‹ Études sur les mystèresChapitre 22 sur 77 · ABIA · texte numérisé non relu

ABIA

Que souhaîtez-vous ?

MARIE

Dieu servir.

ARBAPANTER.

Après?

MARIE

Sa gnce desservir {mériter),

BARBAPANTER.

Voulez-vous pompeux habit?

MARIE

Non.

ABIAS.

De quo j parée ?

MARIE

De bon renom (i).

l'angélique enfant doivent achever le développement de sa pensée.

{i) Pare'è de bon renom'. Cette admirable image paraîtra peut-être ici bien hardie; elle était naturelle aux Hébreux, ({ui voyaient partout dans l'Écriture Dieu revêtu de gloire, depuissance, etc. Saint Paul dit : Hevêtez-vous de charité'. C'est

MYSTKRKS. igt

ARBAPANTSR.

C'est bien dîct !

MARIE

En Dieu seul espère (J'espère) , Car c'est celuy qui tout sapère (surpasse) Par éternelle providence.

Joachin ajant dit à ses parens qu'ils allaient conduire leu^ enfant au temple ^'Arbàpanter demande à Marie ^ de même qu' Athalie au petit Joasy si un autre genre de Tie né lui plairait pas mieux. Marie répond :

Pas ne m'en soulcye , Mais prie la Bonté infinie Qu'à mon besoing me réconforte.

LA CHAMBRIÈRE (à Mark)* Vous porteray-je?

MARIE

Je suis forte Assez pour cheminer ye tem.

Je n'ai pu trouver ce que signifie ^fe tem (qui rimé avec Hierusalem) : si ^ par une contraction naturelle dans la bouche d'un enfant, cela veut dire vers temple ou vers Dieu, le sens est très beau.

Marie, en effet, monte les quinze degrés du temple, d'un pas ferme et sûr, ce qui frappe d'étonnement tous les spectateurs. On voit que ces quinze degrés pour aller jusqu'à Dieu sont

d'après l'Écriture que M. de Lamartine nous peint, en traits si fiers,

Adonaï yéta de gloire et d'épouvante....

Et Dien s'enveloppant de son divin courroux.

192 MTSTivRKS.

figuratifs de quinze Tertus^ telles que V humiliiez V obédience y la sapience j etc. Malheureusement cet ingénieux passage du manuscrit de Yalenciennes manque de correction et de clarté.

En rappelant la grande scène SAthalie^ à propos de ce fragment de scène , je ne prétends point qu'on y trouve ni cette combinaison profonde où les réponses ingénues d'un enfant percent de coups redoublés la mégère qui tient sur lui le poignard suspendu y ni cette beauté de style K laquelle rien n'est comparable , non; mais ce qu'on ne peut s'empêcher de l'econnaitre ^ ce sont des traits frappans de ressemblance dans le caractère à la fois humble et fier de Marie et de Joas y c'est surtout la précision de leurs réponses. En entendant Marie et ses mots coupés , elliptiques j on a dû se rappeler ce dialogue serré entre Athaiie et Joas :

Comment vous nommez-vous ? — J*ai nom Ëlîacin , etc.

Cette locution fai nom est souvent employée dans le moyen âge. Marie de France dit :

Marie ai num , si sui de France.

Nous avons entendu un personnage fameux dire au pape , en se dévoilant :

Robert ay nom , surnom de dyable.

L'auteur diAthoMe et des Plaideurs était loin d'ignorer l'jdiome naïf et parfois un peu cru de

MT8T£R£S. igS

nos pères; m^is il n'était pa»facile||L eu faire usa^e à la cour d'an roi qui disait des tsffleaux les {Jus vrais de Teniers : Otesir-moi cfis magots ^ et qui répondit un jour à Racine^ qui lui proposait de lui lire Amyot : Oest du gaulois. {Mémoires de Louis Racine; Paris ^ Lenormant, t. V^ p. 3.)

liOrsque Marie est installée dans le tepiple^ on la :roit occupée à prier et à lire; et comme on lui dit :

Toujours estre en dévotion Et en prière est impossible ;

elle répond :

En Usant la saincte Escripture , Jamais ne me treuve en malaise.

Athalie aussi dit à Joas :

Dieu vei^-il qu'à toute heure on prie , on le contemple ?

et Joas aUssi dit à Athalie :

J'adore le Seigneur, on m'explique sa loi , Dans son livre divin ou m'apprend à la lire*

Marie ne cause pas moins d'admiration à ses compagnes par ses discours que par son travail. Une d'elles semble Craindre pour TaTenir, Marie

lui dit :

Qui met en Dieu tout son espoir, Il ne peut faillir à avoir • Biens assez, à sa suffisance.

Joas répoiM^ Athalie :

Dieu lalssa-t-îl jamais ses enfans an besoin? Anx petits des oiseaux il donne leur pfttnre.

Racine^ ou plutôt le petit Joas (car l'homme cçai jouait à la procession avec ses enfans, comme nous l'apprend son fils y sait au besoin s'effiicer)^ le petit Joas, disons-nous , a dû , en lisant l'Écriture y être bien content de ces mots : Dot escam pullis; il les a retenus y et il en fait une admirable application.

Marie continue :

Tandis que sommes en ce lieu , Contemplons les haults &ict8 de Dieu Qui font l'âme très pure et nette.

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