‹ Études sur les mystèresChapitre 9 sur 77 · LA DAMOISELLE · texte numérisé non relu

LA DAMOISELLE

Si feray-je , dame , et aussi Darière tous si m'asseiraj , £t mes patenostres diraj A basse vois.

Ce naturel, Tauteur ne Fa pas cherché. Remarquons cependant que le petit vers qui termine les phrases, et que nous retrouverons dans tous ces ouvrages , est parfois fort heureusement jeté : j4 basse vois. A^oir la vueiL Isnel le pas, etc.

Fendant que ces deux femmes prient, Aurélian, pour remplir son message et parler en secret à Clotilde, se mêle parmi les pauvres, dont il a revêtu les haillons., Glotilde sort, parle avec bonté aux pauvres , qui lui répondent familièrement , et lui donnent , en échange de ses aumônes , les bénédictions du ciel, dont ils sont les messagers.

Aurélian , pour être remarqué de la princesse, lui dit, en lui baisant la maiti (que dirait notre orgueil de cette familiarité ! ) :

Il convient que ceste main baise , Et trairay {je tirerai) ce mantel arrière. Ne vous déplaist , damé cbière , Dé ce qu'ay fait.

5 a MYSTÈRES*

Clotilde^ rentrée chez elle^ dit à sa suivante qu'elle voudrait savoir ce qu'est ce pauvre étranger : « Alez le querre , je vous en prie. »

Aurélian , introduit , finit par avouer le but de son message et de son travestissement. Il envoie chercher par son écuyer les présens de Glovis, qu'il tient dans un sac , et comme il veut les déployer, Clotilde , après avoir témoigné sa surprise , lui dit :

£n ce sac , amis y tout laissiez....

Je sçaj bien comment j'en feraj; Mais bien , sire , je vous dira j :

Au Toj Glovis vous en irez , Et si le me saluerez.

Et après li dites ce point :

Clotilde dit qu'il ne loist point Crestienne estre à pajen feme , Pourquoj c'est une chose infâme. ; ^

Nientmoins gardez que cest chose A nul home ne soit desclose , Car ce qu'à monseigneur plaira Mon oncle faire , fait sera ^ A brief parler.

Ce langage n'est pas très correct , mais il est plein de convenance et très conforme au caractère que l'histoire donne à Clotilde*

Après une nouvelle ambassade d'Âurélian près deGondebaud^ qui se voit forcé de donner son consentement au mariage de sa nièce^ Clotilde^ acconi'

pagnée de chevaliers et de sa damoiselle y arrive à Soissons. Sa première entrevue avec Clovis est intéressante; le Roi, en la voyant, dit :

£st-ce de Gondebaut la nièce Que cy voy estre?

Il* CHEVALIER.

Sire y sanz plus débat y mettre , Oil {oui) y c'est elle.

CLOVIS

Bien puissez venir , damoiselle !

De vostre venue ay grant joie y Puisque vous devez estre moie {à moi) j Et que vostre mari seray.

De France vous ordonneray Royne et dame.

CLOTILDE

Cbier sire , au sauvement de l'âme De vous premier, et puis de moy, Soit fait ce que dire vous oy {entends) , Non autrement.

GLOVIS.

Or tost , seigneurs y appertement Faites qu'en sa chambre menée Soit là derrière et ordenée Gomme une espousée doit estre y €ar de l'espouser entremettre Me vueil en l'eure.

AUAELIAN.

Sire , nous ferons sans demeure Ce qui vous plaist à demander.

Dame , venez ens {dedans) san& tarder, En vostre chambre où vous menrons ,

54 MTSTISRSS.

Et puas nous ^a r^tounieroiis Arrière ici.

CLOTILOE.

Mes chîers amis , soit fait ainsi. . .

Isabel et vous , me suivez.

Pendant qu'elle est chez elle avec ses cheyaliers et sa suiyante^ qui Faide à atoumer (meWre ses atours)^ Glovis dit aux siens :

I Alons, sanz nous plus ci tenir,

Faites les menestrelz venir.

i;) I*" SEIGNEUR.

Seigneurs , mettez-vous en arroj De mener espouser. Le Roj N'atent que vous.

LES MENESTaELZ.

Nous j alons , mon ami doulx.

CLOVIS

Je vois (Je vais) devant.

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