparates. On y reconnait des Helminthes, des Systolides, des Ichtydies, un Coleps, des Euglènes, des Monadiens, des Péridiniens, etc.

Le second genre 7richoda est certainement le plus curieux de tout le système et par le nombre des espèces qu’il renferme et surtout par la confusion qui règne dans ce ramassis d’animalcules appartenant à des genres, des familles et des classes les plus éloignés. On y reconnait d’abord (pl. XIID) des Halteries, des Actinophrys, des Slentors et des Foraminifères; puis apparaissent des Kéroniens, desLeucophryens, des Plesconiens, etc. Reviennent ensuite des Lacrymariens que nous avons déjà vus dans le premier ordre avec des Stylonychies, des Trachelius, ete. Puis apparaissent des Systolides accompagnés de quelques Vaginico-

les, et le genre se termine par une série de Paramécides marcheurs.

Le genre Xérona qui fait suite aux 7richodés de Müller, renferme le restant des Infusoires marcheurs, ceux surtout qui sont munis de cornicules et qui auraient dù rester associés à une grande partie de ceux que Müller avait déjà placés dans le genre précédent. Le genre Xérona de cet auteur est certainement le mieux caractérisé et le seul qui renferme des animaleules ayant entre eux de véritables affinités.

Le genre Æimanthopus (1) qui vient ensuite, aurait dù être réuni au précédent, car il ne renferme aussi que des Stylonychies, des Plæsconies, des Oxytriches, etc.

Le cinquième genre, Leucophra renferme des êtres complétement ciliés, dont la plupart peuvent être rapportés aux Parameciens, aux Bursariens, ele., mais on y rencontre aussi un grand nombre d’espèces qu'il est difficile de caractériser. Enfin le sixième et dernier genre de cette section, le genre Vorticella contient avec de vraies Vorticelles, des Péridiniens, des Haltériens, des Stentors, des Trichodines, des Vaginicoles et un nombre considérable de Systolides.

Le genre Brachionus ne renferme que des Systolides.

Si nous avons insisté sur la classification de Müller, si nous avons donné des détails sur la manière dont il a cru devoir grouper les Infusoires, c’est que cette première classification a eu pendant longtemps une influence considérable sur les travaux des auteurs qui l'ont suivi. C'est ainsi que Gmelin, Lamarck, Cuvier et plus tard Girod-Chantrans, Bose et Schrank se servirent du travail de Müller, y ajoutèrent quelques espèces nouvelles, mais ne modifièrent en rien la elassification première.

Schweigger (1819-1820), en établissant sa classification des Zoophytes qui correspondent aux Polypes et aux Infusoires de Lamarck, les divisa en deux ordres : le premier contient des animaux formés d’une

(4) Ce genre n’est pas de Müller, il a été fondé par Fabricius, qui a continué l’œuvre de Müller, interrompue par la mort de ce savant,

seule substance, et le second ceux formés au moins de deux comme les Polypes à polypier. Le premier ordre est divisé en six sections dont quatre renferment les Infusoires de Muller et les deux autres les petits polypes mous ou hydraires. La première de ces sections comprend les Infusoires de Müller sans organes externes; la seconde, l’anguillule du vinaigre et les cercaires. La troisième embrasse les Infusoires ciliés et la quatrième les Rotifères et les Brachions.

On voit que Schweigger suivit complétement les errements de Müller et n’avança en rien l’histoire des Infusoires qu'il regardait comme privés d'organes digestifs et se nourrissant seulement par l'absorption qui s'opère à leur surface.

Latreille, dans ses Familles naturelles du règne animal, considère aussi les Infusoires comme des corps très-simples et privés de tube digestif; il leur donne le nom d’Agastriques.

Bory Saint-Vincent, qui essaya aussi une classification méthodique de ses Microscopiques,ne semble pas avoir mieux vu que ses prédécesseurs el suit une marche aussi peu rationnelle. II divise les Infusoires en cinq ordres : 1° les Gymnodés qui correspondent à peu près au premier ordre de Müller et ne renferment que des Infusoire nus; — 2° Les Trichodés qui contiennent des Infusoires complétement ciliés mais sans ouverture buccale ni organisation interne ; -— 3° les S{omoblépharés qui sont constitués par des Microscopiques ayant une bouche munie de cils ou de cirrhes vibratiles; — enfin 4° et5° les Rotifères et les Crustodés qui ne contiennent que des Systolides, excepté toutefois le dernier ordre, où se trouvent, on ne sait trop pourquoi, les deux genres Plæsconie et Coccudine de Dujardin.

Le premier ordre, les Gymnodeés, est divisé en huit familles : 4° les Monadaires ; ?° les Pandorinées; 3° les Volvoctens. Ces trois familles renferment à peu près les espèces contenues dans les genres Monas et Volvox de Muller; — # les Vo/podinées qui contiennent les genres Colpoda, Proteus etune partie du genre Vibrio de l’auteur précédent ;

—°les Pursariéesquicorrespondent aux Cyclidium, Bursaria, Enchelis etParamecium (Müller); —6°les Vibrioniens, renfermant les Vibrions, les Spirilles, des Euglènes, des Lacrymaires, ete. ; —7° les Cercariées qui comprennent en sus des Cercaires de Muller, des Euglènes, Protées, Urocentres, elc.; et enfin 8° les Urodiées qui sont composés de Systolides confondus avee des Vorticelles et qu'il fait suivre d’une 9% famille instituée pour un seul genreTribuline (Xéronarostellum, Müller).

Son second ordre, les 7richodés se compose de trois familles : 1° Les Polytriques qui sont des animaux qui ont des poils très-fins, non distinctement vibratiles, répandus en villosités sur toute la surface du corps, ou en cils sur l'intégrité de sa circonférence (sic). Cette section comprend des Leucophres, des Systolides, des Actinophrys, des Trichodines et des Lacrymaires.

2° Les Mystacinées caractérisés par des cils en faisceaux ou en série renferment des Trichodes de Müller, des Lacrymaires, des Oxytriques des Trachelius, des Ophrydies et des Vorticelliens. On y trouve aussi les Kérones et les Himantopus de Müller, des Kondylostomes et des Systolides.

3° Les Urodées sont constitués par un certain nombre de Trichodiens, de Kéroniens et de Systolides.

Les S/omoblépharés renferment deux familles : 1° les Urcéolariées qui correspondent au genre Urcéolaire de Lamarck et aux Urcéolariens de Dujardin, et 2° les 7ikidées qui contiennent avec le genre Vaginicola quatre genres de Systolides.

On voit par ce résumé rapide du système de Bory Saint-Vincent que, malgré tous les efforts qu'il a faits pour modifier la classification de Müller, et établir des coupes nouvelles, il n’a pu, de même que Lamark, sortir du cerele que le premier naturaliste avait tracé, et loin d'enrichir la science de faits nouveaux, loin de débarrasser la microzoologie de tous les êtres qui y étaient malheureusement associés, iln’a fait que jeter un peu plus de confusion dans cetteseience qui était encore,

il est vrai, à l’état d’ébauche. Baer de Kænigsberg, puis Leukart et ieRchenbach n’ont plus voulu regarder les Infusoires comme desêtres particuliers et formant une classe à part: pour ces auteurs les Microzoaires ne sont plus que des prototypes incomplets d’autres elasses d'animaux supérieurs et par conséquent doivent être rangés avec eux. Ils en arrivèrent à supprimer complétement la classe des Infu- Soires.

Tel était à peu près l’état de la science en microzoologie, quand parut,en 1830, les travaux d'Ehrenberg, de Berlin, sur l’organisation des Infusoires. Mieux servi que ses prédécesseurs par des instruments perfectionnés et profitant des expériences qui avaient été faites par Trembley et Gleichen, Ehrenberg découvrit chez les Infusoires des organes compliqués qui rapprochent ces animalcules des animaux supérieurs. Il annonça que les Microzoaires avaient un tube intestinal ramifié et muni d’estomacs nombreux, avec une bouche et un anus distincts et situés dans des positions variées. Il décrivit les organes de la génération et donna à la vésieule contractile les propriétés d’un organe sexuel mâle. Ilreconnut les muscles etleur attribua tousles mouvements des appendices qui sont à la surface de l’Infusoire et qui occasionnent ses mouvements rapides de marche ou de natation. Enfin il admit des organes des sens et regarda comme des yeux les taches pigmentaires qu'on remarque chez certains Microzoaires. Mais il avoua ne pas avoir reconnu de vaisseaux ni de circulation chez ces animaux.

C'est sur ces données et sur la découverte de l'appareil nutritif que Ehrenberg posa les bases de sa nouvelle classification.

Il divise ses /nfusoires en deux classes : la première renferme les Infusoires qu'il nomme Polygastriques et la seconde comprend les Rotatoires ou Systolides.

Les Porygastriques correspondent à peu près aux Infusoires proprementdits, augmentés d’un certain nombre d'êtres appartenant l'es uns aux Rhizopodes, les autres au règne végétal. Ils renferment 22 fa-

milles et sont divisés en AnexTerA ou Infusoires sans tube intestinal et en Exreroneza ou Infusoires munis d’un intestin.

Les AxexTERA sont subdivisés en Gymnica ou Infusoires sans pied, qui comprennent les familles Wonadira, Cryptomonadida, Volvocina, Closterina, Astasiæa et Dinobryina.— Les Pseuporona ont des pieds changeants et renferment les familles Amæba, Arcellina, Bacillaria, Cyclidina et Peridinæa.

Les Infusoires qui ont un tube intestinal et que pour cette raison il nomme EnreropeLa, sont subdivisés suivant la place qu'occupent la bouche de l'anus.

4° Les Axopisruia ont un intestin recourbé sur lui-même et la bouche et l'anus se trouvent placés au sommet de l'animal et dans la même cavilé (vestibule, Lachmann). Ils se composent de deux familles : les Vorticellina et les Ophrydina.

2° Les Exanriorrera ont la bouche et l'anus directement opposés et situés à l'extrémité du corps. Les uns sont sans carapace : Enchelia, et les autres sont cuirassés : Colepina.

3 Les AzLorrera ont la bouche et l'anus placés obliquement par rapport l’un à l’autre: Les uns sans carapace sont les 7rachelina et Ophryocercina et les autres avec carapace : Aspidiscina.

4° Enfin les Carorrera renferment des familles qui ont la bouche et l’anus situés sur la partie ventrale, ce sont, sans carapace, les Co/podea, les Oxrytrichina, el, avec carapace, les £uplota.

La seconde classe, comme nous l’avons déjà dit, ne renferme que des Systolides qui n’ont aucun rapport avee les Infusoires.

La première famille des Mopania se compose des genres Monas, Uvella, Polytoma, Microglena, Phacelomonas, Glenomorum, Doxococcus, Chilomonas el Bodo. M faut en retrancher ce dernier genre qui n'appartient pas aux Infusoires et peut-être aussi les Doxoccocus qui nous paraissent devoir être rangés dans le règne végétal.

La deuxième famille, les Cryromonanina, sont des Monadines eui-

DÉLIMITATION ET CLASSIFICATION DES MICROZOAIRES. 441 rassées. Elle est formée des genres Cryplomonas, Ophidomonas, Prorocentrum, Lagenella, Criptoglena et Trachelomonas.

La troisième famille, les Vorvocixa, se compose du genre Gyges, Pandorina, Gonium, Syncrypta, Synura, Uroglena, Eudorina, Clamidomonas, Spærosira el Volvox. Une partie de ces genres appartient à des végétaux ou au moins à des êtres bien douteux.

La quatrième famille, VigrioniA est mieux constituée et comprend les genres Bacterium, Vibrio, Spirochæta, Spirillum et Spirodiscus, dont le dernier seul n’est pas bien certain.

La cinquième famille, Crosrerina, qui ne renferme que le genre Closterium appartient tout entière au règne végétal.

La sixième famille, Asrasra, est presque entièrement composée d’animaux à forme euglenique, ce sont les Astasia, les Amblyophis, les Euglena, les Chlorogonium, les Colacium et les Distigma, ce dernier parait formé par le Proteus tenax, de Müller et appartient à la famille de transition des Amæba.

Les Dixogryina qui forment la septième famille, ne comprennent que les genres Dinobryon et Epipyæis, et terminent la série des Gymnica, c’est-à-dire animalcules sans pieds.

La seconde section des AnexrerNA, comprend les familles qui ont des pieds changeants ou Speudopodes.

La huitième famille, Auœeæ4, renferme le genre Amæba dont nous avons déjà parlé, et les genres Diffugia, Arcella et Cyphidium constituent la neuvième famille des Arcellina et appartenant tous à la classe des Rhizopodes.

La dixième famille BacircarrA renferme 36 genres qui appartiennent presque tous aux Desmidiacées et aux Diatomées à l'exception des Acinetes qui sont de vrais Rhizopodes.

La troisième section des EprrricHa ou ANENTEREA ciliés, ne renferme que deux familles, les Cyclidina et les Peridinæa.

Les Cxczininxa constituent la onzième famille, qui comprend les

genres Cychdium, Pantotrichum et Chætomonas, renferment des êtres sur la valeur desquels il est difficile de se prononcer.

La douzième et dernière famille des Anentera, les PERIDINŒA comprend les genres Chætotyphla, Chœtoglena, Perdinium et Glenodinium. De ces quatre genres deux appartiennent évidemment aux Peridiniens, ce sont les Perdinium et Glenodinium, mais le genre Chætoglena doit être rapporté au genre Zhécamonas et le Chætotypha probablement doit rentrer dans les Infusoires ciliés ou à tourbillon. |

Si l’on retranche des familles que renferme la section des Anentérés celles qui se composent de végétaux ou de Rhizopodes, il reste un ensemble qui présente déjà des caractères communs et dont les genres vont plus tard se retrouver dans les classifications qui viendront ensuite et conslitueront à peu près les mêmes familles. On voit que si le savant professeur de Berlin n’a pas su distraire des Infusoires la foule de végétaux qui les encombre, il a déjà cependant éliminé de ces genres un grand nombre d’autres êtres appartenant la plupart à la classe des Helminthes et que Müller avait assimilés aux Microzoaires.

La section des Exreropera est subdivisée suivant la place qu’occupent la bouche et l’anus.

Les Anopisthaa ont un intestin recourbé et la bouche et l’anus se trouvent placés au sommet, très-rapprochés et souvent dans une dépression commune.

Les Enantiotreta ont la bouche située au sommet du corps et l’anus dans une direction diamétralement opposée.

Les Alotreta ont les deux orifices buccal et anal placés obliquement par rapport l’un à l’autre, et les Catotreta les ont silués du même côté sur la partie ventrale.

Les Anopisthia renferment deux familles : les Vorricezuna et les

OpHRYyDiNA.

Les Vorlicellines comprennent les Stentor, les Trichodina, et les Urocentrum ou Vorticellines libres. Les autres genres embrassent les Vorlicellines fixées, ce sont les Vorticella, Carchesium, Epistylis. Opercularia et Zoothamnium.

Les Ophrydines sont des Vorticellides contenues dans une coque : ce sont les genres Ophrydium, Tintinnus, Vaginicola et Co- (hurnia.

Ces deux familles sont réellement très-naturelles, et on s'étonne que les auteurs récents aient eu l’idée de les démembrer comme nous le verrons plus loin.

Les Exanriorrera renferment aussi deux familles : les Enchelia et les Colepina. La famille des Exonera comprend les genres Enchelhs, Disoma, Actinophrys, Trichodiscus, Podophrya, Trichoda, Lacrymara, Leuchophrys, Holophrya et Prorodon.

Les Corepixa ne possèdent que le genre Coleps.

La famille des Exouerra n’est pas heureusement constituée ; outre des Infusoires disparates et qui appartiennent à d’autres familles, elle renferme les Actinophrys etles Trichodiscus qui sont de vrais Rh1zopodes et doivent rentrer dans cette classe.

Les ALcorrera comprennent les trois familles des 7rachelina, Ophryocercina et Aspidiscina.

Les Tracaeuna renferment les genres 7rachelius, Loxodes, Bursaria, Spirostomum, Phialina, Glaucoma, Chilodon et Nassula.

Les Opnrvocercna sont représentés par le genre unique 7rachelocerca qui est un vrai lacrymaire, et semble étonné de se trouver seul dans une famille qui ne porte pas son nom.

Les Aspidiscina ne comprennent aussi que le seul genre Aspidiseus qui devrait plutôt être rangé dans la famille des Infusoires marcheurs.

La dernière section des CarorrerA renferme les trois familles Co/-

podea, Oxytrichina et Euplota.

Les Corpopea se composent des genres Co/poda, Paramectun, Amphileptus, Uroleptus et Ophryoglena.

Les OxrrricHina sont constitués par les Oxytricha, Ceratidium, Kerona, Urostyla et Stylonychia.

Les Evuprora qui sont des Oxytrichina cuirassés comprennent les genres Discocephalus, Himantophorus, Clamidodon et Euplotes.

On voit par l'examen de cette classification qu'Ehrenberg a été guidé par deux idées prédominantes. La présence ou l’absence d’une cuirasse ou d’un tube solide est pour lui un caractère de famille constant, en même temps qu'il élève au rang de caractère de sousclasse la position occupée par la bouche et l'anus.

La présence d’une cuirasse ou d’une enveloppe dureie chez les Infusoires comme chez les êtres supérieurs n’a qu’une valeur tout à fait secondaire, et peut au plus être regardée comme un caractère générique. Que l’on groupe dans la même famille tous les genres qui présentent ce caraclère pour en former une sous-famille, rien ne s’y oppose, à la condition cependant que la présence de ce caractère ne rompt pas les affinités qui existent entre les êtres qui en sont pourvus et ceux chez qui il fait défaut.

La place occupée par les deux ouvertures du canal nutritif serait un caractère beaucoup plus sérieux et naturel, si ces organes avaient une situation toujours constante dans les êtres d’une même série. Malheureusement il n’en est pas ainsi et, si la bouche se montre à peu près invariablement située dans la même position pour les êtres d’un même genre, il n’en est pas de même pour l'anus. Celui-ci n’a pas une situation aussi fixe ; il semble changer de place suivant les modifications apportées à la forme du corps ou ses annexes et enfin ne se montre pas constamment à la même place dans les êtres qui constituent le même genre. Outre cette absence de fixité dans la situation de l'anus, il faut aussi reconnaitre que la place de cet organe est encore très-douteuse pour un grand nombre d'espèces et que, par

DÉLIMITATION ET CLASSIFICATION DES MICROZOAIRES. 115 conséquent, il serait très-dangereux de se servir de ce caractère, nonseulement pour établir des familles, mais même pour grouper des espèces dans le même genre.

A peu près à la même époque Dujardin publiait dans les suites à Buffon une istoire naturelle des Infusoires. Le savant professeur de Rennes, qui ne reconnaissait aucune organisation aux Infusoires, devint l’adversaire le plus passionné d’Ehrenberg et ne voulut admettre aucun des organes compliqués que ce dernier venait de découvrir chez les Microzoaires; aussi basa-t-il sa nouvelle classification entièrement sur la forme extérieure de ces animaleules et les appendices qui s’y trouvent.

Il divise d’abord les Infusoires en deux sections: les Znfusoires symétriques qui sont constitués par les genres Coleps, Chœtonotus, Planariola, ete., et les /nfusoires asymétriques qui renferment tous les autres Microzoaires.

La première section ne comprend en réalité que le seul genre Coleps, car les genres Chætonotus, Planariola et Ichthydium doivent être rapportés à la classe des Rotateurs ou Systolides.

La seconde section des /nfusoires asymétriques est divisée par Dujardin en cinq ordres suivant qu’ils possèdent des organes externes, ou qu'ils en sont privés.

La première famille des Vibrioniens renferme des animaux sans organes locomoteurs visibles : ce sont les Bactéries, les Vibrions et les Spirilles. — La deuxième famille, les Amibiens, comprend des êtres que nous décrirons à la suite des Infusoires, comme groupe de transition. Les troisième et quatrième familles, Æhizopodes et Actinophryens, ne contiennent aucun Infusoire, etse trouvent constituées par des Rhizopodes ou Foraminifères. Ces trois dernières familles forment le deuxième ordre et les Vibrioniens le premier.

Le troisième ordre qui renferme des êtres pourvus d’un ou de

plusieurs filaments flagelliformes servant d'organes locomoteurs, comprend les familles : première, des WMonadiens, animaux nageurs ou fixés, sans tégument; deuxième, des Vo/vociens, Infusoires ayant un tégument, flottants ou fixés ; troisième, des Dinobriens, animaux fixés sur une tige rameuse. — Les trois familles suivantes ont aussi un tégument, mais les Infusoires ne sont plus groupés, ils sont isolés et nageurs : ce sont : 1° les 7hécamonadiens avec un tégument non contractile; 2° les Æwgleniens avec un tégument contractile, et 3° les Péridiniens qui, avec un tégument non contractile, ont un sillon garni de cils vibratiles.

Le quatrième ordre est formé par des êtres nageurs, ciliés et sans tégument contractile ; il renferme les familles suivantes : première, les Enchéliens, nus, sans bouche, avec des cils épars; deuxième, les Trichodiens, avee une bouche et des cils en écharpes ; troisième, les Kéroniens, qui ont des cils, des styles et des cornicules. Ces trois familles n’ont pas de euirasse, les deux suivantes en sont munies ; ce sont les Plæsconiens, avec une cuirasse diffluente comme le reste du corps et les Ærviliens, qui ont une euirasse persistante et un pédieule court. Ces trois dernières familles sont bien composées et se retrouvent dans presque toutes les autres classifications.

Enfin le cinquième ordre est fourni par des Infusoires « pourvus « d’un tégument lâche, réticulé, contractile, ou chez lesquels la dis- « position sériale régulière des cils dénote la présence d’un tégu- « ment. » Il renferme cinq familles : les trois premières sont formées d'êtres toujours libres, ce sont les Leucophryens qui n’ont pas de bouche; les Paraméciens avec une bouche, mais sans rangée de cils en moustache; et les Bursariens avec une bouche et une rangée de cils en moustache. Les deux dernières familles renferment des êtres lixés temporairement ou par leurs organes : les premiers sont les Urcéolariens et les seconds les Vorricelliens.

On voil par l’examen de la classification de Dujardin que non-

seulement ce savant n’a pas su séparer les Rhizopodes des Infusoires, mais que, dans l'ignorance où il était des organes internes de la plupart d’entre eux, il a réuni dans la même famille les êtres les plus éloignés. C’est ainsi qu'il réunit les Haltéries aux Oxytriques et aux Kérones ; les Opalines aux Leucophryens ; les Lacrymaires aux Pleuronèmes, ete., et que les Nassuliens sont éparpillés dans toutes les familles des Infusoires ciliés.

Malgré les progrès que la Microzoologie faisait chaque jour nous allons constater que les classifications qui ont suivi celle de Dujardin et d'Ehrenberg n’ont pas donné de résultats beaucoup plus satisfaisants. Cependant le professeur Siebold, qui, comme Dujardin, rejette la théorie des Polygastriques d'Ehrenberg, a su éliminer tous les Rhizopodes et en débarrasser la classe des Infusoires, à l'exception pourtant du genre Actinophrys, qu'il a malheureusement conservé. Siebold, comme Dujardin, ne reconnaissait pas une organisation compliquée aux Infusoires et il pensait même qu’une grande partie de ces êtres était dépourvue de bouche. Il divisa en conséquence ees Infusoires en As/oma ou Infusoires privés de bouche et en Sfomatoda ceux qui en sont pourvus.

Les Astoma comprennent trois familles :

Page 1