‹ Etudes sur les microzoaires, ou infusoires proprement ditsChapitre 9 sur 70 · C. Reproduction · texte numérisé non relu

C. Reproduction

Presque tous les microzoologistes actuels reconnaissent aux Infusoires le pouvoir de se reproduire ef de se multiplier suivant trois modes différents : la fissiparité, la gemmiparité et l'oviparité.

La fissiparité est la propriété qu'ont les Microzoaires de se multi plier au moven d’une divison spontanée d’un seul animal qui donne ainsi naissance à deux êtres semblables : ce mode de multiplication est de beaucoup le plus fréquent et celui qui se prête à une observation relativement facile.

La gemmiparité où multiplication des Infusoires par bourgeonnement est plus rare; très-fréquente chez les Coralliaires où elle joue un rôle très-important, elle se montre visiblement chez les Infusoires, surtout de la famille des Vorticellides où elle a été constatée par les auteurs les plus anciens.

L'oviparité, comme la gemmiparité, n’a encore élé réellement constatée que chez un petit nombre de Microzoaires. Mais ce mode de reproduction, qui rappelle celui des animaux plus élevés dans l'échelle animale, est venu jeter une lumière nouvelle sur la génération des Infusoires, et doit un jour porter le dernier coup aux défenseurs des générations spontanées en établissant ce fait, jusqu'alors resté à l’état de doute, que les Infusoires comme les autres animaux possèdent un organe ovarique, qu'ils peuvent provenir d’un œuf, dont le générateur parait être l'organe appelé nucleus que nous étudierons bientôt.

Fissiparire. — Le mode de reproduction le plus ordinaire et le mieux constaté chez les Infusoires est la féssiparité où division spontanée. Ce mode de reproduction est sans contredit le plus répandu dans la classe des Microzoaires, et il a été constaté par

presque tous les micrographes dans toutes les familles des Fnfusoires à tourbillon et oscillants.

Ce phénomène de la fissiparité chez les Infusoires n’est pas, comme le pensent certains auteurs (1), un fait caractéristique et spécial à celte classe d'animaux, on le retrouve plus fréquemment encore et dans de plus grandes proportions chez les Foraminifères et surtout chez les Coralliaires, où il joue un rôle des plus importants. Les végélaux inférieurs ont aussi, comme les Oscillaires, ce moyen de reproduction, et ce n’est pas, comme nous le verrous plus loin, le seul rapport qui existe entre ces Microphytes et les Infusoires.

La reproduction des Microzoaires par division spontanée se fait suivant trois directions distincies : la direction verticale, la direction oblique et la direction transversale. La division par fissiparité, suivant une direction verticale, c’est-à-dire suivant un plan qui passe par l'axe du corps, est le mode le plus rare de multiplication, et nous ne l'avons constaté d’une manière sérieuse que dans la famille des Vorticelliens.

Cependant certains auteurs (2) ont encore observé chez les individus d’autres familles ce mode de divisions, chez les Kolpodes, les Paraméciens, ele., et ils admettent même que, chez les Infusoires que nous venons de citer, on peut constater la division transversale et la division longitudinale chez la mème espèce. Il nous à été impossible jusqu'à présent de rien observer de semblable malgré toute l'attention que nous avons pu v mettre.

Lorsqu'une Vorticelle veut se multiplier par fissiparité, elle replie ses cirrhes buccaux, retire en dedans son disque vibratile, prend une forme sphérique et reste en cet état dans une immobilité complète. Le sommet de la Vorticelle présente un petit fron-

(1) Claparède et Lackmann, loc. cit., 3° mém., p. 243. (2) Claparède et Lackman, loc. cit., p. 245, et M, Cobn, Zeuschrift für Win.

Zool., I, p. 270.

RECHERCHES ANATOMIQUES SUR LES INFUSOIRES. 57 cement qui fait saillie à la surface supérieure et offre à l’observateur une légère excavation conique (1). C'est l'endroit par où le disque vibratile est rentré dans la cavité de la Vorticelle et c’est là aussi que se montrera la première ligne de division. Dans l’état où se trouve alors la Vorticelle, il est parfois impossible de voir le eanal æsophagien et les ecirrhes buceaux qui se sont retirés en dedans, mais on aperçoit toujours la vésicule contractile qui continue ses mouvements rhythmiques de systole et de diastole.

Bientôt on distingue une légère dépression qui part du sommet de la Vorticelle et s'étend jusqu'à son pédicule, en même temps qu’une seconde vésicule contractile fait son apparition à la gauche de la première. Depuis ce moment les deux vésicules se contractent incessamment, sans qu'il y ait une relation quelconque dans leur mouvement ; et la dépression, se prononçant de plus en plus, transforme le corps de la Vorticelle en deux lobes arrondis, mais encore réunis dans toute leur longueur (2). Quelques minutes après, la partie supérieure de la Vorticelle se sépare et on remarque au sommel de chaque lobe séparé un espace arrondi qui doit déjà contenir tous les éléments de la nutrition, bouche, æsophage, cirrhes buccaux (3), ete. En effet, peu de temps après, les deux lobes de plus en plus distincts, mais encore trèsunis par la base (4), commencent à émettre en dehors le bourrelet vibraüle qui porte les cirrhes buccaux et ceux-ci entrent lentement en vibration. Peu à peu la division devient plus complète et on remarque bientôt qu'une des Vorticelles, qui ne tient plus à sa voisine que par un point peu étendu de sa base, s’étrangle légèrement à sa partie inférieure où se montre un sillon dans lequel apparaïtront des cils fins, très-

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(4 PI. VIL, fig. 4. C'est à tort qu’on représente dans cette figure le sommet du pédicule divisé ; il reste toujours simple.

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