‹ Études sur les mines (supplément).: Description de quelques gîtesChapitre 4 sur 7 · GITE6 MÉTALLIFÈRES · texte numérisé non relu

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dominent Belmez et Espiel, et repose, en stratification discordante, sur les grauwackeg de transition, tandis quli parait concorder avec les poiidingues à gros fragments, dont les couches puissantes constituent la partie inférieure de la formation houillère.

L'existence de ce calcaire carbonifère, dans un bassin circonscrit, qui d'ailleurs parait s'identifier par toute la partie supérieure de la formation, avec les bassins lacustres du centre de la France, est un fait nouveau à consigner dans l'histoire du terrain houiller. On remarque encore, dans ce bassin, la fréquence des impressions végétales, intercalées suivant le lit de stratification de la houille; ces im<* pressions, déjà signalées dans beaucoup de houilles de la France centrale, sont plus fréquentes et plus grandes dans celles des environs de Belmez.

On voit, par cette description rapide, qu'il existe bien des faits géologiques accumulés dans cette petite Sierra de Los-Santos, qui n'est pourtant qu'une fraction de la Sierra-Morena. Ce qui a entravé jusqu'à présent le développement industriel de toutes ces richesses minérales, c'est uniquement l'absence des routes , qui non seulement grève les métaux produits de transports considérables, mais arrête même la circulation des hommes et, par suite, celle des idées.

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DU

(PRUSSB Rftl3fÀNB).

Si Ton jette un coup d'œil sur les caractères généraux des gîtes métallifères qui sont répandus dans les diverses provinces de TAllemagne septentrionale et de Test de la Belgique, on sera nécessairement frappé de certains faits d'ensemble qui prennent un grand intérêt dans les circonstances actuelles.

Sur toute cette étendue, le terrain de transition est le terrain métallifère par excellence , quoique des observations nombreuses aient démontré que les gîtes sont généralement d'une époque postérieure aux dépôts jurassiques. Les filons constituent la forme dominante de ces gîtes, et sont principalement accumulés autour des centres ou axes de soulèvement auxquels les roches éruptives ont imprimé des caractères d'unité physique, telles que

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le Harz et TEtzgebirge. Dans les provinces dont Taccidentation n'a point ces caractères d'unité qui peuvent être définis parla dénomination de chaîne ou groupe de montagnes , les filons ont une tendance à être plus disséminés^ plus indépendants les uns des autres, et en même temps à s'éloigner du type régulier. Telles sont les provinces du Taunus, du Westerwald , du Hundsruck, etc. Enfin, dans les provinces antraxifères de la Prusse rhénane et de la Belgique, les gîtes sont tout à fait irréguliers dans leurs formes, et ne paraissent plus soumis qu'à des règles de position , déterminées par les plans de stratification des divers étages (4).

A ces groupements de formes distinctes se joignent des variations essentielles dans la nature des minerais.

Les minerais sulfurés, les oxydes cristallins, dominent exclusivement dans les districts classiques de l'est, tels que le Harz et l'Erzgebirge. Sur la rive droite du Rhin, dans le Taunus, le Westerwald, etc., le fer spathique devient une caractéristique générale ; dans la plupart des gîtes, il domine les minerais sulfurés, qui paraissent lui être subordonnés. La blende se montre aussi en profusion, et presque partout, de manière à donner également un cachet spécial à la généralité des mi-

(1) Voir la description des principaux gîtes métallifères des provinces rhénanes; dans les Études sur les mines (1845).

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nerais. Enfin, sur la rive gauche du Rhin^ leshydroxydes de fer et les calamines se trouvent en quelque sorte substitués au fer spathique et à la blende; leurs apparences minéralogiques donnent à la généralité des produits un caractère nouveau.

Ces différences dans les minerais se trouvent en quelque sorte écrites dans Tindustrie métallurgique de chacune des trois zones dont nous faisons ressortir les traits distinctifs. Ainsi, les traitements du plomb, de l'argent, du cuivre, du cobalt, etc., constituent Tindustrie dominante du Harz et de la Saxe ; tandis que, sur la rive droite du Rhin, c'est la fabrication des fontes à acier. La production des fontes communes sur une grande échelle, et la fabrication du zinc se sont développées sur la rive gauche, surtout dans le pays de Liège.

La rive droite du Rhin n'a pas encore suivi les contrées de la rive gauche dans leur élan industriel, ce qui parait tenir à plusieurs causes. Pour la fabrication du fer, c'est d'abord la nature même des minerais spathiques, qui, à tort ou à raison, sont considérés comme ne pouvant donner de bons produits qu'avec le charbon de bois; condition qui a limité, dès le principe, le nombre des usines, et déterminé leur dissémination. Quant au zinc, comme la blende, ayant été longtemps considérée comme ne pouvant être traitée, et constamment

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rejetée^ il 8'ensuit que^ dans la plupart des gîtes où elle se trouve associée aux autres métaux^ sa pré«> sence a , en quelque sorte ^ appauvri ces gîtes et entravé leur exploitation.

Ces conditions, défavorables pour les provinces de la rive droite du Rhin, paraissent devoir subir une transformation prochaine. Le développement de la consommation du fer et la circulation plus facile des houilles de la Sarre et de la Rhur, viennent ajouter à la valeur des gîtes nombreux qui se trouvent dans ces provinces, et dont un grand nombre sont restés inexploités. En second lieu, la blende, qui était jusqu'à présent sans emploi , est aujourd'hui traitée en Angleterre; plusieurs essais de traitements, pratiqués tant en Belgique que dans la Prusse, ont également réussi ; de sorte que ce minerai devient exploitable avec avantage. Bien que la valeur donnée à la blende, par ces divers traitements, soit encore faible, comparativement à la proportion de métal qu'elle contient, la condition des mines qui la produisent forcément, et qui étaient obligées de la rejeter, s'en trouve singulièrement améliorée.

Une dernière considération mettra en évidence un des éléments qui peuvent le plus concourir à ce qu'on peut appeler une reprise des mines de ces provinces, tant elles ont été négligées. Les gîtes se trouvant très isolés les uns des autres, n'ont pas eu

généralement assez d'importance individuelle pour déterminer l'entreprise de ces grands travaux d'aménagement d'eau et de galeries d'éooulement^ qui ont permis de soutenir et de développer les exploitations des gites agglomérés, tels que ceux du Harz et de la Saxe. Les défaats de ce qu'on peut appeler la méthode alleniande pour l'exploitation, sont alors mis en évidence, la plupart des gites n'ayant été exploités que superficiellement. Toutes les fois que des galeries d'écoulement d'une étendue de quelques centaines de toises ne pouvaient pas assécher les mines, et que le gîte n'avait pas une importance excepticmnelle, comme celui du Stahlberg par exemple, la profondeur des travaux n'a pas dépassé celle des vallons les plus voisins ; de là, une diminution dans les produits de la plupart des mines des provinces rhénanes depuis les premiers temps de leur exploitation.

L'agent naturel de toute exploitation de mines au-delà de ces premières limites de profondeur, est pourtant connu depuis longtemps ; en France comme en Angleterre, on ne conçoit guère aujourd'hui l'existence d'une mine importante, sans le secours des machines à vapeur. La répulsion des Allemands pour ces machines est inexplicable, si l'on pense, surtout, que leurs ingénieurs parfaitement instruits ont pu apprécier les immenses services qu'elles ont rendus en Angleterre.

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La suprématie des mines du Cornwall, du Derbyshire, etc., est uniquement basée sur ces grands moyens mécaniques. Aussi, lorsque TAllemagne, moins exclusive dans ses méthodes, aura enfin compris la supériorité de cet agent, si illimité dans sa force, si flexible dans ses applications, et qui atteint le but en si peu de temps, comparativement à ces longues galeries d'écoulement qui ne sont terminées qu'au bout de dix, vingt, trente ou quarante ans après que la nécessité s'en est fait sentir; elle entrera, sans aucun doute, dans une nouvelle période de prospérité pour ses mines.

Les Allemands, plu» que tous les autres peuples, ont apporté dans les travaux de mines une suiie et^ une persévérance qui ont rendu plusieurs de leurs contrées classiques pour l'étude. Nulle part on ne trouve des travaux plus vastes et mieux entretenus ; on ne retrouve dans les mines d'aucun autre pays tîe cachet d'ordre qui atteste une bonne organisation, inspire la confiance et la sécurité.

Mais à côté de ces avantages, viennent se placer les exagérations de principe, et nous en .trouvons un exemple dans <îette préférence générale pour les galeries d'écoulement et les moteurs hydrauliques placés dans Tintérieur des mines, préférence qui a retardé l'application des machines à vapeur, et réduit à l'impuissance les mines qui n'avaient pas assez d'importance individuelle pour motiver

de grands travaux préliminaires. Pourtant, une exploitation qui procède par des machines à vapeur, non seulement coûte moins cher dans ses premières installations, mais encore opère avec un matériel jusqu'à un certain point mobile, et qui, en cas d'insuccès, conserve quelque valeur. Il n'en est pas ainsi des travaux de dérivation et des galeries d'écoulement ; tout y est perdu, le jour où la mine est fermée.

Ce n'est pas tout encore. Il existe en Allemagne une méthode générale d'aménagement des mines, qui peut présenter quelquefois des avantages, mais qui, bien plus souvent, n'offre que des inconvénients. Ainsi, par exemple, lorsqu'on trouve de riches parties de minerais dans les filons du Harz ou de la Saxe, on y établit des réserves, et les portes qui conduisent à ces réserves ne sont ouvertes que le jour où on a besoin d'accélérer la production ; ce qui a lieu, ordinairement, pour compléter le budget annuel. Ne serait-il pas préférable de tirer immédiatement parti de tous ces riches minerais^ et d'en consacrer au moins les intérêts au développement des travaux de recherche? N'est-il pas tout à fait illogique de perdre ainsi de véritables revenus, au lieu de les consacrer à l'approfondissement des mines et à leur extension? On craint, dit-on, l'épuisement des chantiers, et l'on veut conserver toujours le même nombre de mi-

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neurs : mais on atteindrait bien mieux ee but si Ton avait, chaque année, plus d'argent à dépenser, et chaque découverte, loin de justifier ou de protéger Tinertie, deviendrait un stimulant nouveau.

Ces diverses circonstaiices ont, depuis longtemps, entravé le développement des mines dans quelques provinces, notamment dans celles du Taunus et du Westerwald où elles sont éparpillées. Cependant, on y rencontre encore quelques points où se retrouve Tesprit d'industrie et d^activité de la nation allemande.

Mines d'Anxbach et d'Arnma.

Les gîtes métallifères qui se trouvent sur la rive droite du Rhin , depuis Coblentz jusqu'à Cologne , ont de grandes analogies avec ceux qui sont exploités aux environs de Siegen et de Dillenburg. Dans toute cette partie du Taunus et du Westerwald , le terrain de transition , composé de grauwackes et de schistes argileux, a été accidenté par des basaltes, qui forment presque tous les pics et sommités coniques, et donnent à la contrée mie physionomie spéciale. Cette accidentation moderne des terrains volcaniques, qui ont formé le Sieben-Gebirge et déterminé les traits les plus saillants de la contrée, n'a, en quelque sorte, laissé

subsister aucun de ceux qui pouvaient caractériser Taccidentation première. Dans les réseaux compliqués qui résultent de ces phénomènes les gîtes métallifères se trouvent disséminés, sans aucuns rapports avec la conformation du sol.

Le fer spathique, mélangé de divers sulfures, tels que la galène argentifère , la pyrite cuivreuse, et, plus rarement, le cuivre gris, constitue presque tous les gites métallifères de ces provinces. La seule gangue terreuse un peu répandue est le quarz. Les formes peu régulières de ces gites, leur tendance à se placer, suivant les plans de stratification des couches, et à se ramifier, sont des caractères communs avec ceux des environs de Siegen, et qui leur impriment une physionomie tout à fait distincte de ceux des provinces qui se trouvent plus à Test.

Ces distinctions , qui résultent de la nature des minerais, de }eurs groupements, et des détails de formes, sont difficiles à ss^sir quand on cherche à les fairp ressortir d'une description verbale ; mais elles frappent Tœil le moins exercé , lorsqu'on étudie les gites sur place. La seule vue des tas de minerais qui se trouvent sur les haldes peut donner lieu à une multitude d'observations de détail, qui permettraient de reconnaître les provenances de ces minerais. Et ce qui est à la fois curieux et important, c'est que ces caractères spéciaux ne sont pas seulement relatifs aux conditions générales de

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la composition et de la forme, mais se révèlent par des propriétés particulières jusque dans les fonderies.

On sait, par exemple, qoe les galènes du Harz (^) donnent une moyenne de 0,0005 d'argent; celles de Saxe ne sont guère plus riches. Dans les mines des bords du Rhin cette proportion est sensiblement plus forte, elle est presque doublée. Ces variations, qui n'ont que peu de valeur, lorsqu'on vient à considérer des échantillons isolés, en ont beaucoup, dès qu'on vient à embrasser la généralité de la production des usines d'un même district de mine ; c'est ainsi que, dans le chapitre précédent, nous avons fait ressortir le haut titre des galènes de la Sierra de Los-Santos, qui était de 0,002 et 0,005. La nature a en quelque sorte mis une certaine méthode dans cette répartition, en imprimant aux minéraux de chaque province des distinctions relatives, non- seulement aux caractères constants des minéraux , mais aus^i , aux caractères les plus intimes et les plus variables de leur composition.

Le gîte qui alimente les usines d'Arnzau, et qui se trouve contenu dans une montagne élevée d'environ 4 50 mètres au dessus du vallon d'Anxbach, à deux lieues ouest da Linz, peut servir de premier type de description.

(1) Etudes sur les mineSf première parlic, f a4ô.

DU TADNUS ET DU WESTERWALD.

C'est un filon puissant de fer spathique, accompagné de galène et pyrites, et Tun des plus importants des provinces rhénanes , après le Stahlberg du pays de Siegen* Les minerais qui constituent ce filon peuvent être considérés comme identiques à ceux du Stahlberg ; mais, au lieu d'être isolés et disposés en filons distincts, ils sont tous réunis dans le même gîte. Ce gîte, bien que considéré comme filon, présente quelques déviations aux règles qui régissent Tallure des filons-fentes, déviations qui se retrouvent dans presque tous les filons de la contrée où le fer spathique joue le rôle principal.

La coupe ci-jointe, faite dans la partie centrale du filon principal, exprime les conditions de son allure. Il est incliné de 50 à 55 degrés; sa puissance varie depuis un mètre jusqu'à ^2; il est

accompagné de ramifications^ dont la principale croise le filon- vers le quatrième étage, de sorte que ce que Ton appelle le filon du toit devient en profondeur le filon du mur. Plusieurs failles rejettent le filon, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, sans que ces rejets dépassent de beaucoup son épaisseur.

Cette coupe indique également la disposition des travaux d'attaque, qui consistent en cinq galeries étagées sur le versant qui domine l'Anxbach- Dne sixième galerie de 4,000 mètres de longueur a été percée récemment à partir de la rivière de la Wied, dont l'Anxbach n'est qu'un affluent, et a croisé le gite en profondeur. Cette galerie permettant de faire tomber une prise des eaux de l'Anxbach dans la Wied, par une chute intérieure de 80 mètres, donnera, par la suite, les moyens de pénétrer encore plus bas. Ces divers travaux développés successivement de haut en bas ont desservi une exploitation qui date de plusieurs siècles ; bien qu'ils n'aient eu pour but que l'extraction de la galène argentifère, et des pyrites qui accompagnent le fer spathique, ils ont mis en évidence toutes les particularités de la composition du gite, dont voici les conditions principales :

Le fer spathique constitue la masse du filon ; c'est à peine s'il est mélangé, sur quelques points, de quarz compacte dans lequel il s'isole accidentel-

lement en noyaux sphéroïdes, de manière à produire un mélange à structure orbiculaire. En beaucoup de points, ce fer spathique se charge de pyrite cuivreuse et surtout de galène. La proportion de pyrite cuivreusQ dans un massif de fer spathique, dépasse rarement quelques centièmes, mais celle de la galène est souvent bien plus importante et ce minerai s'isole même en vastes chambres ou sacs, dans lesquels il est très peu mélangé. Plusieurs de ces sacs, dont quel-ques uns sont encore en exploitation, ont présenté une puissance de 5 mètres, sur j à 4 5 en direction et en inclinaison.

Ces sacs de galène sont disposés principalement suivant le mur du filon et complètement isolés les uns des autres.

Le filon d'Anxbach, très régulier, lorsqu'on en considère la coupe, dans l'exploitation centrale de Gottes-Seegen, présente dans son allure quelques circonstances anomales qui sont mises en évidence par les plans des travaux. Il y existe un plan de renflement, qui peut être considéré comme la partie centrale du gîte. Ce plan est courbe, de sorte que le filon se continue de chaque côté, mais dans des directions différentes.

Vers l'ouest, le filon traverse l'Anxbach et se bifurque en deux branches qui ont été explorées sur le versant opposé ; l'une, paraissant se continuer dans les mêmes conditions de composition, mais

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avec moins de puissance, tandis que l'autre se charge de quarz et se prolonge fort loin en prenant les caractères d'un filon quarzo-cuprifère. Ces deux filons du versant opposé se lient à d'autres encore peu connus où le fer spathique et Thématite brune paraissent exister exclusivement.

Du côté opposé à la vallée de TAnxbach, le filon, après une course assez longue et régulière , s'amincit peu à peu. Il n'a pas encore été retrouvé à une distance d'environ un kilomètre par une galerie qui aurait déjà dû le couper, si son allure eût été rectiligne.

Ainsi, ce filon, comme la plupart de ceux qui devient des règles classiques, a une partie centrale. Cette partie centrale est plus riche, plus puissante que sfes deux prolongements qui , par suite de la courbure de ce centre, ne se trouvent pas suivre la même direction. Il est évident que ce centre de l'action métallifère doit être le but principal de tous les travaux, et, sous ce rapport, la pratique a depuis longtemps constaté le fait expliqué par la théorie.

Ces déviations de l'allure du gîte aux règles qui régissent la structure des filons-types est, ainsi que nous l'avons annoncé, une analogie à ajouter à celles de la composition, pour l'assimiler au Stahlberg. L'exploitation n'a pas encore tiré le même parti de ces ressources identiques, car jus-

qu'à présent le gîte d'Anxbach n'a été exploité que pour les galènes et les pyrites cuivreuses qui se trouvent associées au fer spathique.

Il est bien remarquable de trouver , si près du Rhin, un gîte aussi puissant d'un riche minerai de fer que la nature n'a distribué qu'avec parcimonie, et de voir que ce gîte qui , en Belgique ou en France, eût servi de base à quelque usine vaste et puissante, soit uniquement exploité pour des minerais annexes qui n'en devraient être qu'une production secondaire. Comment se fait-il, qu'à si peu de distance, les idées soient si différentes, que là on remblaie les travaux avec du fer spathique, tandis que ce fer spathique, placé à quelques kilomètres plus à l'ouest, eût été l'objet principal des travaux? Singulier effet des vieilles traditions de l'Allemagne, où les minerais-nobles, c'est-à-dire ceux des métaux tels que le plomb, l'argent ou le cuivre, ont seuls paru dignes d'attention; on y oublie que le fer, ce métal vulgaire, peut remplacer tous les autres.

La France a peu de mines autres que les mines de fer, et pourtant sa production métallurgique marche après celle de l'Angleterre. Les mines d'or de la Russie peuvent, au premier abord, produire une plus grande illusion de richesse, mais leur production, bien que stimulée par tous les moyens possibles, et ayant atteint aujourd'hui un chiffre considérable, n'a pourtant rien ajouté à la prospérité

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de ce pays et ne peut, sous ce rapport, être comparée à Tinfluence de nos houillères et de notre industrie des forges. Industrie puissante, qui représente non plus les misères d'un travail forcé, mais la prospérité réelle et progressive d'une grande nation ; qui, loin d'avoir terminé sa tâche lorsqu'elle a livré ses produits, n'a fait encore que fournir des matières premières à une multitude d'autres industries. Pourquoi l'Allemagne qui, dans les provinces rhénanes, possède aussi tant de ressources en combustible minéral et en minerais de fer, en tire-t-elle un si faible parti, qu'elle est obligée de prendre ses rails en Angleterre ou en Belgique?

Le gite d'Anxbach n'est pas le seul exemple des ressources de ce genre que nous puissions citer sur les bords du Rhin ; tout près de Siegburg nous en trouvons encore un de composition analogue, que les circonstances actuelles ont laissé presque improductif.

Mines des eiiTirons d'Ucberath.

L'étude du gite d'Anxbach rendra bien facile l'appréciation de celui qui, aux environs d'Ucherath, constitue les trois mines de Marie, Louise et Dorothée.

Que l'on se représente trois collines distinctes, encaissant deux vallons séparés. Dans ces trois collines on a constaté l'existence de filons ayant

des directions tout à fait difiFérentes, ainsi que' rindique la figure ci-jointe :

Les travaux n'ayant été pratiqués qu'au dessus du thalweg des vallons, n'ont pu constater les relations existantes entre ces filons, c'est-à-dire la manière dont ils se coupent ou se raccordent. On est

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donc réduit à des hypothèses sur ces relations, et pour les poser avec quelque probabilité, on devra d'abord étudier la composition des gîtes.

La mine Louise, ouverte dans la partie centrale, a fait reconnaître deux filons distincts et parallèles. Le fer spathique, la blende et la galène, y sont les minerais caractéristiques, et ont pour gangues les débris du toit et du mur. Ces filons sont inclinés à 65 degrés, leur puissance moyenne est de 2 mètres, cette puissance s'élèvant à 5 mètres et aude-là dans le filon du mur. Le massif schisteux qui sépare les deux filons est d'une épaisseur analogue.

L'allure de ces filons est ondulée et variable comme leur puissance; on n'y observe pas de salbandes bien nettes, il y a adhérence et mélange avec les épontes, dans lesquelles ils se ramifient souvent, par des filons de côté, de même composition.

Le fer spathique domine dans le filon du mur, qui peut être considéré comme le principal; il y est mélangé de blende et de galène argentifère. Dans le filon du toit, c'est la blende qui est le minerai dominant ; elle y a quelquefois plus d'un mètre de puissance, et le fer spathique lui est subordonné, ainsi que la galène. On remarque souvent, entre ces divers éléments, quand ils ne sont pas mélangés de débris du toit ou du mur, une structure rubanée assez prononcée.

Les minerais paraissent mieux isolés et les filons

plus nettement caractérisés, dans la mine de la Dorothée, où ils ont été reconnus sur une centaine de mètres. Le filon du mur est presque exclusivement composé de fer spathique ; il a 2 à 4 mètres de puissance et se trouve séparé, à peu près d'autant, du filon du mur, exploité pour galène et pour blende. Ces deux filons sont accompagnés, comme dans la Louise, d'embranchements ou filons latéraux, d'environ 0,50 de puissance, qui les réunissent Tun à l'autre ou les ramifient dans le toit et le mur.

A la mine Marie, le gîte est très rétréci, il n'y a plus qu'un filon bien distinct. L'allure, au lieu d'être franche, a une tendance à dévier et à se jeter dans les plans de la stratification , symptôme fréquent de la fin des filons. C'est, en efl*et, par une allure ainsi tourmentée et rétrécie, que le gite si puissant du Stahlberg change d'inclinaison et se perd dans les plans feuilletés des schistes. A Marien-Stollen, le filon du toit parait déjà avoir cessé, et le filon de galène et de blende ne tarde pas lui-même à terminer sa course.

En comparant l'ensemble des caractères de composition et d'allure de ces trois mines, on peut les considérer comme trois fragments d'un seul et même gite. Ce sont les mêmes formes, les mêmes minerais, les mêmes gangues ; il n'y a de divergence, qu'autant qu'il en peut exister entre trois fragments éloignés d'un même filon.

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Comment se fait le raccordement de ces trois tronçons? On a supposé que les deux vallées représentaient deux failles, lesquelles avaient déterminé des entraînements considérables. Cette supposition n'est guère admissible si Ton considère : d'abord , que les rejets opérés par des failles ne changent pas d'une manière sensible les directions des diverses parties d'un filon, et qu'ici les directions sont aussi différentes que possible; en second lieu, que les filons de fer spathique nous ont, en quelque sorte, habitués à cette mobilité dans les directions et les formes. Legited'Anxbach et tous ceux du pays de Siegen, nous autorisent à supposer que ces trois parties d'un même gite se raccordent souterrainement au dessous des vallées, par des courbes, qui donnent à l'ensemble de sa course l'allure contournée d'une S.

Ainsi, des travaux établis au dessous du niveau des deux vallons , pourraient très probablement suivre l'allongement du gite pendant toute la direction qui serait d'au moins 4,200 mètres. Les travaux qui existent aujourd'hui ne portent que sur les parties saillantes, et, pour acquérir une certitude à ce sujet, il faudrait nécessairement établir dans la partie centrale uïie forte machine d'épuisement. Ce gite est, en effet, un des exemples nombreux de l'impuissance du système mécanique allemand pour le développement des travaux en

profondeur. Avec le système des galeries d'écoulement, les exploitations actuelles ne sont réellement susceptibles d'aucun développement ; mais, que Ton suppose deux puits munis de machines, placés dans ces deux vallons, et le siège des travaux transporté à 400 mètres de profondeur; les galeries d'allongement pourront alors s'étendre d'une manière continue de Marien-StoUen à Dorothée , et, au lieu des chantiers morcelés et incertains des excavations actuelles, ces vastes galeries d'exploitation fourniront de larges plans d'abattage et des extractions abondantes et assurées. Ajoutons, pour justifier ces vastes travaux ,. qu'on trouve aujourd'hui dans le traitement des blendes, une ressource qui n'existait pas pour les anciens exploitants.

Beaucoup d'autres gites, dont les caractères diffèrent peu des précédents, peuvent encore être cités sur cette rive du Rhin, depuis l'embouchure de la Ruhr jusqu'à celle de la Lahne. Les mines de la compagnie de l'Antonius s'ouvrent suf des filons nombreux de blende et de galène. AuSchiefer, près de Neustadt, on exploite depuis longtemps des filons de galène argentifère et de blende, filons souvent concordants, irréguliers dans leur allure, et qui présentent cette circonstance remarquable qu'ils sont accidentés par l'influence voisine d'un pic basaltique. Dans tous ces filons, le quarz et les débris schisteux des épontes, sont les gangues ordinaires ;

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la galène argentifère et la blende sont les minerais. Pour compléter cette description, nous ne pouvons choisir des types plus intéressants, que les riches filons de la principauté de Nassau, filons qui, depuis plus d'un siècle, donnent lieu à un développement de travaux très remarquables. Ces filons sont ceux d'Obernhof, Holzappel; Silbach, etc..

Minet d'Obemhof et d'Holzappel.

Ces deux mines, les plus étendues des provinces rhénanes, sont ouvertes sur un faisceau de filons parallèles, dont la course est connue sur une longueur de plusieurs lieues, depuis Holzappel jusque vers le Rhin. Ils méritent une étude spéciale, non seulement par leur richesse et par les détails de leur exploitation, mais encore par les circonstances intéressantes et toutes particulières qu'ils présentent dans l'histoire générale du type des filons réguliers auquel ils appartiennent.

Obernhof peut être considéré comme la partie la plus centrale de leur course et comme le point principal de leur développement. On y a, en effet, reconnu, non seulement le faisceau principal, composé de quatre filons parallèles, également reconnus à Holzappel, mais encore deux faisceaux latéraux. Ce sont ceux de Weynàhr, composés de deux filons parallèles entre eux et aux premiers, dont ils sont distants d'environ 200 mètres, et cent

de Silbach, situés à environ 5,000 mètres plus loin, et comprenant un faisceau de trois filons assujettis à la même course. Tous ces filons ont, tant à Obernhof qu'à Holzappel, des caractères tellement identiques, sous le double rapport de la composition et de Tallure, qu'ils appartiennent évidemment aux mêmes phénomènes générateurs; ce sont des filons contemporains dans toute la rigueur théorique.

Les quatre filons exploités à Obernhof, sont parallèles à la stratification du terrain encaissant composé d'alternances de grauwackes schisteuses et de schistes argileux. Leur puissance, dans les parties les plus développées, dépasse rarement A mètre, et le plus souvent elle est comprise entre 0,50 et 0,60; mais ils sont remarquables par la grande proportion des minerais consistant principalement en galène argentifère et blende, et par leur continuité. Pour bien comprendre leur structure, il faut se reporter à l'origine des filons fentes, et aux rapports déjà signalés de l'allure de ces filons, avec la nature et la disposition des roches fracturées.

On s'est longtemps servi, pour décrire la structure des filons en général, d'une comparaison assez juste : que l'on coupe une feuille de papier suivant une ligne ondulée, et que l'on rapproche ensuite les deux parties en les déplaçant l'une par rapport à l'autre, en déterminant ce que l'on appelle une faille. Quelques points des lignes ondu-

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lées ainsi rapprochées se toucheront, et il restera un vide qui représentera la coupe du filon. Cette coupe sera très variable, suivant la nature des ondulations de la section. Si ces ondulations ont été faites profondément et également, la coupe présentera une série de vides amygdalins, puissants, séparés par des étranglements ; si elles sont profondes et inégales, Tallure sera continue, mais très variable en puissance; enfin, si les ondulations sont à la fois longues et peu profondes, on obtiendra des coupes de filons peu puissants, mais continus et présentant des étranglements peu nombreux,^ mais prolongés. Au premier cas, nous comparerons certains filons plombifères qui paraissent, comme ceux de la Sierra di Gador, n'être qu'une série d'amas (>l). Les filons irréguliers d'Arnzau et de la Louise, celui de Sainte-Inès, précédemment décrit, dans la Sierra de Los-Santos, et ceux de tant d'autres localités, notamment de Clausthal, sont des exemples de la seconde hypothèse ; tandis que les filons réguliers d'Andreasberg au Harz, des environs de Freiberg, mais surtout ceux d'Holzappel et Obernhof soat des types qui appartiennent à la dernière supposition.

(1) Les études de M. Salazar, sur la Sierra di Gador, lui ont démontré que les amas plombifères étaient disposés suivant des lignes de fractures pemailèles, et qu'il y avait une ligne centrale suivant laqpelle se succédaient le& amas les plus riches, souvent réunis entre eux par des veines ou filets métallifères.

Or, il est évident que ces variations des ondulations de fracture, résultent nécessairement de la nature du sol fracturé. A Obernhof, les fractures ont été produites non seulement dans un système de couches homogènes et à grains fins, mais suivant les plans de stratification ou clivages les plus naturels ; elles sont donc dans les conditions les plus complètes pour avoir déterminé une faible puissance et une grande régularité des filons.

Tels sont , en effet , les caractères qui frappent tout d'abord, lorsqu'on étudie les vastes travaux souterrains d'Holzappel et d'Obernhof. En voyant se développer ces rubans métallifères que les galeries d'allongement ont mis en évidence sur des longueurs considérables, on croirait à une couche concordante, comparable à celle du kupferschiefer de la Thuringe, si, d'autre ' part, les stries du toit et du mur, et la déviation fréquente des filons, qui coupent alors les couches encaissantes, n'accusaient leur origine postérieure. En étudiant ces filons, dans les travaux d'Obernhof qui ont un développement de plus de >I300 mètres en direction sur environ 200 de hauteur verticale, et dans ceux d'Holzappel qui s'étendent sur une longueur en direction de 2000 mètres, on verra cette origine écrite avec les détails les plus circonstanciés.

L'inclinaison générale des filons est de 53 de-

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grés; c'est aussi celle des couches schisteuses. Des surfaces profondément striées indiquent qu'il y a eu, à la fois, séparation des plans de clivage et déplacement des épontes. La concordance, qui est la loi générale de ces filons, n'est pas absolue, et, en beaucoup de points, les filons soustraits au parallélisme des couches coupent leur plan de stratification sous des angles très prononcés. On a remarqué que Tinclinaison de ^0 degrés était la plus fréquente dans ces changements d'allure qui déterminent le passage des filons dans un autre plan de stratification , ainsi que l'indique la coupe cijointe.

Ce phénomène, assez commun dans les mines d'Obernhof et d'Holzappel , est connu sous le

DUTAUNUS ET DU WESTEUWALD. 109

nom de banc. Dans les conditions les plus ordinaires, les filons se trouvent rejetés de dix à quinze mètres, et, suivant l'expression des mineurs, ils s* assoient sur le terrain encaissant.

Cette locution est d'autant plus juste que, dans ces bancs, les filons sont très souvent déprimés; ils sont même, quelquefois, complètement étranglés. De telle sorte que ces points peuvent être considérés comme les plans d'ondulation qui, dans les fractures, ont ser^gi de contact, et ont maintenu avant les phénomènes du remplissage, Técartement des couches fendues. En un point des mines d'Holzappel, le contact fut tellement complet, qu'une galerie traversa le filon sans qu'on l'eût aperçu, et qu'il ne fut retrouvé qu'à l'aide d'un puits qui rencontra la branche rejetée, ainsi que l'indique la figure précédente.

Ce fait de la suppression d'un filon et de son rejet dans un autre plan , non plus par une faille , mais par un banc, est fécond en conséquences théoriques. Il conduite penser qu'il n'y a point, du moins dans la zone accessible à nos travaux, de filon cunéiforme, c'est-à-dire qu'on puisse croire finir en profondeur. Par extension, il peut encore servir à prouver que les gîtes puissants et irréguliers, auxquels, d'après quelques travaux de recherche dans le stérile Rammelsberg (la Vieille-Montagne), on a attaché l'idée d'amas terminés en profondeur.

110 GITRS MÉTALLIFÈRES

doivent être réunis, par des canaux souterrains, à d'autres gites, et être assimilés aux gites en chapelets. S'il en est ainsi, ce n'est pas le gite qui fait défaut, c'est l'intelligence humaine ou plutôt la persévérance dans les travaux de recherche (>l).

Les filons d'Obernhof sont au nombre de quatre, tous concordants avec la stratification et par conséquent exactement parallèles; tous quatre conservent ce parallélisme jusque dans leurs variations d'allure, car, lorsque l'un d'eux est rejeté par un banc, on peut en conclure que tous sont affectés d'une manière analogue. Ils conservent aussi, à peu de chose près, leurs distances réciproques.

Le premier filon rencontré par les galeries de traverse est un filon quarzeux , contenant principalement de la pyrite cuivreuse. C'est le premier filon du mur ; il est séparé des autres par 40 mètres de roches et a été l'objet de peu de travaux. Les trois autres forment un faisceau plus resserré et se composent i^ d'un filon principal, dit Weiss- Gebirge ou filon de la roche Blanche; 2® d'un filon du toit séparé seulement de 2 à 5 mètres, et d'un filon du mur séparé de ^0 à 45.

(1) Un exemple frappant m'a élé cité par M. Escosura, de Madrid ; c'est celui du gite calaminaire de Riopar, en Espagne. Un amas analogue à celui de la Vieille-Montagne s'est supprimé en profondeur, mais on en a trouvé la suite, sous forme d'un filon étroit qui a évidemment servi de canal pour les actions génératrices, et qui, suivi en profondeur, pourra peut-être conduire à d'autres renflements analogues h celui de la surface.

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dxi toit S-iLoa de Ut.

Le filon principal est caractérisé par une composition spéciale. La roche Blanche, dont il porte le nom, est un mélange de quarz, d'argile hlanche délitable et de schiste argileux d'un blanc jaunâtre. Ces trois éléments sont tantôt confondus, tantôt isolés; dans tous les cas, la couleur blanche des roches contraste avec les couleurs foncées des schistes encaissants. Lorsque la roche Blanche est stérile, elle pénètre dans les feuillets des schistes et s'y ramifie ordinairement en réseaux complexes; c'est le cas ordinaire à Holzappel. Elle est d'une richesse remarquable à Obernhof et présente alors des caractères tout à fait particuliers.

Les minerais, consistant en blende et galène argentifère, forment à Obernhof deux salbandes larges de 0,10 à 0,50, entre lesquelles le Weiss-

112 GITES MÉTALLIFÈRES

Gebirge est parfaitement isolé. La disposition est donc inverse de celle qui est la plus ordinaire , car ces roches blanches peuvent être assimilées à celles qui forment, dans un si grand nombre de cas, les salbandes des filons métallifères.

L'origine des salbandes argileuses , qui détachent si souvent de leurs épontes les filons métallifères, est enveloppée de bien des incertitudes ; peut-être, ces relations inverses pourront-elles jeter quelque lumière sur la question.

Lorsqu'on a examiné les roches blanches en beaucoup de points, on reconnaît que le quarz, Targile et le schiste argileux altéré qui les constituent et présentent un aspect si disparate dans les terrains encaissants, ne sont bien caractérisés, comme roches de filons, que lorsqu'ils sont détachés des épontes par les deux salbandes métallifères. Lorsque ces roches ne sont pas détachées ainsi, non seulement elles sont souvent adhérentes et s'entrelacent dans les feuillets du schiste, mais elles offrent encore des passages de l'argile blanche délitable au schiste; il n'y a plus alors que le quarz, en veines et noyaux amygdalins, qui se distingue bien nettement des roches encaissantes : telle est la condition ordinaire à Holzappel. A Obernhof, que l'on supprime par la pensée les deux salbandes métallifères qui isolent et font ressortir les caractères des roches blanches, ces roches ne repré-

DU TADNUS ET Dlï WESTERWÀLD. 113

senteront plus qu'un plan d'altération des roches encaissantes et d'intrusions quarzeuses. Suivant pas à pas les caractères de ces intrusions quarzeuses, on sera conduit à conclure que le quarz en noyaux amygdalins, ou en veines interrompues , est bien réellement dû à des phénomènes postérieurs au terrain, il résulte, de même que les argiles blanches, de phénomènes métamorphiques liés à ceux des filons métallifères.

M. Fournet a donc expliqué d'une manière rationnelle l'origine de ces intrusions quarzeuses qui ont suivi des plans d'altération. Les quarz du Weiss-Gebirge sont les filons embryonnaires des environs de Lyon, concentrés dans un plan constant; quant aux matières argileuses, elles sont évidemment dues, soit à l'altération en place des schistes argileux , soit à des transports moléculaires.

Les filons d'Obernhof et d'Holzappel sont constamment métallifères lorsque leur puissance est dans les conditions moyennes; ils ne cessent d'être exploitables que dans les portions de leur course où ils sont étranglés, ou même supprimés par les contacts du toit et du mur. Ces contacts sont souvent longs, mais il est facile d'y suivre la trace des filons, et, après avoir traversé les étranglements, on retrouve toujours les filons composés des mêmes minerais : la blende en première ligne, puis la galène argentifère, accidentellement mé-

langée de cuivre gris et sujette à être, en quelques points^ remplacée par du cuivre pyriteux. Le mélange des débris du toit et du mur^ ou de quelques gangues quarzeuses^ vient à peine altérer la pureté de ces réunions de minerais qui présentent de beaux exemples de concentration.

Les variations des zones métallifères ont été Tobjet d'observations assidues parce que la blende, étant restée longtemps sans valeur , a dû être délaissée pour la recherche exclusive des parties plombifères. On a reconnu qu'il y avait, suivant la direction, une succession de zones caractérisées, soit par la prédominance de la galène, soit par celle de la blende. Ces zones diverses ont à Obernhof de 20 à 80 mètres de longueur en direction, et à Holzappel de ^ 00 à 200 mètres. Les zones caractérisées par ces divers minerais se succèdent ainsi à des intervalles de longueur variable d'une localité à l'autre, et sont, en outre, entrecoupées de zones de contact stériles, également plus longues à Holzappel qu'à Obernhof.

Les filons n'ont pas conservé à Holzappel leurs caractères avec assez de détail, pour qu'on puisse les assimiler tous avec certitude à ceux d 'Obernhof . Ainsi , on a bien reconnu le filon de la roche blanche, mais ce filon n'y est métallifère que par accident, et il a été très rarement exploité. Le filon principal d 'Holzappel est assimilé au filon

du mur d'Obernhof, de sorte que le filon cuivreux qui, à Obernhof, se trouve le second filon du mur, représenterait le filon du mur d'Holzappel. Quant à la composition des minerais dans les deux localités , il n'y a réellement pas de distinction à faire. M. Bauer, qui a publié une étude minutieuse de ces filons, a démontré leur identité; il les considère seulement comme généralement plus puissants à Obembof. Cependant les mines d'Holzappel, secondées par de plus grands capitaux, ont reçu un développement bien supérieur.

Les usines d 'Obembof n'ont pas été fondées pour l'exploitation des filons du même nom, mais pour celle des filons de Weynahr. Ce sont deux filons parallèles aux précédents et qui affleurent sur le versant opposé du même vallon. Ces deux filons, aujourd'hui abandonnés, paraissent avoir présenté des conditions de composition et d'allure tout à fait identiques; seulement, la proportion du cuivre pyriteux y était, dit-on, plus considérable. Les filons ont été évidés jusqu'au niveau de la dernière galerie d'écoulement; ils pourront être repris par la suite, lorsque la galerie d'écoulement, qui part des bords de la Lahn , aura traversé le faisceau des filons d'Obernhof et la vallée de la Gelbach.

A une lieue du mur des filons d'Obernhof, près du village de Winden, se trouve le faisceau des filons de Silbach.

1IG GITES MÉTALLIFÈRES

Il y a là trois et même cinq filons que Ton peut dire encore parallèles entre eux et à la stratification du terrain, et qui reproduisent les mêmes caractères que les filons du faisceau d'Obernhof (>l). Ils sont généralement moins puissants, leur épaisseur moyenne étant de 0,^0 à 0,23, et ils ont déterminé des travaux moins étendus. Ce qui est surtout remarquable, c'est de retrouver encore en ce point un filon de roche blanche ; et de voir que, là encore, il occupe Taxe du faisceau. Comme à Obernhof, ce filon de roche blanche est souvent accompagné de deux salbandes de minerais ; mais ici tous les phénomènes paraissent se reproduire sur une échelle plus petite, et ces salbandes ne dépassent guère de 0,05 à 0,^5 de puissance.

Les minerais de Silbach sont toujours la blende et la galène argentifère en première ligne ; accidentellement, le cuivre gris argentifère, et la pyrite cuivreuse. Dans les parties supérieures des filons, on a trouvé et on trouve encore des parties de plomb phosphaté, dans des quarz cariés, mélangés d'argile.

(1) En considérant ces ûlons comme parallèles entre eux et à la stratification du terraini nous ne tenons compte que de leurs traits généraux, de même que pour les Ûlons précédemment décrits. Ainsi M. Bauer, auqi^el on doit une description très détaillée de tous les ûlons de cette circonscrij^tion, établit une distinction dans la direction du premier, du second et du cinquième, qui'est Hora 4, 7 ; ceUe du troisième et du quatrième étant H. 5, 2. La direction générale delà stratification est H. 4, 5. L'inclinaison générale du terrain et des ûlons est de 46 degrés.

Les filons d'Holzappel et Obernhof, de Weynàhr et de Silbach, étant généralement faibles en puissance et concordants, ne donnent lieu à aucun phénomène d'affleurement qui soit très apparent. J'en citerai un seul, situé près du pont de Weynàhr. Sur les rochers qui s'élèvent au dessus de ce point, on distingue facilement un filon quarzeux, de 50 à 80 centimètres de puissance, concordant avec les schistes dont il se distingue par ses teintes blanches. Le quarz constituant est chargé de pyrite cuivreuse qui a déterminé quelques abattages superficiels formant une échancrure dans

le profil du rocher, et le percement d'une galerie

inférieure, ainsi que l'indique la vue ci-dessus.

Ce qui rend cet affleurement très intéressant,

118 GITES MÉTALLIFÈRES

c'est que le filon y subit un rejet d'une dixaine de mètres par l'effet d'une faille qui a rompu tout le rocher, et qui a évidemment déterminé sa conformation. Il est si rare de pouvoir trouver ainsi l'expression visible du phénomène des failles, que œ point offre un intérêt réel. Il est probable que cet affleurement appartient à un des filons d'Obernhof.

Le rejet qui affecte ce filon est déterminé par une de ces fentes sans épaisseur que les Allemands appellent filets, et qui, dans les mines d'Holzappel et d'Obernhof, présentent des exemples très fréquents de rejetg. Ces rejets ne sont jamais très considérables; ils ont quelques mètres au plus, et dans un seul cas, à Holzappel, on en cite un de 23 mètres.

Ces filons d'Holzappel et Obernhof, de Weynàhr et de Silbach, peuvent être considérés comme appartenant à un seul et même faisceau, dont l'importance en direction serait encore plus considérable qu'en largeur. En effet, ce faisceau se retrouve jusque près de Saint-Goar, de l'autre côté du Rhin, à une distance de plus de trente kilomètres.

Mines de Rheliibrelttoeb.

Les caractères minéralogiques des gites métallifères précédemment décrits, sont déterminés principalement par le fer spathique, la blende et la

galène : mais les gites de cette catégorie ne sont pas seuls ^ et, dans les environs de Rheinbreitbach, il s'en trouve d'autres caractérisés par les minerais cuprifères.

Les mines de Rheinbreitbach sont à la fois les plus anciennes et les plus célèbres des provinces rhénanes. Elles étaient exploitées au temps de la domination romaine, et, depuis >1400 ans, elles ont donné des produits qui, pendant certaines périodes, ont été considérables. Les minéraux variés qui sont sortis de ces exploitations, et qui, dans toutes les collections minéralogiques, occupent un rang non moins important que ceux de Chessy ou de la Sibérie, leur ont également donné une grande célébrité. Qui ne connaît les phosphates de cuivre des provinces rhénanes, le cuivre oxydulé capillaire ou cristallisé, les malachites lamelleuses, sans compter les pyrites, le sulfure de cuivre et le cuivre panaché.

Tous ces minéraux se trouvent dans un puissant filon de quarz compacte qui sillonne la montagne du Virneberg. Cette montagne est composée de schiste argileux et de grauwacke schisteuse.

Le filon, suivi par les travaux sur une longueur de huit cents mètres, est curviligne, de telle sorte que sa direction vers la partie sud étant d'une heure, elle est de ^\ heures au milieu de sa course et de iO heures vers la partie nord. L'inclinaison

120 GITES MÉTALLIFÈRES

moyenne est de 50 à 60 degrés. Sur la plus grande partie de son parcours, le filon concorde avec la stratification, de sorte qu'il a été souvent désigné sous le nom de couche; mais, en beaucoup de points, il la coupe assez nettement pour que son origine postérieure soit bien démontrée. Il a une grande tendance à se ramifier, et est, en plusieurs points , décomposé en trois et cinq veines parallèles, qui ne s'écartent jamais beaucoup et se soudent souvent les unes aux autres. En résumé, ce filon est dans des conditions d'allure tout à fait comparables à celles des filons spathiques et biendeux; c'est par sa composition qu'il s'en distingue d'une manière absolue.

La masse du filon est quarzeuse. C'est un quarz compacte, à druses calcédonieuses, fendillé parallèlement au toit et au mur. A l'affleurement, ce filon quarzeux est bien rassemblé et n'a pas moins de quatre à cinq mètres de puissance; le quarz y est pénétré en tous sens de cuivre phosphaté, plus rarement de malachite, d'azurite ou de cuivre oxydulé.

En étudiant les déblais accumulés depuis quatorze siècles sur les haldes, on voit que la composition du filon doit être en profondeur ce qu'elle est à la surface, si ce n'est que les minerais sulfurés, qui danâ les affleurements ont en grande partie disparu par la décomposition, prennent évidemment

le rôle principal. Les haldes étagées sur la pente du Virneberg ont été triées à deux reprises différentes, et le triage actuel, qui a pour but le traitement par voie humide, met encore en évidence de nombreux fragments de sulfures compactes, mélange intime de pyrite, de cuivre panaché et sulfuré qui , dans les profondeurs aujourd'hui connues, constituent en effet le minerai normal.

Ainsi, le filon de Rheinbreitbach est un exemple de plus à ajouter à tous ceux des gîtes sulfurés, dont les parties supérieures sont entièrement décomposées. Quand on compare la manière dont sont groupés les sulfures, qui s'y trouvent assez bien rassemblés en veines distinctes, à la dissémination des phosphates et des cuivres natife ou oxydulés, qui sont dispersés dans toute la masse du filon et jusque dans les épontes, on ne peut douter que les phénomènes de décomposition n'aient été accompagnés de transports moléculaires considérables. Nous trouverons la preuve de ces transports dans une particularité très curieuse.

Le filon quarzeux se trouve coupé par des dykes le conglomérats d'un basalte stéatiteux. Ces dykes •ésultent évidemment de fentes considérables, •emplies, peu après la sortie des basaltes, par des létritus qui leur ont été presque entièrement emi)runtés et parmi lesquels on trouve même, d'après M. Noggerath , des galets trachytiques , ainsi que

122 GITES MÉTALLIFÈRES

des fragments de bois décomposé. Or^ ce conglomérat, postérieur au filon métallifère, se trouve, vers les points de rencontre, imprégné de cuivre natif en feuilles brillantes. Ces feuilles cristallines sont disposées dans tous les sens, c'est-à-dire selon les délits entrecroisés de la roche, et, quelquefois, dans son tissu compacte; de telle sorte, qu'on aurait peine à s'expliquer comment le métal a pu pénétrer ces roches et s'y faire place^ si elles n'étaient très hygrométriques. Quoi qu'il en soit, ces transports moléculaires ont pu traverser des roches d'un tissu serré, à plusieurs mètres de distance, circonstance qui ne se reproduit qu'à un degré beaucoup moindre pour les schistes argileux qui encaissent ordinairement le filon.

Ce phénomène de pénétration locale, d'appel du minerai mis en mouvement par ses décompositions, peut donner idée de certaines influences de roches encaissantes sur la nature des remplissages. Dans beaucoup de cas, les minerais des filons ont, en effet, subi des transformations et des transports, et, lors même qu'on se reporte aux premiers phénomènes de la génération de ces minerais, il a dû se produire, suivant la nature variable de l'encaissement, des faits d'attraction et de répulsion, et par suite des concentrations de minerais en dehors de celles qui ont pu résulter de la forme des cassures.

Les travaux souterrains dont ce gite a éié l'ob-

jet s'étaient arrêtés à une galerie d'écoulement de 4000 mètres de longueur qui recoupe le filon à environ cent mètres en contrebas des affleurements. Des moyens d'épuisement intérieur avaient permis, en outre, de pénétrer à une vingtaine de mètres au-dessous du niveau de cette galerie, lorsque les travaux furent abandonnés. Les nouveaux exploitants se décidèrent, en 4 844 , à placer un puits qui a atteint aujourd'hui UO mètres, et qui a recoupé le filon à 36 mètres au-dessous du niveau de la galerie. Une machine à vapeur fut montée sur ce puits pour desservir l'extraction et l'épuisement ; et le succès obtenu a déjà démontré, qu'en suivant cette voie, on pouvait relever un grand nombre des exploitations abandonnées.

En effet, la traverse du fond a d'abord coupé un filon latéral d'un mètre de puissance, composé de quarz et contenant, dans son axe, une veine de minerai compacte, ayant 0,20 d'épaisseur. Ce minerai est composé d'un mélange intime de pyrite cuivreuse et de cuivre panaché. Plus loin, cette galerie a rencontré le filon principal , composé de plusieurs filons parallèles, embrassant une épaisseur de 4 5 mètres, et contenant deux veines de minerai, l'une de 0,25, l'autre de 0,50 d'épaisseur moyenne. Les minerais sulfurés sont mélangés à ce niveau d'une proportion notable de peroxyde noir de cuivre.

124 GITES MÉTALLIFÈRES

Ces veines métallifères ne sont pas très continues en direction ; mais, Texpérience ayant démontré, dans ce filon comme dans tant d'autres, que le minerai était continu suivant Tînclinaison, de manière à former des zones verticales de richesse, séparées par des zones stériles, on compte, avec raison, sur un succès encore plus complet, lorsque les galeries de direction seront arrivées à 80 mètres plus loin , dans la région où les niveaux supérieurs ont trouvé les plus grandes concentrations de minerais. Grâce à ces travaux, poursuivis depuis quatre années, la province ne tardera pas à rentrer en possession de la mine de cuivre qui a été la plus productive de toute cette partie de TAllemagne.

Une remarque intéressante, due à M. le professeur Noggerath, est que les druses calcédonieuses, abondantes dans les niveaux supérieurs, là où les minerais sont décomposés, ne se trouvent plus dans les niveaux du fond où ils sont sulfurés. L'altération de la gangue semble être ici un fait solidaire de l'altération des minerais.

Le filon de Rheinbreitbach ne présente d'autre rubanement que celui qui résulte des fissures naturelles du quarz, qui est, presque partout, très fendillé parallèlement au toit et au mur. Les minerais sulfurés, et même les concentrations des phosphates, sont, il est vrai, disposées en veines

parallèles à Taxe du filon, mais la structure rubanée qui en résulte est vague et indécise. Les divisions qui séparent les minerais des gangues, au lieu d'être nettes comme celles qui résultent du rubanement caractéristique des filons, présentent des zones de mélanges et de passages. On est conduit, par Tétude de la structure du filon, à considérer le quarz qui le constitue et les minerais qui s'y trouvent subordonnés comme absolument contemporains.

Lorsqu'on vient à comparer la nature du filon, vers les affleurements mis à découvert en plusieurs points du versant, et dans les travaux du fond, on est frappé des conditions de stérilité des parties supérieures, dans lesquelles le minerai n'est révélé que par des colorations partielles et dispersées. Dans cette mine, comme dans tant d'autres, on éprouve cette conviction si fréquente que le filon s'enrichit en profondeur. La tradition représente, en effet, les étages inférieurs de l'exploitation comme ayant été plus productifs que les étages supérieurs.

Il faut que ce fait d'une loi d'enrichissement en profondeur ait quelque réalité, surtout dans les mines de cuivre, pour qu'on le retrouve ainsi établi, parmi les praticiens de pays éloignés les uns des autres et qui ont eu entre eux si peu de communications. Ainsi, par exemple, en Cornwall, la

126 GITBS MÉTALLIFÈRES

stérilité des parties supérieures des filons cuivreux est devenue un fait classique. Cette stérilité, qui se reproduit ici, ne résulte-t-elle pas des faits de décomposition dont les filons cuprifères sont plus susceptibles que tous les autres? Ces décompositions auront non seulement atteint les minerais, mais aussi les auront dispersés souvent jusque dans les roches encaissantes ; ils auront même attaqué les gangues qui sont cariées à Rheinbreitbach, et qui sont, en Cornwall, transformées à Tétat de gossan. Ce qui semble militer en faveur de cette hypothèse, c'est que, dans certains cas particuliers, Teffet de ces décompositions de minerais sulfurés et de ces transports moléculaires, a été inverse, et a déterminé des accumulations très riches, mais limitées en profondeur et de richesse décroissante : tel fut le gite de Chessy, et tels sont aussi quelques gites analogues des monts Ourals.

Le filon du Virneberg n'est pas le seul des environs de Rheinbreitbach ; il est accompagné de filons d'un ordre inférieur. A Marienberg, par exemple, on a repris une ancienne exploitation ouverte sur un filon de quarz contenant de la pyrite cuivreuse. A Ehrl, près des carrières basaltiques du Dattenberg, on connaît encore un filon de quarz calcédonieux, pénétré d'un cuivre phosphaté, qui diffère , par sa composition , de celui de Rheinbreitbach et qui se rapporte à la Libethenite.

DU TAUNUS ET DU WRSTBRWiJLD. i27

Quoiqu'il y ait des variations dans les minerais cuprifères, le quarz compacte donne aux filons de cette catégorie une physionomie spéciale, qui se reconnaît de suite sur les haldes. Or, on se rappelle qu'à Obernhof, le filon qui contient la pyrite cuivreuse est un filon de quarz; de telle sorte qu'il paraît exister dans tout ce district un rapport réel, entre les gangues de quarz et les minerais de cuivre.

Sans entrer dans plus de détails sur ces filons, remarquons encore que, malgré leur nature différente des filons de fer spathique ou des filons de blende et galène , ils se conforment aux mêmes conditions de structure. N'est-il pas, dès lors, bien évident que la direction des efforts de fracture, relativement à la direction de la stratification; la nature des roches et leur structure, sont, dans les filons, les conditions déterminantes des formes.

Reprise des Aneleitites explottationB. — Vrattement de la blende*

Par une certaine parité dans les phénomènes, nous voyons, dans cette région de la rive droite du Rhin, trois séries de filons métallifères, distincts par leur composition et probablement par leur âge, se conformer tous aux mêmes conditions générales de forme et d'allure: ^^ les filons de fer

128 GITES MÉTALLIFÈRES

spathique, quelquefois accompagnés de galène, de blende, de pyrites et de falherz ; 2^ les filons de blende et de galène ; 5^ les filons de quarz avec pyrites cuivreuses, cuivre panaché, phosphates et oxydes de cuivre.

Nous avons décrit les principaux types de ces trois catégories de filons ; ce sont ceux qui ont été conservés à Texploitation par des travaux soutenus, et ce sont probablement les plus développés en puissance, ou en direction. Leur nombre est cependant bien faible, comparativement à celui des filons dont Texistence est constatée, soit par des affleurements, soit par les débris de travaux anciens.

Il est, en effet, peu de districts métallifères où Ton trouve une aussi grande quantité d'exploitations anciennes, que dans ces provinces de transition de la rive droite du Rhin. On compte par centaines les filons épars dont l'existence est attestée par d'anciens déblais, ou par la tradition. La plupart de ces filons, à en juger par les déblais et par les nouveaux travaux dont quelques-uns sont aujourd'hui l'objet , ont des caractères analogues à ceux des divers types précédemment décrits. La blende et la galène sont les minerais caractéristiques de la plupart d'entre eux ; ils sont en outre presque tous concordants et irréguliers dans leur puissance encore plus que dans leur allure.

Tels sont les caractères de la plupart des mines reprises par la compagnie dite de TAntonius, ou des Mines-Réunies^ qui a acquis un grand nombre de ces anciennes concessions.

Parmi ces filons, celui du Julien, près Bensberg, présente les deux minerais (blende et galène) mélangés ensemble, et pénétrant les roches du toit et du mur d'une manière assez remarquable. Âinsi^ on peut y recueillir, sur beaucoup de points, des fragments de la grauwacke encaissante, tellement pénétrés de blende cristalline ou de galène, qu'ils peuvent servir de minerai ; tandis que, sur d'autres points, il se déclare des salbandes argileuses qui détachent d'une manière plus nette le filon, qui prend alors une structure un peu rubanée. Ce gîte peut être considéré comme un passage du gîte irrégulier métamorphique, suivant le plan des couches, au filon-fente proprement dit; il paraît sujet aux renflements et aux embranchements, et atteint, en un de ses points, une puissance de plus de trois mètres.

Les caractères prononcés des filons-fentes se retrouvent dans les filons de VAntonius et de ÏËléonore, près Siegburg, qui sont présentés comme très réguliers par M. l'ingénieur Plisson, qui dirige avec distinction les travaux de reprise. Déjà, ces travaux ont reçu une certaine extension, et le minerai qui provient de ces filons-fentes est à la fois

130 GITES MÉTALLIFÈRES

assez cristallin et assez rubané, pour que le triage de la galène et de la blende puisse s'opérer facilement.

La disposition des haldes et déblais des anciennes exploitations a été étudiée avec beaucoup de soin par M. Plisson; l'appréciation de cette disposition extérieure pouvant servir à prévoir la marche que suivent les travaux souterrains, de manière à imprimer aux travaux de reprise la direction la plus rationnelle. En effet, le cube des déblais accumulés, ramené, par le calcul, aux dimensions ordinaires des puits et galeries, peut faire apprécier l'importance des vides intérieurs; la succession des haldes indique les conditions de direction, et même de forme du gite; enfin, la composition est accusée par les débris du gîte, faciles à distinguer de ceux des roches encaissantes.

Or, d'après les études de M. Plisson, bon nombre des exploitations anciennes sont antérieures à l'usage de la poudre, et par conséquent au dixseptième siècle. Les puits et les haldes sont généralement très rapprochés, et se succèdent en ligne, de manière à accuser des filons presque toujours concordants avec les grauwackes encaissantes. La présence des eaux, et surtout le manque d'air, ont limité les travaux en profondeur; enfin, la cause presque générale qui a déterminé l'abandon

DU TAtJNUS ET DU WESTERWALD. 13i

des mines a été la prédominance de la blende.

Les filons les plus puissants et les plus continus ont été Tobjet de travaux considérables, qui ont été abandonnés et repris à plusieurs époques. Ainsi, sur la route de Cologne à Siegen, la mine de Bliesenback se distingue parmi plusieurs autres par les vastes proportions de ses ruines. L'importance passée de cette exploitation ne se juge pas seulement par Tétendue et l'épaisseur des déblais ; on Tavait asséchée par une longue galerie d'écoulement, et l'extraction avait été assez considérable pour motiver la construction d'une fonderie spéciale dont on retrouve les scories.

Parmi les anciennes mines du pays, M. le professeur Noggerath signale encore celle de Silberkaul ou Altglûck, près du village de Bennersheid, comme une de celles qui présentent les souvenirs les plus imposants. Cette mine a été, dit-on, entamée sous la domination romaine , par des travaux à ciel ouvert qui ont suivi un filon sur une longueur de plus d'un kilomètre. Sur cette longueur, elle présente aujourd'hui l'apparence d'un fossé de ^0 à ^5 mètres de profondeur, au fond duquel quelques dépressions, attribuées à des puits écroulés, annoncent que les travaux souterrains avaient succédé aux travaux à ciel ouvert. La masse des déblais accumulés de part et d'autre de la tranchée, est composée de quar2, de fer spa-

132 GITES MÉTALLIFÈRES^

thique et de blende, contenant des restes de la galène argentifère qui fut probablement le but des travaux. Cette mine présente des analogies évidentes avec le filon de la Louise^ décrit précédemment, et qui se trouve de même dans le cercle d'Ucherath.

Les anciennes mines de Kaûsersteimel , près Kirken, dans le cercle de Coblentz, sont également citées par M. Noggerath, comme d'un assez grand intérêt. Ces mines donnèrent, dans les années >l 804 et suivantes, des produits notables en cuivre. Elles avaient été ouvertes sur plusieurs filons qui paraissent se rattacher, en effet, à la classe des filons cuprifères ; les minerais principaux étant : les pyrites cuivreuses, le cuivre oxydulé, la malachite et l'hématite brune. En ^ 825, le filon principal fut rejeté par une faille et ne put être retrouvé ; c*est ce qui a déterminé l'abandon de ces mines.

Il est rare que l'existence d'anciens travaux ne présente pas de grands obstacles à la reprise des mines; on a tenté plusieurs fois de rouvrir quelques-unes des mines que nous venons de signaler, mais sans succès. Aujourd'hui cependant, ces tentatives présentent des circonstances plus favorables qu'il y a plusieurs années, à cause du traitement de la blende.

Le zinc, métal encore nouveau dans les usages industriels, suit une marche rapide de production.

Né des gîtes calarainaires de la Silésie et du pays de Liège, il a atteint aujourd'hui, par les seules ressources de ces gîtes, le chiffre de 50,000 tonnes de production annuelle, dont près de la moitié se consomme en France. Son prix, loin de baisser par suite de la création de nombreux établissements, semble avoir une tendance à s'élever; c'est-à-dire, que la consommation suit une marche encore plus rapide que la fabrication. La calamine n'est pourtant pas le seul minerai de zinc ; c'est, au contraire, le plus rare, car la nature a, en quelque sorte, prodigué ce métal à l'état de sulfure.

Le traitement des blendes a été essayé, il y a déjà longtemps, sans qu'on ait obtenu de résultats satisfaisants ; le grillage ayant toujours été coûteux et incomplet. Mais, depuis environ deux ans, l'Angleterre s'étant fait expédier des quantités considérables de blendes de la Prusse rhénane, ces achats ont éveillé l'attention du pays ; on a cherché quels pouvaient être les procédés employés en Angleterre, et on est arrivé, notamment dans les usines de Stern, près Linz, à fabriquer du zinc dans des conditions qui paraissent applicables partout où le combustible est à bon marché.

Dès lors, il s'est formé des compagnies pour l'exploitation directe des gîtes de blende, jusqu'ici négligée ; en tête de ces compagnies, s'est placée celle

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des Mines-Réunies^ qui fait construire à Mulheim^ sur la Ruhr^ une fonderie destinée au traitement des blendes.

L'état de la question peut être ainsi précisé. La calamine est traitée au titre variable de 20 à 55 pour cent; elle n'a besoin que d'un faible grillage et peut être ensuite traitée par distillation à un prix qu'on évalue, en moyenne, à 250 francs par tonne de zinc fabriqué. La blende se présente aujourd'hui avec un titre moyen de 50 à 65 pour cent, c'est-à-dire avec une richesse en zinc, double de celle des calamines. Ses procédés de traitement sont encore incertains, quant aux prix de revient ; mais, comme elle est deux fois plus riche, elle se trouve dotée, relativement à son poids, d'une

\ somme double. Si donc la blende est grevée en plus, comparativement à la calamine, de l'opération métallurgique qui consiste à la purger du soufre, on a, pour exécuter cette opération, une

, latitude suffisante; ajoutons que les usines de Linz, qui fabriquent le zinc avec la blende, ont su tirer un parti très avantageux de l'acide sulfureux qui se dégage des fours de grillage.

Exploitée directement, il paraîtrait d'abord impossible de produire la blende à aussi bas prix que la calamine, soit en Silésie, soit à la Vieille-Montagne ; mais, dans la plupart des mines, la blende n'est qu'un produit accessoire. Elle n'est qu'un an-

DU TAUNLS ET DU WESTEftWALD. < 35

nexe de la galène argentifère ou de la pyrite cuivreuse, et beaucoup d'exploitations, comme celles d'Obernhof, d'Holzappel ou d'Ucherath la produisent forcément, et Tout jusqu'à présent rejelée dans les haldes ou dans les remblais intérieurs. Beaucoup de laveries produisent aussi des schlicks de blende ; mais elles n'en font aucun cas, et ne les considèrent encore que comme gangue des schlicks de galène; enfin, en dehors des exemples nombreux que nous pourrions citer dans les provinces rhénanes, nous pouvons mentionner certaines mines du Harz (Lauthenthal) qui, depuis des siècles, accumulent des réserves de blende. Il existe des faits analogues en France, à Pontpean par exemple, dont les anciens travaux sont, en grande partie^ remblayés avec des roches blendeuses.

Si donc, les procédés métallurgiques, encore incertains dans leur marche, arrivent à un traitement normal, la blende se présentera dans la lutte avec des éléments de richesse et de généralité que les gîtes exceptionnels de la calamine auront peine à balancer. Sans doute, des gîtes, tels que celui de la Vieille-Montagne, pourront soutenir avec avantage une pareille lutte; mais les mines qui poursuivent, par des travaux coûteux, des minerais moins puissants et moins riches, peuvent se trouver par la suite rayées du nombre des producteurs. Le prix

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du zinc est probablement destiné à tomber au-desr sous de celui du plomb ; MM. Piot et Murailhe , dans un travail d'un grand intérêt sur la fabrication du zinc en Belgique (^), ont fait pressentir que les gites calaminaires, gîtes essentiellement irréguliers, ne devaient pas être considérés comme pouvant conserver, pendant bien longtemps encore, les avantages qui résultent de la facilité des premiers travaux d'exploitation.

Ainsi se prépare, peut-être, une de ces révolutions intéressantes dans la fabrication des métaux ; conquête précieuse de l'industrie humaine qui parviendrait à généraliser la production privilégiée du zinc. Les conséquences ne s'arrêteraient pas là; que d'exploitations de galène et de pyrite cuivreuse se trouvent, depuis longtemps, embarrassées dans leur marche par le mélange des blendes, et qui, trouvant tout à coup un débouché utile pour ces matières jusqu'ici rejetées avec les gangues, pourront donner une impulsion nouvelle à leurs travaux, et retrouver la prospérité des temps passés ! C'est sur le Rhin que se décideracette question, intéressante à un si haut degré pour l'art des mines, et que nous signalons aux études de tous les métallurgistes.

En résumant tout ce qui vient d'être dit sur les

(1) Annales des Mines y 1844.

gîtes métallifères de la me droite du Rhin, et se reportant à nos précédentes études sur les mines du pays de Siegen, on voit que ces contrées présentent des ressources importantes. Pourtant, à Tèxception de quelques établissements prospères, tels que ceux de Stahlberg, d'Holzappel, d'Obernhof, d'Arnzau, ces mines figurent à peine dans les tableaux de production.

Que faut-il donc faire pour féconder ces nombreux éléments dans un pays dont les conditions sont d'ailleurs les plus favorables pour le travail? Ce qui a manqué jusqu'à présent, c'est Tesprit d'initiative pour entreprendre des travaux qui, dans presque toutes les localités, devront être longs et dispendieux, et dont les exploitants de Rheinbreitbach ont pourtant donné un heureux exemple. Dans beaucoup de circonstances ce sont encore les capitaux qui manquent aux entreprises de mines, parce qu'en cette partie de l'Allemagne^ ils sont concentrés dans les mains de classes peu portées vers l'industrie.

Des compagnies étrangères viennent d'imprimer un grand mouvement de reprise aux mines de la Prusse rhénane. Cette reprise, encouragée par les conseils éclairés de MM. de Dechen et Noggerath, commence sous des auspices favorables. Les moyens de circulation se multiplient dans tout le pays, de manière à conduire partout le combustible néces-

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saire au traitement des minerais; la main d'œuvre est à la fois intelligente et économique* Nous devons donc avoir plus d'un succès à enregistrer, si, d'ailleurs, ces compagnies satisfont aux trois conditions, que M. Sloane a rendues proverbiales en Italie (4), et dont la réunion est surtout indispensable dans les contrées où les richesses les plus accessibles ont été déjà enlevées par les premiers exploitants.

(1) M. Sloane, un des propriétaires des riches mines de Monte-Gatini en Toscane, me faisait observer, avec raison, qu'il ne faut pas se laisser aller à juger la valeur intrinsèque des mines d'après leurs produits. Pour exploiter. J'ai, disait-il, adopté cette devise : capital, courage, conduite. Le capital est nécessaire pour féconder le gîte ; le courage, pour savoir attendre les produits et préparer l'avenir, souvent par de grands sacriGces ; la conduite, pour guider les travaux et pour administrer. Avec ces trois éléments réunis, une mine, placée dans des conditions moyennes, pourra donner des résultats souvent bien supérieurs à d'autres mines dont les conditions seront pourtant plus favorables. On est trop disposé, en général, à ne pas tenir compte, dans les a£Faires de mine, de l'industrie des exploitants -, elle est aussi méritante que toute autre, et détermine seule bien souvent le succès.

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