Lacune d'un ou deux mots
6. Mariette, Ab,/dos, T. I. pl. 52, /. Pour I nterprétation historique du texte, voir Maspero dans la Revue critique 1870, T. II, p. 40
ro-to zes-ek. La cérémonie du ap-ro , ouverture de la bouche
qui m <us dévoilons Lnos perfections . chaque jour : fais que sou nom s élève jusqu'à la région des nuages.» Toth s empresse d'obéir à leurs ordres : après être monté aux régions supérieures où Râ, le soleil diurne, marche entouré de son cortège divin, il redescend jusque dans les parties inférieures du ciel , où repose Osiris, le dieu des morts, et son langage devient mystérieux. Dans le tableau qui accompagne l'inscription et lui sert comme de préface, le sculpteur avait assis le roi aux côtés d'Isis et d'Horus . à la place d'Osiris. Le poète , s'emparant de cette donnée . l'a transportée dans son œuvre : Séti n est plus seulement Séti. il est Osiris lui-même. Le mythe du dieu, ses malheurs, sa résurrection, ses attributs sont usurpés et j'oserai dire vécus par le roi. Ce dieu qui dort dans son cercueil et dont Toth rencontre l'âme dans la région des nuages, c'est à la fois Osiris et Séti. Aussi , le langage du poète se ressent-il de la double existence de son héros : il s'adresse au roi , lui parle à la seconde personne , et soudain , par un artifice de style qui jette plus de variété . d'énergie et d'obscurité sur son œuvre , il change brusquement de sujet et met le dieu en scène sous ses nouis et formes diverses. «Le dieu qui repose dans son cercueil Osiris-Séti . sa face n'est plus voilée; ta grâce ;Séti-Osirisj s'est éveillée . tu as tournée ta face vers les seigneurs du ciel inférieur et les habitants de XAment se sont réjouis.» Une fois sorti des limbes . Osiris-Séti poursuit le cours de ses métamorphoses traditionnelles. Tout-à-l'hcurc , il était dieu père: le voici maintenant dieu le fils. Ces assimilations offensent le lecteur moderne et lui paraissent absurdes ; Tétaient-elles pour les Egyptiens ? Pour en bien apprécier la valeur , il faut nous replacer par l'imagination au milieu des générations éteintes. Le roi porte le costume des dieux, reçoit des offrandes , comme nu dieu, se dissimule dans l'éclat de sa toute-puissance, comme uu dieu dans sa lumière divine: quand il sort de son palais et qu'à moitié perdu dans la vapeur des encensoirs, la couronne et 1 urœus au front , couvert d'or et de pierres , entouré de ses fils et de ses généraux , il apparaît en pleine lumière , la foule, qui se prosterne devant lui et le salue de ses acclamations croit de bonne foi qu'il appartient à une race plus pure que la race humaine. Ce n'est pas pour elle un mannequin de hasard, affublé d'oripeaux divins; c'est un dieu, un dieu vivant . un dieu mêlé aux choses , qui passe sur la terre , s'y iucarne et daigne s'abaisser à régner , en attendant qu'il rentre dans le sein de sa propre divinité.
Si, au lieu il un temple, il s'agissait d'un palais ou d'une villa, l'éloge n'était ni moins pompeux, ni moins poétique. « Sa Majesté s'est bâti une villa, — dont le nom est Aà-naxt. 1 — Elle s'étend entre la Palestine 2 et l'Egypte , — toute remplie de provisions délicieuses. — Elle est comme la reproduction àHermonthis : 3 — sa durée est celle de Memphis ; — le soleil se lève à son double horizon, — [et] se couche en elle. — Tous les hommes quittent leurs villes — [ef s'établissent sur son territoire, — dont l'Occident est la demeure d'Ammon. — dont le midi est la demeure de $tlte%; — Astartè y est au levant, — Ûàdjit y est au Nord.
— La villa qui s'y trouve — est comme le double horizon du ciel — Ramsès Meïamoun) v. s. f. y est comme Dieu, — Month dans les deux régions comme interprète, — le Soleil des princes comme nomarque, — les délices de r Egypte,
— l'ami de Tûm comme général ; 4 — :atisst] la terre descend — elle vers lui. — Le grand prince de X'ita envoie un message — au prince de Kadi : — «« Si tu es prêt, partons pour VEgypte, — \car) les paroles du Dieu5 s'accomplissent. — Faisons notre cour à [Râ-âsor-mâ)\ v. s. f. — [car] il donne les souffles à qui il aime — [et] toute contrée existe par lui.0 — X'îtà est dans ses volontés seules : — aucun dieu ne reçoit l'offrande de X'ità;
— X ltà ne regarde plus les ordres du ciel; — il est dans les volontés de {Râ-ûsor-mà) v. s. f.. — le taureau aimant la vaillance.»)»7
1. Le nom complet de la ville est Pù Ramessd- dà-mixt. «La ville de Ramsès, le très vaillant.»
2. Le texte donne ^ cXj Zùhi Ponr m»e«" indiquer la position géographique je me suis permis 1 anachronisme de Palestine.
M. à. m.: «Elle est comme le dessin, le plan de An du midi.» Anqetnà, An du midi, l'Hennonthis des Grecs.
4. Month dans les deux régions, Soleil des princes . Déliées de V Egypte, Ami de Tilm sont des épithètes ordinaires de Ramsès II ; c'est donc à Ramsès II que s'appliquent tous les titres ^interprète, nomarque, général.