DE LA MARCHE
Peult-estre Dieu tant le prise
Qu'il yeult qu'il vive en continanee ,
Sans avoir la préeminance
Sur les Francoys , ne seigneurie.
•LE DUC
Je croj que Dieu veult que le prie Et qu'il laisse mondanité.
Aux armes n'est point usité , Mais en toute bigoterie.
DE GHAMPAIGNE.
Dieu ne yeult point qu'il seigneurie , Nous le voyons bien par cecj.
Après avoir fait, en espérance, un moine du
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meilleur de nos rois^ ils sortent pour lever contre lui leurs armes. Je ne crois pas qu'il fût possible de mieux mettre l'histoire en;scènc. L^action de Saint-Louis serrant lui-méçie les pauvre^ ^t les pansant y est rapportée par JoinTiHe^. mais cpmbien elle ressort î<;t par l'encadrement î
Dans une comédie de M. Duval, le Complot dç famille^ dont l'action se passe sous Louis XVI , un comte de Grandval , plus noble encore par ses sentimens que par sa naissanoe^ vît daiis une terre,. uniquement. occupé du bien-être de tout ce qui l'entoure. Cet hotnm^ de bien^ dans qui l'on a cru voir, le vertueu;i M^lesberbes, &t loin d'être compris de quelques étourdis ^e ^a famille^ et d'une folle qui le croit fou;« La ban(ie futile a quitté un moment Paris pour venir au cbâteau de Grandval s'assurer si ce qu'on, leur a dit de leur parent est vrai , et , au besoiity pour le faire interdire. Ils ne sont pas long-temps sans porter leur arrêt : un d'eux en formule ainsi les considérans ;
Un seigneur de son liom qui cultive sa terre , Qui prend d'un paysan l'habit et la manière , Qui , de chaque manant fait lire le bambin , Et peut-être aux grands jours va chanter au lutrin ; Qui ne veut point avoir de chasse réservée ,• Qui supprime ses droits , et même la corvée ; Qui nous met en prairie un magnifique étang , Parle d'orge ou d'avoine , en dépit de son rang ; £st fait pour végéter dans une métairie...
Dieu neveult point qu' il' seigneurie ,
MTsràliES. 3^1
dit un des seigneurs de Gringore. — On fait au comte de Grandyal des représentations bien comiques, et qui le seraient encore davantage si notre habile dramatiste avait pu , comme le vieil auteur, nous montrer son noble personnage instruisant lui-même ses bamhins, et peutêtre les pères qui en ont grand besoin. La folle bande accourue de Paris serait tombée au mili«u d'une grave leçon, dont le maître n'eût pas été distrait par leur arrivée : Quel scandale! Le comte de Grandml maître décale! Il ne nous voit pas, tant il est absorbé, etc. C'est alors que ses chers parens l'eussent pris à part, et, comme dans l'ouvrage de M. Duval, eussent dit, entre autres choses :
LA MAJIQUISE.
Vos vassaux ont-ils donc besoin de savoir lire ?
LS DUC
Et dès qu'ils auront lu , c'est qu'ils Voudront écrire.