Hérodote, VII
5. Tous les détails donnés ici se trouvent au chap. XXIX de ses Reclierches en Asie-Mineure. — Cf. Fellow, p. 212.
de trois cours d'eau ; après leur réunion, ils coulent pendant plusieurs milles dans un ravin très-profond; au N.-O. du pont, se trouvait la nécropole. Là le voyageur eut l'explication de cette perte du Lycus dont Hérodote a parlé. Il remarqua que l'une des branches dont est formée la rivière, celle du N.-O. l'AJc-Sa, est chargée de matières qui forment des pétrifications considérables, à tel point que l'on reconnaît un changement de direction dans son cours, l'ancien lit ayant été engorgé par l'effet de ce phénomène. On conçoit donc que, dans cette ancienne embouchure, des rocs s'étaient formés de dépôts accumulés, qui dissimulaient le cours des eaux pendant un certain intervalle, d'autant plus qu'un autre affluent produit des effets semblables; on conçoit aussi que cette couche, mince et fragile dans une certaine mesure, ait été plus tard brisée par quelqu'un des tremblements de terre qui, selon Strabon, se produisirent plusieurs fois avant la guerre de Mithridate1. Hamilton rappelle que Pline avait déjà signalé cette rivière pétrifiante de Colosses. Le Lycus porte actuellement le nom de Tchoruk ; il se jette dans le Méandre, comme le disait Hérodote2.
Ainsi l'emplacement de Colosses n'est pas moins certain que celui de Sardes. Mais les distances concordent-elles avec le récit de Xénophon? Pas en apparence, il faut en convenir. Si des ruines de Sardes on porte vers le Méandre une ouverture de compas égale à 22 parasanges (125 kilom. environ), on coupe le fleuve vers l'embouchure du Buna-Tchaï, peu au-dessous d' Apamée, bien à l'E. delà route de Colosses; de ce point l'on aurait effectivement 8 parasanges à faire pour gagner cette dernière ville. Pourtant la difficulté n'est pas inextricable. Sans doute on ne peut admettre que l'armée ait passé le fleuve là où le compas nous conduit, pour retourner vers le S.-O. et revenir ensuite presque sur ses pas afin de regagner Célènes. On n'admettra pas facilement non plus qu'elle ait passé le Méandre fort au-dessous de la route directe, naturellement tracée, surtout à une expédition militaire qui ne voulait point s'engager à travers les crêtes du Tmolus et du Messogis. Mais les ouvertures de compas ne donnent que les distances à vol d'oiseau, qu'il faut toujours corriger, quand la distance entre deux villes est estimée par un itinéraire réel, qui en comprend les détours, et non par des mesures astronomiques, que l'on n'avait point alors la pensée d'employer. Aussi Koch3 n'hésite-