‹ Études sur les mystèresChapitre 13 sur 77 · THEODORE · texte numérisé non relu

THEODORE

Ha ! mon bon mari ! Gomme en diz Et en faiz , de nuit et de jour, Je travailleray de labour, Afin qu'escKaper le mefifait Puisse que j'ay contre toy fait Et concéu.

C'est après s'être éloignée de son mari qu'elle prononce ces regrets; car cette scène ^ qui pouvait être si touchante ^ se termine ici. Le malheureux époux ne doit plus voir sa femme que bien long-

temps, après ^ et dans qnel état! Cependant, k peine Ta-t-elle quitté que Dieu envoie dire, par un autre ange ^ au désolé mari que ce moine à qui il a parlé est sa femme même. Le malheureux se donne au diable ; et cette scène, qui n'a pas d'autre résultat , semble peu digne de la majesté divine , et contraire au précepte d'Horace lui-même, qui ne veut pas qu'on fasse intervenir un dieu, nisi dignus vindice nodus . . • .

Cependant Théodore, obligée de séjourner à Rougeval, dont Tabbaye était assez distante, à ce qu'il parait, a bien innocemment séduit par sa jolie figure la fille de l'auberge, qui, la croyant un homme, viçnt, sans façon, la requérir d'amour. Théodore, indignée de cette impudence, la repousse. La demoiselle, déçue dans ses avances^ jure de se venger, et ne tarde pas à en trouver l'occasion : sollicitée par un de ses amans , elle lui cède et devient mère. — Et de qui cet enfant? lui demande son père. — De frère Théodore, répond -elle. — Grand scandale dans Lçaider-^ neau ! L'abbé en est informé par l'hôte lui-même, qui apporte l'enfant à l'abbaye , et dit goguenar*dement au père abbé, en lui présentant le marmot ;

Dans abbés {maître abbé) , qu'icr voj présent y Tenez, recevez ce présent Que vous apport.

l'abbé.

A moy, mon ami ? c'est à tort j

MT^TÀRES. 'y9

Portez-le ailleurs. Vous estes niées; En (ici) ne sommes-iions pas norrices

D'enfans petiz.

l'oste.

Vostre moine à non pain fetlz L'a fait y que le djable j ait part ! Si (airt^i) demonrra y se Dieu me gart ,

A l'abbàîe.

l'abbé.

Vous me faites toute esbaje La pensée , et estre en tristesce.

Pour Dieu ! dite»-moy lequel est-ce ,

Ne Y celez ore.

» l'oste.

C'est Yostrc moine Théodore.

Or le gardez I

l'abbé.

Ha Théodore ! ... Or regardez Le hontage et le grant anui Que par tous ayons au jour d'ui....

Voirement ditton voir (vrai) t l'abbit Ne feit pas le religieux.

Gomment avez si oultrageux

Esté, biau frère!

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