LA DAMOISELLE
Si feray-je , dame , et aussi Darière tous si m'asseiraj , £t mes patenostres diraj A basse vois.
Ce naturel, Tauteur ne Fa pas cherché. Remarquons cependant que le petit vers qui termine les phrases, et que nous retrouverons dans tous ces ouvrages , est parfois fort heureusement jeté : j4 basse vois. A^oir la vueiL Isnel le pas, etc.
Fendant que ces deux femmes prient, Aurélian, pour remplir son message et parler en secret à Clotilde, se mêle parmi les pauvres, dont il a revêtu les haillons., Glotilde sort, parle avec bonté aux pauvres , qui lui répondent familièrement , et lui donnent , en échange de ses aumônes , les bénédictions du ciel, dont ils sont les messagers.
Aurélian , pour être remarqué de la princesse, lui dit, en lui baisant la maiti (que dirait notre orgueil de cette familiarité ! ) :
Il convient que ceste main baise , Et trairay {je tirerai) ce mantel arrière. Ne vous déplaist , damé cbière , Dé ce qu'ay fait.
5 a MYSTÈRES*
Clotilde^ rentrée chez elle^ dit à sa suivante qu'elle voudrait savoir ce qu'est ce pauvre étranger : « Alez le querre , je vous en prie. »
Aurélian , introduit , finit par avouer le but de son message et de son travestissement. Il envoie chercher par son écuyer les présens de Glovis, qu'il tient dans un sac , et comme il veut les déployer, Clotilde , après avoir témoigné sa surprise , lui dit :
£n ce sac , amis y tout laissiez....
Je sçaj bien comment j'en feraj; Mais bien , sire , je vous dira j :
Au Toj Glovis vous en irez , Et si le me saluerez.
Et après li dites ce point :
Clotilde dit qu'il ne loist point Crestienne estre à pajen feme , Pourquoj c'est une chose infâme. ; ^
Nientmoins gardez que cest chose A nul home ne soit desclose , Car ce qu'à monseigneur plaira Mon oncle faire , fait sera ^ A brief parler.
Ce langage n'est pas très correct , mais il est plein de convenance et très conforme au caractère que l'histoire donne à Clotilde*
Après une nouvelle ambassade d'Âurélian près deGondebaud^ qui se voit forcé de donner son consentement au mariage de sa nièce^ Clotilde^ acconi'
pagnée de chevaliers et de sa damoiselle y arrive à Soissons. Sa première entrevue avec Clovis est intéressante; le Roi, en la voyant, dit :
£st-ce de Gondebaut la nièce Que cy voy estre?
Il* CHEVALIER.
Sire y sanz plus débat y mettre , Oil {oui) y c'est elle.
CLOVIS
Bien puissez venir , damoiselle !
De vostre venue ay grant joie y Puisque vous devez estre moie {à moi) j Et que vostre mari seray.
De France vous ordonneray Royne et dame.
CLOTILDE
Cbier sire , au sauvement de l'âme De vous premier, et puis de moy, Soit fait ce que dire vous oy {entends) , Non autrement.
GLOVIS.
Or tost , seigneurs y appertement Faites qu'en sa chambre menée Soit là derrière et ordenée Gomme une espousée doit estre y €ar de l'espouser entremettre Me vueil en l'eure.
AUAELIAN.
Sire , nous ferons sans demeure Ce qui vous plaist à demander.
Dame , venez ens {dedans) san& tarder, En vostre chambre où vous menrons ,
54 MTSTISRSS.
Et puas nous ^a r^tounieroiis Arrière ici.
CLOTILOE.
Mes chîers amis , soit fait ainsi. . .
Isabel et vous , me suivez.
Pendant qu'elle est chez elle avec ses cheyaliers et sa suiyante^ qui Faide à atoumer (meWre ses atours)^ Glovis dit aux siens :
I Alons, sanz nous plus ci tenir,
Faites les menestrelz venir.
i;) I*" SEIGNEUR.
Seigneurs , mettez-vous en arroj De mener espouser. Le Roj N'atent que vous.
LES MENESTaELZ.
Nous j alons , mon ami doulx.
CLOVIS
Je vois (Je vais) devant.