Anabus.y IV, i-5; voy. plus loin, chap. IV
ses troupes asiatiques, les Grecs arrivèrent, en trois étapes, au bord du Méandre, qu'ils franchirent sur un pont de bateaux pour entrer en Phrygie. (.lette triple marche mesurait en tout 22 parasanges, et, à 8 parasanges plus loin, ils arrivèrent à Colosses, ville importante au temps de Xénophon1.
Les points de repère ne sont point douteux. Le Méandre a constamment et jusqu'à nos jours conservé son nom, et c'est le seul fleuve considérable de cette contrée. L'emplacement de Sarcles n'est pas plus incertain. De nombreuses inscriptions grecques, dont plusieurs conservent le nom des Sardiens*, en signalent les ruines, sans parler des indications topographiques domiées par Hamilton3. Quant à Colosses, le même voyageur en a signalé l'emplacement avec les détails les plus curieux et les plus précis.
Son principal guide pour le retrouver était un récit d'Hérodote sur la marche de l'armée de Xerxès. Celle-ci venait deCélènes, dont nous verrons bientôt que l'identification avec Apamée (Dînaïr),sauf la translation du haut au bas d'une même colline, est parfaitement assurée. « L'armée dépassa, dit l'historien grec, une ville de Phry- » gie, nommée Anava, et un lac où se produit du sel, pour arriver » a Colosses, ville de la Grande-Phrygie, où la rivière nommée * Lykos disparaît dans un gouffre, pour reparaître à cinq stades » de là et se jeter dans le Méandre4. »
Hamilton 5 aussi a suivi la route de Célènes à Colosses, la même route, car elle est resserrée entre le lac et les hauteurs, et ce lac est bien celui d'Hérodote. Hamilton y a été témoin de l'extraction du sel, qui paraît être la principale industrie de ce canton. Arrivé aux environs de Chonos, après avoir deux fois, depuis Dinaïr, suivi un chemin montant et une descente, il aperçut des incrustations produites par une eau calcaire; quant aux ruines de Chonos, l'ancienne Chonae, qu'ArundeU avait décrites, mais qu'on avait confondues avec celles de Colosses elle-même, elles inspiraient à Hamilton des doutes qu'il résolut d'éclaircir.
En effet, à deux milles de là, commencèrent à paraître de nouveaux et nombreux débris d'antiquités, entre autres un théâtre, sur le bord d'une rivière coulant vers l'ouest et formée