‹ Études sur les mines (supplément).: Description de quelques gîtesChapitre 3 sur 7 · G1T£S MÉTALLIFÈRES · texte numérisé non relu

G1T£S MÉTALLIFÈRES

dans un état métamorphique très prononcé. Les faces verticales sont composées de roches quarzeuses d'apparence variable; ces roches se lient, par des passages graduels, aux schistes endurcis dont elles contiennent de nombreux fragments. Au-dessous de l'escarpement vertical , les schistes sont beaucoup moins altérés, et, par conséquent, moins durs que de l'autre côté; ils succèdent aux quarzites sans aucun passage. Ce fait, d'un passage insensible des schistes aux roches quarzeuses, concordant avec une pente ménagée, tandis que la transition brusque concorde avec Texistence d'un escarpement vertical , démontre que la saillie est due à une action de dénudation exercée sur toute la surface du versant. Cette action a laissé des témoins, dont les saillies sont proportionnées à la dureté des roches , laquelle est elle-même en rapport avec leur état métamorphique ou, en d'autres termes, avec leur passage aux roches éruptives.

Les rapports des roches constituant cet affleurement qui, dans sa partie centrale, atteint 8 à 40 mètres, avec les substances métallifères, sont très nets et très apparents. Les roches quarzeuses sont , en beaucoup de points , imprégnées de peroxyde rouge de fer; sur quelques-uns, même, cette imbibition est telle, que la roche est réellement un porphyre à base de jaspe rouge

ferrugineux, contenant, comme cristaux, de petites concentrations à sections rectangulaires d'hématite rouge fibreuse, d'une pureté absolue.

Ainsi, le peroxyde de fer présente ici des caractères qu'on n'est habitué à accorder qu'aux pâtes fluides éruptives, et cette hématite porphyroïde, empâtant des fragments des couches traversées, est une roche nouvelle à ajouter à la série des roches ferrifères.

L'abondance du peroxyde de fer n'est pas moins grande dans les roches traversées. Certaines parties des schistes en sont tellement pénétrées, qu'elles pourraient être considérées comme un véritable minerai; ces oxydes, qui se trouvent ordinairement au contact des roches quarzeuses, ont rappelé à M. Gilles les caractères du gossan de Cornwall, ce qui a fait donner au gîte le nom de Tlnglesita. En examinant la série de ces faits, on ne peut douter que ces pâtes feldspathiques et ces oxydes de fer qui traversent les roches schisteuses, ne résultent d'intrusions spéciales qui auront eu lieu après un étoilement du sol. Or, les oxydes de fer sont liés eux-mêmes à d'autres minerais, et justifient ainsi la dénomination de gossan qui leur a été appliquée. Sur plusieurs points des affleurements , on remarque des teintes vertes cuprifères, dues à des hydrosilicates et carbonates de cuivre, qui se trou-

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vent en noyaux géodiques et veinules dans les parties verticales des roches quarzeuses en contact avec les schistes gossan. Ces indices de minerais enduisent souvent les clivages des plans de contact et pénètrent les pâtes elles-mêmes qui, contenant, en même temps, beaucoup de fragments schisteux, prennent Tapparence d'une brèche métallifère. Une descenderie d'une vingtaine de mètres, placée suivant ce plan de contact, a démontré que ces indices étaient plus continus en profondeur qu'ils ne paraissent l'être suivant la direction du gîte. Si, d'autre part, on considère que, sur le versant opposé de la montagne, il existe quelques indices de la présence des oxydes de fer, et des scories qui semblent attester un travail métallurgique de quelque importance, on sera porté à supposer qu'il existe souterrainement quelquesunes de ces accumulations irrégulières, dont la recherche est sans doute périlleuse, mais qui, en cas de réussite, pourrait compenser les chances incertaines des travaux.

Le gite cuprifère de l'Inglesita n'est pas isolé dans la contrée; auprès du village d'El-Hoyo se trouve encore un filon régulier, où les minerais de cuivre existent sans mélange d'autre métal , et dont les gangues sont d'ailleurs distinctes des gangues plomb ifères. Ce filon est celui de Santa-Amalia. Le spath fluor cristallisé, coloré des teintes

les plus variées, donne à ce filon un caractère particulier; il se mélange au quarz cristallin, à la baryte sulfatée, aux spaths calcaires, et tous ces éléments sont pénétrés de pyrite cuivreuse, d'hydrosilicate de cuivre et de petits cristaux d'azurite.

Ce filon de Santa- Amalia est, sans contredit, le mieux caractérisé du pays, par la variété de ses gangues, leur état cristallin et leur tendance au rubanement. Il est, d'ailleurs, bien détaché du toit et du mur, par des salbandes prononcées. Son rapprochement du gîte irrégulier de Tlnglesita donne lieu à un contraste intéressant ; il démontre combien de formes variées ont pu suivre les émanations métallifères d'une même époque.

Les mines de la Sierra de Los-Santos trouveront un secours précieux dans le bassin houiller qui s'étend de Belmez à Espiel et Villa-Harta; il est riche en houille de bonne qualité ; une des couches reconnues atteint six mètres de puissance.

Ce bassin houiller, très bien caractérisé par ses roches, présente quelques particularités géologiques assez remarquables. La principale est l'existence, à la base de la formation houillère proprement dite, d'un calcaire à entroques, très développé, qui représente évidemment le calcaire carbonifère. Ce calcaire a d'ailleurs tous les caractères minéralogiques de ceux du nord de la France. Il constitue les sommités escarpées qui

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